Magen David Adom

service d'urgence d'Israël

Magen David Adom (de l’hébreu מגן דוד אדום signifiant « Étoile rouge de David ») est une société nationale de la Croix-Rouge, fondée en 1930. Il est le service national d’urgence, de secours et banque nationale du sang en Israël.

Magen David Adom
Histoire
Fondation
Cadre
Zone d'activité
Type
Domaine d'activité
Objectifs
Siège
Or Yehuda (6021805, Israël)Voir et modifier les données sur Wikidata
Pays
Organisation
Volontaires
31 000 (), 41 942 (), 74 520 (), 22 397 (), 17 094 (), 33 000 2025Voir et modifier les données sur Wikidata
Effectif
3 232 employés ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Fondateur
Meshulam Levontin (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Directeur
Eli Bin (d) (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web

Organisation apolitique et areligieuse, le Maguen David Adom agit pour sauver des vies sans distinction d’origine, de religion ou de nationalité.

Ses équipes regroupent des secouristes juifs, arabes palestiniens chrétiens ou musulmans, druzes, bédouins, ainsi que des personnes sans affiliation religieuse, tous unis par les mêmes principes humanitaires.

Histoire

modifier
Avion en bois du MGA à Tel Aviv (1930)

Le Maguen David Adom (sigle : MDA - en hébreu se prononce : MADA) est créé en 1930 à Tel Aviv[1]. par le docteur Meshulam Levontin, le Magen David Adom naît pour fournir une aide médicale d’urgence à la population du Yishouv.

Cinq ans plus tard, après l’ouverture des antennes de Jérusalem et Haïfa, il couvre, la totalité de la Palestine mandataire, fournissant une aide médicale à la population juive et aussi à la Haganah ainsi qu'aux auxiliaires juifs de la police.

Au cours de la période de la Grande révolte arabe de 1936 et des années suivantes, le MDA joue un grand rôle dans les opérations de secours opérées pour les blessés juifs, à la suite des attaques physiques pratiquées par des Palestiniens arabes. Il soigne également les Arabes.

Après l'indépendance d'Israël, proclamée le , la Knesset vote une loi le donnant un statut officiel de service national d’urgences et également de service national de don du sang au sein de l'État juif.

De nos jours

modifier

Le MDA gère tous les appels téléphoniques du 101 (numéro des urgences médicales en Israël). Il est aujourd’hui la plus grande organisation bénévole d’Israël.

Il dispose aussi d'une unité internationale, formée de médecins et d'infirmiers venant de la Diaspora et mobilisables très rapidement.

Ses missions sont :

  • de remplir les fonctions de service national - en se joignant aux corps médicaux militaires de Tsahal en temps de guerre et en se préparant à l’éventualité d’une guerre en temps de paix ;
  • d’effectuer les gestes de premiers soins en tant que service d’urgence ;
  • de maintenir des réserves de sang, de plasma et de leurs produits dérivés à un niveau acceptable ;
  • d’enseigner les gestes de premiers soins et les protocoles de support médical préhospitalier ;
  • de maintenir une infrastructure basée sur ses volontaires, et de former ces derniers aux gestes et soins d’urgence ;
  • d’évacuer des patients, les femmes enceintes et les blessés ;
  • de transporter médecins, infirmiers et personnel médicaux ;
  • d’intervenir lors de catastrophes naturelles et d’y préparer la population ;
  • de rétablir les liens familiaux dus aux séparations de guerre ;
  • de fournir une aide alimentaire et vestimentaire aux personnes démunies.

Le centre de réception et régulation des appels d’aide médicale urgente est national et c’est l’équivalent du SAMU en France.

Organisation et infrastructures

modifier
Un scooter de Magen David Adom dans Jérusalem.

En 2025, le Maguen David Adom compte environ 39 200 bénévoles et salariés, dont 16 500 jeunes volontaires, ainsi qu’environ 18 000 “Gardiens de la vie” engagés dans les missions de secours.

Le MDA exploite 211 stations et points de régulation répartis dans tout le pays et dispose d’une flotte de plus de 2 650 véhicules d’urgence, comprenant notamment 653 motos médicalisées, 296 véhicules d’intervention rapide, 82 véhicules blindés, 5 hélicoptères de soins intensifs, 2 bateaux‑ambulances, ainsi que 3 unités mobiles de commandement.

  • Les ambulances de Premiers secours (anciennent « Lavan » mot hébreu signifiant « blanc ») sont les ambulances de base qui dispensent une aide médicale urgente de base. Ce sont des vans de taille standard de couleur blanche qui répondent à la majorité des appels. Les ambulanciers qui y travaillent sont appelés « Maar » (secouriste), « Chovesh » (infirmier), et « Chovesh Bachir » (infirmier supérieur).
  • Les unités mobiles de soins intensifs (UMSI, en anglais : Mobile Intensive Care Unit, MICU), jaunes, elles sont plus larges et plus hautes que les ambulances de premiers secours et contiennent une pharmacie. Les ambulanciers qui y travaillent comptent aussi dans leurs rangs des « paramedics » (capables de fournir des secours paramédicaux) et des médecins.
  • Les ambulances de don de sang, appelées « Bloodmobile », sont manœuvrées par des techniciens du MDA. Chaque donateur reçoit une carte du MDA lui garantissant une priorité si lui-même, ou un membre de sa famille, devait avoir besoin d’une transfusion.
  • Les ambulances d’équipements pour les situations de traumas multiples sont présentes dans les stations majeures du pays. Elles permettent d’intervenir sur le terrain en ayant à disposition une réserve d’équipement médicaux immédiatement utilisable. Elles servent lors de catastrophes naturelles ou d’attaques terroristes.

L’organisation a également installé 1 908 défibrillateurs publics dans 39 localités[2].

Comme toute Société de Croix-Rouge nationale, le MDA est indépendant de l’État, mais joue un rôle d’auxiliaire des services publics, y compris dans l’armée en temps de guerre où son rôle est de soigner les blessés quel que soit leur camp[3]. C’est une organisation humanitaire reconnue neutre et impartiale par les hautes parties contractantes des Conventions de Genève. En zone de guerre, son personnel et son matériel sont protégés par les Conventions de Genève.

Les sociétés amies du MDA dans le monde

modifier

Les amis français du MDA

Maguen David Adom France est une association loi de 1901 basée à Paris. Elle soutient le MDA Israël par le financement d’ambulances, de scooters médicaux, d’équipements d’urgence et de projets humanitaires. Ses activités incluent l’organisation d’événements caritatifs (galas, concerts, conférences), la formation aux premiers secours et le développement du mécénat.

La gouvernance est assurée par Michel Ktorza (président) et Victor Wintz (directeur général Europe).

Le projet Maguen David Adom Europe

Sous la coordination de MDA France, le réseau MDA Europe regroupe les associations de soutien en France, Monaco, Suisse, Belgique, Luxembourg, Portugal, Italie et Allemagne. Il vise à renforcer la coopération philanthropique, organiser des événements européens de collecte de fonds, favoriser les échanges de jeunes volontaires et promouvoir le secourisme.

La gouvernance européenne comprend Michel Ktorza (président Europe), Victor Wintz (directeur général Europe), Ilan Klein (liaison opérationnelle, MDA Israël) et Nathalie Hazout (événements et mécénat Europe).

American Friends of MDA

AFMDA est l’organisation américaine de soutien au Maguen David Adom, l’un de ses principaux contributeurs internationaux, finançant notamment des ambulances, des infrastructures médicales et des programmes humanitaires.

Direction au MDA en Israël

modifier
Dr. Meshulam Levontin (d. 1957), fondateur du Magen David Adom.
Directeurs générauxVoir et modifier les données sur Wikidata
IdentitéPériodeDurée
DébutFin
Yochanan Gur (d)
( - )
1 an
Amos Luria (d)
( - )
3 ans
Avi Zohar (d)
(né en )
7 ans
Eli Bin (d)
(né en )
En cours21 ans

Relations avec la Croix-Rouge internationale

modifier

Depuis sa création, Maguen David Adom a été longtemps refusé comme membre officiel du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge parce qu’il refusait de remplacer l’étoile de David par l’un des emblèmes décrit dans les Conventions de Genève. De ce fait il n’était pas reconnu par de nombreux pays. Mais en réalité, le Magen David Adom a, dès son origine, adopté les principes de la Croix-Rouge et a été en relation avec le mouvement international. Il a fonctionné sur un pied d’égalité avec les autres Sociétés nationales de la Croix-Rouge.

Timbre commémoratif, 1955

En 1949, lors de l’adoption d’une nouvelle version des Conventions de Genève, la demande israélienne d’ajouter l’étoile de David rouge aux emblèmes reconnus dans les Conventions de Genève est rejetée, à une courte majorité, par les hautes parties contractantes (pays signataires), au motif officiel d’éviter la prolifération de symboles différents — et la confusion qui s’ensuivrait. Pourtant, en 1929, la Turquie et l'Iran avaient réussi à faire inscrire, dans la précédente version des Conventions de Genève, les symboles utilisés par leurs sociétés de secours, respectivement le croissant rouge, et le Lion-et-Soleil rouge (disparu lors de la révolution iranienne au profit du croissant rouge). Cela fut acté par la conférence diplomatique de 1929, à condition de limiter la diversification des emblèmes à ces trois cas afin d’éviter les risques de mauvaises identifications des emblèmes humanitaires et les pertes humaines qui en résulteraient[4]. La délégation d'Israël émit donc une réserve, confirmée lors du dépôt des instruments de ratification le  : «... que, tout en respectant l’inviolabilité des emblèmes et des signes distinctifs de la Convention, Israël se servira du Bouclier Rouge de David comme emblème et signe distinctif du service sanitaire de ses forces armées ». Cette réserve, et la situation de fait qu'elle annonce, fut à son tour dénoncée par deux états : le Liban et par les États-Unis[5].

Malgré ce manque de reconnaissance officielle, le Maguen David Adom a fonctionné de facto comme une société membre de la Croix-Rouge. La coopération s’est accrue dans les faits depuis le milieu des années 1990 : 2,2 millions de dollars ont été dépensés pour renforcer la coopération entre les deux organismes, un accord de 2 ans a été signé en 2004, qui garantissait notamment un soutien accru aux activités de la banque du sang du MDA qui est devenue la plus performante du Moyen-Orient.

Entre 1950 et 1990, d’autres pays, comme l’Inde, le Sri Lanka, l’URSS, le Kazakhstan, le Siam, l’Afghanistan, l’Érythrée ou encore le Zimbabwe ont essuyé le même refus qu'Israël lorsqu’ils ont demandé de pouvoir utiliser des symboles différents ou même une combinaison des deux symboles reconnus. Outre la raison formelle de ce refus qui repose sur les accords de 1929, la Croix-Rouge craignait que ces emblèmes différents ne perdent toute efficacité en termes de protection des humanitaires et des victimes des conflits, car, d'une part, les emblèmes multiples sont moins facilement identifiables, et d'autre part, ils se trouvent étroitement associés à l'une des parties en conflit et perdent ainsi toute valeur de neutralité[5]. C'est pourquoi dès 1992, le président du CICR Cornelio Sommaruga propose l'adoption d'un emblème neutre entièrement nouveau, non religieux, non ethnique et sans aucune connotation politique[6].

L’argument de la prolifération inconsidérée des symboles est interprété par certains comme une prise de position anti-israëlienne, ainsi le docteur Bernadine Healy, présidente de la Croix-Rouge américaine, écrit-elle en dans une lettre à l’International Herald Tribune : « Le fait que le Comité international craigne la prolifération de symboles est une idiotie utilisée depuis des dizaines d’années pour expliquer l’exclusion du Magen David Adom. » Pour la même raison, Cornelio Sommaruga est considéré comme « hostile à Israël[7] ».

« Cristal rouge » pour être accepté par le CICR

modifier
« Cristal rouge » entourant l'étoile de David rouge symbolisant le MDA, tel qu'il a été autorisé pour les opérations d'aide hors d'Israël, en 2005.

L'initiative du président du CICR débouche néanmoins sur une série de propositions faites d'abord au Conseil des Délégués de la Croix-Rouge réuni à Séville en , puis à Genève en 1999 lors de la 27e Conférence internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

Dès , la solution du « cristal rouge » (qui n'a pas encore de nom) est prête à être entérinée par convocation anticipée de la 28e Conférence internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, suivie par une conférence diplomatique à l'invitation du gouvernement suisse[5]. Toutefois, ces réunions sont ajournées en raison de l’éclatement de la Seconde Intifada. C'est finalement le que la conférence internationale des signataires des Conventions de Genève a adopté le « cristal rouge » comme nouvel emblème, ouvrant la voie à la reconnaissance officielle du MDA.

Simultanément, mandaté par le CICR et la Fédération, l’ambassadeur suisse Didier Pfirter a piloté des négociations entre le Magen David Adom et le Croissant-Rouge palestinien, débouchant sur un accord de coopération entre les deux sociétés[5]. Fin 2005, à la suite des efforts des diplomates israéliens et des représentants de la Croix-Rouge américaine, le Comité international de la Croix-Rouge propose un troisième symbole « religieusement neutre » : un diamant ou cristal rouge (Red Crystal). Il est décidé qu'un pays qui ne voulait pas utiliser de croix ou de croissant pouvait utiliser un « cristal » ou un emblème local entouré d'un « cristal » rouge. Ainsi, le Comité international de la Croix-Rouge décide d'accepter l'organisation israélienne dans ses rangs, mais à la condition que l'emblème du Magen David rouge ne reste en usage qu'en Israël, tandis qu'à l'extérieur, il serait enfermé dans un losange rouge.

Le , le Magen David Adom (et le Croissant-Rouge palestinien) sont officiellement admis par la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge en tant que membres de plein droit[1].

L’emblème du MDA, hors du territoire israélien, est désormais l’étoile de David inscrite dans le « cristal rouge », reconnu internationalement depuis 2005, par l’article 2 du Protocole III additionnel aux Conventions de Genève[8]. Il offre une protection en temps de guerre équivalente à l’emblème de la croix rouge (qui est la manifestation visible de la protection accordée par les Conventions de Genève). Il est utilisé pour les opérations du MDA à l’étranger. L’article 3 du IIIe protocole additionnel autorise, sur le territoire israélien, le MDA à utiliser son emblème historique, seul emblème non officiel à ne pas avoir disparu.

Les 7 principes du Maguen David Adom

modifier

Le Maguen David Adom mène sa mission conformément aux 7 principes de la Croix-Rouge :

  • Humanité : le MDA porte secours aux blessés sans discrimination. Il intervient dans un but d’humanité et tend à protéger la vie et la santé de tous. Il attache un point d’honneur à faire respecter la personne humaine.
  • Impartialité : le MDA agit dans le but unique de secourir les personnes en difficulté et subvenir aux détresses les plus urgentes, sans distinction de nationalité, de race, de religion, de condition sociale et d’appartenance physique.
  • Neutralité : le MDA s’abstient de prendre part aux hostilités et aux controverses d’ordre politique, racial, religieux et idéologique, et ce en tous temps, afin de poursuivre sa mission de protection le plus efficacement possible.
  • Indépendance : bien que soumis à la législation israélienne, le MDA est un organisme indépendant. Il conserve une certaine autonomie qui lui permet d’agir en fonction des principes qui le régissent.
  • Volontariat : le MDA est un mouvement de secours volontaire et désintéressé.
  • Unité : il ne peut y avoir qu’une seule société nationale de la Croix-Rouge dans un même pays, qui est ouvert à tous.
  • Universalité : le MDA est une composante du mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge qui est universel, et au sein duquel toutes les sociétés ont des droits égaux et le devoir de s’entraider.

Galerie

modifier

Missions internationales

modifier

Le MDA, le Comité international de la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge palestinien ont signé des accords en 2005. De nombreuses activités, comme la formation, sont partagées. Les deux sociétés agissent de concert pour réaliser leurs missions humanitaires, même en temps de crise.

Lors de missions internationales, le MDA intervient essentiellement dans le domaine médical. Certains de ses membres sont également formés par la Croix-Rouge allemande aux activités humanitaires liées à l’eau et à l’assainissement.

Le service de rétablissement des liens familiaux du Maguen David Adom reçoit également des demandes de divers endroits du monde. Une grande partie de l’activité de « traçage » concerne des familles séparées par la Shoah. Le MDA peut s’appuyer sur de nombreuses institutions dont l’État d’Israël, le Comité international de la Croix-Rouge, le mémorial de Yad Vashem.

Notes et références

modifier
  1. 1 2 (ru) Редакция, « Маген-Давид Адом », sur Электронная еврейская энциклопедия ОРТ (consulté le )
  2. (en) « Every 22 Seconds It Happens: The Numbers Behind MDA in 2025 », sur www.mdais.org (consulté le )
  3. Rappel : l’idée à la base de la Croix-Rouge était d’apporter des soins aux militaires blessés sur le champ de bataille, quel que soit leur camp et en respectant les principes fondamentaux du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.
  4. « Histoire des emblèmes », sur le site du Comité international de la Croix-Rouge (consulté le )
  5. 1 2 3 4 François Bugnion, « CROIX ROUGE, CROISSANT ROUGE, CRISTAL ROUGE », sur le site du Comité international de la Croix-Rouge,
  6. Cornelio Sommaruga, « Unité et pluralité des emblèmes », Revue internationale de la Croix-Rouge, no 796, (lire en ligne)
  7. « Israël bloque, avant son départ, la mission de l'ONU à Jénine », sur le site du journal Le Monde, (consulté le )
  8. « Protocole additionnel aux Conventions de Genève du 12 août 1949 relatif à l’adoption d’un signe distinctif additionnel (Protocole III), 8 décembre 2005 », sur Comité international de la Croix-Rouge, (consulté le ).

Liens externes

modifier