Le nom de la localité est attesté sous les formes Lutehara en 1115, Luithehare au XIIesiècle, Luiueharia en 1168, de Lutehare vers 1175, Lithehara vers 1210, Litahare vers 1280, Luitehaire en 1409[4], Lutheura sans date.
Trois légions romaines menées par Titurius Sabinus, lieutenant de Jules César, envahissent le Cotentin à l’été de l’an Les Unelles, sous la conduite de Viridovix, résistent vigoureusement, mais sont défaits autour du mont Castre[5]. Les Gaulois se replient derrière le Hague-Dick, mais ne peuvent résister et livrent un dernier combat sur les landes de Jobourg.
Au XIesiècle, un sire de Lithehare accompagnait Guillaume le Conquérant à Hastings. Au XIIesiècle, Guillaume d'Orval, seigneur de Lithaire fonde le prieuré Saint-Jacques de Brocqueboeuf d'où partirent les premiers religieux de l'abbaye de Blanchelande[6]. Le prieuré fut le seul couvent de religieuses du Cotentin jusqu'au XVIIesiècle[7].
Dans le rôle de la noblesse du grand bailliage du Costentin, dressé en 1640, il est noté que les douze écuyers de la paroisse sont qualifiés de «pauvres» et perçoivent moins de 400 livres tournois de revenu[9], et neuf d'entre eux sont qualifiés d'«hommes de peu de considération»[10].
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans.
Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[14]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[15],[Note 3].
En 2023, la commune comptait 602habitants, en évolution de +4,88% par rapport à 2017 (Manche: +0,44%, France hors Mayotte: +2,49%).
Lithaire a compté jusqu'à 1 016 habitants en 1836.
L'église Saint-Thomas.Les ruines du vieux château de Lithaire, la tour au Mont-Castre. Lithographie d'Engelmann, 1825. Bibliothèque Jacques Prévert, Cherbourg.Le château ou vigie de Lithaire.L'église en ruines Saint-Thomas.
Église Saint-Thomas du XIXesiècle. Elle abrite un bas-relief la Crucifixion du XVe, des fonts baptismaux du Moyen Âge, les statues de saint Thomas Becket du XVIe et saint Maur du XVe, une verrière du XXe de J. Barillet. On y invoque saint Éloi pour la guérison des rhumatismes et goutte[6].
Château de Brocquebœuf du XIXesiècle construit sur les vestiges de l'ancien prieuré Saint-Jacques[6]. Il fut notamment la possession d'Amédée-Désiré Lavoisy (1818-1889), maire de Lithaire de 1870 à 1870, conseiller général de 1871 à 1874[6].
Manoir Saint-Michel-du-Bosc du XVIIIesiècle, ancien prieuré de femmes du XIIesiècle[6] qui était initialement situé sur le territoire de Varenguebec.
Ancienne léproserie et maison de templiers à Fontenay[6].
Vestiges du prieuré de Saint-Michel-du-Bosc qui sera jusqu'au XVIIesiècle le seul couvent de religieuses du Cotentin[7].
Le plan d'eau de Lithaire est un lieu privilégié pour la promenade. Il est aménagé au pied du mont Castre à proximité de plusieurs sites:
Ruines d'un château médiéval, sur l'un des sommets du mont Castre, au-dessus de la route qui mène à la Haye-du-Puits, en bordure de la forêt, au lieu-dit le Vieux Château, sur une étroite crête rocheuse orienté est-ouest. Vestiges de deux tours fortes carrées peut-être du XIVesiècle[18], dont l'une d'au moins deux étages planchéiés, percée de meurtrières à large ébrasement, est le donjon, de 10 m de côté et ayant par endroit des murs de plus de quatre mètres d'épaisseur[19]. Son origine pourrait être une vigie ou corps de garde romain. La seconde, dont il subsiste des traces, devait surveiller le ravin voisin[20]. Les rochers de la butte du vieux châteaux sont classés site protégé[6];
Allée couverte du bois du Mont[21] et du bois de la Plesse dont la pierre branlante a servi à l'édification de la stèle à la mémoire des combattants de la 90edivision d'infanterie et 82edivision Airbone.
Ruine de l'ancienne église.
Chapelle Saint-Étienne.
Allée couverte du Bois de la Plesse.Oppidum du Mont Castre, occupé par les Unelles. Traces d'un retranchement de terre protohistorique dit «camp de César».
Puits, lavoir.
Panorama et table d'orientation. Du sommet il est possible, par temps clair, de distinguer Jersey à 40 kilomètres.
Daniel Delattre et Emmanuel Delattre, La Manche les 602 communes, Grandvilliers, Éditions Delattre, , 280p. (ISBN978-2-9159-0709-4), p.124.
René Gautier et al. (préf.Jean-François Le Grand, postface Danièle Polvé-Montmasson), 601 communes et lieux de vie de la Manche: Le dictionnaire incontournable de notre patrimoine, Bayeux, Éditions Eurocibles, coll.«Inédits & Introuvables», , 704p. (ISBN978-2-35458-036-0), p.381.
↑Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016,etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.
↑W. S. Hanson, The army and frontiers of Rome: papers offered to David J. Breeze on the occasion of his sixty-fifth birthday and his retirement from Historic Scotland, 2009, p. 160.
12Jean-Michel Renault, «Revue monumentale et historique de l'arrondissement de Coutances: Canton de Saint-Sauveur-Lendelin», Annuaire du département de la Manche, Julien-Gilles Travers, 28e année - 1856, p.52 (lire en ligne).
↑Guy Le Hallé (préf.Hervé Morin, photogr.Yves Buffetaut), Châteaux forts de Basse-Normandie, t.II, Louviers, Ysec Éditions, , 160p. (ISBN978-284673-215-4), p.102.
↑Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des châteaux et des fortifications du Moyen Âge en France, Strasbourg, Éditions Publitotal, , 28eéd. (1reéd. 1979), 1304p. (ISBN2-86535-070-3, OCLC1078727877), p.684 (cf. Lithaire).
↑André Davy, Les barons du Cotentin, Condé-sur-Noireau, Éditions Eurocibles, coll.«Inédits et introuvables du patrimoine Normand», , 319p. (ISBN978-2-91454-196-1), p.8.