Lionel Ruffel
Lionel Ruffel, né le [1] à Carcassonne, est un universitaire, critique, écrivain et éditeur français. Professeur de littérature générale et comparée à l'université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, il y a cofondé le master de création littéraire. Il codirige la collection « Chaoïd » aux Éditions Verdier. Ses travaux portent principalement sur la notion de « contemporain », sur les pratiques de publication et sur les rapports entre littérature et politique.
| Naissance | |
|---|---|
| Nationalité | |
| Activité |
| Membre de | |
|---|---|
| Directeur de thèse |
Guy Larroux (d) |
Biographie
modifierLionel Ruffel obtient en 1996 une maîtrise de lettres modernes à l'université Toulouse-Le Mirail, consacrée aux Écrits de Laure, puis en 1999 un DEA (Diplôme d'Études Approfondies) à la même université, consacré à trois romans de Claude Simon (Histoire, Les Géorgiques et L'Acacia). Il y soutient en 2003 une thèse de doctorat intitulée Face au vingtième siècle : esthétique et politique dans l'œuvre d'Antoine Volodine[1],[2]. Il soutient à l'Université Paris 8 en 2012 une Habilitation à diriger des recherches (garante Tiphaine Samoyault), sous le titre "Contemporanéisme et comparatisme: Pour une approche théorique, pédagogique et institutionnelle du contemporain"[3]
Allocataire moniteur puis attaché temporaire d'enseignement et de recherche à Toulouse-Le Mirail entre 1999 et 2004, il est maître de conférences invité à l'université de Chypre en 2004-2005, puis professeur agrégé en lycée de 2005 à 2007.
Il devient maître de conférences à l'université Paris 8 en 2007, puis professeur des universités à la rentrée 2013[4]. Il a dirigé le département de littérature générale et comparée de cette université[2].
Il est membre junior de l'Institut universitaire de France de 2011 à 2016. Parallèlement, il occupe plusieurs postes à l'étranger : chargé de cours de littérature française à l'université de Boston in Paris (2007-2009), Leverhulme Visiting Professor à l'université de St Andrews (2015), fellow de la Fondation Alexander von Humboldt à l'université libre de Berlin (2015-2016), professeur invité à la Haute école des arts de Berne (2015-2019) et directeur des programmes académiques de l'université de Boston de 2009 à 2012. Il a également été professeur invité aux universités Brown et Princeton ainsi qu'à l'École cantonale d'art de Lausanne, et participant du programme d'arts littéraires du Banff Centre for Arts and Creativity.
En 2026, il est écrivain en résidence à l'International Writing Program[5] de l'université de l'Iowa.
Création littéraire et édition
modifierÀ Paris 8, Lionel Ruffel cofonde avec Olivia Rosenthal et codirige le master de création littéraire, l'un des premiers diplômes de ce type en France[6].
Il cofonde et codirige, de 1999 à 2007, chaoïd, une revue électronique de création et de critique, puis dirige depuis 2004 la collection du même nom aux éditions Verdier. Codirigée avec David Ruffel, la collection accueille des fictions, des essais et de la théorie littéraire[7]. Il est par ailleurs éditeur associé aux éditions Verdier[6].
Projets curatoriaux
modifierLionel Ruffel a conçu ou coordonné plusieurs manifestations à la croisée de la littérature, de la théorie et des arts, parmi lesquelles « Theory Now – Réengager la pensée » en 2016 à La Colonie à Paris, avec l'artiste Kader Attia[8], « The Publishing Sphere » en 2017 à la Haus der Kulturen der Welt de Berlin , « Radio Brouhaha » au Centre Pompidou[9], et « Un studio sur l'Atlantique », programme radiophonique mené avec le Nonfiction Writing Program de l'université de l'Iowa[10]
Travaux
modifierSes premiers travaux sont consacrés à l'œuvre d'Antoine Volodine et au post-exotisme, auxquels il consacre une monographie (Volodine post-exotique, 2007) et un ouvrage collectif codirigé avec Frédérik Detue (2013).
Son premier livre, Le Dénouement[11], paraît aux éditions Verdier en 2005. Il est notamment chroniqué par Alain Nicolas dans L'Humanité[12].
En 2007, il dirige au Centre national de la danse à Pantin un colloque sur la notion de contemporain, dont les actes paraissent en 2010 sous le titre Qu'est-ce que le contemporain ?, réunissant notamment les contributions de Michel Deguy, Pascale Casanova, Pascal Quignard et Tiphaine Samoyault[13]. Cet ouvrage préfigure les analyses développées dans Brouhaha.
Dans Brouhaha. Les mondes du contemporain (2016), il propose une analyse de la catégorie de « contemporain » dans les arts et les études littéraires. Il y replace le livre parmi d'autres pratiques de publication (cinéma, radio, télévision, réseaux numériques), dans une perspective ouverte aux cultural studies[14]. Le livre est recensé notamment dans Les Inrockuptibles[15], L'Humanité[16] et artpress[17]. L'ouvrage est traduit en anglais en 2018 aux University of Minnesota Press[18].
Avec Trompe-la-mort (2019), I Can't Sleep (2021) et Trois éveils (2024), il développe une forme d'essai à la première personne, qualifiée d'« histoire littéraire » personnelle suscitée par l'actualité politique[19]. Trompe-la-mort fait l'objet de recensions dans Le Monde des livres[20] et sur Diacritik[21], ainsi que d'un entretien accordé à Johan Faerber[22]. L'essai apparenté « Un livre dangereux » est traduit en anglais par Jackson B. Smith (The Drouth, 2018, puis version longue dans boundary 2 online) et en portugais par Laura Erber sous le titre Um livro perigoso (Zazie Edições, 2021).
Trois éveils s'organise autour de trois événements collectifs (un confinement, des élections, une grève) et de lectures associées, notamment Charles Baudelaire et Victor Klemperer[23]. Le livre fait l'objet de recensions dans Les Inrockuptibles[24], Le Monde[25], Le Matricule des Anges[26], artpress[27] et Acta Fabula[28], ainsi que d'entretiens dans Collateral[29] et Diacritik[23].
Parallèlement à ses essais, Lionel Ruffel publie dans la presse en ligne des textes plus courts, opinions ou fictions satiriques, portant sur l'actualité universitaire et éditoriale. Il prend position dans le débat sur l'« islamo-gauchisme » à l'université[30] puis critique le Haut Conseil de l'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur (HCERES)[31]. Il propose par ailleurs, dans un texte satirique publié sur lundimatin, « La cape d'invisibilité »[32]une réflexion sur l'édition et la surproduction littéraire.
Publications
modifierOuvrages
modifier- Le Dénouement, Lagrasse, Verdier, coll. « Chaoïd », 2005.
- Volodine post-exotique, Nantes, Cécile Defaut, 2007.
- Brouhaha. Les mondes du contemporain, Lagrasse, Verdier, coll. « Chaoïd », 2016.
- Brouhaha: Worlds of the Contemporary, trad. Raymond N. MacKenzie, Minneapolis, University of Minnesota Press, coll. « Univocal », 2018.
- Trompe-la-mort, Lagrasse, Verdier, 2019.
- I Can't Sleep, traduit en anglais par Claire Star Finch, Berlin, Sternberg Press, coll. « The Contemporary Condition », 2021.
- Trois éveils, Paris, José Corti, coll. « Penser-situer », 2024.
- Auto-évaluations, Lagrasse, Verdier, à paraître en janvier 2027 (ISBN 978-2-37856-316-5)[33],[5].
Direction d'ouvrages et de numéros de revue
modifier- (dir.) À quoi jouons-nous ?, Nantes, Cécile Defaut, 2008.
- (dir.) Qu'est-ce que le contemporain ?, Nantes, Cécile Defaut, 2010[13].
- (avec Frédérik Detue) Antoine Volodine et les voix du post-exotisme, Paris, Classiques Garnier, 2013, actes du colloque de Cerisy (2010).
- (avec Olivia Rosenthal) « La littérature exposée : les écritures contemporaines hors du livre », Littérature, n°160, Paris, Armand Colin, 2010.
- (avec Olivia Rosenthal) « La littérature exposée 2 : les écritures contemporaines hors du livre », Littérature, n°192, Paris, Armand Colin, 2018.
- Palais n°33, revue du Palais de Tokyo, catalogue de l'exposition « Shéhérazade, la nuit », 2022.
Traductions
modifier- Kenneth Goldsmith, Patrimoine Pirate, archives, circulations et polémiques artistiques à l'âge numérique, traduit de l'anglais (États-Unis) par Lionel Ruffel et Stéphane Vanderhaeghe, postface et notes de Jacopo Rasmi, JBE Books, 2023.
Notes et références
modifier- 1 2 (en) « Curriculum Vitae Lionel Ruffel », Université Paris 8,
- 1 2 « Ruffel, Lionel (1975-....) », sur IdRef
- ↑ Équipe de recherche Fabula, « HDR L. Ruffel: Contemporanéisme et comparatisme, Pour une approche théorique, pédagogique et institutionnelle du contemporain », sur https://www.fabula.org, (consulté le )
- ↑ « Lionel Ruffel », sur Département de littérature générale et comparée, Université Paris 8
- 1 2 (en) « Lionel Ruffel », sur International Writing Program, University of Iowa
- 1 2 « Lionel Ruffel », sur Master de création littéraire, Université Paris 8
- ↑ « Chaoïd », sur Éditions Verdier
- ↑ « Theory Now – Réengager la pensée », sur YouTube
- ↑ « Radio Brouhaha », sur r22, la webradio des arts et du commun
- ↑ « Un studio sur l'Atlantique », sur SoundCloud
- ↑ « Editions Verdier | Chaoïd | Le Dénouement », sur editions-verdier.fr (consulté le )
- ↑ Alain Nicolas, « "Le fin mot de l'histoire" », L'Humanité, (lire en ligne)
- 1 2 Simon Saint-Onge, « La fabrique du contemporain », Acta fabula, vol. 12, no 3, (lire en ligne)
- ↑ Florian Mahot Boudias, « Qu'est-ce que le contemporain ? », La Vie des idées, (lire en ligne)
- ↑ Jean-Marie Durand, « "Avec “Trois éveils”, Lionel Ruffel propose une solution pour affronter le monde" », sur Les Inrockuptibles,
- ↑ Alain Nicolas, « "Le brouhaha du contemporain" »,
- ↑ Emmanuel Tibloux, « artpress, 1er avril 2016, par Emmanuel Tibloux », sur artpress (repris sur le site des éditions Verdier),
- ↑ « Brouhaha : worlds of the contemporary »
- ↑ « Trois éveils », sur Université Paris 8
- ↑ Jean-Louis Jeannelle, « La littérature, détecteur de réalité », Le Monde des livres, (lire en ligne)
- ↑ Morgane Kieffer, « Des grottes, des cabanes, l'enthousiasme et la gêne (Lionel Ruffel, Marielle Macé) », sur Diacritik,
- ↑ « Lionel Ruffel : « La fiction et la narration trompent la mort » », sur Diacritik,
- 1 2 Emmanuèle Jawad, « Lionel Ruffel : « Le sommeil, l'éveil, sont des phénomènes ambivalents » (Trois éveils) », sur Diacritik,
- ↑ Jean-Marie Durand, « Avec Trois éveils, Lionel Ruffel propose une solution pour affronter le monde », sur Les Inrockuptibles,
- ↑ Amaury da Cunha, « Les brèves critiques du « Monde des livres » : Robbie Arnott, Jean-Marc Parisis, Monica Sabolo et Mathieu Sapin… », sur Le Monde,
- ↑ Thierry Cecille, « L’œil écoute », Le Matricule des Anges, (lire en ligne)
- ↑ Félix Gatier, « Lionel Ruffel, esthétique de la résistance », sur artpress,
- ↑ Baptiste Adam-Mendras, « La littérature en éveil », sur Acta Fabula,
- ↑ « Lionel Ruffel : « La question c'était comment continuer à désirer écrire sans désirer jouer à l'Auteur avec un A majuscule ? » », sur Collateral,
- ↑ « Frédérique Vidal et sa gâchette », sur AOC media,
- ↑ « L'amour selon le HCERES », sur AOC media,
- ↑ « La cape d'invisibilité », sur lundimatin,
- ↑ « Auto-évaluations, Lionel Ruffel », sur Place des libraires
Liens externes
modifier- Ressource relative à plusieurs domaines :
- CV et publications de Lionel Ruffel sur HAL
- Articles de Lionel Ruffel sur AOC media