Le lobby breton désigne les groupes de pression et d'influence et les individus bénéficiant d'une importante couverture médiatique défendant les intérêts financiers, politiques et géopolitiques de la Bretagne.

Historique

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Dans son ouvrage Le Lobby breton, la journaliste Clarisse Lucas explique que l'ambition du Peuple breton est « de faire avancer l'idée du fédéralisme européen et de la régionalisation de la France »[1].

Le Keréden est un club de réflexion et un lobby regroupant des chefs d'entreprises et décideurs bretons qui s'inscrit dans une démarche de lobbying[2],[3],[4].

Le Comité d'étude et de liaison des intérêts bretons obtient l'aménagement du plan routier breton et participe au processus de régionalisation en France (création en 1964 des Commissions d'expansion économique et régionale (CODER), dont la première sera créée en Bretagne, et du « miracle économique breton » dans les années 1960 (développement de l'industrie agroalimentaire, implantation de l'usine PSA de Rennes en 1961, du Joint français à Saint-Brieuc en 1963)[5].

La création en 1984 du Tro Bro Leon fait partie d'un processus de lobbying en faveur de la Bretagne[6].

En 2012, le Club des Trente[7] exerce du lobbying pour le prolongement de la ligne du TGV Atlantique jusqu'à Rennes[8], pour l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes[9] et pour le lancement de Passeport Bretagne aidant les jeunes entrepreneurs bretons[10]. Il existe une association, Generation Breizh, qui organise des dîners bretons[11].

Pour l'année 2017, le Crédit Mutuel Arkéa déclare à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique exercer des activités de lobbying en France pour un montant qui n'excède pas 10 000 euros[12]. Pour l'année 2018, ce montant est compris entre 900 000 et 1 million d'euros[13].

En 2021, l'Association bretonne des entreprises agroalimentaires tente d’influencer des parlementaires dans le cadre des discussions relatives au projet de loi sur les lanceurs d’alerte, et fait des propositions d'amendements visant à limiter le champ de leur protection[14],[15]. Les élus du Finistère Nadège Havet (LREM) et Michel Canévet (Union centriste) relaient, en 2021, ces amendements au Sénat[16].

En 2024, le lobby comprend une importante activité auprès du Parlement européen[17].

Polémiques

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Au fil de son enquête sur les algues vertes en Bretagne, Inès léraud subit un certain nombre de pressions et de menaces (avertissements hostiles, harcèlement sur les réseaux sociaux, procès baillons, etc.[18]).

En 2020, Le Canard enchaîné révèle que des pressions ont été exercées par un élu de la ville de Quintin pour qu'Inès Léraud ne soit pas invitée au salon du livre de Quintin[19],[20]. Par ailleurs, Muriel Le Morvan de France 3 Bretagne indique qu'un éditeur régional renonce à publier Algues vertes, l’histoire interdite en breton par peur de perdre des subventions du conseil régional de Bretagne[21].

Un comité de soutien à la journaliste est créé en et rend public, via une tribune dans Libération[19] que deux procès en diffamation lui sont intentés par des membres de l'industrie agroalimentaire bretonne, à la suite de ses articles. Un par Christian Buson, consultant pour les industries agroalimentaires, et un autre par le groupe Chéritel[21],[19] avant que les poursuites ne soient abandonnées à quelques jours de l'audience en 2021[22]. Pour Pavol Szalai, responsable du bureau UE/Balkans de Reporters sans frontières, les pressions et entraves opposées au travail de la journaliste[23] sont « un message très clair pour tous les journalistes bretons : n’enquêtez pas sur les pratiques de l’agro-business de votre région, le prix est bien trop cher payé[24] ! »

La tribune en soutien à Inès Léraud publiée sur Libération déclenche la création du collectif de journalistes « Kelaouiñ », qui signifie « informer » en breton, à la suite de quoi une pétition pour défendre la liberté d'informer sur l'agroalimentaire breton réunit plus de 45 000 signatures[25].

Notes et références

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  1. ↑ Lucas 2011, p. 36
  2. ↑ Ghislain de Montalembert, « Ces Bretons qui font bouger la France », sur Le Figaro, (consulté le )
  3. ↑ « Malaise français, colère bretonne », sur Le Monde diplomatique, (consulté le )
  4. ↑ Christian Roudaut, « Le lobby breton drague la République », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  5. ↑ Clarisse Lucas, Le lobby breton. Lobi Breizh, Paris, Nouveau Monde Éditions, , 343 p. (ISBN 978-2-84736-611-2).
  6. ↑ Clarisse Lucas, Le lobby breton : Lobi Breizh, Paris, Nouveau monde, coll. « Les enquêteurs associés », , 350 p. (ISBN 978-2-84736-611-2, présentation en ligne), p. 203
  7. ↑ Christian Roudaut, « Le lobby breton drague la République », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  8. ↑ Lettre de soutien du Club des Trente au LGV
  9. ↑ « Réseau : le Club des Trente réclame l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes », dans Ouest-France entreprise, 19 décembre 2012, consulté sur www.entreprises.ouest-france.fr le 22 décembre 2012
  10. ↑ « Les patrons bretons s'entraident pour conquérir le monde », sur FIGARO, (consulté le )
  11. ↑ « Dîners celtiques: le lobby décontracté des bretons », sur France 3 Bretagne, (consulté le )
  12. ↑ « Fiche Organisation « Haute Autorité pour la transparence de la vie publique », sur hatvp.fr (consulté le ).
  13. ↑ « Arkéa », sur hatvp.fr.
  14. ↑ Laurent Mauduit, « Assauts multiples contre la loi protégeant les lanceurs d’alerte », sur Mediapart (consulté le )
  15. ↑ Nicolas Legendre, « L’industrie agroalimentaire, un entrelacs de pouvoir et d’argent en terres bretonnes », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  16. ↑ « Protection des lanceurs d'alerte : deux sénateurs du Finistère sous l'influence du lobby agroalimentaire », sur ici, par France Bleu et France 3, (consulté le )
  17. ↑ « À Bruxelles, l’efficacité assumée du « lobby breton » », sur Le Télégramme, (consulté le )
  18. ↑ Mathilde Roche, « Inès Léraud, verte au-delà des algues », sur Libération (consulté le )
  19. 1 2 3 Comité de soutien à Inès Léraud, « Défendons la liberté d’informer sur le secteur agro-alimentaire », Libération,‎ (lire en ligne).
  20. ↑ Aurore Coulaud, « Inès Léraud, vague à l’algue », sur Libération.fr, (consulté le ).
  21. 1 2 Muriel Le Morvan,« Inès Léraud attaquée en justice pour avoir enquêté sur l’agroalimentaire breton : l'affaire devient politique », France 3 Bretagne, 20 mai 2020.
  22. ↑ J.G., « Le groupe breton Chéritel abandonne ses poursuites contre une journaliste », sur 20minutes.fr, (consulté le ).
  23. ↑ Dorothée Werner, « Inès Léraud, une Erin Brockovich bretonne », sur elle.fr, (consulté le ).
  24. ↑ Reporters sans frontières, « France : RSF condamne la pression exercée par le lobby agro-industriel breton sur Inès Léraud », sur rsf.org, (consulté le ).
  25. ↑ Kelaouiñ, « Pour la liberté d'informer sur l'agroalimentaire en Bretagne et ailleurs », sur change.org, .

Voir aussi

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Articles connexes

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Bibliographie

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  • Philippe Créhange, Le mystérieux Club des trente, Langrolay-sur-Rance, les Éditions du Coin de la rue, , 236 p. (ISBN 979-10-96883-08-0)
  • Clarisse Lucas, Le lobby breton =: Lobi Breizh, Nouveau Monde, (ISBN 978-2-84736-611-2)