Louis Hunkanrin

personnalité politique béninoise

Louis Hunkanrin est un homme politique béninois, né le [1] et mort le [1].

Louis Hunkanrin
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 77 ans)
Porto-NovoVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités

Biographie

modifier

Originaire du Dahomey (actuel Bénin), Louis Hunkanrin (1886-1964) fait partie, en 1903, de la première promotion de l’École normale William-Ponty, à Saint-Louis au Sénégal, dont il sort diplômé en 1907[2].

Révoqué de l’enseignement en 1910, il est condamné à deux reprises pour ses activités journalistiques (1911 et 1912) et placé en résidence obligatoire à Dakar. Il devient journaliste, collaborant régulièrement à La Dépêche coloniale et, surtout, à La Démocratie du Sénégal de Blaise Diagne dont il devient l’un des proches.

Vue de profil de la résidence de feu Louis Hounkanrin à Porto-Novo.

En 1914, Louis Hunkanrin revient au Dahomey où il fonde une section de la Ligue des droits de l’homme, mais il est de nouveau condamné à de la prison pour ses écrits dakarois. Toutefois, à la demande de Blaise Diagne, il se fait l’avocat d’une participation effective du Dahomey à la Première Guerre mondiale.

Poursuivant son action militante, il participe à la rédaction du Récadère de Béhanzin (1917)[3],[4], puis s’installe à Paris où il fonde Le Messager dahoméen (1920)[5] avec l’avocat antillais Max Clainville-Bloncourt (qui anime à partir de 1922 l’organe de presse de l’Union intercoloniale, Le Paria, fondé par Nguyên Ai Quôc, le futur Hô Chi Minh[6]).

La participation active de Louis Hunkanrin aux événements de Porto-Novo de le fait qualifier de meneur rebelle auprès de l’administration coloniale française qui le condamne à dix ans d’internement administratif en Mauritanie[7],[8]. En 1931, il dénonce le maintien de forme de l’esclavagisme dans la société mauritanienne dans un ouvrage intitulé « Le forfait colonial, un pamphlet contre l’esclavagisme »[9].

De retour au Dahomey, il écrit dans La Voix du Dahomey et est condamné à une amende à l’issue du procès contre le journal en .

En 1940, il est déporté au Soudan français (actuel Mali) pour « gaullisme »[10]. Après-guerre, Louis Hunkanrin ne participe pas à la vie politique dahoméenne de l'après Seconde Guerre mondiale, bien que son fils Gutenberg dirige brièvement (1948-1950) la section dahoméenne du Rassemblement démocratique africain (RDA).

À la mort de Louis Hunkanrin en 1964, le jeune État dahoméen consacre des obsèques nationales à celui qui est considéré comme le « père du mouvement national dahoméen ».

Distinctions

modifier

Notes et références

modifier
  1. 1 2 Serge Ouitona, « Bénin, Célébration des 60 ans de la mort de Louis Hunkanrin : entretien exclusif avec le professeur Alexis Adandé », sur Afrik, (consulté le )
  2. Bénédicte Brunet-La Ruche, « Un réseau de renseignement dahoméen pendant la Première Guerre mondiale », dans Histoire du renseignement en situation coloniale, Presses universitaires de Rennes, (ISBN 978-2-7535-9936-9, lire en ligne)
  3. « Regards croisés sur le Recadère de Behanzin (Dahomey, 1917) et sur une presse africaine contestataire », Compte rendu d'un atelier organisé dans le cadre des 8es Rencontres des Études Africaines en France, (lire en ligne Accès libre)
  4. Sylvain C. Anignikin, « Les élites africaines et l'indépendance : le cas des « évolués » du (Bénin) », Outre-Mers. Revue d'histoire, vol. 368-369, (lire en ligne Accès libre)
  5. « Chapitre II. La presse à l'époque de l'expansion coloniale », dans André-Jean Tudesq (dir.), Feuilles d’Afrique. Étude de la presse de l’Afrique subsaharienne, Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine, (ISBN 978-2-85892-557-5, lire en ligne)
  6. Solofo Randrianja, « Le Maitron en ligne : notice biographique de Max Bloncourt » (consulté le )
  7. E. Ann McDougall et Mohamed Lahbib Nouhi, « Rendre les ḥarāṭīn visibles dans l’histoire marocaine et mauritanienne », L’Ouest Saharien 2020, vol. 10-11, , pages 49 à 71 (lire en ligne)
  8. « Séance du Bureau de la Ligue des droits de l'homme », Les Cahiers des droits de l'homme, (lire en ligne Accès libre)
  9. Louis Hunkanrin, Un forfait colonial : l'esclavage en Mauritanie, Privas, Imprimerie moderne, , 27 p.
  10. Sylvain C. Anignikin, « Les facteurs historiques de la décolonisation au Dahomey 1936-1956 », dans Charles-Robert Ageron (dir.), Les chemins de la décolonisation de l’empire colonial français, 1936-1956. Colloque organisé par l’IHTP les 4 et 5 octobre 1984, Paris, CNRS Éditions, (ISBN 978-2-271-07856-8, lire en ligne)
  11. 1 2 « Décret n° 1964-75 portant promotion dans l'ordre national du Dahomey de Mr Huncanrin Louis », sur Secrétariat général du gouvernement du Bénin, (consulté le ).

Voir aussi

modifier

Bibliographie

modifier
  • Institut de recherches appliquées du Dahomey, Dictionnaire bio-bibliographique du Dahomey, Porto Novo, I.R.A.D., 1969.

Liens externes

modifier