Madeleine Deries

historienne française

Madeleine Deries, née le à Saint-Lô (Manche)[1], morte le à Paris (17e arrondissement)[2], est une enseignante et une historienne française.

Madeleine Deries
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nationalité
Formation
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Père
Léon Deries (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Plaque commémorative.

En 1923, elle soutient à l'université de Paris une thèse de lettres spécialisée en histoire, devenant la première femme française à obtenir le titre de docteur ès-lettres.

Biographie

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Naissance et enfance

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Madeleine Marie Léonie Deries est issue d'une famille d'enseignants[3].

Son père, Léon Deries, né en 1859 à Angers, mort en 1933 à Saint-Lô, est un enseignant et un inspecteur d'académie[4]. Il effectue ses études secondaires au lycée David-d'Angers à Angers. En 1889, il est reçu, le sixième, à l'agrégation de philosophie[5]. En 1900, il reçoit le prix Montyon pour L'École buissonnière. En 1923, il est élevé au grade d'officier de la Légion d'honneur[6].

Études

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Madeleine Deries effectue ses études primaires à l'école communale de Saint-Lô où elle fait « d'excellentes études ». En l'absence de collège pour jeunes filles, elle est instruite à domicile par son père. En 1916, elle est reçue au baccalauréat[3].

En 1918, Madeleine Deries est reçue à la licence ès-lettres à l'université de Caen. En 1922, elle est reçue docteur ès-lettres après avoir soutenue, à l'université de Paris, la thèse principale Le District de Saint-Lô pendant la Révolution 1787-An IV et la thèse secondaire L'École centrale du département de la Manche. An IV-An XI[7].

Madeleine Deries est la première femme française à obtenir le titre de docteur ès-lettres. L'historien Yves Marion mentionne qu'elle est la seule femme à soutenir une thèse de lettres sur un total de quarante-huit candidats en 1922[3].

Vie privée

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En 1918, Madeleine Deries, alors enseignante au collège Sévigné de Roubaix, épouse, à Saint-Lô, Jean Dupuis ; né en 1897 à Braine (Aisne), mort en 1976 à Laon[8] ; durant la Grande Guerre, il est mobilisé au sein du 54e régiment d'infanterie[9]. En 1922, le couple divorce civilement et religieusement[10].

En 1923, Madeleine Deries épouse, en deuxièmes noces, à Paris (14e arrondissement), Arthur Gendron[11], né en 1890 à Tours[12], mort à Paris (19e arrondissement) en 1961[13]. Durant la Grande Guerre, il est mobilisé au 90e régiment d'infanterie ; le 3 décembre 1914, il est fait prisonnier et détenu à Grafenwöhr (Allemagne, land de Bavière) jusqu'à la fin de la guerre[14],[15].

Décès

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Madeleine Deries est atteinte du diabète de type 1[4]. Le 19 janvier 1924, elle meurt à son domicile, 17 rue des Fêtes à Paris (17e arrondissement)[2]. Elle est inhumée à Saint-Lô, dans le caveau familial[10].

Travaux

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  • L'École centrale du département de la Manche. An IV-An XI. Thèse présentée pour le doctorat ès lettres devant la Faculté des lettres de l'Université de Paris (1922)[16],[4].
  • Le District de Saint-Lô pendant la Révolution 1787-An IV. Thèse présentée pour le doctorat ès lettres devant la Faculté des lettres de l'Université de Paris (1922)[16],[4].

Sa thèse, soutenue en 1923, était une thèse de doctorat es lettres avec spécialisation en histoire[4]. Le doctorat en histoire n'existait pas encore[10].

Première femme docteure ès lettres en France

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Bien qu'elle ait été la première femme docteure ès lettres en France, sa mémoire s'est perdue pendant des décennies[4],[17].

Hommages

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En 2018, son nom a été proposé parmi trois pour la nouvelle école de Saint-Lô, mais Samuel-Beckett l'a emporté[18].

Le nom de la Bibliothèque historique Madeleine Deries, à Caen, lui rend hommage[19].

En , il y a le projet qu'une rue de Caen porte son nom, près d'une place où elle a vécu[20].

Biographie

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  • Yves Marion (préf. Rebecca Rogers), Madeleine Deries, 1895-1924, première docteure "ès histoire" : itinéraire d'une étudiante au début du XXe siècle, Caen, Presses universitaires de Caen, coll. « Quaestiones », , 351 p. (ISBN 978-2-84133-846-7)[16],[17].

Notes et références

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  1. Archives départementales de la Manche, « État civil de Saint-Lô, registre des naissances de 1895, vue 38 / 165, 5 Mi 1889 » Accès libre, sur https://www.archives-manche.fr (consulté le )
  2. 1 2 Archives de Paris, « État civil du 19e arrondissement, registre des décès du 1er au 21 janvier 1924, acte n°192, vue 20 / 31, 19D 235 » Accès libre, sur https://archives.paris.fr (consulté le )
  3. 1 2 3 Julien Molla, « Madeleine Deries, intellectuelle saint-loise oubliée » Accès libre, sur https://www.ouest-france.fr, Ouest-France, (consulté le )
  4. 1 2 3 4 5 6 Chloé Leprince, « Il paraît que les femmes ont une histoire (mais pas depuis longtemps) » Accès libre, sur https://www.radiofrance.fr, (consulté le )
  5. André Chervel, « Les agrégés de l'enseignement secondaire. Répertoire 1809-1960 » Accès libre, sur https://rhe.ish-lyon.cnrs.fr, (consulté le )
  6. Base Léonore, « Dossier DERIES Amand Jean Léon, notice n°c-211661 » Accès libre, sur https://www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr (consulté le )
  7. Françoise Huguet, « Les thèses de doctorat ès lettres soutenues en France de la fin du XVIIIe siècle à 1940 » Accès libre, sur https://rhe.ish-lyon.cnrs.fr, (consulté le )
  8. Archives départementales de l'Aisne, « État civil de Braine, naissances mariages et décès de 1897, acte n°44, vue 28 / 380, 1 E 1/47 » Accès libre, sur https://archives.aisne.fr (consulté le )
  9. Archives départementales de l'Oise, « Registre des matricules militaires, bureau de recrutement de Compiègne, classe 1917, matricule n°1616, 1RP 1057 » Accès libre, sur https://ressources.archives.oise.fr (consulté le )
  10. 1 2 3 Julien Molla, « Madeleine Deries, intellectuelle saint-loise oubliée », Ouest-France, (lire en ligne)
  11. Archives de Paris, « État civil du 14e arrondissement, registre des mariages du 4 août au 4 septembre 1923, acte n°1535, vue 21 / 31, 14M 281 » Accès libre, sur https://archives.paris.fr (consulté le )
  12. Archives départementales d'Indre-et-Loire, « État civil de Tours, registre des naissances de 1890, acte n°893, vue 225 / 351, 6NUM8/261/309 » Accès libre, sur https://archives.touraine.fr (consulté le )
  13. Archives de Paris, « État civil du 19e arrondissement, registre des décès du 31 octobre au 31 décembre 1961, acte n°1048, vue 17 / 25, 19D 332 » Accès libre, sur https://archives.paris.fr (consulté le )
  14. Archives départementales d'Indre-et-Loire, « Registre des matricules militaires, bureau de Tours, classe 1910, troisième volume, matricule n°1698, vue 382 / 662, 1R770 » Accès libre, sur https://archives.touraine.fr (consulté le )
  15. Comité international de la Croix-Rouge, « 1914-1918. Prisonniers de la Première Guerre mondiale. Dossier GENDRON Arthur Ovide » Accès libre, sur https://grandeguerre.icrc.org/fr (consulté le )
  16. 1 2 3 « Madeleine Deries (1895-1924) », sur data.bnf.fr (consulté le )
  17. 1 2 « Madeleine Deries (1895-1924), première docteure « ès histoire » : itinéraire d’une étudiante au début du XXe siècle », sur www.unicaen.fr (consulté le )
  18. Émilie Michel, « À Saint-Lô, le Jeu des dames rend hommage aux femmes illustres », Ouest-France, (lire en ligne)
  19. (en) Ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, « Bibliothèque historique Madeleine Deries - Caen », sur Annuaire des bibliothèques de l'enseignement supérieur (consulté le )
  20. Margaux Rousset, « À Caen, des plaques de rues avec des noms de femmes vont faire leur apparition », sur actu.fr, (consulté le )

Annexes

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