Lozère nouvelle
La Lozère nouvelle, créé en 1944, est un journal hebdomadaire local traitant de l'actualité du département.
| Lozère Nouvelle | |
| Pays | |
|---|---|
| Langue | Français |
| Périodicité | Hebdomadaire |
| Genre | Presse locale |
| Prix au numéro | 2,10 €[note 1] |
| Diffusion | 17600 (2016) ex. |
| Date de fondation | 12 novembre 1944 |
| Ville d’édition | Mende |
| Propriétaire | Association CIVAP (Communiquer, informer et vivre au pays) |
| Rédacteur en chef | Patrick Biancone |
| ISSN | 1269-486X |
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Histoire
modifierLa Lozère nouvelle prend la suite de La Croix de Lozère en 1944[1]. Le nom de Lozère nouvelle est choisi pour se démarquer d'un antécédent collaborationniste et antisémite, comme des journaux créés à la Libération (Dauphiné libéré, Manche Libre…). Avec 13 500 exemplaires tirés par semaine pour une population proche de 72 000, le journal présente sur sa zone de diffusion un bon taux de pénétration[réf. nécessaire].
Le premier numéro de la Lozère-Nouvelle paraît le [2] ; le contexte matériel est difficile (pénurie de papier) et politiquement délicat : comme la Croix de la Lozère, à qui elle succède, la Lozère Nouvelle est totalement contrôlée par l'Évêché[note 2]. Le pétainisme militant du haut clergé local pendant le régime de Vichy est remis en question. L'évêque de Mende, François-Louis Auvity, vient d'être limogé à la demande du Comité départemental de Libération, pour ses prises de position ouvertement maréchalistes[note 3].
L'abbé Grégoire[3] et le chanoine de Montgros obtiennent l'autorisation du CDL pour diriger le nouvel hebdomadaire, en raison de leur comportement irréprochable sous l'Occupation[4]. Le catholicisme de la population et le maillage du clergé permettent au nouvel hebdomadaire de voir le jour. Mais ce journal se réclame de la Résistance et du syndicalisme : il n'est pas du goût de tout le monde.
La Lozère Nouvelle reçoit des protestations de lecteurs ouvertement pétainistes et antisémites[4]. Sans renier l'esprit de ses fondateurs[5], la Lozère Nouvelle va évoluer dans un sens plus conservateur. Il se conformera au discours officiel de l'Église sous Pie XII, au clergé local et au lectorat qui restent attachés aux valeurs traditionnelles, notamment en Haute-Lozère[note 4].
En 1947, quatre pages sont tirées à 6 000 exemplaires ; la Lozère Nouvelle évolue à 64 pages et son tirage a atteint jusqu'à 27 000 exemplaires.
En , la Lozère Nouvelle lance son site internet ; en décembre, sont mises en ligne ses archives depuis 1880 (La Croix Édition Lozère (1880 à 1899), La Croix de Lozère (1890 à 1949), l'Union des Gauches (1923 à 1930), La Lozère Catholique (1927 à 1937) et la Lozère Nouvelle (1944 à 2020)[6].
En 2022, le journal se fixe comme objectif 62 pages, la mise en page est modifiée par la nouvelle direction du journal.
Le , le journal édite son 4 000ème numéro. Pour cette occasion, un concert est donné sur la place du Foirail à Mende[7].
L'influence politique de l'Église diminue en Lozère à partir des années 1970. Le marquage conservateur de l'hebdomadaire s'atténue ; son contenu se laïcise. L'implantation ne se dément pas, mais sa force est le quadrillage du territoire : un réseau de localiers, près de 190 correspondants actuellement, couvre la totalité des communes.
La rédaction se compose de huit journalistes, titulaires de la carte de presse.
Ligne éditoriale
modifierLe contenu du journal est politiquement marqué à droite et relativement conservateur. Il veut rester un lieu de dialogue, de confrontation des idées, dans le respect des personnes et au service de son département, la Lozère.
Regards critiques
modifierJean C. Schmitt, ancien directeur de la rédaction du Point, écrit : « La Lozère-Nouvelle fait partie de ces organes de presse qui ont su grandir et affirmer leur indépendance. C'est aujourd'hui, pour moi, un outil irremplaçable à l'échelle du département. Et je forme le vœu que ce journal s'épanouisse dans le domaine indispensable de l'information locale, grâce à son maillage serré sur notre région si dispersée dans son habitat et si contrastée dans sa géographie. À l'heure de la décentralisation, ce ne sera plus seulement nécessaire : ce sera vital ».
Jean-Claude Bourret, Lozérien, journaliste, ancien présentateur du JT sur TF1 et La Cinq en dit : « Je suis toujours heureux d'avoir des nouvelles du pays. Quand je lis la Lozère-Nouvelle, je découvre un journal qui fait corps avec son département. C'est un hebdomadaire vrai, qui fait partie intégrante du cœur d'une France qui vit. La grande force de la Lozère-Nouvelle, c'est d'être restée au contact des gens. C'est un outil indispensable et unique en France, qui permet de comprendre réellement comment vit le département ».
Notes et références
modifier- Notes
- ↑ Actualisé en 2024.
- ↑ L'organe officiel de l'évêché est la Quinzaine catholique, La Lozère Nouvelle est dirigée par un ecclésiastique, l'abbé Grégoire.
- ↑ Seuls deux autres évêques en France, celui d'Arras et celui de Saint-Brieuc, ont connu le même sort.
- ↑ La Haute Lozère, composée de la Margeride, de l'Aubrac et des Causses vote traditionnellement à droite, alors que les Cévennes votent à gauche. Ce clivage s'atténue très nettement à partir des années 1970/80.
- Références
- ↑ [image] La première une.
- ↑ Marjolaine Casteigt, « Petite histoire des artisans d'un journal d'aujourd’hui, pour les Lozériens de demain », sur Lozère nouvelle, (consulté le ).
- ↑ Abbé André Gély, « L'abbé Auguste Grégoire, père fondateur de La Lozère Nouvelle », sur Lozère nouvelle, (consulté le ).
- 1 2 Témoignage d'Henri Cordesse, préfet de la Libération in H. Cordesse - La Libération de la Lozère (1944-1945), 1977, p. 120.
- ↑ Jacques Ramon, « La Lozère nouvelle ne renie pas ses origines catholiques », sur Les Échos, (consulté le ).
- ↑ « Archives Lozère Nouvelle », sur Archives Lozère Nouvelle (consulté le ).
- ↑ « 4000e numéro de La Lozère Nouvelle : amener la culture à un large public », sur Lozère Nouvelle, (consulté le ).