Lowes Dickinson
Goldworthy Lowes Dickinson ( - ), est un historien et un militant politique britannique. Il passa toute sa vie à Cambridge, où il rédige un mémoire sur le néoplatonisme avant de devenir titulaire d’un poste à l’université. Il est très lié au groupe dit de « Bloomsbury ».
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britannique (jusqu'au ) britannique |
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Lowes Cato Dickinson (en) |
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Pacifiste notoire, Dickinson s’élève contre la participation de la Grande-Bretagne à la Première Guerre mondiale. Son essai sur la charte issue du Traité de Versailles (The Future of the Covenant)[1] contribue à changer l’opinion publique sur la création de la Société des Nations.
Biographie
modifierAnnées de formation
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Dickinson nait à Londres ; sa mère, Margaret Ellen Williams Dickinson, est la fille de William Smith Williams, conseiller littéraire de la société d’édition Smith, Elder & Company qui a découvert Charlotte Brontë. Son père, Lowes Cato Dickinson (1869-1908), est portraitiste. Il a un an environ lorsque la famille s’installe à Spring Cottage dans ce qui est alors le petit village de Hanwell. Il a un frère de trois ans son aîné, Arthur, une sœur aînée, May, et deux sœurs cadettes, Hester et Janet[2].
Il entre à l’école de Somerset Street, Portman Square, en tant qu’externe à l’âge de 10 ou 11 ans. À 12 ans il entre à l’internat de Beomonds à Chertsey. Entre 14 et 19 ans, il fréquente l’école de Charterhouse à Godalming où l’a précédé son frère Arthur. Il n’y est pas très heureux, mais garde un bon souvenir des pièces de théâtre données par des acteurs en tournée et joue du violon dans l’orchestre de l’école. À cette époque la famille quitte Hanwell pour s’installer dans une maison située derrière l’église de Tous les Saints à Langham Place[2].
En 1881 il entre comme boursier au King's College de Cambridge où l'a également précédé son frère Arthur. Vers la fin de l’année universitaire il reçoit un télégramme l’informant de la mort de sa mère des suites d’une crise d’asthme. Le professeur Oscar Browning, qui lui sert de tuteur, exerce une grande influence sur ses années d’études ; il devient l’ami de Charles Robert Ashbee, étudiant comme lui de King's College. En 1884, Dickinson remporte la médaille du chancelier en composition anglaise pour un poème sur Savonarole et passe son diplôme de lettres classiques avec la mention très bien[2].
Il effectue un voyage aux Pays-Bas et en Allemagne avant de retourner à Cambridge à la fin de l’année 1884 et est reçu membre de la Conversazione Society, plus connue sous le sobriquet de Society of Apostles (Le groupe des apôtres). Par la suite il fréquente un cercle dont Roger Fry, John McTaggart Ellis McTaggart et Nathaniel Wedd sont aussi les familiers[2].
Carrière
modifierPendant l’été 1885, il travaille dans une coopérative agricole, Craig Farm, à Tilford près de Farnham dans le Surrey. L'expérience a été lancée par Harold Cox et se voulait une tentative de retour à une vie simple. Dickinson n'est pas peu fier de ses performances à la binette, la bêche et la charrue. À l’automne et au printemps 1886, il participe à un projet d’université ouverte et donne des conférences publiques sur Carlyle, Emerson, Browning et Tennyson. Il sillonne la Grande-Bretagne, passant un premier semestre à Mansfieldet un second à Chester et Southport. Il fait ensuite un bref séjour au Pays de Galles[2].
Aidé financièrement par son père, il entame ensuite des études de médecine à Cambridge à la rentrée d’. Déçu par ce cursus, il hésite s’il n’allait pas arrêter mais se force à passer les examens en 1887 et 1888 pour obtenir son doctorat en médecine ; il se refuse néanmoins à exercer la dans cette profession[2].
En , une thèse sur Plotin lui permet d’entrer à King's College. Roger Fry est alors en dernière année à Cambridge (1887-1888), et Dickinson qui est homosexuel[3], en tombe amoureux. Leur relation, tout d’abord très intense mais platonique (selon la biographie de Dickinson car Fry est hétérosexuel), se transforme en une amitié durable. Fry le présente à Jack McTaggart et à Ferdinand Schiller[2].
Dickinson s’installe définitivement à Cambridge, qu’il ne quitte plus que pour participer au programme d’université ouverte, séjournant à Newcastle, Leicester et Norwich. À partir de 1893, il fait fonction de bibliothécaire de King's College puis est titularisé en tant qu’historien en 1896, l’année où parait The Greek View of Life. Il écrit ensuite un certain nombre de dialogues d’inspiration socratique[2]. Dickinson contribue à mettre sur pied les diplômes de sciences économiques et politiques, et donne des cours de science politique à l'université de Cambridge. Pendant quinze ans, il donne également des cours à la London School of Economics[4].
Ses activités débordent le cadre de l’université. En 1897 il effectue un premier séjour en Grèce, en compagnie de Nathaniel Wedd, Robin Mayor, et A. M. Daniel[2]. Il devient membre de la société de recherches psychiques (Society of Psychical Research) en 1890 et fait partie du bureau de 1904 à 1920[2]. En 1903 il est l'un des fondateurs de l’Independent Review. Edward Jenks en est l’éditeur en chef, assisté d’un comité de rédaction qui comprenait des collaborateurs tels que Dickinson, F. W. Hirst, C. F. G. Masterman, G. M. Trevelyan et Nathaniel Wedd. Fry fait la maquette de la couverture. Au fil des ans, Dickinson rédige nombre d’articles, dont une partie est éditée et publiée plus tard dans Religion: A Criticism and a Forecast, (1905) et Religion and Immortality (1911)[2].
La Première Guerre mondiale et les années qui l’ont suivie
modifierDeux semaines après le début de la Première Guerre mondiale, Dickinson avait esquissé un projet de « Société des nations ». Avec Lord Dickinson et Lord Bryce, il élabore les idées qui allaient fonder cette institution et joue un rôle moteur au sein du groupe d’intellectuels pacifistes de toutes nationalités, comprenant notamment Graham Wallas qui allait recevoir le nom de « groupe Bryce » (Bryce Group). Cette organisation constitue le noyau de l’union pour la Société des Nations. Dickinson propage ses idées à travers un grand nombre d’ouvrages et de brochures[2], notamment The International Anarchy[4]. Il participe à une conférence pacifiste à La Haye en 1915. En 1916 Dickinson part aux États-Unis pour une série de conférences où il défend son projet de Société des Nations[2].
En 1929, la BBC l’invite à donner les conférences d’ouverture et de clôture d’une série d’émissions intitulée « Points de vue ». C'est le début d’une série d’interventions radiophoniques sur des sujets tels que Goethe et Platon[2].
Décès et postérité
modifierOpéré de la prostate en 1932, Dickinson meurt le . Un service funèbre se déroule dans la chapelle de King's College Chapel et un autre à Londres[2].
E.M. Forster, ami proche de Dickinson et influencé par ses ouvrages, est chargé de son héritage littéraire. Les sœurs de Dickinson lui demandent de rédiger sa biographie qui parait en 1934 sous le titre Goldsworthy Lowes Dickinson. Forster est critiqué pour n’avoir pas parlé de l’orientation sexuelle de Dickinson, notamment son fétichisme et son éphébophilie[5].
Œuvre
modifier- Revolution and Reaction in Modern France, 1892
- The Development of Parliament during the Nineteenth Century, 1895
- The Greek View of Life, 1896, 1909
- Letters from John Chinaman and Other Essays , 1901
- The Meaning of Good: A Dialogue 1901
- Letters from a Chinese official being an Eastern view of Western civilization, 1903 (Published Anonymously)
- Religion. A Criticism and a Forecast, 1905
- A Modern Symposium, 1905
- Justice and liberty, a political dialogue 1908
- Religion and Immortality, 1911
- The European Anarchy, 1916
- The Choice Before Us, 1917
- The Magic Flute, 1920, a poetic fantasy
- War: Its Nature, Cause and Cure, 1923
- The International Anarchy, 1904–1914, 1926
- After Two Thousand Years: a Dialogue between Plato and a Modern Young Man, 1930
- Plato and his dialogues, 1931
- The Contribution of Ancient Greece to Modern Life, 1932
Posthumous:
- The Autobiography of G. Lowes Dickinson: and other unpublished writings, 1973, edited by Dennis Proctor, published by Duckworth, 287 pages, (ISBN 0-7156-0647-6) (hardcover)
- Causes of International War, 110 pages, bibliog, Greenwood Press Reprint, 1984, (ISBN 978-0-313-24565-7)
Notes et références
modifier- ↑ Londres: League of Nations Union, 1920
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 « Goldsworthy Lowes Dickinson », sur The Knitting Circle (consulté le )
- ↑ David Halperin, One Hundred Years of Homosexuality, Routledge, 1990, 'Introduction', page 2
- 1 2 Janus, « The Papers of Goldsworthy Lowes Dickinson » (consulté le )
- ↑ Literary Encyclopedia, « Goldsworthy Lowes Dickinson » (consulté le )
Pour en savoir plus
modifier- E. M. Forster, (1934), "Goldsworthy Lowes Dickinson", edited by L. G. Wickham Legg, London: Edward Arnold, 277 pages, (hardcover)
- P. D. Proctor, (1949), pages 225-227 in "The Dictionary of National Biography 1931-1940", edited by L. G. Wickham Legg, London: Oxford University Press, 968 pages, (hardcover)
Liens externes
modifier- Ressources relatives aux beaux-arts :
- Ressource relative à la littérature :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Œuvres de Goldsworthy Lowes Dickinson sur le projet Gutenberg