Livre-brouillard

Livre dans lequel sont ajoutés les dépenses et les recettes sans tri. Il précède le travail du livre-journal.

Le livre-brouillard, plus souvent connu sous son nom anglais waste-book, est un type de journal utilisé dans la tenue de livre. Les transactions y sont consignées dans l'ordre chronologique à mesure qu'elles adviennent[1]. C'est un livre dont l'usage est temporaire puisque les informations consignées sont destinées à être recopiées dans un livre plus lisible pour la comptabilité, d'où son nom anglais de waste-book, car le livre-brouillard était parfois jeté[2],[3].

Le livre-brouillard était aussi utilisé dans la prise de notes. Par exemple, Isaac Newton avait un waste-book dans lequel il a fait la majorité du développement du calcul infinitésimal[4]. Le philosophe allemand Georg Christoph Lichtenberg est connu pour son œuvre fragmentaire de pensées qui n'étaient pas destinées à la publication. Ces textes sont souvent publiés avec pour titre Aphorismes aujourd'hui alors que Lichtenberg considérait plutôt ces textes comme des waste-books. Sa démarche a notamment inspiré Léon Tolstoï, Albert Einstein, André Breton, Friedrich Nietzsche et Ludwig Wittgenstein[5].

Voici comment Lichtenberg parle de sa démarche :

« Les marchands ont leur waste-book (Sudelbuch, Klitterbuch, en allemand, je crois) dans lequel ils notent jour après jour ce qu’ils achètent et vendent, pêle-mêle et sans ordre ; ils consignent ensuite toutes ces choses dans le livre-journal où tout est noté de façon plus systématique, et tout cela aboutit enfin dans le Leidger at double entrance, selon la manière italienne de tenir les comptes. Dans ce dernier, on fait les comptes pour chacun en particulier, d’abord comme debitor puis en face comme creditor. Cela mérite d’être imité par les érudits. D’abord un livre au sein duquel je note tout ce que je vois ou la façon dont mes idées me le montrent, ensuite un autre où le matériau sera mieux trié et classé, le Leidger enfin, qui pourrait contenir, exprimés correctement, les liens de l’ensemble et l’exposition du sujet qui en découle[6]. »

Notes et références

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  1. (en) William Nicholson, American Edition of the British Encyclopedia: Or, Dictionary of Arts and Sciences ; Comprising an Accurate and Popular View of the Present Improved State of Human Knowledge, Mitchell, Ames and White, (lire en ligne)
  2. « SAA Dictionary: waste book », sur dictionary.archivists.org (consulté le )
  3. John B. (John Bart) Robarts - University of Toronto, Domenico Manzoni, Matteo Mainardi et Jan Ympyn Christoffels, Ancient double-entry bookkeeping : Lucas Pacioli's treatise (A.D. 1494 - the earliest known writer on bookkeeping), Denver, Colo. : J. B. Geijsbeek, (lire en ligne)
  4. « Newton Papers : Newton's Waste Book », sur Cambridge Digital Library (consulté le )
  5. (en) « The Waste Books », sur New York Review Books, (consulté le )
  6. Hans Georg Von Arburg, « « Un homme obligé de commencer par se plonger dans ses extraits ou dans sa bibliothèque est à coup sûr un artefact » : Lichtenberg, les cahiers d’extraits et le problème de l’originalité », dans Lire, copier, écrire : Les bibliothèques manuscrites et leurs usages au XVIIIe siècle, CNRS Éditions, coll. « De l'Allemagne », , 111–133 p. (ISBN 978-2-271-12837-9, lire en ligne)

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