Lou Trotignon
Lou Trotignon, né le à Rambouillet, est un humoriste et militant pour les droits LGBT français. Avec Mérou, il est le premier humoriste français à consacrer un spectacle entier à la transidentité.
Biographie
modifierJeunesse et formation
modifierLou Trotignon naît le à Rambouillet[1],[2], où il grandit dans une fratrie de cinq[3]. Durant son adolescence, il exprime avoir été très anxieux, et s'être intéressé aux films de zombies « notamment pour la question de la déshumanisation »[4]. Il s'inscrit d'abord à Sciences Po Paris, avant de suivre des études en philosophie de l'art[3],[5], durant lesquelles il étudie, entre autres, les films de zombie[4]. En parallèle, il travaille brièvement comme stripteaser[1].
Débuts dans le stand-up
modifierLou Trotignon débute le stand-up en 2020 au bar parisien La Mutinerie[6], où il anime par la suite des ateliers d’écriture et un plateau d’artistes[1]. En , il suit une formation d'un an à l’Académie d’Humour pour se professionnaliser[7]. La même année, il joue en première partie de Tahnee, travaille comme chroniqueur sur France Inter et est invité dans le podcast de Kyan Khojandi[8]. Il participe aussi au Barbès Comedy Club de Shirley Souagnon[7] et rejoint le collectif Comédie Love[9].
En , il est sélectionné dans le cadre du tremplin du Printemps du Rire[10]. Il se produit également au spectacle #fetelamour de l'association de lutte contre le VIH/sida AIDES[11].
Lou Trotignon revendique d'utiliser l'humour comme outil pédagogique d'éducation populaire, notamment pour lutter contre la transphobie[1],[12].
Spectacle Mérou
modifierEn 2020, Lou Trotignon débute sa transition de genre, dont il retrace le parcours dans son spectacle Mérou[1]. Il commence à créer le spectacle, qui évoque sa non binarité[13], en 2021[5]. Il explique avoir choisi le titre car il « renvoie à un poisson naturellement transgenre à plusieurs moments de sa vie »[14]. Il ne destine pas son spectacle qu'à un public queer, mais aussi, entre autres, aux parents de personnes trans, afin d'ouvrir la discussion sur le sujet de la transidentité[3],[8]. Il aborde également d'autres thématiques, comme le BDSM ou le travail du sexe[7].
Lou Trotignon raconte avoir modifié son spectacle pour le rendre « plus direct politiquement pour l’inscrire dans quelque chose de plus grand que [s]on histoire personnelle »[12]. Avec Mérou, il est considéré comme le premier humoriste français à consacrer un spectacle complet à la transidentité[7],[9]. Mérou est mis en scène par Amiel Maucade, avec la collaboration artistique de Sandra Calderan[1].
Lou Trotignon joue Mérou à La Nouvelle Seine[6] puis pendant un an à guichets fermés au Théâtre Saint-Georges à Paris, avant d'entamer en 2025 une tournée dans toute la France[12]. Exposé à une vague de transphobie, il est contraint d'annuler deux dates pour préserver sa santé mentale et physique, après avoir fait un malaise avant un spectacle[12]. Sa 120e représentation se déroule le jeudi , au Théâtre à l’Ouest à Auray, dans le Morbihan[5]. En , il joue au Théâtre 100 Noms à l'occasion de la journée internationale des droits des femmes[15]. Il participe également à l'édition 2025 du festival Arcomik à Sainte-Étienne[16].
Sensibilisation LGBT
modifierAu-delà de son spectacle, Lou Trotignon se sert de ses compte sur les réseaux sociaux pour sensibiliser sur les droits des personnes LGBT, particulièrement des personnes trans[17]. En 2025, il témoigne de son expérience de la transphobie dans le livre Transphobia d'Elie Hervé[18].
Vie privée
modifierLou Trotignon est une personne trans non binaire[13]. Il fait son coming-out sur scène, lors d’un spectacle à Bruxelles[3]. Il explique avoir choisi son prénom en hommage à Lou Sullivan, homme trans et militant américain pour les droits LGBT et la lutte contre le sida[3].
Prix et distinctions
modifierNotes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 Pauline Migevant et Hugo Boursier, « Lou Trotignon : “J’ai voulu montrer que la transidentité pouvait être joyeuse” », Politis, (lire en ligne
) - ↑ Louis Bolla, « Lou Trotignon », Les Jours, (lire en ligne
, consulté le ) - 1 2 3 4 5 Hugo Valentin, « “La meilleure réponse à la haine est le rire”… Comment Lou Trotignon évoque sa non-binarité, tout en humour », 20 minutes, (lire en ligne
) - 1 2 Bintily Diallo, « Les films de zombies : la passion discrète de Lou Trotignon », Mouv, (lire en ligne)
- 1 2 3 « Lou Trotignon informe et rigole de sa transition de genre, au Théâtre à l’Ouest à Auray », Ouest-France, (lire en ligne
) - 1 2 Marie Slavicek, « Un apéro avec Lou Trotignon : “En vrai, ça me soûle quand la boulangère m’appelle ‘madame’” », Le Monde, (lire en ligne
) - 1 2 3 4 Anthony Vincent, « Lou Trotignon, humoriste trans : “C’est ok de douter, ça peut même être une identité” », Madmoizelle, (lire en ligne
) - 1 2 Aurélia de Spirt, « Lou Trotignon, comme un “Mérou” dans l’eau », L'Humanité, (lire en ligne
) - 1 2 Mahaut Drama, Que jeunesse se passe, Groupe Robert Laffont, (ISBN 978-2-221-27667-9, lire en ligne)
- ↑ « Les jeunes talents de l’humour », La Dépêche, (lire en ligne
) - ↑ Anthony Vincent, « L’asso AIDES invite 10 humoristes pour un show de stand-up, dont Tahnee qui donne drôlement envie », Madmoizelle, (lire en ligne
) - 1 2 3 4 Valentin Etancelin, « Pour Lou Trotignon, l’humour “est l’un des meilleurs outils” contre la transphobie », Huffington Post, (lire en ligne
) - 1 2 Charline Guerton-Delieuvin, « Lou Trotignon, poisson clown », Libération, (lire en ligne
) - ↑ Giulia Foïs, « Épisode 1/5 : Être trans, avec Lou Trotignon : “Le changement de genre est un voyage sans fin” », France Inter, (lire en ligne
) - ↑ Roberte Jourdon, « Quinzaine féministe et des égalités au théâtre 100 Noms, à Nantes », Ouest-France, (lire en ligne
) - ↑ Cerise Rochet, « Lou Trotignon, la joie et la douceur du doute », Époque, (lire en ligne
) - ↑ Bleuenn Gacel, Speaking as Non-Binary in a Gendered Language (French) : Showing the diversity of non-binary linguistic experiences and their view on LGBTQIA+ anglicisms and history in French, Linköping, Linköping University, (lire en ligne), p. 36
- ↑ Elie Hervé, Transphobia, enquête sur la désinformation et les discriminations transphobes, Solar, , 304 p. (ISBN 978-2-263-19128-2, lire en ligne)
- ↑ Florian Ques, « “Je ne cherche pas juste à faire rire” : Lou Trotignon, têtu· de la Révélation de l'année », Têtu, (lire en ligne)
- ↑ « Cérémonie des têtu· 2024 : le palmarès derrière Thomas Jolly, personnalité de l'année », Têtu, (lire en ligne)