Mad Love (comics)
Mad Love est un comics en one-shot de Bruce Timm et Paul Dini, récit fondateur des origines d'Harley Quinn.
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14 décembre 1993 |
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1 |
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Il a été récompensé par l'Eisner Award du meilleur one-shot en 1994 ainsi que le Harvey du meilleur numéro ou histoire unique en 1994, puis a été adapté en un épisode de la série animée Batman, ainsi qu'utilisée dans d'autres œuvres, comme le jeu vidéo Batman: Arkham Asylum et le film Suicide Squad. En 2018, Titan Books a publié une novélisation de Mad Love écrite par Paul Dini et Pat Cadigan, qui développe l’histoire originale du comic, qui n'a pas été publier en français pour le moment.
Située dans la continuité de Batman, cette bande dessinée propose une histoire d’origine pour Harley Quinn, l’acolyte du super-vilain le Joker. Elle y est présentée comme une ancienne psychologue à l’asile d’Arkham, tombée amoureuse de lui.
Résumé
modifierMad Love commence avec le Joker, accompagné de sa nouvelle acolyte, Harley Quinn, dans une tentative de tuer le commissaire Gordon, plan qui est rapidement déjoué par Batman. Le Joker prend la fuite avec Harley, tandis que Batman retourne à la Batcave. Avec son majordome, Alfred Pennyworth, il discute du passé douteux de Harley : autrefois connue sous le nom de Harleen Quinzel, elle étudiait à l’université d’État de Gotham grâce à une bourse de gymnastique. Elle cherchait à obtenir un diplôme de psychologie, envisageant même de coucher avec ses professeurs pour y parvenir, dans l’objectif de devenir une psychologue médiatique écrivant des livres d’auto-assistance.
Pendant ce temps, dans sa planque, un Joker frustré peine à concevoir un nouveau plan. Harley tente de le réconforter, mais cela l’agace, au point qu’il essaie de la tuer, avant de la chasser. Effondrée, Harley réfléchit à sa situation : elle est une criminelle recherchée, amoureuse d’un psychopathe qui la néglige. Elle finit par conclure que Batman est le véritable responsable de l’échec de leur relation.
Harley se remémore alors son passé à l’asile d’Arkham, où elle était stagiaire en psychologie, espérant tirer profit de ses patients criminels en écrivant des livres à scandale, en commençant par sa première rencontre avec le Joker. Elle choisit le Joker comme sujet d’étude, ce dernier la séduisant en lui faisant croire qu’il lui révélerait ses secrets. Elle entame donc des séances avec lui, durant lesquelles le Joker, manipulateur, se présente comme une victime, prétendant avoir été battu par son père durant l’enfance — un père qui n’aurait été heureux qu’une seule fois, lors d’une visite au cirque, et laissant entendre que Batman est une autre figure de persécution dans sa vie.
Avec le temps, Harley en vient à penser que le Joker est une âme incomprise, constamment persécutée par Batman, et finit par tomber amoureuse de lui. Elle réalise que cela vient en partie du fait qu’il la faisait rire à nouveau, alors qu’elle se sentait depuis longtemps privée de tout plaisir ou amusement à cause de son professionnalisme. Plus tard, alors que le Joker s’évade brièvement d’Arkham, Harley est bouleversée de le voir revenir grièvement blessé, ramené par Batman. Elle décide alors de le faire évader : elle vole un costume de bouffon et divers objets comiques dans une boutique, les transforme en armes, et adopte le nom de Harley Quinn jeu de mots inspiré du personnage de théâtre Harlequin, que le Joker lui avait suggéré.
Harley en vient à la conclusion que la seule manière de gagner l’amour du Joker est de tuer Batman. Elle choisit d’utiliser un ancien plan du Joker consistant à le jeter dans un bassin de piranhas "souriants", plan que le Joker avait abandonné car les piranhas ne peuvent pas sourire. Harley contourne ce problème en suspendant Batman la tête en bas, de sorte que les poissons lui semblent sourire.
Elle réussit à capturer Batman, mais celui-ci la déstabilise en lui disant la vérité : le Joker n’a jamais aimé personne d’autre que lui-même, et il se sert d’elle depuis le début. Les histoires d’enfance abusée qu’il lui a racontées sont en fait des mensonges qu’il répète à différentes personnes, en changeant les détails à chaque fois. En larmes, Harley nie, persuadée que le Joker l’aime vraiment. Batman la convainc alors de l’appeler pour lui annoncer qu’elle a réussi, puisque les piranhas ne laisseraient aucune preuve.
Le Joker arrive, furieux qu’Harley lui ait volé le plaisir de tuer Batman. Harley explique que, comme elle a utilisé son plan, il en recevra le mérite, mais le simple fait qu’elle doive le lui expliquer rend cela inacceptable pour lui. Il finit par la jeter par la fenêtre, la blessant grièvement. Elle est retrouvée au sol par des policiers.
Le Joker décide alors de tuer Batman lui-même, ce qui entraîne une course-poursuite qui se termine au sommet d’un train en marche. Batman le provoque en affirmant que Harley a failli réussir là où lui a toujours échoué. Fou de rage, le Joker l’attaque, mais Batman riposte, et le combat se termine avec le Joker qui chute dans une cheminée industrielle en feu.
À l’asile d’Arkham, Harley affirme avoir renoncé au Joker et vouloir guérir. Pourtant, allongée dans son lit, elle découvre un bouquet de fleurs envoyé par le Joker, accompagné d’une carte "Bon rétablissement" et retombe immédiatement amoureuse de lui.
Analyse
modifierInvités par l'éditeur Scott Peterson[1] à réaliser un épisode spécial de la bande dessinée The Batman Adventures avec Bruce Timm, Paul Dini y a vu l'occasion de distinguer le personnage introduit dans l'épisode Chantage à crédits de la série animée Batman. Pour lui, il ne s'agit pas de l'histoire d'une victime, mais d'une mise en garde d'un amour trop obsessionnel et imprudent[2]. L'idée générale de faire d'Harley la psychiatre du Joker, qui était de Dini, a donc été développée avec Bruce Timm au "Paradis", restaurant repaire des auteurs, proche de Warner Animation et qui a inspiré le décor d'une des scènes du comics.
Artistiquement, Timm éprouvait des difficultés avec le cadrage des planches; le travail de Keith Giffen sur la série Legion of Super-Héros a incité le dessinateur à dessiner sur un gaufrier de neufs cases, constitué de trois lignes de trois cases[3]. Certaines scènes sont inspirées de planches d'Harvey Kurtzman et Gene Colan, respectivement pour Mad et Tomb of Dracula[4], et les délais ont contraint Timm à se faire assister de Glen Murakami pour l'encrage de quelques pages. Certains passages trop tendancieux pour une publication destinée à la jeunesse ont été censurés (notamment Harley en nuisette, à califourchon les jambes en l'air).
Ce comics a été récompensé par l'Eisner Award du meilleur one-shot en 1994.
Thèmes
modifierMad Love explore les thèmes de la violence domestique et de la codépendance émotionnelle. Hilary Golstein, d’IGN, souligne que malgré leur folie exagérée, Harley Quinn reste une "épouse typiquement maltraitée", tandis que le Joker incarne "le mari typiquement détaché". Selon elle, la bande dessinée "illustre le cycle de la violence domestique qui domine la vie de nombreuses personnes en Amérique".
Matthew Garcia, de Multiversity Comics, observe que la représentation de la violence conjugale à travers ces super-vilains apporte "une perspective nouvelle et quelque peu plus terrifiante". Il note que, malgré toutes les horreurs commises par le Joker dans ou hors continuité, rien ne semble aussi méprisable que son comportement envers Harley, probablement en raison du contraste entre des agissements très communs et la méchanceté extravagante du personnage.
Matthew Garcia ajoute que, malgré les gags, Paul Dini et Bruce Timm ne minimisent pas la violence psychologique et physique infligée par le Joker à Harley. Il remarque que, au fil de l’histoire, le Joker devient "de plus en plus menaçant, plongé dans l’ombre, souvent représenté en silhouette, comme une présence constante qui plane au-dessus d’elle".
Mad Love met en lumière la dépendance affective de Harley envers le Joker. À propos de la fin — où elle retombe amoureuse de lui malgré les abus — Dini explique :
"Harley pourrait lui tourner le dos et se montrer très forte, mais s’il y a ne serait-ce qu’un signe qu’il veut qu’elle revienne ou qu’il s’est réformé, elle retournera vers lui".
Contexte de création
modifierPaul Dini et Bruce Timm ont imaginé Mad Love après que DC Comics les a invités à créer un numéro spécial pour les comics Batman Adventures, dérivés de la série animée Batman. Ils ont décidé d’en faire une histoire d’origine pour Harley Quinn, l’acolyte du Joker.
Paul Dini souhaitait raconter une histoire qui élargirait le rôle de Harley au-delà de celui de simple sbire costumée. Il pensait que l'idée d’en faire l'ancienne thérapeute du Joker rendrait son affection inhabituelle pour lui plus tragique. Paul Dini et Bruce Timm ont alors imaginé Harley comme une ancienne docteure de l'asile d'Arkham, séduite par le Joker jusqu’à devenir sa fidèle complice, incarnant le rôle de la petite amie dévouée et maltraitée. Ils se sont également inspirés des fans de criminels qui leur écrivent des lettres, affirmant les comprendre et "voir le bon" en eux.
Paul Dini considère Mad Love comme une fable d’avertissement sur le fait d’aimer quelqu’un de manière « imprudente, obsessionnelle et trop longtemps ». Il décrit l’histoire de Harley comme tragicomique, et comme un reflet du lecteur dans un miroir déformant, prêt à jouer l’idiot pour quelqu’un dont il vaudrait mieux se passer.
Publication
modifierVersion originale
modifier- The Batman Adventures: Mad Love (1993)
Version française
modifier- Mad Love, Urban Comics
Scénario : Bruce Timm et Paul Dini - Dessin : Bruce Timm - Couleurs : 2015 - (EAN 9782365778084)
- Mad Love, réédition en 2017 avec le DVD du film Batman & Harley Quinn (ISBN 979-1026813392)
Adaptations
modifierThe New Batman Adventures
modifierUne adaptation animée du comic, quasiment identique au niveau du scénario et du style visuel, a été diffusée pour la première fois sur la chaîne WB Network le , dans un épisode de la série The New Batman Adventures. Le script a été écrit par Paul Dini et l’épisode réalisé par Butch Lukic. La voix anglaise de Batman est interprété par Kevin Conroy, du Joker est interprété par Mark Hamill et de Harley Quinn est interprété par Arleen Sorkin. L’adaptation est très fidèle à la bande dessinée, à l’exception de quelques modifications de design des personnages et de la suppression de certaines scènes mineures pour des raisons de rythme et de durée.
Motion comics
modifierEn 2008, Warner Premiere Digital a adapté Mad Love en motion comic, disponible en téléchargement via des plateformes numériques comme iTunes et Xbox Live. Sur Xbox Live, les chapitres peuvent être téléchargés individuellement, tandis que iTunes regroupe les sept chapitres en trois téléchargements :
- Chapitres 1 et 2
- Chapitres 3, 4 et 5
- Chapitres 6 et 7.
Série Batman: Arkham
modifierLe jeu vidéo Batman: Arkham Asylum sorti en 2009, également scénarisé par Paul Dini, reprend de nombreux dialogues issus des entretiens psychiatriques de Harley Quinn tirés de Mad Love. Les voix anglaises du Joker et de Harley sont de nouveau assurées par Mark Hamill et Arleen Sorkin.
Dans Batman: Arkham Origins (2013), préquelle de Asylum, l’intrigue de Mad Love est également utilisée pour raconter la première rencontre entre Harley Quinn et le Joker. Les personnages sont cette fois doublés par Tara Strong pour Harley et Troy Baker pour le Joker.
Suicide Squad
modifierLe film Suicide Squad, réalisé par David Ayer en 2016, intègre plusieurs éléments des relations entre le Joker et Harley Quinn, notamment ceux issus de Mad Love.
Novélisation
modifierHarley Quinn: Mad Love est une novélisation de The Batman Adventures: Mad Love écrite par Paul Dini et Pat Cadigan. Le roman développe l’histoire originale, centrée sur les origines du personnage de Harley Quinn.
Paul Dini et Pat Cadigan ont rédigé cette novélisation dans le cadre de la collection de Titan Books dédiée à l’adaptation en romans de comics emblématiques de DC, comme The Killing Joke d’Alan Moore. Le roman approfondit l’histoire originale en explorant l’enfance et la famille de Harley, sa relation avec le Joker, ainsi que les événements postérieurs, en mettant en lumière les motivations psychologiques qui l’ont menée à sa transformation notamment sa méfiance envers l’autorité.
Lors de la rédaction, Pat Cadigan s’est appuyée sur un plan détaillé fourni par Paul Dini, incluant des éléments inédits absents du comic original. Les deux auteurs n’ont communiqué qu’à travers leur éditeur pendant le processus d’écriture.
Notes et références
modifier- ↑ Chip Kidd, Batman : le livre de la série TV, Dreamland, (ISBN 2-910027-47-3 et 978-2-910027-47-6, OCLC 406605655, lire en ligne)
- ↑ Bruce Timm et Paul Dini, Mad Love, Urban Comics, , 168 p. (ISBN 978-2-3657-7808-4), Préface de Paul Dini
- ↑ Eric,?- ... Nolen-Weathington, Bruce Timm, Akileos, (ISBN 978-2-35574-016-9 et 2-35574-016-X, OCLC 470771736, lire en ligne)
- ↑ Bruce Timm et Paul Dini, Mad Love, Urban Comics, , 168 p. (ISBN 978-2-3657-7808-4), Postface de Bruce Timm
Liens externes
modifier- Ressource relative à la bande dessinée :