Maison du Peuple (Châteauroux)
La Maison du Peuple est un monument situé au numéro 15 de la rue de la République Châteauroux dans l'Indre. Il est plus communément appelé le "Centre social" ou la "Salle Racine".
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Il est le premier édifice de ce type à avoir été conçu en France pour unifier au sein d'un même programme architectural la santé, l'éducation et les loisirs.
Histoire
modifierLe projet apparu dès 1934 et validé par le conseil municipal le 2 août 1935, visait à offrir à la population ouvrière un lieu de vie sain et moderne, répondant à l'idéal du Front populaire de forger un « homme nouveau », physiquement et intellectuellement équilibré. La municipalité souhaitait ainsi centraliser des services alors dispersés dans la ville pour créer un véritable pôle de progrès social.
Après un concours d'idées réunissant onze participants, le projet de l'architecte castelroussin Jacques Barge fut voté à l'unanimité en décembre 1935. Le chantier débuta officiellement avec la pose de la première pierre le 7 juin 1936.
Ainsi sont inaugurés le 24 octobre 1937 par le président du Conseil Camille Chautemps, les deux premiers corps de bâtiment constuits en symétrie l’un par rapport à l’autre. Le premier, longeant la rue de la République, est affecté à l’enseignement technique et professionnel. Au rez-de-chaussée les cours de coiffure, de commerce, de dessin industriel et d’ornement, au premier étage les cours de couture et les bureaux de la Chambre de Métiers au second niveau. La seconde aile en parallèle de la première, accueillait les services de la Caisse départementale des Assurances Sociales, différents services d’hygiènes (centre de consultation prénatale, service de vaccination et de radioscopie, dispensaires...) un Bureau de Bienfaisance ou encore des colonies de vacances.

Le 10 janvier 1939, l'architecte écrivait un rapport sur la nécessité d'achever les travaux. Les raisons exigeant leur continuité sont encore plus impératives que lors de la présentation du précédent rapport. Les murs extérieurs, qui, une fois l'ensemble achevé, ne seront que des cloisons, ont été réalisés comme des cloisons et non comme des murs, sans enduit vers l'extérieur dans l'attente des dallages de la partie centrale, puisqu'il était convenu que les constructions de chaque tranche se suivraient régulièrement. L’édifice est enfin complété en 1939 avec la construction entre les deux ailes du dernier corps de bâtiment doté d’une salle des fêtes au rez-de-chaussée, transformée en salle de spectacle en 1955 (Salle Racine), et d’une bibliothèque dans les étages.
Aussi, un centre d’éducation physique qui devait comporter une piscine, était aussi prévu au sous-sol. En raison de financements insuffisants dus à la guerre, le projet du centre sportif sera avorté.

En 1967, la coupole qui se trouvait du côté actuel de la médiathèque (inexistante encore à cette époque) à été rebouchée dans le cadre de l'agrandissement de la scène. Le centre universitaire s'y installe en 1987. En 1994 le parvis coté médiathèque sera changé pour avoir sa forme actuelle lors de la construction de la médiathèque. Il sera dessiné par son architecte, Jean-Louis Godivier. Et en 1995 la bibliothèque municipale sera déplacée dans la médiathèque tout juste sortie de terre. Le 22 décembre 1998, Monique Barge, architecte et fille de Jacques Barge dépose le permis de construire visant a créer deux salles de cours sous le balcon de la salle racine, chantier achevé le 18 juin 1999.
Le bâtiment sera inscrit dans sa totalité à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques le 28 juin 2001[1].
La mission locale des jeunes était présente au RDC de l'aile République jusqu'en 2015.
- Le centre social en 2026
Description
modifierComposition d'ensemble et façades
modifierL’édifice s’organise selon un plan en « U » massif autour d’un corps de bâtiment central surélevé qui abrite la salle de spectacle. Les deux ailes latérales, traitées de manière plus basse, encadrent une cour d'honneur originellement ouverte sur la ville.
Les façades sont rythmées par une alternance rigoureuse de pleins et de vides. L'architecte joue sur la verticalité des baies vitrées grillagées, qui montent sur plusieurs niveaux, pour compenser l'horizontalité générale des ailes. Le traitement de surface est sobre : un enduit clair recouvre l'ossature en béton, soulignant la pureté des lignes géométriques. Les toitures sont traitées en terrasses, un choix technique typique du mouvement moderne permettant une circulation de l'air et une lumière optimale.


Organisation intérieure et distribution
modifierLa distribution intérieure répond à une logique de séparation des flux et des fonctions, tout en maintenant une unité structurelle :
- Le rez-de-chaussée : Conçu pour l'accueil du public, il abritait les services de santé (aile Rabelais) et les ateliers de formation professionnelle (aile République). Le hall d'entrée principal se caractérise par ses volumes spacieux.
- La Salle Racine (Corps central) : Pièce maîtresse de l'édifice, cette salle de spectacle de 1 400m² a été conçue comme un espace polyvalent. Elle se distingue par son acoustique étudiée et sa configuration originelle offrant une visibilité optimale grâce à son balcon.
- Les étages supérieurs : On y trouvait la bibliothèque, située au dernier niveau du corps central pour bénéficier d'un éclairage zénithal constant grâce à des pavés de verre, ainsi que des bureaux administratifs et des salles de cours.
- Le sous-sol « sportif » : Bien que les équipements spécifiques (piscine de 25 mètres, ring de boxe) n'aient jamais été achevés selon les plans initiaux de 1936, le volume du sous-sol témoigne de l'ambition hygiéniste du projet. Les structures en béton y sont restées brutes, servant par la suite de zones de stockage.
Éléments patrimoniaux et décors
modifierMalgré son caractère fonctionnel, le Centre Racine recèle des éléments de second œuvre d'une grande valeur artistique : les verreries de René Lalique, situées au premier étage dans le hall d'honneur, ces deux vantaux en fer forgé et dalles de verre moulé-pressé constituent l'élément décoratif le plus précieux. Ils représentent des motifs allégoriques du travail (souffleur de verre, potier, tisserand), créant un lien entre l'art verrier et la formation professionnelle dispensée dans le centre[2].
Notes et références
modifier- ↑ « Centre social (maison du Peuple) », notice no PA36000009, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
- ↑ ETUDE HISTORIQUE DU CENTRE CULTUREL RACINE A CHÂTEAUROUX, Châteauroux Métropole, , 76 p. (lire en ligne), p. 1-76