Loro Piana
Loro Piana est une entreprise italienne spécialisée dans la fabrication de tissus et de vêtements de luxe en cachemire, en vigogne et en laines extra-fines. Elle est considérée comme l’un des principaux producteurs mondiaux dans ce domaine, elle a été rachetée en décembre 2013 (80 % du capital social) par la multinationale française de luxe LVMH - Moët Hennessy Louis Vuitton[1].
| Loro Piana | |
| Création | 1924 |
|---|---|
| Fondateurs | Pietro Loro Piana |
| Forme juridique | Società per azioni |
| Siège social | Quarona |
| Coordonnées | 45° 28′ 38″ N, 9° 11′ 14″ E |
| Direction | Frédéric Arnault |
| Actionnaires | LVMH |
| Activité | Industrie de l'habillement (en) et industrie textile |
| Société mère | LVMH |
| Site web | loropiana.com |
| modifier - modifier le code - voir Wikidata | |
Histoire
modifierOriginaire de Trivero, la famille Loro Piana a commencé son activité de marchand de laine au tout début du XIXe siècle, et vers la seconde moitié du siècle, elle s'est installée à Valsesia où elle a fondé la filature de laine Fratelli Lora e Compagnia, suivie par la moulin de laine par Zignone & C. au début du XXe siècle[2]. La société actuelle Loro Piana est créée en 1924 par l'ingénieur Pietro Loro Piana à Quarona. Dans les années 1940, c'est son neveu Franco Loro Piana qui tient la direction de l'entreprise[3] ; il tend vers le haut de gamme[4] et commence à vendre aux maisons de couture parisiennes, entre autres un tissu fin et léger en « Laine de Tasmanie » [2]. Par la suite, deux types de laine sont produites dans les années 1960, la « Tasmanie », ainsi que la « Tasmanie hiver » en pure laine vierge mérinos. Dès lors, l'entreprise développe la variété de tissus commercialisés et exporte au Japon ou aux États-Unis[2]. Depuis les années 1970, Loro Piana est dirigé à part égale et en alternance par les enfants de Franco, Sergio Franco et Pier Luigi[5]. Durant cette époque, la marque produit une luxueuse laine ultra-fine peu rentable, mais qui se révèlera pertinente pour l'entreprise bien des années plus tard[4]. Plus uniquement fournisseur des plus grandes marques, la décennie suivante, l'entreprise commercialise sa propre collection de vêtements dans une intégration verticale, de la matière première jusqu'au produit fini[6],[7],[8] ayant commencé par des écharpes[4].
Depuis 1985, la société a entamé une collaboration avec la Fédération italienne des sports équestres[9]. De plus, Loro Piana habille également Team New Zealand à l'America's Cup World Series depuis 2002. Depuis la fin des années 1990, la marque a étendu sa production de vêtements aux accessoires textiles, chaussures, cadeaux et accessoires pour la maison. Les usines sont situées en Italie, en particulier à Valsesia, dans la province de Vercelli. Les produits sont distribués à travers un réseau d’environ 160 magasins en propre[4], progressivement ouverts depuis le milieu des années 1990, situés dans les rues commerçantes les plus exclusives du monde comme l'avenue Montaigne[10] et via le commerce électronique depuis 2012.
Le , LVMH achète 80 % de Loro Piana pour deux milliards d'euros, le reste de l'actionnariat restant entre les mains de la famille Loro Piana[8]. Les options de vente et d'achat sur la participation de 20 % de la famille expirent en 2016[11]. Au début de l'année suivante, la famille cède 5 % supplémentaires au groupe de luxe français[12]. Concernant le synergies, Bernard Arnault précise que « d'autres marques du groupe LVMH » peuvent profiter du rachat du fournisseur italien « pour leur propre approvisionnement »[13]. L'entreprise compte alors en 2013, 2 600 employés[3], puis 3 500 sept ans plus tard[7]. Le de l'année du rachat, Sergio Loro Piana meurt[3]. Loro Piana reste considéré comme le meilleur fournisseur, dans le monde entier, de laine extra-fine, de cachemire, de laine de vigogne ou de fibre de fleur de lotus[6],[10],[14]. La marque développe également des fibres techniques, dont des laines ultra-fines[15],[4]. Au-delà de la fourniture de ces tissus, le prêt-à-porter représente plus de la moitié du chiffre d'affaires[3],[8].
En , la plainte d'un ouvrier chinois non payé entraine une enquête en Italie. En l'entreprise est épinglée par la justice italienne pour l'exploitation d'ouvriers chinois par ses sous-traitants. Durant l'enquête, il apparait que les vestes en cachemire sont réalisées dans des ateliers clandestins pour quelques centaines d'euros pièce alors qu'elle sont vendues par Loro Piana entre 1 000 € et 3 000 € dans ses boutiques. Loro Piana est alors placée sous administration judiciaire pour un an, une mesure de prévention. Les juges italiens reprochent notamment à Loro Piana de « ne pas avoir mis en place les mesures adéquates pour vérifier les conditions réelles de travail (…) des sociétés sous-traitantes ». Les ouvriers chinois ont été embauchés en Italie, par des sous-traitants de sous-traitants sans respecter les législations sur la santé, le travail légal dans des conditions de vie qui frôlent l'exploitation humaine[16],[17],[18]. La mesure de placement sous administration judiciaire est levée par anticipation en et l'entreprise sort indemne de l'enquête sur le travail des sous-traitants[19].
Controverses
modifierEn 2024, l'élu californien Robert Garcia a accusé Loro Piana d'exploiter des populations andines chargée de tondre la laine de vigogne. À la suite de cette affaire, le Congrès américain aurait demandé à son directeur, Antoine Arnault de venir répondre de ces accusations[20].
Notes et références
modifier- ↑ « LVMH rachète Loro Piana pour près de 2 milliards d'euros », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- 1 2 3 Cox, p. 232.
- 1 2 3 4 Frédéric Martin-Bernard, « Loro Piana, le luxe en filature », sur lefigaro.fr, (consulté le )
- 1 2 3 4 5 Catherine Saint-Jean, « La laine la plus fine du monde », sur lefigaro.fr, (consulté le )
- ↑ Cox, p. 232 et 235.
- 1 2 Cox, p. 235.
- 1 2 Frédéric Martin-Bernard, « Loro Piana : la fibre de l'exception », sur lesechos.fr, (consulté le )
- 1 2 3 Dominique Muret, « Pier Luigi Loro Piana: "C’est M. Arnault qui a fait la bonne affaire" », sur fr.fashionnetwork.com, (consulté le )
- ↑ « Loro Piana is the official supplier for the Italian eventing and dressage teams - Industry Press Releases », sur web.archive.org, (consulté le )
- 1 2 Article et interview, in : Hélène Guillaume, « Fabio d’Angelantonio: «Loro Piana, ce n’est pas posséder, mais porter» », sur lefigaro.fr, (consulté le )
- ↑ « Prêt à porter: LVMH s'offre 80% du groupe Loro Piana - LExpansion.com », sur web.archive.org, (consulté le )
- ↑ (it) « Loro Piana, la famiglia cede un altro 5% di quote », sur lastampa.it, (consulté le )
- ↑ Bertille Bayart, « Loro Piana : «Nous n'avons voulu discuter qu'avec Bernard Arnault» », sur lefigaro.fr, (consulté le )
- ↑ Richard Heuzé, « Loro Piana, le groupe de luxe italien qui défie la crise », sur lefigaro.fr, (consulté le )
- ↑ Vicky Chahine, « Mode - Loro Piana, au fil de l’innovation », sur lepoint.fr, (consulté le )
- ↑ Clémentine Eveno, « Loro Piana : pourquoi cette société de LVMH, dirigée par le fils de Bernard Arnault, est placée sous « administration judiciaire » en Italie »
, L'Humanité, (consulté le ) - ↑ Jean-Baptiste Chabran, « Travail forcé : en Italie, LVMH pris la main dans le sac », sur Libération (consulté le )
- ↑ « La maison de mode italienne Loro Piana, propriété de LVMH, placée sous « administration judiciaire » pour avoir facilité l’exploitation d’ouvriers », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Virginie Jacoberger-Lavoué, « Loro Piana sort indemne de l'enquête ouverte sur le travail de sous-traitants en Italie »
, Les Échos, (consulté le ). - ↑
Bibliographie
modifier- Caroline Cox (préf. Cameron Silver), Le luxe en héritage : Secrets d'ateliers des grandes maisons, Dunod, (1re éd. 2013), 285 p. (ISBN 978-2-10-070551-1), « 1924 : Loro Piana », p. 232 à 235.
