Madame Gonthier

comédienne et chanteuse française

Rose Françoise Carpentier, dite Madame Gonthier (ou Gontier), née le à Metz[1] et morte le à Paris, est une comédienne et artiste lyrique française.

Madame Gonthier
Mme Gonthier, rôle de Perrette dans Fanfan et Colas (), gravure de Louis-Charles Ruotte.
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
CarpentierVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonymes
La bonne mère Gonthier, Maman Gonthier, La bonne GonthierVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Théâtre national de l'Opéra-Comique (-)
Théâtre des Variétés-Amusantes (à partir de )
Comédie-Italienne (-)
La Monnaie (d) (-)Voir et modifier les données sur Wikidata

Biographie

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Ses dispositions pour l'art théâtral se serait révélées dès l'enfance, et quelques succès de société prouvent son aptitude pour les rôles comiques[2]. Elle joue en province et à Bruxelles de à [3], elle fait partie de la compagnie d'opéra du théâtre de la Monnaie, alors parrainé par le prince Charles de Lorraine, gouverneur général des Pays-Bas autrichiens[4].

En , elle fait ses débuts à la Comédie Italienne (à laquelle l'Opéra-Comique avait été incorporé), dans l'emploi de duègnes, jouant, les 18, 19 et 21 mars, les rôles de Simone dans Le Sorcier de François-André Danican Philidor, de la mère Bobi dans Rose et Colas de Monsigny, et d'Alix dans la première de Blaise et Babet, ou la Suite des Trois Fermiers de Dezède[5][6].

Grâce à son succès, le 2 mai de la même année, avec un acte signé par les ducs de Richelieu et de Duras, de la Maison du roi, elle est reçue « à la Comédie Italienne pour y jouer les rôles de duègnes avec la promesse d'être reçue à quart de part à Pâques 1779, et ce a chargé par elle de remplir exactement tous les rôles de son emploi et ceux où la Comédie la jujera nécessaire »[7].

En , elle est ainsi admise comme sociétaire de la Comédie-Italienne. Elle joue successivement la comédie et l'opéra-comique. Dans les registres du théâtre, entre 1780 et 1784, on trouve à son sujet la note suivante:

« — Gontier : du naturel, du sentiment, de la gaieté consituent son talent ; elle a peu de voix[8]. »

En , son apparition dans la première salle Favart, nouveau siège du théâtre, est marquée par des triomphes. Elle quitte l'Opéra-Comique (la Comédie Italienne ayant été ainsi rebaptisée) à la suite d'un démêlé avec la direction et contracte, en , un engagement avec le théâtre de la République, mais madame Gonthier n'est pas là « dans sa sphère »[2]. Elle joue à Lille en -[6].

En , elle fait partie de la nouvelle société des acteurs de l’Opéra-Comique[1],[2].

Parmi les nombreuses créations qui marquent sa carrière, Alix de Blaise et Babet de Dezède (1783), Perrette dans Fanfan et Colas (1784), Babet dans Philippe et Georgette (1791), la vieille paysanne dans Adèle et Dorsan (1795), madame Bernard dans Marianne, Mopsa du Jugement de Midas[9],[2].

En , une représentation à son bénéfice est donnée à l'Opéra de Paris en présence de l'impératrice Joséphine de Beauharnais[10].

Elle fait ses adieux à l'Opéra-Comique en [1].

Vie privée

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Elle épouse, en premières noces, Charles-Adrien Gontier, comédien à Bruxelles[3], puis à Versailles[11],[6] et, en secondes noces François Allaire (mort en 1828[12]), coryphée de l'Opéra-Comique, en [13],[2],[6].

Selon Sainte-Beuve, elle aurait eu une relation amoureuse avec Florian en et inspiré le personnage d'Estelle dans Estelle et Némorin, « mélodrame pastoral » d'Henri-Joseph Rigel (1788[14]).

Création

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Notes et références

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  1. a b et c Le Bas 1840-1845, p. 13.
  2. a b c d et e Escudier et Escudier 1856.
  3. a et b Kim Bethume et Jean-Philippe Huys, Espace et parcours dans la ville, Bruxelles au XVIIIe siècle, Bruxelles, Éditions de l'Université de Bruxelles, (lire en ligne), p. 109
  4. André Ernest Modeste Grétry, Ernest Closson et Lucien Solvay, Réflexions d'un solitaire, Bruxelles & Paris, G. van Oest & Cie, (lire en ligne)
  5. Campardon 1970, p. 251.
  6. a b c et d Lyonnet.
  7. Campardon 1970, p. 253.
  8. Jean Gourret, Histoire de l'Opéra-Comique, Paris, Les publications universitaires, , p. 42
  9. Fabien Pillet, La Nouvelle lorgnette de spectacles, (lire en ligne), p. 117
  10. « Journal de l'Empire », sur Gallica, (consulté le )
  11. Campardon 1970, p. 254.
  12. « Opera Cantatrices », sur www.artlyriquefr.fr (consulté le )
  13. Fabien Pillet, La Nouvelle lorgnette de spectacles, (lire en ligne), p. 9
  14. Pilon 1925.
  15. Jacques-Marie Boutet de Monvel et Dezède, Blaise et Babet, ou la Suite des Trois Fermiers, comédie en deux actes, mêlée d'ariettes, Chez Broulhiet, (lire en ligne)
  16. Jean-François de La Croix, Dictionnaire portatif des femmes célèbres, (lire en ligne)
  17. Livret original: Pierre le Grand, Comédie en Quatre Actes, Et en Prose, melée de Chants, Tours, Legier, 1790 (accessible en ligne comme Google ebook-gratis).
  18. « Le Chêne patriotique ou la matinée du 14 juillet », sur theatre1789-1815.e-monsite.com (consulté le )
  19. Jacques-Marie Boutet de Monvel, Philippe et Georgette , comédie en un acte, mêlée d'ariettes, (lire en ligne)
  20. Nicolas Dalayrac (1753-1809), Adèle et Dorsan, (lire en ligne)
  21. Étienne-Nicolas Méhul (1763-1817), Le jeune Henri, (lire en ligne)
  22. Almanach des muses, chez Delalain l'aîné (lire en ligne)
  23. Jacques Benoît Demautort, Vadé chez lui: comédie en un acte et en vaudevilles, mêlée de scènes du genre grivois, Louis, (lire en ligne)
  24. Charles-Guillaume Étienne, Œuvres de C.-G. Étienne, tome 1, Paris, Firmin-Didot frères, 1846-1853, 544 p. (lire en ligne), p. 219
  25. « Journal des débats et des décrets », sur Gallica, (consulté le )
  26. « Journal des débats et des décrets », sur Gallica, (consulté le )
  27. « L’Antichambre », Le Spectateur du Nord, t. 22,‎ (lire en ligne sur Gallica, consulté le ).
  28. François-Adrien Boïeldieu, « Ma tante Aurore ou le Roman impromptu, opéra bouffon en 2 actes. Paroles de Longchamps. », sur Gallica (consulté le )
  29. Fabien Pillet, « Année théâtrale », sur Gallica, (consulté le )
  30. (OCLC 496558311)
  31. « Journal des débats et des décrets », sur Gallica, (consulté le )
  32. « Un quart-d'heure de silence », sur theatre1789-1815.e-monsite.com (consulté le )
  33. « Journal de l'Empire », sur Gallica, (consulté le )
  34. « Journal de l'Empire », sur Gallica, (consulté le )
  35. Pierre-David Lemazurier et Fabien Pillet, « L'Opinion du parterre, ou Censure des acteurs, auteurs et spectateurs du Théatre français », sur Gallica, (consulté le )
  36. Gaugiran-Nanteuil, Le charme de la voix : Opéra-comique en un acte, Paris, Barba, (lire en ligne), p. 2

Bibliographie

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  • Émile Campardon, Les Comédiens du roi de la troupe italienne pendant les deux derniers siècles : Documents inédits recueillis aux Archives Nationales, vol. I, Genève, Slatkine Reprints, (1re éd. 1880) (lire en ligne), Gontier
  • François-Joseph Fétis, Biographie universelle des musiciens et bibliographie générale de la musique, t. 4, Bruxelles, 1837-1844, 504 p. (lire en ligne sur Gallica), p. 371
  • Philippe Le Bas, L'Univers. France : dictionnaire encyclopédique, t. 9, Paris, 1840-1845 (lire en ligne sur Gallica), p. 13.
  • Marie Escudier et Léon Escudier, Vie et aventures des cantatrices célèbres, Paris, , 380 p. (lire en ligne sur Gallica), p. 115-118.
  • Henry Lyonnet, Dictionnaire des comédiens français, ceux d'hier, t. 2. E-Z, Genève (lire en ligne sur Gallica), p. 146.
  • Edmond Pilon, « L'Estelle de Florian, Madame Gonthier », Revue des deux mondes, vol. 26, no 4,‎ , p. 907-929 (lire en ligne sur Gallica, consulté le ).
  • Edmond Pilon, Amours mortes. Belles Amours. Un poète de Marie Stuart: M. de Maisonfleur. Maucroix et la marquise de Brosses. Au pays de Louise de La Vallière. L'"Estelle" de Florian : Madame Gonthier. Une figure d'Alsace : la baronne d'Oberkirch. Ondine Valmore, Paris, Impr.-libr.-éditeurs Plon-Nourrit et Cie, 8, rue Garancière (VIe), .

Liens externes

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