Mahieddine Bachtarzi
Mahieddine Bachtarzi (en arabe : محيي الدين بشطارزي), né le dans la Casbah à Alger et mort le à Alger, il est l'un des principaux artisans du théâtre algérien. Il fut aussi chanteur d'opéra (ténor), acteur, auteur de théâtre et directeur du Théâtre national algérien.
| Nom de naissance | Mahieddine Bachtarzi |
|---|---|
| Naissance |
Casbah d'Alger (Algérie) |
| Nationalité |
|
| Décès |
(à 88 ans) Alger (Algérie) |
| Profession | Acteur, musicien |
| Films notables | Sarati, le terrible |
Biographie
Mahieddine Bachtarzi est né le dans la Casbah d'Alger, dans une riche famille d'origine algéro-turque[1].
En 1915, à l’âge de dix-sept ans, Bachtarzi est nommé hazzab (lecteur public du Coran) à la Djamaâ el Djedid d'Alger, sur décision du grand mufti Boukandoura. Bien que les usages interdisent traditionnellement cette fonction avant l’âge de dix-huit ans, une dérogation lui est accordée en raison de la qualité exceptionnelle de sa voix. Invité à se produire devant Abdelhamid Ben Badis, futur dirigeant de l’Association des oulémas musulmans algériens, ainsi que devant de nombreux notables, il est finalement nommé, à vingt et un ans, bache hazzab (maître des lecteurs) du Djamaâ el Djedid[2],[3].
Ensuite, Bachtarzi se tourne vers la musique profane en intégrant El Moutribia, une société musicale dirigée par Edmond Yafil, où il poursuit sa formation en musique Sanâa. En 1919, il est encouragé par le mufti Boukandoura pour enregistrer sa première série de disques de chants religieux chez Gramophone. En 1921, il comptabilise plus de 70 disques enregistrés, ainsi qu'un nombre de concerts donnés aussi bien en Algérie qu'en France, en Italie et en Belgique[2].
À partir de 1923, il assume la direction d’El Moutribia et crée les premières cellules du théâtre algérien, avec des artistes comme Allalou, Rachid Ksentini et Marie Soussan. Bachtarzi s’adresse au public en utilisant l’arabe algérien, transposant sur scène des récits légendaires ou populaires dans un registre comique[2].

Il est surnommé le « Caruso du désert » par la presse française à la suite d’une performance donnée lors de l’inauguration de la Grande Mosquée de Paris en 1926. Trois ans plus tard, en 1929, il devient le 3e Maghrébin membre de la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem)[3], après Edmond Yafil et le Tunisien Mohamed Kadri.
Lors de deux concerts en 1937, il vend plus de 800 exemplaires de son recueil composé de 12 chansons[4]. L'administration coloniale censure ce recueil qui sera interdit par le Journal officiel d'Algérie, par un dahir du sultan du Maroc et par un arrêté beylical, car quatre chansons étant considérées comme subversives : Afic ya benel Djazaïr (Réveille toi ô enfant de l’Algérie), Saoutoul el Djazaïr (La Voix de l'Algérie), Houb erréassa (L'amour des honneurs) et Maarefnache ache men teriq Nakhdou (Nous ne savons pas quel chemin prendre)[4].
Il est un des interprètes les plus connus du genre léger de la chanson francarabe[4]. Il interprète et enregistre la chanson religieuse Ibrahim el-Khalil, qui acquiert une renommée ultérieure, notamment à partir des années 1970, en devenant un incontournable des célébrations de l’Aïd el-Kébir en Algérie, portée par la voix caractéristique de Abdelkrim Dali[5].
Après l'indépendance de l'Algérie, il assume la direction du Conservatoire municipal d'Alger (1966-1974) et rédige ses mémoires parus chez la SNED, en trois volumes[2].
Bachtarzi obtient de nombreuses distinctions honorifiques tout au long de sa vie, telles que les palmes tunisienne (1929) et marocaine (1962), chevalier de l'Ordre du Ouissam alaouite et de commandeur du mérite humain décerné par les autorités suisses pour sa contribution et le rôle qu’il a joué pour faire connaître la culture et la musique algériennes[2].
Il meurt le à Alger, à l'âge de 88 ans. Son pays l'honore, à titre posthume, le , en lui décernant la médaille de l'Ordre du Mérite national[2].
Le théâtre national algérien (TNA) porte son nom[6].
Filmographie
- 1936 : Un de la légion de Christian-Jaque
- 1937 : Sarati, le terrible de André Hugon
- 1938 : La Maison du Maltais de Pierre Chenal
- 1940 : Face au destin de Henri Fescourt
- 1946 : Serenade for Mariam de Norbert Gernolle
- 1948 : Kenzi de Vicky Ivernel
- 1961 : C'est pour demain de Jean Prat (court-métrage)
- 1963 : La parole est au témoin de Jean Faurez
- 1968 : Hassan Terro de Mohammed Lakhdar-Hamina
- 1969 : L'Opium et le Bâton d'Ahmed Rachedi : L'un des sages de l'assemblée du village
Référencement
Notes et références
- ↑ Bencheneb, Rachid (1971), "Les mémoires de Mahieddine Bachtarzi ou vingt ans de théâtre algérien", Revue de l'Occident musulman et de la Méditerranée, p. 15.
- 1 2 3 4 5 6 Waïl Labassi, « Mahieddine Bachtarzi (1897-1986) », sur yafil.free.fr, (consulté le )
- 1 2 (en) Phil DeVries, Mahieddine Bachetarzi, Music, Theater, and Salafist Nationalism in Interwar Algeria (1919–1939), East Tennessee State University, , 176 p. (lire en ligne).
- 1 2 3 Hadj Miliani, « Variations linguistiques et formulations thématiques dans la chanson algérienne au cours du xxe siècle : Un parcours », dans Trames de langues : Usages et métissages linguistiques dans l’histoire du Maghreb, Institut de recherche sur le Maghreb contemporain, coll. « Connaissance du Maghreb », (ISBN 978-2-8218-7413-8, lire en ligne), p. 423–438
- ↑ Youcef Djedi, « Le corpus de poésie dite « populaire » comme matériau de recherche pour les sciences humaines et sociales », L’Année du Maghreb, no 14, , p. 69–81 (ISSN 1952-8108, DOI 10.4000/anneemaghreb.2659, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Le Théâtre National Algérien Mahieddine Bachtarzi à Alger-Centre en Algérie », sur www.alger-city.com (consulté le )
Bibliographie
- Mahieddine Bachtarzi, Mémoires (1919-1939) : suivis d'Étude sur le théâtre dans les pays islamiques, vol. 1, Alger, Société nationale d'édition et de diffusion,
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
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