Luc Rémont

chef d'entreprise français

Luc Rémont, né le à Nancy, est un chef d'entreprise, ancien haut fonctionnaire et ancien banquier d'affaires français.

Luc Rémont
Luc Rémont en 2024.
Fonctions
Président du conseil d'administration
Waga Energy
depuis le
Président-directeur général
Électricité de France
-
Executive vice president (d)
Schneider Electric
-
Président
Gimélec
-
Frédéric Abbal (d)
Président
Schneider Electric France (d)
-
Membre du conseil d'administration
Naval Group
-
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (57 ans)
NancyVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Père
Bruno Rémont (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Électricité de France ( - )
Schneider Electric ( - )
Merrill Lynch (-)
Ministère de l'Économie et des Finances (-)
Direction générale de l'Armement (-)Voir et modifier les données sur Wikidata

D'abord conseiller ministériel sous la présidence de Jacques Chirac, il entre ensuite dans le secteur marchand et occupe des fonctions dirigeantes au sein de la banque d'affaires Bank of America Merrill Lynch (2007-2014), de Schneider Electric (2014-2022), du Gimélec (2015-2018), d'EDF (2022-2025) et, depuis 2026, de Waga Energy.

Biographie

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Son père Bruno Rémont fut maire (UDF, puis UMP) de Saint-Cyr-au-Mont-d'Or pendant 25 ans (de à ). Sa mère était psychiatre au CHS de Saint-Cyr-au-Mont-d'Or[1].

Il est ancien élève du Lycée privé Sainte-Geneviève. Il est élève de la promotion entrée en 1988 à l’École polytechnique. Il entre ensuite dans le corps des ingénieurs de l'armement et obtient le diplôme de l'ENSTA. Il obtient aussi un DEA de l'Université de Paris IV en reconnaissance des formes.

Il commence sa carrière en 1993 comme ingénieur militaire, à la Direction générale de l'armement[2].

En 1996, il est affecté à la direction du Trésor du ministère français de l'Économie et des Finances. Il est d'abord chargé des relations avec les banques de développement (en) telles que la BERD et la Banque mondiale. Il œuvre dans le service administratif qui gère les participations de l’État dans les transports[3]. De 2002 à 2007, il est actif dans les cabinets ministériels des ministres de l’Économie et des finances successifs : Francis Mer, Nicolas Sarkozy et Thierry Breton[4]. Il travaille sur l’introduction en Bourse d’EDF en 2005[5] et sur les privatisations d'ADP et d'Areva[6]

Il entre dans le privé en 2007. A Bank of America Merrill Lynch, il dirige la Banque de financement et d’investissement en France en 2009, ainsi que la filiale du Benelux, jusqu'en [7]. Il supervise à ce titre la vente d’Alstom énergie à l’américain General Electric[8].

Il œuvre à Schneider Electric, où il dirige les opérations France jusqu'au [9], date à laquelle il est remplacé à ce poste par Christel Heydemann. Il est alors nommé directeur général des opérations internationales[10].

En outre, il est élu président du Gimélec d' à , date à laquelle Christel Heydemann lui succède dans cette fonction[11].

En , l'État envisage de le nommer à la tête de EDF à la place de Jean-Bernard Lévy, avec une possible dissociation des fonctions de président et de directeur général[4]. Luc Rémont a donc été préféré aux autres candidats Philippe Knoche et Marianne Laigneau. Cette dernière a un temps été pressentie pour prendre la présidence non exécutive d'EDF, dans le cas d'une dissociation de la fonction de Président de celle de Directeur Général[3]. Finalement, l’État tranche pour une gouvernance unique et officialise la nomination de Luc Rémont comme PDG d'EDF en [12],[13]. Son salaire annuel sera limité à 450 000 Euros[14].

Il est décrit comme proche d’Alexis Kohler, le secrétaire général de l’Élysée[5] mais également de Joël Barre, l'« architecte système » des futurs EPR2 devant être construits par EDF[15].

Il prend les rênes de l'entreprise publique au moment où EDF traverse une période particulièrement difficile liée notamment aux difficultés opérationnelles rencontrées sur le parc nucléaire. Dans sa feuille de route, le gouvernement lui demande de se concentrer sur trois chantiers clefs : rétablissement de la production d'EDF aux « meilleurs comparables internationaux », maîtrise des délais et des budgets pour les projets nucléaires en cours et redressement « dans la durée » de la trajectoire financière du groupe[16].

Selon Challenges, il « a su redresser la barre chez EDF mais des défis colossaux sont encore à venir »[17].

Il s'accorde avec l'État sur une régulation souple sur le parc nucléaire existant, laissant une grande liberté commerciale à EDF, tout en s'engageant à répondre aux besoins spécifiques des consommateurs, notamment l'industrie électro-intensive et électro-sensible, par des contrats de partenariat industriel. Cet accord, annoncé le , vise à « trouver un équilibre entre la compétitivité industrielle, la stabilité des prix pour les ménages et le développement d'EDF »[18]. Toutefois, alors qu'il a signé avec les industriels un volume de contrats de partenariat industriel adossé sur le parc nucléaire inférieur à « 1% de l'objectif »[19] 15 mois après l'accord, il annonce l'évolution de ses modalités de contractualisations et lance le des enchères[20] ouvertes à l'ensemble des consommateurs qui ont des besoins supérieurs à 7GWh/an, ainsi qu'aux fournisseurs ou producteurs[21]. Ces enchères sont très mal accueillies par l'industrie, qui considère qu'EDF « préférerait clairement vendre aux plus offrants plutôt qu’à ceux qui en ont besoin » et « tournerait délibérément le dos à l’industrie électro-intensive et électro-sensible »[22]. En outre, un ensemble de parlementaires du socle commun se plaignent de l'attitude d'EDF dans La Tribune[23].

À l'issue d'un conseil de politique nucléaire (CPN) le , le CPN demande à EDF « d’amplifier les actions de maîtrise des coûts et du calendrier », rappelle la nécessité pour EDF « de consolider la maîtrise industrielle du programme » et sollicite, pour répondre aux inquiétudes sur l'avancée des travaux, la mise en place d'un « suivi renforcé » par la Délégation interministérielle au nouveau nucléaire, en lien avec le ministère chargé de l’énergie[24].

Luc Rémont est officiellement remercié par le ministre de l'Économie, Éric Lombard, le , et quitte la direction d'EDF le suivant[25],[26],[27],[28]. Il est alors nommé président d'honneur du groupe sans vouloir les "privilèges" associés à ce statut[29].

Waga Energy

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Fin , Luc Rémont est nommé président du conseil d'administration de Waga Energy, dans le sillage de la prise de contrôle de l'entreprise par EQT (85,88 % du capital)[30].

Procès et controverses

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En , des ressortissants camerounais déposent une plainte devant le tribunal de Nanterre. Il est reproché à Luc Rémont et à onze Français impliqués dans la construction du barrage de Nachtigal (420 MW) d’avoir manqué à leur devoir de vigilance et à leur obligation d’assister des personnes en danger. Un accident survenu le sur ce chantier a provoqué la disparition de deux employés[31],[32].

Vie privée

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Il est père de 4 enfants[14]. Son épouse Sophie, normalienne et ingénieur des mines, travaille à Bpifrance[33].

Références

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  1. Jean-Michel Bezat et Sophie Fay, « Luc Rémont, venu de Schneider Electric, proposé par l’Elysée pour être le nouveau patron d’EDF », Le Monde, (lire en ligne)
  2. Sharon Wajsbrot, « Qui est Luc Rémont, le patron qui doit remettre en état EDF », sur Les Echos, (consulté le )
  3. 1 2 Matthieu Pechberty, « Luc Rémont va être nommé à la tête d’EDF », sur BFM BUSINESS, (consulté le )
  4. 1 2 Aurélie Barbaux, « Pourquoi Luc Rémont aurait le bon profil pour devenir directeur général d’EDF », Usine Nouvelle, (lire en ligne)
  5. 1 2 « Un expert en privatisation à la tête d'EDF », sur Reporterre,
  6. Louis Nadau, « Luc Rémont patron d’EDF : pour nationaliser, Macron nomme un spécialiste… des privatisations », sur marianne.net,
  7. Sharon Wajsbrot, « David Azéma rejoint Bank of America Merrill Lynch à Londres », Les Échos, (lire en ligne)
  8. « EDF : quand Luc Rémont œuvrait à la cession d'Alstom à GE », sur La Lettre,
  9. Gabrielle Serraz, « Innovation : Schneider Electric s'offre une vitrine à Grenoble », Les Échos, (lire en ligne)
  10. Frédéric Schaeffer, Ninon Renaud, Anne Drif et Alain Ruello, « Gouvernance d'EDF : l'Etat au pied du mur », Les Échos, (lire en ligne)
  11. « Christel Heydemann est nommée présidente du Gimélec », sur Filière 3e,
  12. Bertille Bayart, « Luc Rémont sera PDG d'EDF », Le Figaro, (lire en ligne, consulté le )
  13. « EDF: le Conseil des ministres officialise la nomination de Luc Rémont comme nouveau PDG », sur BFM BUSINESS (consulté le )
  14. 1 2 Sharon Wajsbrot, « Luc Rémont sort de l'ombre en prenant les commandes d'EDF », Les Échos, (lire en ligne)
  15. Morgane Bertrand et Caroline Michel-Aguirre, « Joël Barre : Sa Mission ? Éviter un black-out en 2035 », L'Obs, no 3042, , p. 33-34 (ISSN 0029-4713)
  16. Sharon Wajsbrot, « Ce que demande Elisabeth Borne au nouveau patron d'EDF », sur Les Echos, (consulté le )
  17. Thiénault Dromard, « Comment Luc Rémont a remis EDF en ordre de marche », Challenges, no 826, (lire en ligne)
  18. « Énergie : un nouvel accord sur le prix de l’électricité nucléaire », sur www.vie-publique.fr (consulté le )
  19. « Prix de l'électricité : les industriels français se sentent lâchés par EDF », sur Le Figaro, (consulté le )
  20. Amélie Laurin, « L'ultimatum d'EDF pour inciter les industriels à signer des contrats nucléaires », Les Echos, (lire en ligne)
  21. « EDF lance un appel à manifestation d’intérêt pour des contrats d’allocation de production nucléaire (CAPN) »
  22. « Appel à manifestation d’intérêt pour la commercialisation de CAPN : EDF ne doit pas tourner le dos à l’industrie française », sur Uniden, (consulté le )
  23. « OPINION. « EDF pourrait-elle faire le choix de priver l'industrie française de la rente nucléaire ? » », sur La Tribune,
  24. « Réunion du 4ème Conseil de politique nucléaire. », sur elysee.fr, (consulté le )
  25. « Le PDG d’EDF, Luc Rémont, quitte ses fonctions après des mois de négociations tendues avec l’Etat sur les prix de l’électricité », sur Le Monde, (consulté le )
  26. « Luc Rémont remercié, Bernard Fontana en pole position pour prendre la tête d'EDF », sur Contexte, (consulté le )
  27. Nicolas Rauline, « EDF : climat pesant pour le dernier conseil d'administration de l'ère Rémont », Les Echos, (consulté le )
  28. Stephane Duguet, « Prix de l’électricité : « EDF n’est pas une banque de subvention » affirme son PDG », Public Sénat, (consulté le )
  29. Amélie Laurin, « Luc Rémont devient président d'honneur d'EDF… mais sans les avantages », sur Les Echos,
  30. « Waga Energy fait évoluer sa gouvernance, une conférence sur les semi-conducteurs... : l'actu en bref », Le Dauphiné libéré, (consulté le )
  31. « ÉNERGIE – ENVIRONNEMENT CAMEROUN Pourquoi Luc Rémont, PDG d’EDF, est poursuivi par une famille camerounaise devant la justice française », sur Jeune Afrique (consulté le )
  32. « Disparu de Nachtigal : comment des avocats camerounais veulent faire payer EDF », sur JeuneAfrique.com (consulté le )
  33. « Luc Rémont, venu de Schneider Electric, proposé par l’Elysée pour être le nouveau patron d’EDF », Wuztrending France France, (lire en ligne)