MCC Bruxelles

think tank basé à Bruxelles (Belgique)

Le MCC Bruxelles (ou Mathias Corvinus Collegium Bruxelles) est un think tank conservateur créé à Bruxelles en en tant que branche du Mathias Corvinus Collegium (MCC, un think tank et organisme éducatif hongrois proche de Viktor Orbán), de son gouvernement et de son parti, le Fidesz, un parti politique hongrois d'extrême droite, national-conservateur et populiste[1]. Le MCC Bruxelles se présente comme un « centre de réflexion hongrois pour mener la bataille des idées », voulant être un acteur de la scène politique bruxelloise. Plusieurs observateurs et médias ont qualifié l'institut de tête de pont idéologique de l'extrême droite européenne à Bruxelles, visant à influencer, de l'intérieur, les débats politiques de l'Union européenne.

Mathias Corvinus Collegium Brussels
Histoire
Fondation
Cadre
Type
Forme juridique
Siège
Pays
Organisation
Site web
(en + hu) brussels.mcc.huVoir et modifier les données sur Wikidata
Identifiants
BCE

Histoire et fondation

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Le MCC Bruxelles est créé en 2022 dans le contexte des tensions croissantes entre le gouvernement hongrois de Viktor Orbán et les institutions de l'Union européenne[2].

Le Mathias Corvinus Collegium, sa maison mère, a reçu d'importants financements de l'État hongrois sous la forme d'actions et de biens immobiliers, transférés via le conseil d'administration du MCC, sous l'égide de Balázs Orbán (homonyme du premier ministre, mais sans lien familial de parenté directe, qui est aussi secrétaire d'État au sein du cabinet du gouvernement de Viktor Orbán[3] et devenu président du Conseil d'administration du MCC[4]. En 2020, le gouvernement a transféré des actifs d'une valeur estimée à 1,7 milliard de dollars américains à la fondation qui gère le MCC, ce qui a consolidé ses liens avec le parti Fidesz au pouvoir[5], ce qui tend à accréditer l'accusation faite au gouvernement de Viktor Orbán d'utiliser le MCC Bruxelles et le MCC comme « vivier pour les futures élites favorables au Fidesz »[6],[7].

Il est dirigé par le professeur émérite de sociologie Frank Furedi, fervent critique de ce qu'il nomme le « « globalisme » et la « pensée dominante » des institutions bruxelloises[8], qui dit vouloir construire « un autre narratif » dans la sphère européenne, et créer le dialogue entre deux camps qui aujourd'hui ne se parlent plus. « Cela me rappelle les guerres de religions au XVIe siècle » a-t-il expliqué au journal Le Monde[9].

Il emploie 24 salariés dont deux personnalités John O'Brien (responsable de la communication) et le sociologue hongrois Frank Furedi (ancien trotskiste, aujourd'hui proche du Fidesz, nommé directeur du MCC Bruxelles)[10]. Son budget annuel s'élève à 6,3 millions d'euros en 2026[2].

Missions, activités et prises de position

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Le MCC Bruxelles défend des opinions nationalistes et anti-européennes. Selon Le Monde, l'institut sert de carrefour « à une internationale réactionnaire en plein essor, qui s’appuie sur l’Europe autant qu’elle la fustige, et reçoit le généreux soutien des fondations proches du mouvement « Make America Great Again » (MAGA) et de l’administration Trump »[2].

David Paternotte[note 1], professeur à l'université Libre de Bruxelles, estime que le MCC Bruxelles est le fleuron d'un « gramscisme de droite » qui entend construire une défense face à une hégémonie culturelle supposée de la gauche dans les institutions européennes, justifiant une bataille culturelle pour « (re)conquérir le pouvoir ».

Controverses et critiques

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Les liens étroits entre le MCC Bruxelles et le gouvernement hongrois de Viktor Orbán ont suscité des questions et des critiques, liées au fait que ce think tank est un organe de lobbying, opaque, qui semble directement contrôlé par le parti politique de Viktor Orbán, le Fidesz, visant principalement à influencer le débat politique européen de l'intérieur et de l'extérieur, pour y faire avancer les idéologies d'extrême droite et anti-UE à Bruxelles[11].

Plusieurs observateurs et médias ont qualifié le MCC Bruxelles (co-organisateur de la NATCON, une conférence des extrême droites internationales)[12] de lobby et tête de pont idéologique de l'extrême droite européenne à Bruxelles, visant à influencer, de l'intérieur, les débats politiques de l'Union européenne, promouvant notamment une vision anti-UE, anti-environnementale et anti-droits LGBTQ+[13],[10].

Une plainte a été déposée auprès du secrétariat du Registre de transparence de l'Union européenne en raison du manque d'informations financières sur ses sources de financement du MCC Bruxelles, accusé de ne pas avoir divulgué les fonds reçus (alors que c'est une obligation pour toute organisations exerçant des activités de lobbying à Bruxelles). Une enquête a été ouverte en 2025 par le secrétariat du Registre[14].

Notes et références

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  1. David Paternotte est chargé de cours à l'université libre de Bruxelles, ULB), vice-doyen aux relations internationales (Faculté de Philosophie et sciences sociales), président du comité de gestion du master de spécialisation interuniversitaire en études de genre, Atelier Genre(s) et Sexualité(s), Institut de sociologie, Striges (Structure de recherche interdisciplinaire sur le genre, l'égalité et la sexualité), Maison des sciences humaines.

Références

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  1. (en) Wilhelmine Preussen, « Viktor Orbán-funded think tank vows to shake up Brussels », sur Politico Europe, (consulté le ).
  2. 1 2 3 Valentine Faure, « Changer l’Europe de l’intérieur, la nouvelle stratégie de l’internationale réactionnaire à Bruxelles », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
  3. (en) Valerie Hopkins, « Campus in Hungary is Flagship of Orban's Bid to Create a Conservative Elite » Inscription nécessaire, sur nytimes.com, (consulté le ).
  4. (en-GB) Wilhelmine Preussen, « Viktor Orbán-funded think tank vows to shake up Brussels », sur Politico Europe, (consulté le ).
  5. (en) « Mathias Corvinus Collegium », sur Wikipédia en anglais (consulté le ).
  6. (en-US) Dariusz Kalan, « Rejuvenating Fidesz », sur Balkan Insight, (consulté le ).
  7. (hu) « Százmilliárdokkal hizlalták megkerülhetetlenné a kormányközeli elitképzőt », sur 24.hu, (consulté le ).
  8. (en) Dániel Deme, « MCC Brussels is Now Taken Seriously Even by its Opponents, Says Prof. Frank Füredi », sur Hungary Today, (consulté le ).
  9. Virginie Malingre, « À Bruxelles, un nouveau centre de réflexion hongrois pour mener la bataille des idées » Accès payant, sur lemonde.fr, (consulté le ).
  10. 1 2 « MCC Brussels : le lobby d'Orbàn au coeur de Bruxelles », sur stuut.info, (consulté le ).
  11. (en) « Orbán's oil funded thinktank is murky on transparency », sur Corporate Europe Observatory, (consulté le ).
  12. « Communiqué de presse de la Coordination Antifasciste de Belgique : Pour que « Plus jamais ça » revienne à l'ordre du jour. [FR] – [NL] – [ENG] – [ES] – Front Antifasciste Liege 2.0 », Front Antifasciste Liege 2.0, (lire en ligne, consulté le ).
  13. David Paternotte, « De Budapest à Bruxelles : savoirs, université et antiwokisme », La Revue nouvelle, vol. 79, no 4 « Qu'est-ce que l’antiwokisme ? », , p. 56-59 (ISSN 0035-3809, e-ISSN 2593-4848, OCLC 10283617649, DOI 10.3917/rn.240.0056 Accès payant).
  14. (en) « EU Transparency Register secretariat confirms investigation into MCC Brussels' funding secrecy », sur Corporate Europe Observatory, (consulté le ).

Voir aussi

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