Lionel Cardon
Lionel Cardon, né le à Honfleur, dans le Calvados, est un criminel français.
| Lionel Cardon | ||
| Tueur et braqueur | ||
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| Information | ||
| Naissance | Honfleur (Calvados) |
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| Surnom | « le tueur au foulard blanc » | |
| Condamnation | Courant |
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| Sentence | réclusion criminelle à perpétuité (deux fois) | |
| Victimes | 3 : François-Xavier Aran, Aline Aran et Claude Hochard |
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| Période | - | |
| Pays | ||
| Régions | Aquitaine, Île-de-France | |
| Ville | Pessac, Paris | |
| Arrestation | ||
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Cardon est connu pour avoir été l'ennemi public numéro un en France en .
Biographie
modifierJeunesse et délits
modifierLionel Cardon est né le à Honfleur, dans le département du Calvados. Son père est garde-pêche et sa mère standardiste[1]. Son grand-père avait été déporté dans un camp de concentration pendant la Seconde Guerre mondiale[2].
En 1970, Lionel est âgé de 12 ans lorsque ses parents divorcent. Son père tombe dans une grande dépression et finit par se suicider, en 1974, en se jetant des Falaises d'Étretat. A la suite du suicide de son père, Cardon sombre dans la délinquance et commet alors plusieurs vols et tentatives de vols, lui faisant cumuler six condamnations[1].
Premiers crimes
modifierEn 1976, Lionel Cardon semble planifier des braquages en compagnie d'un certain Mohamed Boubaka, 20 ans, qui s’avérera s'appeler Omar Kadri. Le scénario des deux jeunes hommes s'avère minutieusement préparé, afin de récolter de l'argent facile[3].
Entre janvier et , Lionel Cardon, 19 ans, et Omar Kadri, 20 ans, commettent plusieurs vols à main armée. Il dérobe par la suite une carabine en compagnie d'un nouveau complice, Pascal Debré, rencontré en prison à Fleury-Mérogis[1].
Le , Cardon et Debré tentent de braquer une station-service à Clamart. Ils s'attaquent au pompiste de la station, mais l'otage se défend. Debré tire un coup de feu sur le pompiste, mais se blesse dans l'attaque. Cardon emmène Débré à l'Hôpital de Créteil, avant qu'ils ne soient repérés. Débré est arrêté et placé en détention provisoire pour vol à main armée et tentative de meurtre. Cardon réussit à prendre la fuite. Il est arrêté quelques jours plus tard, après avoir tenté de se suicider en sautant du troisième étage d'une résidence. Il est inculpé pour vol à main armée et tentative de meurtre placé en détention provisoire, à la Maison centrale d'Ensisheim. Il sera également inculpé pour les autres braquages commis au début de l'année[1].
En 1981, Cardon, 23 ans, comparaît devant la Cour d'assises des Hauts-de-Seine. Il est reconnu coupable de plusieurs braquages et d'une tentative de meurtre et condamné à 10 ans de réclusion criminelle[1],[3].
Libération et naissance de l'ennemi public numéro un
modifierLe , Cardon est libéré de prison, après avoir bénéficié d'une libération conditionnelle[4].
Dans la nuit du , Cardon s'introduit chez un couple de médecins de Pessac, en Gironde. Il ligote François-Xavier Aran, chirurgien de 37 ans, en reliant un câble électrique à son cou, de sorte qu'il meurt étranglé sans n'avoir pu s'en défaire ; plus il essayait de se débattre, ses liens l'étranglaient davantage. Son épouse Aline, anesthésiste de 36 ans[5], est emmenée dans sa voiture. Cardon conduit le véhicule du défunt. Cardon la braque et l'emmène dans deux banques, à Bordeaux et Limoges, ainsi qu'une station service de Guéret, pour lui faire retirer l'argent de son mari. Le lendemain, les amis du couple Aran s'étonnent de leur absence au travail. Ils décident de se rendre à leur domicile de Pessac. François-Xavier est retrouvé dans sa maison ligoté et bâillonné dans la baignoire : il a été étranglé avec un câble électrique. Son épouse Aline demeure introuvable. Une information judiciaire est ouverte pour assassinat et « enlèvement et séquestration ». Dès le départ, le crime attire l'attention de la presse et des médias[4],[6].
Dans la matinée du , Cardon retient toujours Aline en otage dans la BMW du couple et s'arrête à Nevers, à 600 km du lieu du crime. Lorsque Cardon écoute la radio, Aline apprend à la radio la mort de son époux. Voyant Aline paniquer et s'énerver, Cardon sort son pistolet et la tue par balle de 7,65 à bout touchant. Il décide de dissimuler le corps dans un bois voisin puis de revenir sur un parking de la ville pour abandonner la BMW. Le véhicule est retrouvé à 7 heures du matin, les clés sur le contact. La résidente se rend au commissariat pour signaler cette découverte. La police vérifie le Fichier des cartes grises et découvre que la voiture est recherchée dans l'assassinat de François-Xavier Aran et la disparition de son épouse. Dans l'habitacle, sont retrouvés des papiers d'identités des époux Aran, des traces de sang, des chèques émis par Aline et deux impacts de balles de calibre 7,65[4],[6].
Le , Cardon se rend à une cabine téléphonique et tente d'appeler Maître Philippe de Caunes, l'avocat de la famille Aran. L'interlocuteur étant absent, l'appel n'aboutit pas. Le lendemain soir, Cardon parvient à contacter le père l'avocat. Celui-ci passe le téléphone à Jean-Marie Aran, le frère de François-Xavier. Cardon affirme qu'Aline est encore vivante et désire une rançon contre sa libération. Jean-Marie répond qu'il souhaite entendre la voix d'Aline pour avoir un signe de vie. Cardon donne alors des détails n'ayant pas paru dans la presse : le pendentif que porte Aline au cou. Il demande ensuite à Jean-Marie de lui donner rendez-vous s'il veut retrouver sa belle-sœur. La police téléphone immédiatement à Jean-Marie pour le prévenir que c'est un piège. L'appel est placé sur écoute téléphonique et est localisé à Bordeaux. Vers minuit, les policiers inspectent toutes les cabines téléphoniques de la ville. Cardon s'éclipse et prend la fuite. Après avoir tenté de l'arrêter, les policiers perdent sa trace, mais parvienne à réaliser un portrait-robot du criminel[4],[6].
Le , dans une allée proche de Nevers, une passante découvre le sac d'Aline Aran, dans un fossé, et décide d'appeler les gendarmes. Dans le sac à main, sont retrouvés des papiers de couple, des chèques, un soutien-gorge, une tâche de sang et un agenda. Les gendarmes font un rapprochement avec l'affaire des époux Aran. Ils organisent alors une battue sur les lieux afin de retrouver la disparue. Cinq jours plus tard, Adolphe Langlois découvre un corps, alors qu'il promène son chien. La victime est rapidement identifié comme étant Aline Aran. L'autopsie réalisée établit une mort remontant à plus de deux semaines et relève un décès par balle de 7,65 à bout touchant. Le médecin légiste remarque également que la victime porte certains de ses vêtements à l'envers, laissant penser qu'elle a eu des relations sexuelle avec son ravisseur. C'est donc pour assassinat et « enlèvement et séquestration suivis de mort » qu'une enquête est ouverte[4],[6].
En , un inspecteur bordelais fait un rapprochement entre l'assassinat des époux Aran et une série de cambriolages dans des résidences et voitures de médecins, quelques semaines avant les faits. Dans ces cambriolages, Cardon avait oublié sa carte d'identité l'une des voitures et avait pu être identifié sans être arrêté. Lorsque les gendarmes enquêtent sur l'affaire Aran, ceux-ci découvrent que le cambriolage a lieu dans la maison voisine des deux victimes. La photo d'identité de Cardon se fait remettre au commissariat de Bordeaux. Les policiers ayant tenté d'interpeler le suspect de la cabine téléphonique le reconnaissent formellement. Cardon étant connu des services de police, les policiers comparent ses empreintes digitales à celles retrouvées au domicile de Pessac ; celles-ci correspondent. La voix de Cardon est également reconnue par des surveillants d'Ensisheim, où celui-ci a purgé six ans de prison. La nouvelle de l'identification de Cardon fuite cependant dans la presse. Lorsqu'il se sait recherché, il décide de prendre la fuite, pistolet à la main[4],[6].
Dans la nuit du 21 au , alors qu'il est en cavale, à moto, et se sait recherché, Cardon est arrêté par deux motards de la police pour défaut d’éclairage place de la Concorde. Il est sans aucune pièce d’identité, et les policiers lui ordonnent de les suivre jusqu’à la fourrière. Il est encadré par un policier devant lui et un autre derrière. Il prend soudainement la fuite et est pris en chasse par le motard Claude Hochard, qui finit par le rattraper dans le bois de Boulogne. Les deux hommes chutent, Cardon lui tire alors deux balles dans le cœur et le tue. Il s’enfuit dans le Bois de Boulogne. En cavale, Cardon contacte l'Agence France-Presse : il revendique la légitime défense en ce qui concerne le meurtre du policier, et se dit étranger à la mort des Aran[7],[8].
Prise d'otage à Paris, arrestation et première tentative d'évasion
modifierLe , il se réfugie au 59 rue Nicolo, dans le 16e arrondissement de Paris, dans le cabinet de l'avocate Nicole Dreyfus, qui avait été partie civile contre lui lors de son procès. Il la prend en otage et l'oblige, sous la menace, à téléphoner à la journaliste Annette Kahn, qui avait écrit un article sur lui, qui lui avait déplu, pour la faire venir dans le cabinet sous un prétexte[9]. Des voisins qui avaient trouvé Cardon suspect préviennent la police. Un échange de coups de feu a lieu à l'arrivée des policiers devant la porte du cabinet, au cours duquel Cardon blesse grièvement le brigadier Jean-Pierre Molveau. Assiégé et ne voyant aucune issue, l'intéressé songe à se suicider. Après des négociations de plus de sept heures, Nicole Dreyfus finit par le convaincre de se rendre. Il est arrêté et incarcéré à la Maison d'arrêt de Gradignan[10],[11].
Durant l'instruction, Cardon déclare ne pas avoir tué les époux Aran et rejette la responsabilité sur un couple (« Patrick et Isabelle ») qui ne sera jamais identifié. L'expertise balistique joue un rôle important dans cette affaire, car elle permet de démontrer que la même arme qui a tué le brigadier Hochard et Aline Aran. L'étau se resserre contre Cardon, qui refuse toujours d'assumer sa responsablilté pour le double meurtre de Pessac[4].
Le , Cardon tente de s'évader de la Maison d'arrêt de Gradignan et frappe un surveillant, à coups de barre de fer. Il est rapidement rattrapé et maîtrisé. Placé en garde à vue, Cardon affirme que l'évasion est son seul moyen de survivre à sa détention. Il dit vouloir échapper aux lynchages de l'administration pénitenciaire, affirmant que l'on veut sa mort, depuis le meurtre du brigadier Hochard. On le transfère dans une haute cellule de sécurité de la Maison centrale, pour éviter tout risque d'évasion[12].
Cardon est renvoyé devant deux Cours d'assises : celle de Paris pour le meurtre du brigadier Hochard et de la prise d'otages du 16e arrondissement de Paris, ainsi que celle de Bordeaux pour l'assassinat des époux Aran. Son avocat, Maître Pierre Blazy, dénonce une mauvaise gestion de ces renvois, qu'il juge rendu dans le désordre : les crimes de Paris étant la conséquence de ceux de Pessac, celui-ci affirme que les faits de Pessac doivent être jugés en premiers. L'accusation ne le suit pas et conserve l'ordre des deux jugements[4].
Procès et condamnations
modifierLe , le procès de Cardon s'ouvre devant la Cour d'assises de Paris, pour le meurtre du brigadier Hochard, la tentative de meurtre du brigadier Molveau et la prise d'otage d'Annette Kahn, de Nicole Dreyfus et de la secrétaire de celle-ci. Lors de son procès, il est habillé de blanc ; ce qui lui vaut le nom de « tueur au foulard blanc ». Pour l'accustion, cette démarche contribue à se donner un bon rôle ; le blanc étant la couleur de l'innocence. Le , Cardon est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité[13],[14].
Le , Cardon comparaît devant la cour d'assises de Bordeaux, pour l'assassinat des époux Aran. Ce même jour, il fait une tentative de suicide ; faisant interrompre le procès pendant huit jours. Le , le procès reprend, en compagnie de Cardon. Toujours vêtu de blanc, il affirme avoir été accompagné d'un couple de complices, dans le meurtre de François-Xavier. A la barre, l'un des amis de Cardon confirme que celui-ci était venu chez-lui en compagnie d'un couple d'amis, dans les jours précédant la commission du crime. Il demeure cependant incapable de les identifier. Le , Cardon est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de 18 ans, pour « séquestration suivie d'assassinat », sur la personne d'Aline Aran, et « complicité d'assassinat », pour la mort de François-Xavier Aran[15],[16],[17],[18].
Parcours carcéral
modifierLe , Cardon tente de s'évader de la Maison d'arrêt de Fresnes avec un codétenu[19].
Le , en compagnie de Thierry Étienne, Cardon prend en otage un gardien avec un couteau de cantine à la Maison centrale de Saint-Maur[20].
Le , en compagnie d'un codétenu, Didier Cané, il tente une nouvelle fois de s'évader de la Maison centrale d'Arles, à l'aide de dynamite. Le plan d'évasion écoue de nouveau ; la charge n'étant pas assez puissante pour faire céder le mur d'enceinte. Pour ces faits, Cardon et Cané écopent, en janvier 1997, de deux ans de prison supplémentaires[21],[22].
Libération et commission de deux braquages
modifierEn , il bénéficie d'un régime de semi-liberté, lui permettant de sortir de la maison d'arrêt en journée. Il a le projet d'ouvrir une salle de boxe dans la région toulousaine et souhaite se réinsérer en tant qu'entraîneur, mais son casier judiciaire l'empêche d'obtenir le diplôme d'entraîneur et, faute de financement, son projet échoue[23].
Cardon retrouve pleinement la liberté, en , bénéficiant d'une libération conditionnelle, après pratiquement 30 ans de détention continus ; si l'on compte sa première incarcération, il cumule un total de 36 ans de détention. Au bout d'un certain temps, il cesse de se rendre devant le juge d'application des peines, chargé de ses projets de réinsertion, et devient recherché. Lors de sa cavale, Cardon reprend contact avec Omar Kadri, un ami de jeunesse, avec lequel il prévoit de commettre d'autres braquages[24],[25].
Le , Cardon et Kadri s'introduisent chez un couple de bijoutiers, résidant à Labarthe-sur-Lèze. Les deux occupants sont réveillés dans son sommeil et braqués par les deux hommes, armés et encagoulés. Cardon et Kadri ligotent le couple et forcent le mari à les conduire dans son commerce de Muret, pour se faire remettre le contenu du coffre. Une fois arrivés dans la bijouterie, les deux braqueurs extorquent les clés du gérant et pénètrent dans le commerce. Cardon et Kadri dérobent 20 000 € de bijoux, sans cacher leur voiture, ni prendre soin de mettre des gants. Une fois le butin récolté, ceux-ci ramènent le bijoutier chez-lui et s'en vont. Toujours ligoté, le couple parvient à se défaire de leurs liens et alertent la police. Rapidement, le système de vidéosurveillance de la joaillerie est analysé. Rien ne permet cependant de décrire le physique des deux braqueurs. Des prélèvements génétiques sont effectués et permettent d'isoler deux ADN, sur des endroits où des bijoux ont été volés[26].
Dans la nuit du 20 au , vers 2h30 du matin, Cardon pénètre dans le domicile d'une postière de Seysses. Armé et encagoulé, Cardon la braque et la conduit de force dans son bureau de Poste. Une fois arrivés sur les lieux, Cardon lui extorque les clés pour lui ouvrir le bâtiment. Il pénètre dans les locaux de la Poste en braquant la postière et lui demande d'ouvrir le coffre fort. Après avoir été confronté à un refus, Cardon frappe le crâne de la postière à coup de crosse et la contraint d'ouvrir le coffre. Il parvient à dérober 30 000 €, sans utiliser de gants. Après la commission du braquage, Cardon ramène la postière chez-elle, puis repart avec l'argent volé. La victime prévient la police, qui est dépêchée sur place. De la même manière que le premier braquage, sont retrouvés des traces ADN. Le système de vidéosurveillance de la Poste permet également de confirmer l'existence du braquage et de la brutalité de celui-ci. Bien qu'aucune identification physique ne puisse être entreprise, la génétique confirme que l'un des auteurs est le même que le braquage de Muret. La police fait un rapprochement avec la fuite de Cardon, qui ne respecte plus les conditions de sa libération conditionnelle. Les enquêteurs découvrent également que celui-ci est en contacts réguliers avec Kadri. Les deux hommes devient, dès lors, les suspects numéros uns[24],[25],[26].
Le , Cardon, 57 ans, et Kadri, 59 ans, sont interpellés, près de Nice et placés en garde à vue. Tous deux reconnaissent avoir participé ensemble à la séquestration du couple de Labarthe-sur-Lèz, suivi du braquage de Muret. En ce qui concerne le braquage de la poste de Seysses, seul Cardon avoue le crime, Kadri n'étant pas présent au moment des faits. Lors de sa garde à vue, Cardon dit avoir commis les deux braquages, afin de se procurer l'argent nécessaire à l'ouverture d'une salle de boxe. Il affirme que sa banque avait refusé de lui faire un prêt de 50 000 €, nécessaires à l'ouverture de son établissement. A l'issue de sa garde à vue, Cardon est mis en examen pour vols à main armée et séquestration, en état de « récidive légale », puis placé en détention provisoire, à la Maison centrale de Lannemezan. Kadri, quant à lui, est mis en examen pour vol à main armée et séquestration, puis placé en détention provisoire[24],[25].
En 2017, alors qu'il est incarcéré en quartier d'isolement à la Maison centrale de Lannemezan, dans l'attente de son procès, les médias apprennent que Cardon a entamé une grève de la faim depuis le mois de , afin de protester contre la révocation de sa libération conditionnelle, qu’il pense démesurée, ainsi que contre l'incapacité de l'État à réinsérer les détenus condamnés à de longues peines.
Procès et condamnations pour braquages et séquestrations
modifierLe , le procès de Cardon et Kadri s'ouvre pour les deux braquages, devant la Cour d'assises de Toulouse. Seul Kadri est présent, lors de l'audience ; Cardon étant hospitalisé après une grève de la faim de 80 jours. Selon le rapport d'un médecin-expert cité à l'audience, il ne pèse plus que 49,4 kg pour 1,78 m. L'avocat général, David Sénat requiert une peine de 12 ans de réclusion criminelle contre Cardon, ainsi qu'une peine de six ans contre Kadri. Le , Cardon est condamné à 20 ans de réclusion criminelle, tandis que Kadri écope de 8 ans d'emprisonnement. Seul Cardon interjette appel du verdict, estimant que sa condamnation est trop sévère[27],[28],[29].
Le procès en appel débute le , devant la Cour d'assises d'Albi. L'audience se déroule en la présence de Cardon. L'avocat général pointe du doigt l'extrême dangerosité de l'accusé. Il précise que Cardon est un multirécidiviste, déjà libéré deux fois après des condamnations de Cours d'assises. Celui-ci requiert une peine de réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de 20 ans ; une peine supérieure à celles dont il avait écopé, en 1986. Avant les délibérations, la défense de Cardon affirme qu'une telle peine est synonyme d'exclusion définitive envers la société. Celle-ci demande ainsi des circonstance atténuantes à l'égard de leur client ; celui-ci ayant souffert de ne pas pouvoir créer son club de boxe pour se réinsérer. Cardon est ainsi présenté tel un « écorché vif ». Le , Cardon voit sa peine réduite à 18 ans de réclusion criminelle[30],[31],[32].
Tentative de libération et grève de la faim
modifierEn mai 2024, Cardon et son avocat, Maître Joseph Mesa, déposent une demande remise en liberté. Atteint d’une bronchopneumopathie chronique obstructive, il demande la suspension de sa peine pour raison médicale, en faisant appel à la Loi Kouchner, entrée en vigueur en 2002[33],[34].
Le , la demande de suspension de peine est refusée, estimant que l'état de santé de Cardon est compatible avec sa détention. Le rejet est confirmé en appel, le . Contestant cette décision et la qualité des soins qui lui sont apportés en détention, Cardon entame une grève de la faim et perd ainsi 19 kg en quelques semaines. Il dépose une nouvelle demande de suspension de peine, qui est toujours en attente, pour le moment. En attendant la décision du juge d'application des peines, il reste incarcéré à la Maison centrale de Lannemezan[33],[34].
En 2026, Cardon a déjà passé 47 ans de sa vie en détention. Il fait partie des plus anciens détenus de France.
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 « Une expertise est en cours pour déterminer le rôle de Lionel Cardon dans le meurtre des époux Aran Le voyou public numéro un », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Par Pascale Égré Le 10 juin 2018 à 22h36, « L’impossible rédemption de Lionel Cardon, de retour devant la justice », sur leparisien.fr, (consulté le )
- 1 2 Julie Brafman, « Braquages : l'ex-ennemi public n°1 Lionel Cardon de retour devant les juges », sur Libération (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 8 Émission Faites Entrer l'accusé : Lionel Cardon a seulement été condamné pour "complicité" dans la mort de François Xavier Aran.
- ↑ L’impossible rédemption de Lionel Cardon, de retour devant la justice sur Le Parisien
- 1 2 3 4 5 « Un multirécidiviste condamné pour tentative d'évasion », publié le 16 janvier 1997 dans Libération.
- ↑ Page dédiée sur la base nominative et circonstanciée des policiers français victimes du devoir.
- ↑ « "Faites entrer l'accusé" : retour sur les crimes de Lionel Cardon » Article publié dans Sud Ouest.
- ↑ Serge Garde, Valérie Mauro, Lucas et Rémi Gardebled, Guide du Paris des faits divers du Moyen Âge à nos jours, Paris, Le Cherche Midi, , p. 89.
- ↑ « Lionel Cardon affirme être accusé injustement de l'assassinat des époux Aran », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
- ↑ DANIEL SCHNEIDERMANN, « Une expertise est en cours pour déterminer le rôle de Lionel Cardon dans le meurtre des époux Aran Le voyou public numéro un », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
- ↑ JEAN LE METAYER, « Lionel Cardon au mitard », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
- ↑ JEAN-MARC THÉOLLEYRE, « Lionel Cardon, meneur de jeu à son propre procès », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
- ↑ JEAN-MARC THÉOLLEYRE, « À LA COUR D'ASSISES DE PARIS Lionel Cardon condamné à la réclusion perpétuelle », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Tentative de suicide de Lionel Cardon, sur le site de l'INA.
- ↑ « Lionel Cardon répond du meurtre des époux Aran », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Lionel Cardon est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Émission Faites entrer l'accusé : Lionel Cardon a seulement été condamné pour "complicité' dans la mort de François Xavier Aran.
- ↑ Tentation d'évasion de Lionel Cardon, sur le site de l'INA.
- ↑ Prise d'otage par Lionel Cardon, sur le site de l'INA.
- ↑ Évasions à l'explosif - Les précédents
- ↑ « Nice: l'ex-ennemi n°1 Lionel Cardon arrêté après deux braquages », sur BFM, (consulté le )
- ↑ « Sauvé par le gong », article de Mustapha Kessous publié le 6 décembre 2012 dans Le Monde.
- 1 2 3 « L'ex-ennemi public no 1 réapparaît dans deux braquages en Haute-Garonne », article d'Hélène Menal publié le 10 novembre 2015 dans 20 minutes.
- 1 2 3 « Après 33 ans de prison, l'ex-tueur est soupçonné de deux braquages », article de Frédéric Abéla publié le 10 novembre 2015 dans La Dépêche du Midi.
- 1 2 « "Il a une allure de fauve" : qui était Lionel Cardon, le meurtrier devenu l'ennemi public numéro un après Jacques Mesrine ? », sur RTL.fr, (consulté le )
- ↑ Le Parisien du 14 juin 2018.
- ↑ « Toulouse: 20 ans de réclusion pour Lionel Cardon, ex-ennemi public n°1 », sur BFM, (consulté le )
- ↑ Élise Costa, « Procès de Lionel Cardon: un verdict qui donne à voir une justice implacable », sur Slate.fr, (consulté le )
- ↑ Yann-Olivier d'Amontloir, « Albi : Lionel Cardon condamné en appel à 18 ans de prison pour 2 braquages avec violences, enlèvements et séquestration », sur France 3 Occitanie (consulté le )
- ↑ « Tarn : l'ex-braqueur Lionel Cardon condamné à 18 ans de réclusion en appel par la cour d'assises », sur ladepeche.fr (consulté le )
- ↑ « Tarn. Le braqueur Lionel Cardon condamné en appel à 18 ans de prison », Ouest-France.fr, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
- 1 2 Par Le Parisien avec AFP Le 14 août 2025 à 21h33, « En « danger », l’ancien ennemi public n° 1 Lionel Cardon continue sa grève de la faim en prison », sur leparisien.fr, (consulté le )
- 1 2 « Le tueur du couple Aran à Pessac demande une suspension de peine et a entamé une grève de la faim », sur ICI, (consulté le )
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Ouvrage
- Jean-Paul Le Tensorer, Le tigre et l'hermine : Itinéraire d'un flic à l'ancienne, Rennes, Éditions Ouest-France, , 406 p. (ISBN 978-2-7373-9131-6), p. 39-57
- Article
- Mustapha Kessous, « Sauvé par le gong », Le Monde, (lire en ligne)
- Documentaires télévisés
- « La folle cavale de Lionel Cardon » le et dans Faites entrer l'accusé présenté par Christophe Hondelatte sur France 2
- « Affaire Lionel Cardon, ennemi public n°1 », le dans Au bout de l'enquête, la fin du crime parfait ? sur France 2.
- Émissions radiophoniques
- L'heure du crime, présenté par Jacques Pradel : « L'affaire Lionel Cardon » (RTL, )
- Là-bas si j'y suis, présenté par Daniel Mermet : « La belle à coups de poing » (France Inter, 17 et )