Lucien Poirier

général de l'armée française et théoricien de la dissuasion nucléaire

Lucien Poirier, né le à Ingré, dans le Loiret, et mort le [1] à Versailles[2], est un général de l'armée française et théoricien de la dissuasion nucléaire.

Lucien Poirier
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 94 ans)
Versailles
Nom de naissance
Lucien Georges Albert Poirier
Nationalité
Formation
Activités
Militaire, écrivainVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Arme
Grade militaire
Conflits
Distinction
Prix Vauban ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Biographie

modifier

Saint-cyrien de la promotion de la Plus Grande France (1938-1939)[3], Lucien Poirier sert comme lieutenant au 113e Régiment d'infanterie où il est fait prisonnier pendant la Bataille de France.

De retour de captivité en 1945, il est brièvement affecté à la mission militaire de liaison auprès du haut-commandement soviétique en Allemagne de 1949 à 1950[4].

Il sert ensuite comme capitaine à la 13e Demi-brigade de légion étrangère avec laquelle il combat en Indochine de 1951 à 1953[5]. Après un passage à l'Ecole d'Etat-major, il rejoint de 1953 à 1955 la section d'information et de presse du cabinet militaire du gouverneur d'Indochine, qui est alors le Général de Lattre de Tassigny.

Affecté au 2e bureau de l'Etat-major d'Alger de 1955 à 1957, dans le contexte de la Guerre d'Algérie, il s'y spécialise dans les questions de guerre subversive. Affecté entre ses deux séjours en Algérie à la section des informations militaires du cabinet du ministre de la guerre, il y est chargé de la Revue militaire d'information. Promu commandant en 1959, il devient membre du service d'action psychologique et d'information[6].

Commandant du 25e Bataillon de chasseurs alpins et à ce titre commandant du sous-secteur frontalier de La Calle, il retourne en Algérie de 1960 à 1962[5].

Lieutenant-colonel en 1963, il sert au 2e bureau de l'Etat-major de l'armée de terre puis entre en 1965 au Centre de prospective et d'évaluation où il prend part à la conception de la stratégie nucléaire française. Chef de la section des études militaires de l'IHEDN, il est nommé général de brigade en 1974 avant d'être versé en 2e section six mois plus tard. À la fin de son service actif, il publie plusieurs livres sur ses travaux, parallèlement à ses fonctions de directeur des études à la Fondation pour les études de défense nationale jusqu'en 1991. Il sera également chargé de divers cours, conférences et séminaires dans divers établissements supérieurs, notamment à l'Ecole de guerre, l'Ecole normale supérieure, l'Ecole nationale d'administration et aux universités Panthéon-Sorbonne et Panthéon-Assas [4].

Lucien Poirier participe notamment à l'élaboration de la doctrine française concernant l'usage de l'arme nucléaire et sa dissuasion du faible au fort, qui devait maintenir en respect l'Union soviétique contre une invasion de la France durant la guerre froide.

Un ouvrage sur les stratégies nucléaires à l'ère contemporaine lui est dédié[7].

Publications

modifier
  • Des stratégies nucléaires, Hachette, 1977. Réédition Complexe, 1988.
  • Essais de stratégie théorique, Institut de stratégie comparée, 1977. Réédition Economica Stratégie théorique, 1997.
  • Les Voix de la stratégie, Paris, Fayard, 1985.
  • Stratégies nucléaires, Bruxelles, Complexe, 1988.
  • Stratégie Théorique II, Paris, Economica, 1988.
  • La Crise des fondements, Paris, ISC/Economica, 1994.
  • Stratégie Théorique III, Paris, Economica, 1996.
  • Le Chantier Stratégique, Paris, Hachette, 1997.
  • Introduction et traduction de l'ouvrage Stratégie de Basil Henry Liddell Hart, Tempus chez Perrin 1998 et 2007. (ISBN 978-2-262-02614-1).
  • T.E. Lawrence, stratège, Paris, L'Aube, 1998.
  • La réserve et l'attente : l'avenir des armes nucléaires françaises, avec François Géré, Paris, Economica, 2001.
  • Eléments de Stratégique, Paris, Economica, 2023.

Lucien Poirier a également écrit, à partir de 1957, de nombreux articles dans les revues d'études stratégiques françaises, telles que la Revue d'information de l'armée, la Revue Défense Nationale, Stratégique, qui ont été repris dans les trois volumes de Stratégie Théorique.

Notes et références

modifier
  1. « Général Lucien Poirier, hommage »
  2. État civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970
  3. « L'École militaire hier - Entretien avec le général Lucien Poirier », sur www.defnat.com (consulté le )
  4. 1 2 « Le Général Poirier dans la RDN (1968-2009) », sur calameo.com (consulté le )
  5. 1 2 « Le général Lucien Poirier, ascète de la stratégie », sur www.defnat.com (consulté le )
  6. WebmestreAgile, « Introduction | Institut de Stratégie Comparée » (consulté le )
  7. Thomas Meszaros, Repenser les stratégies nucléaires. Continuités et ruptures. Un hommage à Lucien Poirier, Bruxelles, Peter Lang, , 484 p. (ISBN 978-2-8076-1041-5)

Voir aussi

modifier

Bibliographie

modifier
  • Matthieu Chillaud, Le général Lucien Poirier et la stratégie : hommage au primitif d'un art qui reste à découvrir, [Paris], Institut de strategie comparée, , 241 p. (ISBN 979-10-92051-91-9, SUDOC 273207768).
  • Thomas Meszaros (dir.), Repenser les stratégies nucléaires : continuités et ruptures : un hommage à Lucien Poirier, Bruxelles ; Bern ; Berlin ; [etc.], P.I.E. Peter Lang, , 484 p. (ISBN 978-2-8076-1041-5, SUDOC 237605422).
  • Le Général Poirier : théoricien de la stratégie, Paris, Comité d'études de défense nationale, coll. « Les Cahiers de la Revue Défense nationale », (SUDOC 170993817, lire en ligne).

Articles connexes

modifier

Liens externes

modifier