Lucile Peytavin
Lucile Peytavin, née en 1985, est historienne française féministe et essayiste.
| Naissance | |
|---|---|
| Nationalité | |
| Formation | |
| Activités |
| Directeur de thèse |
Jean-Luc Mayaud (d) |
|---|---|
| Site web |
Parcours professionnel
modifierNée en 1985[1], Lucile Peytavin est une spécialiste de l'histoire et des droits des femmes.
De 2013 à 2017, elle est chargée des questions d’égalité professionnelle et de dialogue social pour l’Union des entreprises de proximité[2].
En 2016, elle rejoint le laboratoire de l'égalité[3],[4]. Une association loi de 1901 créée en 2016.
En 2019, elle soutient sa thèse de doctorat en histoire intitulée « Histoire relationnelle du genre chez les artisan-e-s-commerçant-e-s de proximité au village (XIXe – XXe siècle) »[5]. Elle montre le rôle majeur que les femmes ont joué dans le développement de l’artisanat et des commerces ruraux. Les femmes concilient le travail dans l’atelier ou la boutique, l’éducation des enfants et les tâches domestiques. Elles sont pourtant considérées par la société comme sans profession[6].
En , elle publie Le Coût de la virilité dans lequel elle étudie les conséquences économiques des comportements asociaux par sexe.
Depuis 2023 elle est membre du Laboratoire sur l’émancipation économique des femmes de la Fondation des femmes[7].
Elle est experte dans la prévention des violences pour le cabinet Psytel[8] pour lequel elle a notamment co-écrit un rapport sur le coût des VSSE chez les mineurs pour la CIIVSE[9]
Depuis 2021, elle anime des conférences autour de son ouvrage - paru en format poche : A Athène pour l'Institut français, à l'Assemblée nationale , en Australie à l’ambassade de France[10], au Parlement européen, au conseil départemental de Haute-Garonne [11], au planning familial 45 à Orléans[12], etc.
Son travail a été adapté par Rethinkings economics rattaché à l’université de Lausanne [13] en 2024.
L’adaptation en version italienne Il costo della virilita (ed. Il pensiero) co-écrit par Ginevra Bersani a reçu le premier prix de vulgarisation scientifique du comité national de la recherche italienne en 2024[14]
Elle publie en 2025 aux éditions La Meute Tu vas pas chialer comme une gonzesse [15]
Elle créer en 2025 son cabinet de conseil LucilePeytavinConsulting afin de transformer les masculinités et réduire leurs coûts dans les organisations professionnelles[16]
Thématiques
modifierLucile Peytavin s'interroge sur les conséquences économiques et culturelles de la surreprésentation des hommes dans les comportements à risques et violents. Par exemple, elle se demande pourquoi les mesures de prévention de la sécurité routière visent les jeunes, alors que les auteurs présumés d'accidents mortels de la route sont à 84 % des hommes[17]. Pour l’État, ces comportements asociaux se traduisent en termes de forces de l’ordre, de justice, de services de santé. Pour la société, cela a des conséquences physiques, psychologiques pour les victimes, entraînant perte de productivité ou destruction de biens.
Pour évaluer le coût, elle établit le montant des dépenses imputables aux comportements des hommes et celui des dépenses imputables aux comportements des femmes[3]. Elle s'appuie sur le rapport Quinet, paru en 2013 et basé sur les travaux de l’OCDE[18]. Les comportements à risques et violents des hommes coûtent 95 milliards d’euros par an, soit à peu près le déficit annuel du budget général de la France[19].
L'autrice annonce (page 19 du livre) que cette méthode est « imprécise et limitée ». Clémence Clos, maîtresse de conférence en sociologie des organisations à l'université de Grenoble, et Mathilde Royet, professeure agrégée de philosophie, autrices de la revue scientifique Nouvelles Questions féministes[20], fondée en 1981 par Simone de Beauvoir, en signalent les limites dans leur article « Le Coût de la virilité ou les déboires du féminisme libéral : problèmes épistémologiques et enjeux politiques d’une mesure »[21]. Elles lui reprochent notamment « une simplification excessive de la vie sociale »[21].
L'interprétation de cet ouvrage dans les médias est multiforme, allant du « coût de la masculinité »[12] au « coût des délinquants et criminels masculins »[22].
Publications
modifier- Le Coût de la virilité : ce que la France économiserait si les hommes se comportaient comme les femmes, Paris, Anne Carrière, , 208 p. (ISBN 978-2-8433-7999-4).
- Sororité, le Pacte, Paris, Le Livre de poche (inédit), 2025, 192 p. (ISBN 978-2-2532-3901-7).
- Tu vas pas chialer comme une gonzesse, La Meute, 2025, 112 p. (ISBN 978-2488115063)[23].
- Lucile Peytavin et Fabien Haes, Le Coût de la virilité, Michel Lafon, , 208 p. (ISBN 9782749962481).
Notes et références
modifier- ↑ « Peytavin, Lucile (1985-....) » [archive du ], sur www.idref.fr (consulté le )
- ↑ « Le coût de la virilité de Lucile Peytavin : livre à découvrir sur France Culture », sur France Culture, (consulté le ).
- 1 2 Valentin Etancelin, « La virilité a un coût et cette historienne l'a calculé », Huffington Post, (lire en ligne).
- ↑ « Parlons argent ! Ce que coûte le patriarcat aux femmes et à la société », sur Le laboratoire de l’égalité (consulté le ).
- ↑ Lucile Peytavin, « Histoire relationnelle du genre chez les artisan-e-s-commerçant-e-s de proximité au village (XIXe – XXe siècle) », theses.fr, Lyon, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Artisanes et commerçantes en milieu rural : histoire d’une invisibilité », sur RetroNews - Le site de presse de la BnF, (consulté le ).
- ↑ « Observatoire de l'Émancipation Économique des Femmes », sur Fondation des Femmes (consulté le )
- ↑ « PSYTEL », sur www.psytel.eu (consulté le )
- ↑ « Le coût du déni | CIIVISE - Commission Indépendante sur l’Inceste et les Violences Sexuelles faites aux Enfants », sur www.ciivise.fr, (consulté le )
- ↑ « "Le coût de la virilité", près de 100 milliards d'euros par an en France », sur SBS Language (consulté le )
- ↑ « Lucile Peytavin révèle les conséquences économiques de la virilité masculine », sur Haute-Garonne (consulté le )
- 1 2 « "Le coût de la masculinité" en discussion à Orléans, organisé par le Planning familial du Loiret - France Bleu », sur ici par France Bleu et France 3 (consulté le )
- ↑ (en-US) Rethinking Economics Switzerland et Rethinking Economics Lausanne, « Le coût de la virilité en Suisse », sur Rethinking Economics Switzerland, (consulté le )
- ↑ (it) « Il libro “Il costo della virilità” vince l’undicesima edizione del Premio Nazionale di Divulgazione Scientifica Giancarlo Dosi », sur Premio Nazionale di Divulgazione Scientifica | Giancarlo Dosi (consulté le )
- ↑ « Accueil », sur Les éditions La Meute (consulté le )
- ↑ « Lucile Peytavin Consulting », sur Lucile Peytavin Consulting (consulté le )
- ↑ Titiou Lecoq, « Si on éduquait les garçons comme des filles, cela coûterait moins cher à l'État », Slate, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Christine Mateus, « 95 milliards d’euros par an : le coût des méfaits de la virilité à la société », Le Parisien, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Julia Tissier, « Près de 100 milliards d’euros par an : le coût de la virilité selon l'historienne Lucile Peytavin », Les Inrocks, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Site de la revue », sur nouvellesquestionsfeministes.ch (consulté le ).
- 1 2 Clémence Clos et Mathilde Royet, « Le Coût de la virilité ou les déboires du féminisme libéral : problèmes épistémologiques et enjeux politiques d’une mesure », Nouvelles Questions féministes, vol. 42, no 1, , p. 146–150 (ISSN 0248-4951, DOI 10.3917/nqf.421.0146, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Claire Legros, « Lucile Peytavin, historienne : "Le coût des violences masculines s’élève à 100 milliards d’euros par an" », Le Monde, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Lucile Peytavin, Tu vas pas chialer comme une gonzesse !": #éducation une mise au point capitale, La Meute, coll. « Permis de déconstruire », (ISBN 978-2-488115-06-3)
