Liéry

archevêque catholique de Sens

Liéry, également sous les formes Leotheric ou Liétry, mort le , est un archevêque de Sens de la fin du du Xe siècle.

Liéry
Fonctions
Archevêque de Sens
Archidiocèse de Sens
-
Archidiacre
jusqu'en
Biographie
Décès
Sépulture
Activité
Évêque catholique (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata

Le nom de cet évêque varie selon les auteurs. Louis Duchesne relevait dans les listes épiscopales les formes Leotericus, Leothericus[1].

Liéry est la forme retenue par les auteurs contemporains[2],[3]. Chez les auteurs anciens, la notice du Dictionnaire biographique, généalogique et historique de l'Yonne (1997)[4], la liste publiée sur le site de l'Archidiocèse de Sens-Auxerre ou encore le Projet Internet de généalogie MedLands[5] retiennent la forme Leotheric. On trouve également la forme Liétry[4]

Biographie

modifier

Selon Courlon (1876), il appartient à une famille noble (« nobilis genere sed nobilior mente »)[6],[2].

Élection

modifier

Il est archidiacre de Sens, après avoir fait ses études à Reims, auprès de Gerbert[4]. Seguin meurt en Liéry est désigné pour lui succédé la même année[2] selon les Annales de Sainte-Colombe, peut-être l'année suivante selon Historia Francorum Senonensis, la Chronique de Saint-Pierre-le-Vif de Sens, dite de Clarius[7] ou la Chronique de l’abbaye de Saint-Pierre-le-Vif de Sens de Geoffroy de Courlon (1876)[8].

Il est élu par le chapitre pour monter sur la chaire de Sens, en 999[2]. Selon l’Historia Francorum Senonensis, son élection rencontre l'opposition du comte de Sens, Fromond II[2],[4]. Toutefois, les Chroniques de Clarius et de Courlon mentionnent plutôt une opposition des clercs[2]. Il est chassé de sa ville et trouve refuge auprès de son ancien maître devenu pape sous le nom de Sylvestre II[4].

Le pape le confirme dans sa charge et lui confie le pallium[2]. L'opposition du comte de Sens ne serait déclenchée qu'à ce retour, obligeant le nouvel archevêque à se rendre à nouveau à Rome[2]. Le pape rédige alors une lettre destinée aux évêques suffragants de Sens afin de se réunir et confirmer Liéry[2]. Liéry est confirmé à Faremoutiers[2].

Épiscopat

modifier

Son épiscopat se caractérise par une relative continuité avec son prédécesseur, jusqu'à l'intervention du roi, à la demande même de Liéry, en 1015[4],[2]. Celle-ci cause le départ du comte Renard II de Sens, le frère de ce dernier, Fromond, est fait prisonnier et emmené à Orléans[2]. Le comte Renard signe un compromis avec le roi pour garder le titre de comte jusqu'à sa mort en 1055[9]. De fait, Sens passe au domaine royal[4],[2],[10].

Il préside le concile d'Héry convoqué par l'évêque d'Auxerre Hugues de Chalon en 1023 pendant la crise champenoise.

Mort et succession

modifier

Le Gallia Christiana[11], suivi par le projet MedLands[5], enregistre sa mort le . La notice du Dictionnaire biographique, généalogique et historique de l'Yonne (1997) donne le [4].

Son corps est inhumé dans la cathédrale métropolitaine, selon le Gallia Christiana[11], tandis que le projet MedLands donne l'abbaye Saint-Pierre-le-Vif[5].

Sa mort marque une grave crise de succession, entre le roi de France Henri Ier et le comte de Champagne Eudes, qui s'était emparé de Sens après la mort du roi Robert II le Pieux. Deux camps avec chacun leur candidat[2] :

Les deux monteront successivement sur la chaire.

Notes et références

modifier
  1. Louis Duchesne, Fastes épiscopaux de l'ancienne Gaule, t. 2 : L'Aquitaine et les Lyonnaises, Paris, Thorin et fils, (lire en ligne), p. 389-410.
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 Damien Varenne, « Les élections d'archevêques à Sens entre 977 et 1034 », sur academia.edu (consulté en ) (Communication faite en 2013 devant la société archéologique de Sens).
  3. Robert-Henri Bautier, Recherches sur l'histoire de la France médiévale : Des Mérovingiens aux premiers capétiens, Taylor & Francis, , 352 p. (ISBN 978-1-04023-675-8, lire en ligne), p. 73 (lexique).
  4. 1 2 3 4 5 6 7 8 Paul-Camille Dugenne, Dictionnaire biographique, généalogique et historique de l'Yonne, t. III : L-N, Société généalogique de l'Yonne, , p. 819.
  5. 1 2 3 MedLands, Leotheric.
  6. Courlon 1876, p. 378.
  7. Robert-Henri Bautier et Monique Gilles, Chronique de Saint-Pierre-le-Vif de Sens dite de Clarius. Chronicon Sancti Petri Vivi Senonensis, Paris, CNRS, , p. 106-107.
  8. Geoffroy de Courlon (trad. et comment. Gustave Julliot), Chronique de l'abbaye de Saint-Pierre-le-Vif de Sens rédigée vers la fin du XIIIe siècle, Sens, Charles Duchemin, , sur archive.org (lire en ligne), p. 378-379.
  9. Laurent Theis, Robert le Pieux. Le roi de l'an mil, Paris, Perrin, (ISBN 978-2-262-01375-2)
  10. Charles Larcher de Lavernade, Histoire de la ville de Sens, Culture et civilisation, (1re éd. 1845), p. 69.
  11. 1 2 Fisquet 1867, p. 39.

Voir aussi

modifier

Bibliographie

modifier

Articles liés

modifier

Liens externes

modifier