Mamba (apprentissage profond)
Mamba est une architecture d'apprentissage profond introduite en décembre 2023 par deux chercheurs de Carnegie Mellon et de Princeton, Albert Gu et Tri Dao[1]

Mamba s'est rapidement imposé en 2024 comme la principale alternative à l'architecture Transformeur pour le traitement automatique des langues (TAL) et pour les grands modèles de langage comme GPT-3 ou Llama.
Description
modifierMamba appartient à une famille élargie de modèles à espace d'états structurés (Structured State Space Models, SSM), une catégorie de réseaux neuronaux séquentiels inspirée des systèmes dynamiques linéaires[1]. Contrairement aux Transformers, Mamba remplace le mécanisme d'attention et les couches de perceptrons multicouches par un bloc SSM unifié, réduisant la complexité computationnelle de à pour la génération de séquences[1]. Cette approche repose sur une sélectivité dynamique : le modèle adapte ses paramètres (matrices , , et le pas discret ) en fonction des données d'entrée, filtrant les informations non pertinentes tout en conservant les contextes critiques[2].
À la différence des SSM traditionnels ou des réseaux de neurones récurrents (RNN), Mamba introduit une dépendance aux données (data-dependent), combinant la flexibilité des Transformers avec l'efficacité des modèles récurrents[1]. Par exemple, il peut ignorer les mots vides (stopwords) grâce à des matrices optimisées via des techniques comme HiPPO (High-order Polynomial Projection Operators), assurant une mémoire à long terme des concepts clés[1].
Le design de Mamba permet de traiter des contextes extrêmement longs (jusqu'à 256 000 tokens dans des architectures hybrides comme Jamba[3]), là où les Transformers classiques peinent à dépasser 32 000 tokens sans techniques de fenêtrage[4]. Cette capacité repose sur une croissance linéaire du temps d'inférence avec la longueur de la séquence, évitant l'explosion combinatoire des calculs d'attention ( vs )[1].
Concrètement, Mamba facilite le traitement de documents entiers (livres, rapports techniques) pour des tâches comme le résumé automatique ou la synthèse contextuelle. Des optimisations matérielles (hardware-aware) exploitent efficacement les GPU modernes grâce à des opérations parallélisables pendant l'entraînement et un état caché compact pendant l'inférence[1].
Usage
modifierMamba est simultanément le nom du premier modèle de langue reposant sur cette architecture, un modèle expérimental à 3 milliards de paramètres.
Le design particulier de Mamba a rendu possible des expériences inédites de grands modèles de langue. MambaByte ne recourt plus à une division du texte en "jetons" (des mots ou des morceaux de mots, ang: token) mais en octets (la plus petite unité de signal utilisée pour encoder les lettres, ang: byte, d'où le nom), comme l'allongement du contexte rend possible un découpage beaucoup plus fin des séquences textuelles[2].
Fin , la sortie d'un modèle hybride Mamba-Transformer Jamba par AI21 Labs confirme la faisabilité de l'entraînement de Mamba à très grande échelle et les gains de performance de l'architecture pour du contexte long (jusqu'à 256 000 tokens, soit environ 200 000 mots)[3].
Tout comme l'architecture Transformeur, l'architecture Mamba est versatile. L'allongement du contexte facilite en réalité l'intégration de données non textuelles, telles que des données audiovisuelles ou génomiques.
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 (en) Albert Gu et Tri Dao, « Mamba: Linear-Time Sequence Modeling with Selective State Spaces », arXiv:2312.00752 [cs], (lire en ligne).
- 1 2 (en) Junxiong Wang et Tushaar Gangavarapu, « Mamba: MambaByte: Token-free Selective State Space Model », arXiv:2312.00752 [cs], (lire en ligne).
- 1 2 Announcing Jamba, AI21 Labs
- ↑ Hasan Chowdhury, The tech powering ChatGPT won't make AI as smart as humans. Others might., BusinessInsider, 6 décembre 2023