Logobi
Le Logobi (du nouchi, « faire le malin ») est une danse et un genre musical urbain ivoirien apparu dans les années 1980 à Abidjan. Il se caractérise par des mouvements de bras rapides et expressifs (d’où son surnom de « danse des gros bras »), des jeux de jambes saccadés et des mimes inspirés des combats de rue.
| Origines culturelles | Côte d'Ivoire |
|---|---|
| Popularité | En croissance depuis 2008 |
| Scènes régionales |
|
| Voir aussi | Coupé-décalé |
Genres dérivés
Logobi GT
Origines
modifierLe Logobi apparaît dans les ghettos et quartiers populaires d’Abidjan (notamment Abobo) au cours des années 1980. Il est intimement lié à la culture des loubards (membres de gangs de rue) et s’inspire de gestes de combat et d’arts martiaux.
La figure centrale de cette légende urbaine est John Pololo (de son vrai nom Sahiri Gnédré Lazare, 1962 – 13 janvier 2000), célèbre loubard abidjanais, pratiquant d’arts martiaux et leader du groupe des « Vagabons Sauvés » (VS). Plusieurs sources ivoiriennes et de la diaspora le présentent comme le codificateur ou l’inventeur du Logobi, qu’il aurait développé en mélangeant gestuelle de combat et musique[1].
Le Logobi s’inscrit dans le sillage du zouglou (né dans les campus universitaires d’Abidjan) tout en développant une identité plus street et plus brutale. Il précède et influence ensuite le coupé-décalé, dont il se distingue par son ancrage populaire et son absence de dimension « bling-bling »[2].
Diffusion en France et hybridation
modifierÀ la fin des années 2000 et au début des années 2010, le Logobi connaît une forte diffusion en France, particulièrement dans les banlieues parisiennes au sein de la jeunesse noire issue de la diaspora ouest-africaine. Des crews se forment et investissent les espaces publics (métros, gares, centres commerciaux) pour des battles et des démonstrations[3].
Musicalement, le Logobi français devient un hybride : il fusionne les rythmes percussifs du coupé-décalé avec les sonorités frénétiques de la tecktonik et du hard-tech belge. Le groupe Logobi GT (formé à Champigny-sur-Marne) joue un rôle important dans la popularisation de cette version auprès d’un public plus large, avec des titres comme Un Bail Ke Yes ou Elle danse sexy[4].
Ce mouvement a été documenté notamment par l’artiste et DJ Christelle Oyiri (CrystallMess) dans son projet Collective Amnesia: In Memory of Logobi (2018-2022), qui souligne à la fois la créativité de la jeunesse des banlieues et l’effacement relatif de cette culture dans le récit dominant de la musique française[3].
Renaissance récente
modifierAprès un creux de popularité au milieu des années 2010, le Logobi renaît progressivement grâce aux réseaux sociaux (Instagram, TikTok, YouTube). En Côte d’Ivoire, des artistes comme Samo Samo relancent le style en 2025-2026 avec des titres viraux (Logobi, Faut Gbâchi), prouvant sa capacité à se réactualiser tout en restant ancré dans la culture de rue[5].
Pratique
modifierLe Logobi se danse sur des tempos rapides, souvent sur des instrumentaux de coupé-décalé ou des productions électroniques compressées. Les mouvements laissent une large place à l’improvisation et à l’expressivité individuelle. On le retrouve aussi bien dans les maquis et fêtes de quartier en Côte d’Ivoire que dans les battles de rue en France.
Musique
modifierDe nombreux morceaux de Coupé-décalé, ainsi que des beats (dits « instru »), conviennent à la pratique du Logobi. Le tempo doit être plutôt rapide et le rythme élevé pour coller avec la rapidité d’exécution des mouvements.
Artistes associés
modifier- Moussier Tombola
- Logobi GT
- Les Youlés
- Samo Samo
- Petit Denis
- Gor la Montagne
Références
modifier- ↑ « Côte d'ivoire : Qui était JOHN POLOLO (1962-2000) ? », sur NetAfrique.net, (consulté le )
- ↑ « Qu'est-ce que le logobi et pourquoi est-il populaire ? », sur Citopendia, (consulté le )
- 1 2 (en) « The forgotten history of logobi, an Ivorian dance on the streets of Paris », sur Dazed, (consulté le )
- ↑ « Le Logobi flambe aux Vieilles Forges », sur Charente Libre, (consulté le )
- ↑ « Le Logobi renaît avec Samo Samo : “Faut Gbâchi” relance une culture urbaine culte en Côte d’Ivoire », sur Pulse Côte d'Ivoire, (consulté le )
