Lord-maire de Londres

Chef de la corporation de Londres

Le lord-maire actuellement titrée lady-maire de Londres (en anglais : Lord Mayor of London ou Lady Mayor of London) est chef(fe) de la « Corporation de la Cité de Londres ».

Lord-maire de Londres
(en) Lord Mayor of London
Image illustrative de l’article Lord-maire de Londres
Armoiries de la Cité de Londres.

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Drapeau de la Cité de Londres.

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Titulaire actuel
Dame Susan Langley
depuis le
(10 mois et 11 jours)

Création
Titre Le très honorable lord-maire
Mandant Vénérables compagnies de la Cité de Londres
Durée du mandat 1 an, renouvelable
Premier titulaire Sir Henry Fitz-Ailwin de Londonestone
Résidence officielle Mansion House (Londres)
Rémunération Pro bono
Site internet cityoflondon.gov.uk

Liste des lord-maires de Londres

Il ne faut pas confondre le lord-maire de Londres, fonction depuis longtemps, avec celle du maire de Londres de création récente, chef de l'autorité du Grand Londres.

Histoire

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Le lord-maire de Londres porte sa masse d'arme en 1821.

Le premier citoyen londinien, toujours chef du conseil communal de Londres[1], dès au XIIe siècle était nommé maire.

Sir Henri fitz-Ailwin, premier maire au registre, servit de 1189[2] jusqu'en 1212[3] ; encore mandat record de vingt-quatre ans.

Depuis le , entre en fonction Dame Susan Langley, 697e titulaire.

Sir Henri fitz-Ailwin arriva au pouvoir durant une période trouble opposant le roi Richard Ier à Londres. Le roi exigea une augmentation des impôts et leva un emprunt sur les marchands londoniens, afin de financer les guerres menées à l'étranger. En contrepartie, échevins et marchands londiniens obtinrent un supplément d'autonomie matérialisé par la création de la fonction de maire. Auparavant, la Cité était administrée par deux des officiers de la couronne : les shérifs[4].

En 1215, profitant de la faiblesse du pouvoir royal[5], et par l'octroi d'une charte accordée quelques semaines avant la « Magna Carta », les Londoniens obtinrent du roi Jean Ier, le droit d'élire un maire. La première mention du titre Lord Mayor ou Dominus Major apparaît dans un document de 1283[6]. Ce n'est qu'au XVIe siècle que son usage devient courant.

Au Moyen Âge, certains lord-maires n'habitaient pas à Londres, comme sir Edward d'Alyngrigge (nommé 1392), le suivant depuis 1435 toujours étant choisi parmi les échevins de Londres.

Depuis le maire sir Henri fitz-Ailwin suivent nombreux titulaires de multiples mandats, dont :

Sir William Russell, de foi catholique, est le plus récent lord-maire de deux mandats, élu en 2019 ensuite 2020, principalement à cause de la pandémie de coronavirus.

En 1885, George Nottage, anglican, était dernier à mourir en fonction, tandis qu'en 1855, sir David Salomons est le premier de confession juive, nommé lord-maire.

À ce jour, seules trois femmes sont entrées en fonction : Dame Mary Donaldson en 1983, Dame Fiona Woolf en 2013 et Dame Susan Langley depuis 2025, première à porter de titre en lady-maire de Londres.

Le lord-maire fait office de porte-parole aux entreprises britanniques ainsi que la Cité de Londres, dont en plupart de sociétés financières.

Le titulaire prononce environ 800 discours par an à travers la Grande-Bretagne, en plus de missions diplomatiques à l'étranger par demande du gouvernement de Sa Majesté pour y représenter d'entreprise britannique. En outre, chargé ex officio de chancelier de la City University.

En organisant chaque année de banquets prestigieux à la Cité, le Lord-Maire de Londres y remplit par excellence en rôle civique, dont un où le Premier ministre fait discours, l'autre où le chancelier de l'Échiquier s'exprime, et encore un autre où le secrétaire d'État des Affaires étrangères fait allocution en présence de dignitaires étrangers.

Élection

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Tout candidat à la fonction de lord-maire doit être libre d'engagement vis-à-vis des « Douze Grandes Guildes » (Great Twelve City Livery Companies) que compte la Cité. Il doit avoir également occupé la charge des shérifs de Londres et être l'un des vingt-cinq échevins (aldermen) de la Cité au moment de son élection. Le lord-maire est élu chaque année le , la fête de Saint-Michel d’automne (Michaelmas Day). Lorsque cette fête tombe un week-end, comme en 2012, l'élection a lieu le lundi suivant. L'élection se tient au Guildhall, devant toutes les « vénérables compagnies » sous la présidence des shérifs. Tous les échevins qui sont passés par le shérifat sont proposés à la candidature par ordre d'ancienneté. Les « liverymen » (membres) de ces corporations votent alors à main levée. Seuls les deux candidats ayant obtenu le plus de suffrages sont signalés dans un rapport à destination de la cour des Échevins pour approuver le choix final[7].

Le choix du lord-maire, même issu d'une élection libre, est soumis à l'approbation du souverain ou à défaut du lord-chancelier. Si un droit de veto est possible, celui-ci n'a plus été appliqué depuis la Révolution anglaise[7].

Entrée en fonction et le Grand défilé

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Le lord-maire Sir John Stuttard au Lord Mayor's Show en 2006.

Le lord-maire entre en fonction plus d'un mois après son élection, le vendredi précédant le deuxième samedi du mois de novembre (soit la veille du Lord Mayor´s Show dont la date a été fixée par Acte du Parlement de 1959), cette dernière tombant (au plus tôt le 8 et au plus tard le 14[8]) pour la durée d'un an. Au Guildhall se déroule alors une cérémonie appelée Silent Ceremony : le nouveau lord-maire se voit remettre les insignes de sa charge (épée, masse d'armes, bourse, sceaux et clés de la Cité) par son prédécesseur, sans que la moindre parole ne soit prononcée pendant environ vingt minutes[9].

Le lendemain du début d'entrée en fonctions, le nouveau lord-maire participe au traditionnel défilé où, précédé d'une grande parade du Festival (nommé le « Lord Mayor's Show »), il traverse, sous une nombreuse escorte y compris l'Honourable Artillery Company (dont le chapelain, le porte-glaive, le porte-masse) à bord du carrosse civique, le cœur historique de Londres pour prêter serment de loyauté envers le souverain britannique en présence des juges de la Cour d'appel royale (High Court of Justice) siégeant en Westminster à la limite de la Cité. Jusqu'en 1882, la procession se rendait jusqu'à la Westminster Hall[10]. Pendant longtemps - la première fois en 1422, pour la dernière en 1856[11] - le trajet se fit par voie d'eau sur la Tamise, sur une barque de cérémonie (Lord Mayor's Barge) entre les Blackfriars et Westminster Bridges. Depuis 2013, le lord-maire effectue à nouveau un trajet sur la Tamise à bord de la barque royale « Gloriana », avant le début de la procession proprement dite. À l'occasion de la procession le lord-maire comme premier magistrat est vêtu d'un costume d'apparat formé d'une robe écarlate doublée d'hermine, sur laquelle il arbore un collier d'or avec camées et diamants[9].

Le lundi qui suit le Lord Mayor's Show, le nouveau lord-maire et les shérifs de Londres offrent un banquet à Guildhall en l'honneur du sortant (former Lord Mayor). À cette occasion, le Premier ministre prononce un discours important devant quelque 700 invités triés sur le volet.

Droits et privilèges du lord-maire

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Anciennement pour la City, le lord-maire de Londres dispose de pouvoirs et de privilèges particuliers, fondés sur une indépendance absolue. Il a le pas sur tous les citoyens de la Cité, et dans la hiérarchie du pouvoir, seul le monarque lui est supérieur. Un changement de gouvernement ou de souverain ne peut altérer ses droits et ses pouvoirs[7].

Vieux contrôleur du Guildhall, aujourd'hui le lord-maire exerce ses fonctions à la « Mansion House ».

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Rémy Bethmont, Histoire de Londres, Tallandier, [12]
  • (en) Ben Weinreb et Christopher Hibbert, The London Encyclopaedia, London, Macmillan, , 3e éd.

Articles connexes

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Notes et références

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