M'Chouneche
M'Chouneche ou, en langue haouara, Himsounine, est une commune algérienne située dans la wilaya de Biskra, dans les Aurès du sud.
| M'Chouneche | ||||
Paysage de M'Chouneche | ||||
| Noms | ||||
|---|---|---|---|---|
| Nom arabe algérien | مشونش | |||
| Nom amazigh | ⵜⵉⵎⵙⵓⵏⵉⵏ | |||
| Nom chaoui | himsounine | |||
| Administration | ||||
| Pays | ||||
| Région | Aurès | |||
| Wilaya | Biskra | |||
| Daïra | M'Chouneche | |||
| Président de l'APC Mandat |
Abderzak Chahdi 03 mandats |
|||
| Code postal | 07010 | |||
| Code ONS | 0712 | |||
| Démographie | ||||
| Population | 10 107 hab. (2008[1]) | |||
| Densité | 20 hab./km2 | |||
| Géographie | ||||
| Coordonnées | 34° 56′ 13″ nord, 5° 59′ 26″ est | |||
| Superficie | 506,92 km2 | |||
| Localisation | ||||
Localisation de la commune dans la wilaya de Biskra. | ||||
| Géolocalisation sur la carte : Algérie
Géolocalisation sur la carte : Algérie
Géolocalisation sur la carte : Algérie (nord)
| ||||
| modifier |
||||
Toponymie
modifiertHimsounine est le pluriel de "thamsunt" qui veut dire "paradis" en langue houara.
Géographie
modifierSituation
modifierLocalités de la commune
modifierOn y trouve quatre agglomérations importantes : M'chouneche dite himsunine, Baniane, Ed dissa et Lahbal.
Géographie physique
modifierLa commune se trouve dans la partie sud-ouest du massif de l'Aurès, entre le Djebel Ahmar Khaddou à l'est et le Djebel El Azreg (Ich Aziza en Chaoui) à l'ouest, dans la vallée encaissée (cañon) de Ighzer Amellal (oued Abiod).
Géographie humaine
modifierLa population était de 10 000 habitants en 2008, dont 6700 au chef-lieu et 2900 dans les agglomérations secondaires.
- Communications
La commune est traversée par la route nationale 31 qui relie Biskra à Batna par Arris, en passant par la vallée de l'oued El Abiod et par le col d'Aïn Tinn.
Ethnographie
modifier
Les ay h'med de Himsunine "M'Chouneche", une tribu territoriale.
modifierLa population autochtone est berbère ,d'origine haouara, et berbérophone. Du point de vue des structures traditionnelles, le territoire de la tribu est délimité :
- au nord-est, par le territoire tribal des Rouassirs (Kef Laarouss, Rassira, Ghoufi)
- à l'est et au sud-est, par le territoire tribal des Ouled Slimane ben Aissa, des Aachach et des Ouled Z'rara, c'est-à-dire l'ancien douar Oulech (Loulach), qui fait actuellement partie de la commune d'El Mizaraa (M'ziraa),
Il correspond historiquement au territoire tribal des Beni H'med établis dans les localités de M'chounech et de Lahbal d'une part et à celui des Ouled Aloui, établis dans les localités de Baniane et d'Ed dissa.
La tribu (arch) des Beni Hmed de M'chounech est composée de quatre fractions (ferqa) établies jusqu'à nos jours dans les territoires familiaux constituant le chef-lieu de commune, à savoir :
- Les Aith moussa
- Les Aith H'sen
- Les seddouk
- Les Aith ou jimi
Historiquement, la tribu des « Beni Hamad » est issue de l'une des branches de la grande tribu des « Beni Barbar », plus précisément de la branche des « Charqiyyin » (c'est-à-dire les « gens de l'Est »). Ces derniers s'étaient établis le long de l'oued « Beni Barbar », dans la région des Aurès — à Tberdga et Chechar — avant de se déplacer vers Mechounèche il y a plus de six siècles..
Cette subdivision est liée aux migrations de populations et aux conquêtes et reconquêtes des territoires traversées par les épisodes confessionnels qu'a connus l'Afrique du Nord en général et de l'Aurés, en particulier.
À une époque ultérieure, après l'arrivée des « Beni Ahmed », un saint soufi nommé Cheikh « Si Ahmed ben Zarrouk » s'y installa et y fonda sa *zaouïa*. Ses descendants sont connus, encore aujourd'hui, sous le nom de « Aït Si Ahmed » ; une appellation associée au patronyme « El-Abbas ». Il convient toutefois de noter que la branche des « Aït Bourdakh » ne fait pas partie des « Aït Si Ahmed » — bien qu'ils partagent le même patronyme —, car les « Aït Si Ahmed » et les « Aït Bourdakh » descendent respectivement de « Rman ben El-Nass » et de « Balbar ben El-Nass », qui étaient frères. Quant à « Sidi Ali Ouyahia » — dont le mausolée se trouve sur le site —, il est considéré comme l'ancêtre lointain des « Ouled Moussa ». Pour ce qui est des autres lignées, qu'elles aient été présentes dès le début ou qu'elles se soient installées plus tard, elles ont rejoint la confédération des « Aït Ahmed » — étant toutes issues de la lignée de Balbar — et, au fil du temps, elles en sont venues à être désignées par ce nom, qui signifie littéralement « les gens d'Ahmed ».
La mémoire collective retient l'existence de tribus judeo berbères qui auraient embrassé l'islam avec établissement du saint soufi dans la localité.
La propriété privée des vergers avoisinant les maisons d'habitations, le cimetière familial ainsi que l'édifice du grenier collectif haqliaath confèrent le caractère privé des quartiers familiaux.
L'établissement de l'état civil dans les années 1940 a permis la constitution de 22 patronymes.
Les familles principales de chaque quartier sont : Abbas à guern Abbas ou ich nah Abbas, les Messaoui au quartier R'mel -, Guergueb au quartier Lagrarat, Boujhentef au quartier Hbiith, Jimaoui au quartier M'richi et Boussekar au quartier Machkal et Miouri, S'y ajoutent les familles de Meftah, Bouras, Saci, Mengri, Abderhmani, Boumaaraf, Guettouchi, Zelli, Guedida, Mokrani, Abouda, Mahdad, Mezerdi, Hamza, Abidi, Azizi, chahdi ,herak,aarab,....etc.
Histoire
modifierÉpoque coloniale française
modifierLa tribu des ay ahmed , joue un rôle primordial au début de la conquête française en repoussant les troupes françaises en 1844, empêchant ainsi la conquête de l'Aurés par Biskra et la vallée de l'Oued al Abiod (épisode illustré par un tableau d'Auguste Raffet, La bataille de M'chounech de 1844).
À la fin du XIXe siècle, M'chouneche devient le centre d'un des treize douars (fraction de commune sous la responsabilité d'un caïd) de la commune mixte de l'Aurès (chef-lieu : Arris).
Dans les années 1920, Saleh Oubomsrane — issu de la fraction des Moussaoui — fut un farouche opposant à l'administration coloniale. Les populations locales le considéraient comme un héros, ou un « bandit d'honneur », à l'instar de Messaoud Ouzelmat, de la tribu des Aït Bouslimane à Takout.
Guerre d'Algerie
modifierLa commune est un des points de départ dans le déclenchement de la Guerre d'Algérie, sous le commandement de Mostefa Ben Boulaid, responsable de la zone de l'Aurès. Le , l'autocar Biskra-Arris est arrêté dans les gorges de Tighanimine par les insurgés, qui abattent le caïd de M'chouneche, Hadj Sadok (ainsi que Guy Monnerot, un instituteur venu de la métropole). Par la suite, intégrée dans la wilaya I à partir de 1956, M'chouneche constitue une zone de repli pour les combattants de la wilaya VI (Sahara) sous le commandement du colonel Si El haoués, originaire de cette localité.
En 1956, M'chouneche devient une commune lorsqu'Arris devient une sous-préfecture du département de Batna[2].
Bibliographie
modifier- Lieutenant-colonel De Lartigue, Documents sur Batna et sa région. Monographie de l'Aurès, Constantine, 1904
- Souad Abbas, Vers une problématique de l'habitat traditionnel, le cas de M'chounech, Mémoire de fin de licence en sociologie, Université d'Alger, 1984
- Souad Abbas, Changements et continuité dans les stratégies d'investissement de l'espace dans l'Aurés. Étude de cas Baniane et M'chounech, Mémoire de Diplôme d’études approfondies, Université Paris VIII-Vincennes, 1986
- Souad Ghoufi[3] (Abbas), Conflits villageois: stratégies de pouvoir et discours de légitimation, les Aurés à l'épreuve des années 1990, thèse de Doctorat d'État de l'université d'Alger, 2008
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierRéférences
modifier- ↑ « Wilaya de Biskra : répartition de la population résidente des ménages ordinaires et collectifs, selon la commune de résidence et la dispersion ». Données du recensement général de la population et de l'habitat de 2008 sur le site de l'ONS.
- ↑ Cf. Fonds Arris des Archives nationales d'Outre-Mer (Aix-en-Provence).
- ↑ Cf. « Regard d'une sociologue chaouie sur les conflits villageois dans les Aurès » sur le site Socialgérie.