Maguy Marin
Maguy Marin, née à Toulouse le , est une danseuse et chorégraphe française de danse contemporaine.
| Naissance |
Toulouse |
|---|---|
| Activité principale | Chorégraphe et danseuse |
| Style | Danse contemporaine |
| Lieux d'activité | Sainte-Foy-lès-Lyon |
| Années d'activité | Depuis 1973 |
| Formation | conservatoire de Toulouse, École Mudra |
| Enseignement | Nina Vyroubova, Maurice Béjart |
| Récompenses |
Grand Prix du Concours chorégraphique international de Bagnolet 1978 American Dance Festival Award 2003 Bessie Award 2008 Lion d'or de la Biennale de Venise |
| Site internet | http://www.compagnie-maguy-marin.fr |
Biographie
modifierMaguy Marin étudie la danse classique au conservatoire de Toulouse. Elle entre ensuite au ballet de Strasbourg, puis change de direction et rejoint l'École Mudra à sa création en 1970 à Bruxelles. Trois ans de travail intense sont décisifs dans son parcours (« tous mes repères s'effondrent pour laisser apparaître la multitude des choix créatifs, la liberté, la contrainte aussi... Plus rien ne sera comme avant »)[1],[2].
Elle participe ensuite à un groupe de recherche théâtrale, Chandra, qui stoppe assez vite (fin 1974). Elle sera soliste quatre saisons durant pour le Ballet du XXe siècle sous la direction de Maurice Béjart, et tente ses premières expériences de chorégraphie[1].
En 1978, elle est encore à Bruxelles et travaille avec Daniel Ambash ; son activité créatrice prend dès lors son essor, spécialement après son prix obtenu au Concours chorégraphique international de Bagnolet en 1978. Son style se tourne vers un pendant français de la Tanztheater, développée en Allemagne par Pina Bausch, en intégrant de nombreux éléments théâtraux et non dansés dans ses chorégraphies[3],[4]. Elle sera dès lors une des chorégraphes les plus importantes de la Nouvelle danse française, notamment lorsqu'elle connait la reconnaissance internationale avec May B, créée en 1981 au Centre national de danse contemporaine d'Angers[5],[6],[7] d'après l'œuvre de Samuel Beckett. D'abord accueillie de manière parfois hostile, notamment lors de sa présentation aux États-Unis, elle devient progressivement une œuvre majeure de la danse contemporaine et demeure l'une des créations les plus reprises de Maguy Marin[8],[9].
Elle poursuit cette recherche avec des pièces comme Cendrillon, créée en 1985 pour le Ballet de l'Opéra de Lyon, où elle détourne les codes du ballet classique à travers un univers de poupées et de personnages stylisés, jouée plus de 460 fois depuis cette date avec dix distributions différentes[10],[11].
Elle entame en 1987 une longue collaboration avec le musicien-compositeur Denis Mariotte[1].
Dans les années suivantes, son travail accorde une place croissante aux objets, aux décors, à la musique et à la parole. Des œuvres comme Waterzooï, Cortex, Points de fuite et Quoi qu'il en soit prolongent cette recherche d'une danse qui ne se limite plus au mouvement mais cherche à représenter les comportements humains et les rapports entre les individus[12],[1]. Cette évolution atteint une nouvelle étape avec Umwelt, créée en 2004. Sur scène, neuf interprètes apparaissent et disparaissent derrière un dispositif composé de panneaux mobiles et de miroirs, tandis qu'ils reproduisent une succession ininterrompue de gestes et de situations quotidiennes[13],[14].
À partir des années 2000, la dimension politique de son travail devient particulièrement manifeste. Turba, créée en 2007, Description d'un combat en 2009 et Salves en 2010 mettent en scène des groupes confrontés à la violence, à la répétition des comportements et aux mécanismes de domination[15],[16].
Dans les années 2010, elle poursuit cette veine avec Nocturnes, Singspiele, BiT et Les applaudissements ne se mangent pas. Ces créations témoignent d'un travail de plus en plus attentif aux rapports de pouvoir, à la violence sociale et à la place de l'individu dans le collectif[17],[18].
Cette recherche se prolonge avec Ligne de crête, créée en 2018, qui prend pour cadre le monde du travail et la société de consommation. Les six interprètes évoluent dans des espaces délimités et accumulent progressivement des objets jusqu'à l'encombrement du plateau[19],[20].

À la direction du Centre chorégraphique national de Créteil et du Val-de-Marne à partir de 1985 puis au Centre chorégraphique national de Rillieux-la-Pape de 1998 à 2011, elle s'installe dans la ville de Toulouse en 2012, puis en 2015 à Sainte-Foy-lès-Lyon[1],[21].
Maguy Marin est l'une des très rares non Américaines à avoir reçu l'American Dance Festival Award. En 2008, elle reçoit un Bessie Awards à New York pour son spectacle Umwelt présenté au Joyce Theater. L'édition 2012 du Festival d'automne à Paris lui consacre une rétrospective en programmant 6 de ses créations emblématiques dans huit théâtres de Paris et d’Île-de-France[22]. En , la Biennale de Venise lui remet un Lion d'or pour l'ensemble de son parcours artistique[23],[24].
Son fils, David Mambouch, lui a consacré un documentaire sorti en 2019[25].
Engagement militant
modifierEn , Maguy Marin refuse de participer à la saison culturelle croisée France-Israël, qui selon l'objet d'une pétition, qu'elle signe avec d'autres personnalités du monde de la culture, sert de « vitrine » à l'État d'Israël au détriment du peuple palestinien[26].
Spectacles
modifierChorégraphe et conceptrice
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- 1976 : Yu Ku Ri (Bruxelles)
- 1978 : Nieblas de Niño (Concours chorégraphique international de Bagnolet)
- 1979 : Puzzle
- 1979 : Zoo (Villeneuve-lès-Avignon)
- 1979 : La Jeune Fille et la Mort
- 1980 : Ballet de Lyon
- 1981 : May B (Angers)
- 1982 : Babel Babel (Angers)
- 1983 : Jaleo
- 1984 : Hymen (Avignon)
- 1985 : Calambre (Paris)
- 1985 : Cendrillon (Ballet de l'Opéra de Lyon)
- 1986 : Eden (Angers)
- 1987 : Otello (Nancy)
- 1987 : Les Sept Péchés capitaux (Lyon)
- 1987 : Leçons de ténèbres
- 1988 : Coups d'états (Montpellier)
- 1989 : Eh, qu'est-ce que ça m'fait à moi !? (Avignon)
- 1989 : Groosland (Amsterdam)
- 1989 : Boléro
- 1991 : Cortex (Créteil)
- 1992 : Made in France (La Haye)
- 1993 : Coppélia (Ballet de l'Opéra de Lyon)
- 1993 : Waterzooï (Italie)
- 1995 : Ram Dam (Cannes)
- 1995 : Ram
- 1995 : Dam
- 1995 : Soliloque (Paris)
- 1996 : Aujourd'hui peut-être
- 1999 : Pour ainsi dire (Mulhouse)
- 1999 : Vaille que vaille (Mulhouse)
- 1999 : Quoi qu'il en soit (Mulhouse)
- 2001 : Grosse Fugue
- 2001 : Points de fuite (Cannes)
- 2002 : Les applaudissements ne se mangent pas (Villeurbanne)
- 2004 : Ça, quand même (Le Mans)
- 2004 : Umwelt (Décines)
- 2006 : Cap au pire
- 2006 : Ha ! Ha ! (Rillieux-la-Pape)
- 2007 : Turba (Cannes)
- 2009 : Description d'un combat (Festival d'Avignon, Gymnase Aubanel)
- 2010 : Salves (Biennale de la danse de Lyon)
- 2011 : Faces (Ballet de l'Opéra de Lyon)
- 2012 : Nocturnes (Biennale de la danse de Lyon)
- 2014 : BiT (Théâtre Garonne, Toulouse)
- 2014 : Singspiele (Théâtre de la Cité internationale, Paris)
- 2017 : Deux mille dix-sept (Centre culturel André-Malraux, Vandœuvre-lès-Nancy)
- 2018 : Ligne de crête (TNP de Villeurbanne, Biennale de la danse de Lyon)
- 2019 : Octobre à Saint-Denis (Théâtre Gérard-Philipe, Saint-Denis)
- 2021 : Y aller voir de plus près (Théâtre Benoît-XII, Festival d'Avignon)
- 2023 : Avril à Saint-Étienne (CDN La Comédie, Saint-Étienne)
- 2023 : Deux mille vingt-trois (Maison de la danse, Lyon)
Danseuse
modifier- 1972 : Antigone – Rituel pour un rêve mort, chorégraphie Carolyn Carlson
- 1972 : Antigone 2, chorégraphie Micha Van Hoecke
- 1972 : Pas de deux, chorégraphie Micha Van Hoecke
- 1975 : Notre Faust, chorégraphie Maurice Béjart
- 1977 : Héliogabale – ou l'Anarchiste couronné, chorégraphie Maurice Béjart
Publications
modifier- Ça, quand même, avec Denis Mariotte, 2004
- Olivier Neveux, Toucher au nerf : conversation avec Maguy Marin, Montreuil, Éditions théâtrales, coll. « Méthodes », 2023
Filmographie
modifier- Maguy Marin : retour sur Umwelt, film réalisé par Xavier Baert, Cinémathèque de la danse, 2006
- Nocturnes, film de David Mambouch, adaptation cinématographique de la pièce éponyme
- May B, film de David Mambouch, adaptation cinématographique de la pièce éponyme, 2020
- Umwelt, de l'autre côté des miroirs, film de David Mambouch, 2023
Prix et distinctions
modifier- 1978 : Grand Prix du Concours chorégraphique international de Bagnolet
- 2003 : Grand prix de la danse du Syndicat de la critique pour Les applaudissements ne se mangent pas[27]
- 2003 : American Dance Festival Award
- 2006 : Prix spécial du jury du Syndicat de la critique pour Umwelt[27]
- 2008 : Bessie Awards pour Umwelt présenté au Joyce Theater
- 2008 : Grand prix de la danse du Syndicat de la critique pour Turba[27]
- 2011 : Prix Danza & Danza du « meilleur spectacle de danse contemporaine » pour Salves
- 2016 : Lion d'or Biennale de Venise
Annexes
modifierBibliographie
modifier- Claude Bricage et Bernard Noël, Photographies d'une chorégraphie : May B., Paris, Armand Colin, 1993, (ISBN 2-20021-354-9).
- Sabine Prokhoris, Le fil d'Ulysse : retour sur Maguy Marin, Les Presses du réel, 2012, (ISBN 978-2-84066-489-5).
- Théâtre/Public : Maguy Marin, no 226, octobre-décembre 2017.
Filmographie
modifier- Musiques au cœur : Maguy Marin, le pari de la rencontre, émission réalisée par Luc Riolon, une production 24 Images et France 2, 1999.
- Maguy Marin : l'urgence d'agir, film réalisé par David Mambouch en 2019[25],[28].
- Duo d'Eden, film tourné en 35 mm au Maroc, production France 2 Bel Air Media, réalisation Luc Riolon
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 « Une bonne étoile », sur Le Monde, (consulté le )
- ↑ Dominique Frétard, « Maguy Marin : la course de la vie », Le Monde,
- ↑ (en) Fifty contemporary choreographers, Martha Bremser, éditions Routledge, Abingdon, 1999, (ISBN 0-415-10363-0), p. 150-153.
- ↑ « Imagination », sur Larousse, (consulté le )
- ↑ Panorama de la danse contemporaine. 90 chorégraphes, par Rosita Boisseau, Éditions Textuel, Paris, 2006, p. 503 (ISBN 2-84597-188-5).
- ↑ Judith Mackrell, « Maguy Marin's May B review – Beckett's derelicts go searching for cakes and sex », sur The Guardian, (consulté le )
- ↑ (en) « Compagnie Maguy Marin: May B review – an absurdly beautiful dance translation of Samuel Beckett », sur The Guardian, (consulté le )
- ↑ Alexandre Demidoff, « Maguy Marin raconte « May B », chef-d'œuvre qui voit le jour en 1981 et tourne toujours », sur Le Temps, (consulté le )
- ↑ « Carte blanche à Maguy Marin », sur Le Monde, (consulté le )
- ↑ Maguy Marin déchausse Cendrillon par Rosita Boisseau dans Le Monde du 21 décembre 2012.
- ↑ (en) Judith Mackrell, « Cinderella », sur The Guardian, (consulté le )
- ↑ Dominique Frétard, « La bruyante colère de Maguy Marin », sur Le Monde, (consulté le )
- ↑ (en) « Catherine Diverrès/Maguy Marin », sur The Guardian, (consulté le )
- ↑ « Au cœur d'un orage assourdissant, la surenchère répétitive de Maguy Marin », sur Le Monde, (consulté le )
- ↑ Marie-Christine Vernay, « Turba », sur Libération, (consulté le )
- ↑ « La bruyante colère de Maguy Marin », sur Le Monde, (consulté le )
- ↑ Rosita Boisseau, « La magie Maguy », sur Le Monde, (consulté le )
- ↑ « Maguy Marin, une danse qui pense », sur Télérama (consulté le )
- ↑ Emmanuelle Bouchez, « Maguy Marin, pionnière de la nouvelle danse française, renoue avec son sens de l'image », sur Télérama (consulté le )
- ↑ « Lecture écopoétique de deux pièces de Maguy Marin », sur Textes et contextes, (consulté le )
- ↑ « À Rillieux-la-Pape, la chorégraphe Maguy Marin veut réinventer la vie », sur Le Monde, (consulté le )
- ↑ Programme 2012 sur Festival d'automne à Paris.
- ↑ (en) « Recent years », sur La Biennale di Venezia (consulté le )
- ↑ (en) « Biennale Danza 2016 », sur La Biennale di Venezia (consulté le )
- 1 2 Rosita Boisseau et Clarisse Fabre, « Maguy Marin ou l’urgence de danser ensemble », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ Ève Beauvallet, « Appel au boycott de la saison France/Israël: la Batsheva Dance Company sous haute sécurité », Libération, (consulté le ).
- 1 2 3 Palmarès du prix de la critique sur le site du Prix du Syndicat de la critique.
- ↑ Nathalie Chifflet, Lyon mis en scènes, Paris, Espaces & signes, (ISBN 979-10-94176-91-7), p. 67.
Liens externes
modifier- Ressources relatives au spectacle :
- Ressource relative à plusieurs domaines :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Site officiel