Maison des Marmousets
La maison des Marmousets[1] est une maison française du XVIe siècle située à Ploërmel, dans le département du Morbihan (Bretagne).
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Situation
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L'hôtel est situé au no 7 de la rue Beaumanoir[1].
Histoire
modifierLa maison est construite en 1586[1] pour Jean Caro[2].
La maison est classée au titre des monuments historiques par arrêté du [1].
Polémiques autour de la maison des Marmousets
modifierAvant la Seconde Guerre mondiale, la façade sur rue avait été entièrement recouverte d’un enduit qui dissimulait la quasi-totalité du pan de bois. Les fenêtres ainsi que les impostes du rez-de-chaussée étaient, quant à elles, masquées par des panneaux de bois. Une lettre datée du 11 avril 1930 nous apprend d’ailleurs que ces panneaux étaient en place « depuis fort longtemps [3]».
En 1972, les sculptures des façades furent à leur tour recouvertes de plaques de fer-blanc, pour une raison pour le moins surprenante. Le propriétaire de l’époque avait en effet acquis la maison dans le but de la démolir, afin de récupérer sa façade et de la vendre. Les plaques de fer-blanc avaient ainsi été installées pour protéger les sculptures dans la perspective de cette vente. Il envisageait également de démonter les cheminées afin de les réédifier dans la construction neuve qu’il projetait d’élever à l’emplacement de la maison des Marmousets[3].
Fort heureusement, la demande de classement aux Monuments historiquesdéposée le 20 octobre 1926 avait été acceptée. La maison était ainsi classée depuis le 12 avril 1927. Ce classement empêcha son propriétaire de procéder à sa démolition, malgré une offre pécuniaire destinée à permettre la récupération de la façade. À la suite de ce litige, le propriétaire décida finalement de revendre la maison. Les fameuses plaques de fer furent retirées le 8 avril 1930[3].
La ville de Ploërmel, de son côté, ne souhaitait pas faire directement l’acquisition de la maison, mais proposait simplement de participer aux frais nécessaires à sa réparation. Une délibération du conseil municipal datant de 1931 indiquait pourtant que la commune acceptait, en principe, d’acquérir l’édifice. Quelques mois plus tard, au cours de la même année, l’État proposa à la ville de lui apporter son concours financier pour la restauration de la bâtisse. Finalement, la municipalité se déchargea de cette responsabilité et la maison demeura vacante pendant plusieurs années. Elle fut ensuite rachetée par un particulier qui, confronté à l’ampleur et au coût des travaux, finit à son tour par abandonner le projet[3].
L’immeuble fut enfin au cœur d’une dernière polémique à la suite des bombardements de 1944. La toiture fut fortement ébranlée, les menuiseries ainsi que les portes extérieures furent soufflées et le grenier devint impraticable. D’après un rapport daté du 14 juin 1944, les pans de bois de la façade étaient toutefois restés en place[3].
À la suite du sinistre, la municipalité, soutenue par les propriétaires de la rue membres de l’association des sinistrés, profita de la situation pour demander la destruction de la maison afin d’élargir la rue Beaumanoir de six mètres. Celle-ci ne mesurait alors que 2,24 mètres de largeur, conformément au plan d’alignement approuvé en 1940. Il fut même proposé de démonter la maison afin de la reconstruire sur un nouvel emplacement[3].
Cette initiative se heurta cependant au refus catégorique de l’architecte en chef des Monuments historiques chargé du dossier. Dans une lettre datée de 1945, celui-ci affirmait « qu’il ne saurait être question de laisser démolir ou déplacer ce vieil immeuble si pittoresque ». La maison finit ainsi par être sauvée et fit, par la suite, l’objet de plusieurs campagnes de restauration[3].
Les restaurations d’après-guerre
modifierLes travaux de restauration portèrent principalement sur la maçonnerie, la charpente et la couverture. Divers travaux de reprise furent effectués sur la façade. Dans un premier temps, certaines maçonneries anciennes furent démolies puis reconstruites, avant de recevoir des enduits et des badigeons au lait de chaux. Un remplissage en briques creuses fut également réalisé entre les pans de bois, puis recouvert d’un enduit au mortier de chaux. Une chape en ciment armé fut coulée sur le rampant du mur nord, tandis que le pignon est fut rejointoyé au mortier de ciment[3].
La charpente semble, quant à elle, avoir été en grande partie démolie. Deux pannes, quatre sablières, deux poteaux, plusieurs cales ainsi que trois pièces du pan de bois furent remplacés par des éléments en chêne. Certaines pièces du pan de bois furent également réparées, consolidées puis huilées à l’huile de lin cuite. Les écharpes furent resserrées et rechevillées afin de renforcer la structure[3].
Concernant la couverture, les anciennes ardoises d’Angers ainsi que les ardoises de remploi furent déposées. Plusieurs chevrons furent remplacés, la couverture fut prolongée sur le mur pignon et de nouvelles voliges furent mises en place. La porte d’entrée ainsi que ses ferrures furent également remplacées[3].
Une lettre de l’administration des Beaux-Arts, datée du 18 octobre 1937, confirme que ces travaux avaient bien été exécutés. Elle souligne toutefois que les transformations apportées à l’édifice étaient particulièrement préjudiciables à son caractère historique. D’après ce courrier, la façade aurait été profondément transformée, au point d’en être devenue méconnaissable. Elle aurait ainsi reçu un caractère qu’elle n’avait jamais possédé, en contradiction avec la vérité historique[3].
L’immeuble demeura ensuite en vente pendant plusieurs années, sans sembler susciter l’intérêt des acquéreurs. Ce faible engouement s’expliquait notamment par l’ampleur des travaux nécessaires à son entretien, mais aussi par leur coût particulièrement élevé. Quant à la mairie, elle s’était définitivement déchargée de cette responsabilité depuis 1931, laissant désormais aux particuliers le soin — et la lourde charge — de prendre en main l’avenir de la maison des Marmousets[3].
La maison devient une crêperie au début du XXIe siècle[4]. Elle bénéficie d'une campagne de restauration en 2017-2018[4].
Architecture actuelle
modifierLa façade de la maison est bâtie en pans de bois[1], selon le style Renaissance de l'époque[1]. Elle est décorée de nombreuses sculptures de personnages, qui donnent son surnom de « marmousets » à la maison[1] : personnages sortant de gaines sur les montants du rez-de-chaussée[1], personnage entier et deux personnages superposés de chaque côté de l'entrée[1], petits personnages sur les montants du premier étage[1]. Hors ces personnages, l'ensemble des pièces de bois sont sculptées : modillons, consoles, sablières, traverses portent oves, rais, cœurs et feuilles d'acanthe[1].
- Détail des sculptures en façade
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 « Maison dite des Marmousets », notice no PA00091510, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
- ↑ « Ploërmel », sur Infobretagne (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 Judith Vollmer, La ville close de Ploërmel : formation et étude de l'habitat urbain, Université de Rennes 2 Haute Bretagne,
- 1 2 « Tourisme à Ploërmel. La Maison des Marmousets dévoile son nouveau visage », sur Actu.fr, (consulté le )