Magdalena Andersson
Eva Magdalena Andersson, dite Magdalena Andersson, née le à Uppsala (Uppland), est une économiste et femme d'État suédoise, Première ministre du au .
| Magdalena Andersson | |
Magdalena Andersson en 2026. | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Présidente du Parti social-démocrate suédois des travailleurs | |
| En fonction depuis le (4 ans, 11 mois et 19 jours) |
|
| Élection | |
| Prédécesseur | Stefan Löfven |
| Cheffe de l'opposition au Riksdag | |
| En fonction depuis le (4 ans et 5 jours) |
|
| Premier ministre | Ulf Kristersson |
| Législature | 51e |
| Prédécesseur | Ulf Kristersson |
| Députée au Riksdag | |
| En fonction depuis le (12 ans et 24 jours) |
|
| Élection | 14 septembre 2014 |
| Réélection | 9 septembre 2018 11 septembre 2022 13 septembre 2026 |
| Circonscription | Comté de Stockholm |
| Législature | 49e, 50e, 51e et 52e |
| Groupe politique | SAP |
| Première ministre de Suède | |
| – (10 mois et 18 jours) |
|
| Élection | |
| Monarque | Charles XVI Gustave |
| Gouvernement | Andersson |
| Législature | 50e |
| Coalition | SAP |
| Prédécesseur | Stefan Löfven |
| Successeur | Ulf Kristersson |
| Présidente du Comité monétaire et financier international du FMI | |
| – (1 an et 17 jours) |
|
| Directrice générale | Kristalina Georgieva |
| Prédécesseur | Lesetja Kganyago |
| Successeur | Nadia Calviño |
| Ministre suédoise des Finances | |
| – (7 ans, 1 mois et 27 jours) |
|
| Premier ministre | Stefan Löfven |
| Gouvernement | Löfven |
| Prédécesseur | Anders Borg |
| Successeur | Mikael Damberg |
| Biographie | |
| Nom de naissance | Eva Magdalena Andersson |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Uppsala (Uppland, Suède) |
| Nationalité | Suédoise |
| Parti politique | SAP |
| Diplômée de | École d'économie de Stockholm Université Harvard |
| Profession | Économiste |
|
|
|
| Premiers ministres de Suède | |
| modifier |
|
Membre du Parti social-démocrate suédois des travailleurs (SAP), elle est élue députée lors des élections législatives de 2014. Cette même année, elle est nommée ministre des Finances dans le gouvernement Löfven.
En 2021, elle est élue présidente du SAP puis devient Première ministre. Première femme à exercer cette fonction, elle dirige le gouvernement durant dix mois et demi, avant de démissionner suite à sa défaite aux élections législatives de 2022 face à la coalition de droite.
Cheffe de l'opposition au Riksdag à partir de 2022, Magdalena Andersson est candidate pour reprendre la tête du gouvernement aux élections législatives de 2026.
Formation et début de carrière politique
modifierDans les années 1990, Magdalena Andersson étudie à l'École d'économie de Stockholm puis à l'université Harvard. Elle remporte le titre de championne nationale de natation[1].
Elle travaille dans les services du Premier ministre suédois comme conseillère politique entre 1996[1] et 1998 puis comme directrice de la planification entre 1998 et 2004. Entre 2004 et 2006, elle officie au ministère des Finances, puis, entre 2007 et 2009, travaille comme conseillère de la femme politique Mona Sahlin. De 2009 à 2012, elle est directrice en chef de l'Agence fiscale suédoise.
Ministre des Finances
modifierEn 2014, Magdalena Andersson est nommée ministre des Finances dans le gouvernement du social-démocrate Stefan Löfven[1]. Elle mène à ce poste une politique budgétaire très restrictive[2].
En , elle est élue présidente du comité monétaire et financier du Fonds monétaire international, composé de gouverneurs de banques centrales et de ministres de plusieurs pays, pour un mandat de trois ans[3]. Elle prend ses fonctions le .
Élection à la tête des sociaux-démocrates
modifierEn , alors que le départ du Premier ministre Stefan Löfven est annoncé, le nom de Magdalena Andersson est avancé parmi ceux de ses possibles successeurs à la direction des sociaux-démocrates et, par conséquent, du gouvernement. Plusieurs sections du parti lui apportent leur soutien. Le suivant, elle est officiellement désignée candidate pour le congrès du mois de novembre[4]. Elle est formellement élue par les délégués sociaux-démocrates, réunis en congrès à Göteborg le , et prend ses fonctions le jour même[1]. Elle est la deuxième femme à diriger le parti.
Première ministre de Suède
modifier
Première désignation avortée
modifierLors d'un vote au Riksdag le suivant, Magdalena Andersson est élue Première ministre par 117 voix pour, 174 voix contre et 57 abstentions, une majorité absolue de votes négatifs (soit 175 suffrages) étant requise pour l'empêcher d'accéder au pouvoir[5]. Son entrée en fonction est prévue deux jours plus tard.
Elle obtient de justesse le vote de confiance du Parlement grâce à un accord de la dernière heure avec le Parti de gauche pour augmenter les petites retraites. Néanmoins, elle perd l'appui du Parti du centre, qui s'opposait à cette concession et dont le soutien était nécessaire pour faire adopter son projet de budget. C'est le budget préparé par l’opposition de droite et d'extrême droite qui est adopté[6]. Cette situation conduit les écologistes à quitter la coalition gouvernementale, ceux-ci refusant de gouverner avec ce budget, puis Magdalena Andersson à renoncer au poste de Première ministre avant sa présentation au roi[7].
Seconde désignation et investiture
modifierLe , Magdalena Andersson est réélue Première ministre par 101 voix pour, 173 voix contre et 75 abstentions. Sa prise de fonction, avec la présentation de son équipe gouvernementale au roi Charles XVI Gustave, est programmée le lendemain[8]. Elle est la première femme à accéder à cette fonction en Suède[9].
En , elle est critiquée après l'arrestation d'une femme de ménage qui travaillait illégalement chez elle. L'un des deux travailleurs de l'entreprise de nettoyage avait reçu un ordre d'expulsion. Elle déclare avoir mis fin à tous les contrats avec cette entreprise. Cet incident survient alors que Magdalena Andersson avait fait de la répression de l'économie illégale l'un des axes de son programme[10].
Politique étrangère
modifierDans le contexte de l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022, la politique étrangère est un préoccupation majeure de son début de mandat. En rupture avec la neutralité historique du pays, Magdalena Andersson affirme le soutien de la Suède à l'Ukraine en guerre contre la Russie, puis engage l'intégration de son pays dans l'OTAN, rompant avec la politique de neutralité traditionnelle du pays[11].
Politique d'immigration
modifierEn , après de violentes émeutes qui ont fait plus de 100 blessés parmi les policiers et qui ont choqué de nombreux Suédois, Magdalena Andersson déclare que la Suède n'a pas réussi à intégrer le grand nombre d'immigrants qu'elle a accueillis au cours des deux dernières décennies, ce qui a conduit à des sociétés parallèles et à la violence des gangs. Selon elle, « la ségrégation a été autorisée à aller si loin que nous avons des sociétés parallèles en Suède. Nous vivons dans le même pays mais dans des réalités complètement différentes ». Magdalena Andersson a annoncé qu'elle souhaitait introduire des commissions locales sur la criminalité juvénile où les services sociaux et la police pourraient collaborer. Elle considère que l'intégration a été insuffisante et les ressources consacrées à la police et aux services sociaux « trop faibles »[12].
Les émeutes ont éclaté après que Rasmus Paludan, président du parti politique danois d'extrême droite Ligne dure, a organisé des autodafés du Coran. Pour Andersson, ces émeutes n'étaient pas « une manifestation politique ». « La police a été attaquée avec des pierres et des cocktails Molotov. Ce n'était pas un acte politique, c'était un acte criminel - une attaque contre la démocratie vers laquelle beaucoup ont fui »[13].
Environnement et énergie
modifierEn , Magdalena Andersson donne le feu vert définitif à un projet d'enfouissement à très long terme des déchets nucléaires. Cette décision, complexe politiquement, met fin à un long débat dans le pays[14].
Fin de mandat
modifierLe , à la suite d'élections législatives extrêmement serrées, Magdalena Andersson perd sa majorité et démissionne[15].
Aux élections du 11 septembre 2022, le bloc de droite, grâce au renfort de l'extrême droite, remporte une courte majorité de 176 sièges au Parlement, les Démocrates de Suède devenant la deuxième force politique du pays derrière les sociaux-démocrates[16].
Le , Ulf Kristersson annonce avoir conclu un accord pour former une coalition entre ses Modérés, les Chrétiens-démocrates et Les Libéraux, bénéficiant du soutien sans participation des Démocrates de Suède[17]. Il est élu le trois jours plus tard Premier ministre par le Riksdag, recevant 176 voix pour et 173 contre et devenant le premier chef de l'exécutif suédois à dépendre du soutien d'un parti d'extrême droite[18].
Élections législatives de 2026
modifierMagdalena Andersson est candidate du Parti social-démocrate suédois des travailleurs aux élections législatives de 2026. La campagne électorale est principalement marquée par les thèmes du pouvoir d’achat, de l’éducation et de la santé. Courant 2026, les partis membres de la coalition au pouvoir et le SD s'accordent sur la poursuite de leur alliance en cas de victoire aux élections, avec plus particulièrement l'entrée au gouvernement du SD, qui obtiendrait des ministères. Ce changement mettrait ainsi fin au « cordon sanitaire » jusque là mis en place autour du parti par le reste de la classe politique. La coalition s'engage par ailleurs a organiser en 2030 un référendum sur l'entrée du pays dans la zone euro[19],[20]. Andersson promet, dans la perspective d'une victoire, de « revenir aux racines de la social-démocratie » en mettant un terme à plusieurs décennies de politique migratoire libérale[21]. La gauche suédoise (Parti social-démocrate, Parti de gauche, Les Verts, et Parti du centre) s'est également tournée vers des positions conservatrices en matière d'immigration[22]. Le Parti social-démocrate a ainsi promis une politique d'immigration zéro pendant au moins quinze ans, estimant notamment que l'immigration de masse était incompatible avec le maintien d'un modèle d’État-providence[22].
La potentielle coalition de gauche remporte une victoire de justesse, avec une majorité de seulement 3 sièges, comme la coalition de droite en 2022[23]. Il s'agit néanmoins du pire score électoral pour le Parti social-démocrate depuis l'instauration du suffrage universel masculin en 1911, avec seulement 28,02 % des suffrages exprimés, soit un recul de 2,3 % occasionnant la perte de huit sièges au parlement[24],[25]. Le Premier ministre Ulf Kristersson annonce ainsi sa démission le , et Andersson est chargée de former le nouveau gouvernement par le président du Riksdag Andreas Norlén le lendemain [26]. Après la réélection de Norlén comme président du parlement avec le soutien du Parti de gauche, elle renonce à former le prochain gouvernement, avant d'être de nouveau chargée de cette mission le [27],[28]. Le , elle se présente devant le Riksdag en proposant de former un gouvernement minoritaire constitué uniquement du Parti social--démocrate, et voit sa candidature rejetée par 248 voix contre et 99 voix pour[29].
Vie privée
modifierMagdalena Andersson est mariée avec le professeur d'économie Richard Friberg ; ils ont ensemble deux enfants[1].
Notes et références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Magdalena Andersson (Social Democrat) » (voir la liste des auteurs).
- 1 2 3 4 5 Anne-Françoise Hivert, « Magdalena Andersson, probable future première ministre suédoise », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Les habits neufs de la social-démocratie scandinave », Le Monde.fr, (lire en ligne)
- ↑ « La Suédoise Magdalena Andersson présidera le comité monétaire et financier du FMI », Le Figaro, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Suède. Magdalena Andersson en position pour devenir la première femme à diriger le pays », Ouest France, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Suède : Magdalena Andersson élue première ministre », Le Figaro, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Magdalena Andersson, première femme à devenir première ministre de Suède », Le Monde.fr, (lire en ligne)
- ↑ « Suède : la nouvelle Première ministre contrainte de démissionner le jour même de son élection », sur sudouest.fr, (consulté le ).
- ↑ Agence France-Presse, « En Suède, Magdalena Andersson réélue première ministre cinq jours après sa démission », Le Temps, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Axel Gyldén, « Magdalena Andersson élue en Suède, la fin d'une anomalie en Scandinavie », sur lexpress.fr, (consulté le ).
- ↑ (en) Swedish PM under fire for illegal immigrant cleaner, bbc.com, 10 janvier 2022
- ↑ « Le parti au pouvoir en Suède approuve une candidature à l’Otan », sur L'Obs, (consulté le )
- ↑ (en) Swedish PM says integration of immigrants has failed, fueled gang crime, reuters.com, 28 avril 2022
- ↑ (en) Jon Henley, Sweden’s failed integration creates ‘parallel societies’, says PM after riots, theguardian.com, 28 avril 2022
- ↑ « La Suède, 2e pays au monde à enfouir ses déchets nucléaires « pour 100.000 ans » », sur La Tribune, 2022-01-28cet14:43:00+0100 (consulté le )
- ↑ Le Point magazine, « Suède : la Première ministre reconnaît sa défaite et démissionne », sur Le Point, (consulté le )
- ↑ Anne-Françoise Hivert, « En Suède, la droite devra composer avec l’extrême droite pour gouverner », Le Monde, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Agence France-Presse, « Suède : la droite et l'extrême droite s'allient pour former un nouveau gouvernement », Franceinfo, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Suède : le conservateur Ulf Kristersson élu premier ministre avec l’appui des voix de l’extrême droite », Le Monde, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (sv) Erik Norman, « L och SD överens – här är alla punkter », sur SVT Nyheter, (consulté le )
- ↑ (sv) Emma Åhman, « 15 punkter: Det här är SD och L överens om », sur Expressen, (consulté le )
- ↑ « "Fermer le robinet au moins quinze ans" : en Suède, pourquoi la gauche dit désormais "nej" à l’immigration : Actualités - Orange », sur Orange Actualités,
- 1 2 Axel Gyldén L'Express, « "Fermer le robinet au moins quinze ans" : en Suède, pourquoi la gauche dit désormais "nej" à l’immigration : Actualités - Orange », sur Orange Actualités,
- ↑ « Suède : la gauche remporte de justesse les élections législatives, le premier ministre Ulf Kristersson annonce sa démission », sur Le Figaro, (consulté le )
- ↑ Florian Chaaban et La Rédaction, « Élections en Suède : l'opposition de gauche menée par les Sociaux-démocrates l'emporte, le Premier ministre Ulf Kristersson quitte son poste », sur Touteleurope.eu, (consulté le )
- ↑ « « Une victoire à la Pyrrhus » : en Suède, le centre gauche remporte les législatives de justesse, l'extrême droite recule », sur Les Echos, (consulté le )
- ↑ « Suède : Magdalena Andersson, la cheffe des sociaux-démocrates, chargée de former un gouvernement après sa victoire aux législatives », sur Le Figaro, (consulté le )
- ↑ « En Suède, la leader des sociaux-démocrates Magdalena Andersson renonce à former un gouvernement », sur L'Express, (consulté le )
- ↑ « Suède: Magdalena Andersson à nouveau chargée de former un gouvernement », sur France 24, (consulté le )
- ↑ « Suède: le Parlement rejette la candidature de Magdalena Andersson au poste de Première ministre », sur RFI, .
Liens externes
modifier- Ressource relative à la musique :
- Ressource relative à l'audiovisuel :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :