Lucus Asturum est une ville romaine mentionnée comme mansio par l'Anonyme de Ravenne.

Lucus Asturum
Lucus Asturum dans les Tabula Peutingeriana.
Géographie
Pays
Communauté autonome
Province
Asturies (d)
Conseil
Paroisse
Llugo (d)
Coordonnées
Carte

Elle était située à l'emplacement de l'actuelle Lugo de Llanera (es), dans les Asturies et faisait partie du conventus Asturum (es) de la province de Tarraconensis et, à partir de Dioclétien, de la province de Gallaecia.

Histoire

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Le lieu était le centre névralgique des routes romaines des Asturies et de là une voie menait à la Cantabrie et une autre à Asturica Augusta (Astorga), suivant la Via de La Carisa (es).

La région était habitée par la tribu des Luggones (es) avant l'arrivée des Romains. Elle fut conquise au VIIIe siècle par Moussa Ibn Noçaïr, un chef musulman, qui poursuivit sa progression jusqu'à Gijón. Des documents du Xe siècle laissent supposer qu'il s'agissait d'une ville fortifiée, mais cela reste à confirmer.

Les fouilles menées par Carmen Fernández Ochoa (es) sur le site de l'ancienne église Santa María témoignent d'une présence romaine au moins aux IIe et IIIe siècles. Une inscription votive dédiée aux Lares Viales a été découverte lors de ces fouilles[1],[2].

Un site funéraire du haut Moyen Âge a également été identifié, associé à une église datant du Xe siècle.

Documentation

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Histoire ancienn

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Lucus Asturum apparaît dans des sources documentaires romaines, de l'Antiquité tardive et du début du Moyen Âge.

Lucus Asturum (Λουκος ′Αστουρων) est citée dans la Géographie (IIe siècle) de Claude Ptolémée, au livre II, chapitre VI. Elle est nommée parmi les poleis (πόλεις) de l'intérieur des terres des Astures, dans la province Tarraconense d'Hispanie[3].

Plus tard, sous le nom de Luco Astorum, elle apparaît dans le manuscrit de l'Anonyme de Ravenne (VIIe siècle), comme une mansio située sur la route reliant Asturica Augusta (Astorga) à Lucus Augusti (Lugo). Sur cette route, la mansio précédente est Memorana, identifiée comme Mamorana dans la paroisse de Castiello (Lena) (es), où une mosaïque provenant d'une villa romaine a été découverte en 1921.

Moyen-âge

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Dans les textes médiévaux, le site est mentionné avec son église Santa María. Dans le Libro de los testamentos de la catedral de Oviedo (es) il est cité trois fois[4] :

  • Dans le premier folio, en guise d'introduction ou d'incipit, la construction d'une église sous le patronage de Sainte Marie est relatée, ainsi que le concile ultérieur de León autorisé par le pape Zéphyrin, qui aurait élevé Lugo au rang de siège épiscopal, avec Vistremundo comme premier évêque ;
  • Dans la donation du roi Alphonse III des Asturies à la cathédrale d'Oviedo ;
  • Dans Ordoño (Liber Testamentorum Eclesiae Ouetensis).

Dans la version pélagienne de la chronique d'Alphonse III ad Sebastianum, le transfert du siège de Lugo à Oviedo à l'époque de Fruela Ier est enregistré : « Rex iste episcopatum in Ovetum transtulit a Lucensi civitate que in Asturiis ab Evandalis edificata Fuit »[5]

L'ensemble du récit est considéré comme faux, car il contient plusieurs anachronismes : Guntamund aurait été roi des Vandales à partir de 484 en Afrique du Nord et Zéphyrin aurait été pape de 199 à 217. Son auteur, mentionné dans le Livre des Testaments lui-même, est Pelayo de Oviedo (es) (Pélayo, évêque d'Oviedo), qui, par cette invention, entendait légitimer le siège d'Oviedo[6].

Archéologie

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Les références à l'existence de vestiges archéologiques sont nombreuses dans la bibliographie[7]. Luis Alfonso de Carvallo (en), dans ses Antigüedades y cosas memories del Principado de Asturias (1695), signale déjà la présence de traces et de bâtiments dans les champs de la ville de Lugo. Il ajoute également qu'une pierre portant l'inscription « Ceʃar omita Lancea », selon le témoignage d'Ambrosio de Morales[8], et douze colonnes de marbre et de jade à San Miguel de Lillo pourraient provenir des ruines de la ville de Lugo, une hypothèse que Fermín Canella qualifie d'« inventions » sans fondement connu[9].

À la suite de Carvallo, il existe des références à des découvertes plus ou moins accidentelles dans l'ouvrage España sagrada, tome XXXVII (1789) de Manuel Risco, Sumario de Antigüedades romanas que hay en España (1832), de Juan Agustín Ceán Bermúdez[10] et dans le chapitre consacré à Llanera dans Asturias, de Fermín Canella[11].

Fouilles

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Panneau du chancel.

Les premières fouilles archéologiques sont entreprises durant l'été 1927 par la Commission provinciale des monuments. Elles se concentrèrent sur une propriété proche de l'ancienne église où son propriétaire avait précédemment découvert des vestiges. Un possible four de fusion et un mur supposé de m de large sont découverts. De plus, sur une passerelle enjambant un ruisseau voisin, est découvert la « pierre de Lugo »[12], aujourd'hui disparue, sculptée dans un style similaire à celui de l'idole de Peña Tú[13].

En 1981, Emilio Olavarri Goicoechea mène des fouilles sur le site de l'église Santa María de Lugo, aujourd'hui démolie. Au cours de cette campagne, des fragments de céramique romaine (terra sigillata) et un panneau de jubé, en quatre parties, sont mis au jour, disposés comme pierre tombale sur un tombeau médiéval. Le panneau en calcaire est sculpté sur sa face avant de deux paires de félins se faisant face, un arbre séparant chaque paire. Chaque paire repose sur une frise horizontale suggérant une étendue d'eau, et l'ensemble du panneau est orné de motifs végétaux sur ses bords droit et supérieur[14].

Le jubé est exposé au Musée archéologique des Asturies.

En 1989, une campagne de fouilles menée par une équipe d'archéologues dirigée par Carmen Fernández Ochoa permet de découvrir, entre autres objets, les vestiges d'un autel votif dédié aux Lares Viales. La pièce mise au jour est un bloc de grès qui faisait partie des fondations d'un mur de l'église Santa María de Lugo. Ses dimensions approximatives sont de 44 cm de haut, 20 cm de large et 17 cm de profondeur[15].

La présence de cet autel signifie que Lucus Asturum était un centre routier romain important[16].

Notes et références

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  1. Rosa María Cid López, Carmen Fernández Ochoa, Paloma García et María Amparo Pedregal Rodríguez, Lucus Asturum y un ara inédita a los Lares viales en Lugo de Llanera (Asturias), (ISSN 0211-8653), chap. 13, p. 113-128
  2. Universidad Autónoma de Madrid, « Carmen Fernández Ochoa »,
  3. Édition et traduction latine de Karl Wilhelm Ludwig Müller, Firmin Didot, 1883 ; Roldán Hervás, « Fuentes antiguas sobre los astures », 1970-1971 (ISSN 0514-7336), p. 175.
  4. Fernández Conde, Francisco Javier 1993-1994, p. 36-37.
  5. Transcription de Valdés Gallego (1999).
  6. Fernández Conde 2003, p. 139 cité dans Jan Prelog, Die Chronik Alfons' III. Untersuchung und kritische Edition der vier Redaktionen, Francfort-sur-le-Main, Peter Lang, (ISBN 3-8204-6688-6), p. 87
  7. Escortell 1986-87, p. 169.
  8. Coronica general de España, volume 4, p. 270.
  9. Canella Secades, « Asturias », 1894-1900, p. 243
  10. España sagrada: tomo XXXVII, Antiguedades concernientes a la region de los astures Transmontanos desde los tiempos mas remotos hasta el siglo X, Manuel Risco, p. 16.
  11. Canella Secades, « Asturias », 1894-1900, p. 243
  12. Martín Hernández 2021, p. 286.
  13. Alonso Fernández 2013, p. 36.
  14. José Avelino Gutiérrez González, Cancel altomedieval de Lugo de Llanera (Asturias), (DOI 10.15366/ane4.ochoa2020.033), chap. 4, p. 405–413
  15. Juan José García González, « La epigrafía romana d’Asturies: una actualización », (ISSN 2174-9612), p. 40
  16. Rodríguez Colmenero, Ferrer Sierra et Alvarez Asorey 2004, p. 713.

Annexes

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Bibliographie

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  • David Alonso Fernández, Lucus Asturum y la arqueología romana romana en Llanera, , 31-46 p. (ISSN 2253-9883), chap. 2
  • Matilde Escortell, Materiales romanos, procedentes de Lucus Asturum, de reciente ingreso en el Museo de Oviedo, 1986-87, 169-174 p. (ISSN 0211-1608), chap. 13-14
  • Francisco Javier Fernández Conde, Lugares de culto en Asturias durante la época de transición, 1993-1994, 31-55 p. (ISSN 0301-889X), chap. 7
  • Francisco Javier Fernández Conde, Espacio y tiempo en la construcción ideológica de Pelayo de Oviedo, , 129-148 p. (ISSN 2108-7083, DOI 10.3406/cehm.2003.1284), chap. 15
  • (en) Juan Luis García Alonso, The Place Names of Ancient Hispania and its Linguistic Layers, , 213–244 p. (ISSN 0081-6353), chap. XXXV
  • Juan Manuel González, Mansiones del trayecto de vía romana Lucus Asturum-Lucus Augusti, vol. 6, , 287-301 p. (ISSN 0570-7218)
  • José Manuel González, Lucus Asturum, , 33-48 p. (lire en ligne)
  • Esperanza Martín Hernández, Intervención arqueológica en territorio de Llanera. Nuevos avances en el conocimiento de Lucus Asturum, , 181-208 p., chap. 195
  • Mauricio Pastor Muñoz, El Urbanismo y los Núcleos de Población en el Conventus Asturum durante el Imperio Romano, vol. 26, Salamanque, (ISSN 0514-7336, lire en ligne)
  • Antonio Rodríguez Colmenero, Santiago Ferrer Sierra et Rubén D. Alvarez Asorey, Miliarios e outras inscricións viarias romanas do noroeste hispánico: (conventos bracarense, lucense e asturicense), Consello da Cultura Galega, coll. « Callaeciae et Asturiae Itinera Romana », (ISBN 9788495415875, lire en ligne)
  • Valdés Gallego, El Liber Testamentorum Ovetensis. Estudio filológico y edición, Oviedo, (ISBN 84-89645-32-9)

Liens externes

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