Mérion empereur
Malurus cyanocephalus
| Règne | Animalia |
|---|---|
| Embranchement | Chordata |
| Classe | Aves |
| Ordre | Passeriformes |
| Famille | Maluridae |
| Genre | Malurus |
Le Mérion empereur (Malurus cyanocephalus) est une espèce de passereaux de la famille des Maluridae appartenant au genre Malurus. Cette espèce est endémique de l'île de Nouvelle-Guinée, ou on la retrouve dans les forêts montagneuses des zones tropicales et subtropicales. Il s'agit d'une espèce classée par l'Union internationale pour la conservation de la nature comme étant de préoccupation mineure.
Taxonomie
modifierLe Mérion empereur a été décrit pour la première fois par Jean René Constant Quoy et Joseph Paul Gaimard en 1830, à partir de spécimens collectés par eux en 1827 dans le nord-ouest de la Nouvelle-Guinée lors d'un voyage de Jules Dumont d'Urville à bord de l'Astrolabe[1]. Les ayant confondus avec des oiseaux du genre Todus, ils ont décrit l'espèce sous le nom de Todus cyanocephalus[1]. En 1854, Charles Lucien Bonaparte a reconnu qu'il ne s'agissait pas d'un Todus et a créé le genre Todopsis, faisant du Mérion empereur son espèce type[1]. En 1859, George Robert Gray a décrit Todopsis bonapartii comme une espèce distincte à partir de spécimens provenant des îles Aru, tandis qu'Adolf Bernhard Meyer a décrit Todopsis mysorensis à partir de spécimens de Biak en 1874[1]. Cependant, Lionel Walter Rothschild et Ernst Hartert les ont classés comme sous-espèces de T. cyanocephalus, ajoutant T. c. dohertyi comme quatrième sous-espèce, originaire du nord de la Nouvelle-Guinée, en raison de différences de coloration chez les femelles[1]. En 1982, Richard Schodde a déplacé le Mérion empereur du genre Todopsis vers le genre Malurus et a inclus T. c. dohertyi au sein de l'espèce M. cyanocephalus[1].
Le nom générique Malurus provient du grec malos (doux) et oura (queue), tandis que l'épithète spécifique vient du grec kuanos (bleu foncé) et kephalos (à tête)[2]. On l'appelle aussi Mérion bleu, Mérion impérial ou encore Mérion bleu de Nouvelle-Guinée[2].
Le Mérion empereur est l'une des 11 espèces du genre Malurus[3]. Au sein de ce genre, il est considéré comme plus proche des Troglodytidae[3]. Comme les autres Mérions, le Mérion empereur n'appartient pas à la famille des Troglodytidae[3]. Les Mérions étaient auparavant classés dans les familles des Muscicapidae et des Sylviidae avant d'être intégrés à la famille nouvellement créée des Maluridae en 1975[3]. Les preuves ADN ont montré que les Maluridae sont plus étroitement apparentés aux Meliphagidae et aux Pardalotidae dans la super-famille des Meliphagoidea[4],[5].
Description
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Le Mérion empereur est une espèce de passereau de petite taille, d'une longueur avec la queue de 12,5 à 16 cm faisant pour cette famille d'oiseau l'un des plus grand de Nouvelle-Guinée, il est plus grand que son cousin membre du même genre et habitant aussi la Nouvelle-Guinée le Mérion à épaulettes mais en moyenne plus petit que le Mérion à tête rousse[6]. Le mâle a la calotte bleu clair métallique, le haut du dos, les scapulaires et les sus-caudales bleu turquoise foncé, le bas du dos bleu-noir, les ailes et la queue noires teintées de bleu, le front, les lores et les côtés de la tête noirs (sans aigrettes), la gorge et le ventre bleu marine foncé, la poitrine plus foncée[6]. L'iris est brun foncé, le bec noir, les pattes et les pieds gris-brun à bruns[6]. La femelle a le même motif sur la tête que le mâle, mais plus terne, le dos châtain, la queue noire à pointes blanches, la gorge bleu foncé nettement délimitée de la poitrine et du ventre blancs, les ailes châtain foncé bordées de gris[6]. Les immatures ressemblent aux femelles, mais leur face est sombre et leur ventre entièrement blanc[6]. C'est l'une des espèces les plus remarquables de la famille, présentant un dimorphisme sexuel marqué[6].
- Mâle Malurus cyanocephalus vu de dessus dans les collections du Centre de biodiversité Naturalis.
- Mâle Malurus cyanocephalus vu de dessous.
- Femelle Malurus cyanocephalus vu de dessus.
- Femelle Malurus cyanocephalus vu de dessous.
Sous-espèces
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Trois sous-espèces de Mérion empereur sont reconnues[7]:
- M. c. cyanocephalus (Quoy & Gaimard, 1830) : Il s’agit de la sous-espèce nominale, présente dans le nord-ouest et le nord de la Nouvelle-Guinée.
- M. c. mysorensis (Meyer, AB, 1874) : Initialement décrite comme une espèce distincte du genre Todopsis, elle se rencontre sur l’île de Biak (au large du nord-ouest de la Nouvelle-Guinée). Sa calotte est généralement légèrement plus claire que celle de la sous-espèce nominale.
- M. c. bonapartii (Gray, GR, 1859) : Initialement décrite comme une espèce distincte du genre Todopsis, elle se rencontre dans le sud de la Nouvelle-Guinée et sur les îles Aru. Sa coloration est légèrement plus foncée que celle des deux autres sous-espèces, c'est la sous-espèce qui a la répartition la plus importante des trois sous-espèces.
Répartition et habitat
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On retrouve cette espèce de la péninsule de Doberai dans les forêts pluviales d'altitude du Vogelkop, golfe de Cenderawasih jusqu'à la Région Papouasie et le long de la Ramu ainsi que les îles d'Aru, Waigeo et de Biak[6],[8],[9],[10]. En revanche l'espèce est absente de la péninsule de Huon ou il y a eu cependant quelques observations et de la Chaîne Centrale[6],[8],[9],[10]. On l'observe dans les fourrés et les zones de végétation secondaire dense en lisière de forêt, les jardins envahis par la végétation le long des sentiers et des cours d'eau, les forêts galeries et les mangroves, à partir du niveau de la mer (760 m), principalement en plaine[6]. Ils vivent généralement en couples ou en petits groupes (présumés familiaux) de 4 à 5 individus[6].
Alimentation
modifierLe Mérion empereur se nourrit principalement d'arthropodes[11]. Il consomme des coléoptères, des punaises, des papillons de nuit, des sauterelles et des araignées[11]. La recherche de nourriture se fait en groupes familiaux bruyants, les insectes étant dénichés sur les feuilles, les palmes et les branches à moins d'un mètre du sol[11].
Chant
modifierReproduction
modifierOn connaît peu de choses sur les habitudes de reproduction du mérion empereur, mais comme des juvéniles ont été observés de mars à décembre, il se reproduit probablement toute l'année[11]. Socialement monogames, ils sont cependant sexuellement polygames et restent en couple toute l'année[11]. C'est une espèce à reproduction coopérative : des aides, le plus souvent d'anciens poussins, vivent en couples ou en petits groupes pour aider à élever les jeunes[11].
Le seul nid observé avait la forme d'une calebasse avec une entrée latérale[11]. Il était placé à 1 mètre du sol dans un buisson et contenait quatre oisillons. Le nid était fait de lanières de fougère et de feuilles tressées avec de la mousse[11].
Statut de conservation
modifierD'après l'UICN le Mérion empereur n'est pas menacé[8]. Il n'est pas rare et est donc classé comme étant en préoccupation mineure comme le Mérion de Wallace, chaque groupe familial se répartissant généralement sur un espace de 25 hectares[8]. Cette espèce apprécie habituellement les habitats qui ont subi des transformations ou des modifications légères[8].
Liens externes
modifier- Oiseaux.net : Malurus cyanocephalus (+ répartition)
- (en) Congrès ornithologique international : Malurus cyanocephalus dans l'ordre Passeriformes (consulté le )
- (fr + en) Avibase : Malurus cyanocephalus (+ répartition)
- (en) UICN : espèce Malurus cyanocephalus Quoy&Gaymard, 1830 (consulté le )
Notes et références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Emperor fairywren1329556372 » (voir la liste des auteurs).
- 1 2 3 4 5 6 (en) Ian Rowley et Eleanor M. Russell, Fairy-wrens and grasswrens: Maluridae, Oxford University Press, coll. « Bird families of the world », (ISBN 978-0-19-854690-0), p. 193
- 1 2 James A. Jobling, Helm Dictionary of Scientific Bird Names, A&C Black, (ISBN 978-1-4081-3326-2 et 978-1-4081-2878-7), p. 126
- 1 2 3 4 (en) Leslie Christidis et Richard Schodde, « Relationships within the Australo-Papuan Fairy-wrens (Aves : Malurinae) : an Evaluation of the Utility of Allozyme Data », revue scientifique, (lire en ligne
[doc]) - ↑ F. Keith Barker, George F. Barrowclough et Jeff G. Groth, « A phylogenetic hypothesis for passerine birds: taxonomic and biogeographic implications of an analysis of nuclear DNA sequence data », Proceedings. Biological Sciences, vol. 269, no 1488, , p. 295–308 (ISSN 0962-8452, PMID 11839199, PMCID 1690884, DOI 10.1098/rspb.2001.1883, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Avibase, consulté le .
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 (en) Phil Gregory, Birds of New Guinea : Including Bismarck Archipelago and Bougainville, Barcelone, Lynx, , 2e éd., 477 p. (ISBN 9788416728756), p. 234
- ↑ « Lyrebirds, scrubbirds, bowerbirds, Australasian treecreepers, Australasian wrens – IOC World Bird List », sur www.worldbirdnames.org (consulté le )
- 1 2 3 4 5 Oiseaux.net, « Mérion empereur - Malurus cyanocephalus - Emperor Fairywren », sur www.oiseaux.net (consulté le )
- 1 2 « Mérion empereur - eBird », sur ebird.org (consulté le )
- 1 2 (en) « Malurus cyanocephalus (Quoy & Gaimard, 1830) », sur www.gbif.org (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 8 (en) Ian Rowley et Eleanor Russell, « Emperor Fairywren (Malurus cyanocephalus), version 1.0 », Birds of the World, (ISSN 2771-3105, DOI 10.2173/bow.empfai1.01, lire en ligne, consulté le )