Lucrecia Toriz
Lucrecia Toriz Ordaz, née à Orizaba dans l'État de Veracruz en 1867 et morte à Río Blanco (Veracruz) (es) le [1.1], est une ouvrière et militante sociale mexicaine.
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Militaire |
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Au début du XXe siècle, elle participe aux événements préalables et postérieurs de la grève de Río Blanco (es) de 1907, un événement précurseur de la Révolution mexicaine qui débute en 1910.
Biographie
modifierSes parents sont Lorenzo Toriz et Francisca Ordaz. Elle est l'épouse de Pablo Gallardo, l'un des ouvriers fondateurs des groupes de résistance à Río Blanco et membre du Grand Cercle d'Ouvriers Libres pendant la grève de Río Blanco (es) de 1907[2].
Les conditions d'injustice sociale présentes dans le pays pendant le Porfiriat donnent lieu à un grand nombre de protestations dans tout le pays, principalement au début du XXe siècle[1.2]. Les manifestations se déroulent sur les lieux de travail comme la ceinture d'usines textiles qui ont été construites dans les États de Puebla, Tlaxcala et Veracruz[3],[4].
Par les moyens notamment du journalisme et de la littérature, la voix des femmes commence à se faire entendre. Des femmes de diverses classes sociales s'impliquent dans les activités pré-révolutionnaires. Les régions d'Orizaba et celle de Río Blanco dans le Veracruz ne font pas exception[5].
Lucrecia Toriz est l'une des figures principales d'un groupe de femmes ouvrières ayant participé à la grève puis aux manifestations et à l'insurrection de l'usine de textile à Río Blanco en 1907[6]. À ses côtés figurent Isabel Díaz de Pensamiento, Anselma Sierra, Dolores Larios, Carmen Cruz, Josefa Arjona de Pinelo, Margarita et Guadalupe Martínez[1.3]. Leur groupe se charge de réunir du pain et des tortillas rassies, afin de nourrir les grévistes qui occupent l'usine jour et nuit pour que la grève ne soit pas brisée[7].
Un coup de feu tiré par le gérant de la tienda de raya (es) annexée à l'usine provoque l'insurrection. Dans ce lieu, les ouvriers et ouvrières de l'usine peuvent venir acheter à crédit des biens de première nécessité, faute de paies suffisantes pour vivre. C'est un lieu qui cristallise beaucoup de mécontentements. Le gérant affirme que le coup de feu est tiré en réponse à une femme venue solliciter un prêt, ce qui mécontente la foule postée aux portes de l'usine[8].
En représailles, la tienda de raya de l'usine est incendiée par la foule et réduite en cendres. Pour contenir l'émeute, le treizième bataillon d'infanterie est appelé à l'usine de Río Blanco, afin de renforcer le petit détachement de gardes ruraux, Les soldats tirent alors sur la foule[9].
Pour éviter le massacre des ouvriers, Lucrecia Toriz aurait pris un drapeau et fait face au bataillon pour calmer les esprits. Les soldats du Treizième Bataillon, dirigés par le lieutenant Ignacio Dorado, l'auraient agressée et menacée de mort, ce qui ne fait pas reculer Lucrecia Toriz. Elle est alors saisie par le lieutenant et les soldats se retirent[2].
Pendant son incarcération, les frères Flores Magón, fondateurs du magonisme, une doctrine à tendance anarchiste et réformatrice, lui envoient quelques-uns de leurs livres[2]. Cette action la transforme en héroïne nationale de la cause anti-porfiriste. Cette cause devient quelques années plus tard le mouvement Anti-réélectionniste personnalisé par Francisco I. Madero, mouvement qui s'oppose à la huitième candidature du général Porfirio Díaz à la Présidence de la République. Les frères Magon sont ainsi considérés comme les précurseurs intellectuels de la révolution mexicaine[10].
Au bout de six mois de prison, Lucrecia Toriz est autorisée à sortir sous caution[7]. Elle prend alors ses distances avec ses activités révolutionnaires[7].
Son action lors de la grève de Río Blanco lui vaut d'être considérée comme une héroïne et une précurseure de la révolution mexicaine[11],[12],[13].
Reconnaissance
modifierLucrecia Toriz est considérée comme la première militante sociale de l'époque qui précède la révolution mexicaine. Elle est vue comme une femme en avance sur son temps, qui lutte non seulement pour combattre l'injustice sociale mais également au nom de l'équité au travail. Elle s'engage dans la lutte à un moment où les conditions de vie et de travail sont particulièrement précaires, aux débuts du XXe siècle[2],[14].
En 1936, elle reçoit la reconnaissance du Centre des femmes prolétaires du Mexique. En 1957 le Syndicat de Río Blanco lui attribue une décoration[2].
En 2012, le mouvement #YoSoy132 revalorise les figures révolutionnaires du Mexique pour protester contre l'influence de la Banque mondiale et des entreprises transnationales sur la politique du pays. En , les manifestants crient « Vive Lucrecia Toriz » et utilisent son nom comme un slogan[15].
Une rue de la Colonia Obrera (Ciudad de México) (es) porte le nom Calle Lucrecia Toriz[16]. Son nom est aussi donné à un Centre social et à une crèche d'Iztapalapa[17],[18].
Références
modifier- Rosario Acosta Nieva et Eric Taladoire, Adelitas, les combattantes dans la Révolution mexicaine, Paris, Éditions du Cerf, , 271 p. (ISBN 978-2-204-13519-1)
- 1 2 3 4 5 (es) Instituto nacional de estudios históricos de la Revolución mexicana, Las Mujeres en la Revolución Mexicana: 1884-1920, (ISBN 978-607-549-196-7, lire en ligne), p. 25
- ↑ (es) Leticia Gamboa Ojeda*, « Dos aspectos de la clase obrera textil de Atlixco a fines del porfiriato », sur Revista Historias - INAH (Instituto Nacional de Antropología e Historia) (consulté le )
- ↑ (es) « La Huelga de Río Blanco, en Veracruz, símbolo de la rebelión obrera y los derechos laborales de nuestro país », sur www.inah.gob.mx, (consulté le )
- ↑ (es) « Lucrecia Toriz, la Virgen Roja de Río Blanco que cambió la historia obrera en Veracruz - El Sol de Orizaba », sur OEM (consulté le )
- ↑ (es) Minerva E. Martínez Garza, « Análisis histórico de la desigualdad por razón de género en México », Revista de derecho UNED, no 13, (lire en ligne
) - 1 2 3 (es) Arturo Cruz, « Lucrecia O. Toríz, mujer que marcó huelga de Río Blanco », sur historico.e-veracruz.mx, (consulté le )
- ↑ (es) Ximena Goldman, « HISTORIA DEL MOVIMIENTO OBRERO MEXICANO. Lucrecia Toriz y la participación de las mujeres en la huelga de Río Blanco », sur La Izquierda Diario - Red internacional (consulté le )
- ↑ Rafael Barajas Durán, Historia Del Pueblo Mexicano, Mexico, Instituto Nacional de Estudios Históricos de las Revoluciones de México (INEHRM), (ISBN 978-607-16-7627-6, lire en ligne), p. 104
- ↑ (es) Secretaría de Cultura, « Ricardo Flores Magón, precursor de la Revolución mexicana », sur gob.mx (consulté le )
- ↑ (es) Hernández Reyes Lorena, « La participación de la mujer en la revolución mexicana » [archive du ] (consulté le )
- ↑ (es) Maldonado Zurita Raúl, « Pasando lista de presente » [archive du ], (consulté le )
- ↑ (es) Cervantes Erika, « Lucrecia Toriz » [archive du ], sur cimacnoticias.com.mx via Internet Archive, (consulté le )
- ↑ (es) Vergara Ortega Jimena, « Rebeldes e insurrectas » [archive du ], (consulté le )
- ↑ (es) Silvia Garduño, « Lanza #132 grito alterno », Reforma, (lire en ligne
) - ↑ « Calle Lucrecia Toriz, Coyoacán (Carmen Serdan) », sur Callejero de México (consulté le )
- ↑ (es) « Rehabilitan Centro Social "Lucrecia Toriz" en Iztapalapa », Milenio, (lire en ligne)
- ↑ (es) « Guarderías CENDI GDF LUCRECIA TORIZ », sur Mi Clave Escolar (consulté le )