Mandrin (textile)
Un mandrin [1] est un outil utilisé pour créer des écheveaux de fil. Il se compose d'une barre centrale, avec des traverses à chaque extrémité, décalées de 90°. La barre centrale est généralement sculptée pour faciliter la prise en main[2]. Souvent, l'une des traverses a un bord plat pour permettre à l'écheveau de glisser lorsqu'il faut l'enlever, ou alors est entièrement amovible. Les mandrins peuvent être fabriqués à partir de nombreux matériaux. Ils sont le plus souvent en bois, mais peuvent aussi être en métal ou en plastique. Il est également possible de fabriquer un mandrin à partir de tuyaux en PVC.
Les mandrins manufacturés peuvent être fabriqués en différentes tailles, permettant de créer des écheveaux allant de 30 cm à 1,20 m. La taille la plus courante produit des écheveaux de 1,20 m[3]. Les plus petits mandrins sont généralement utilisés pour faire des échantillons. De nombreux fileurs filent un échantillon, puis le retordent et le mettent en écheveau à l'aide d'un mandrin avant le lavage. Le fileur peut alors vérifier si le fil est conforme à ses attentes.
En mesurant la longueur d'un tour et en comptant le nombre de tours d'un écheveau, on peut alors calculer la longueur approximative du fil. La longueur obtenue reste approximative, car une longueur exacte nécessite une tension uniforme tout au long de l'enroulement du fil. De plus, un grand écheveau nécessite de superposer les nouvelles couches sur les anciennes, ce qui augmente la longueur des couches supérieures et fausse le résultat.
Un mandrin est tenu par l'Enfant Jésus dans la Madone aux fuseaux de Léonard de Vinci, propriété du duc de Buccleuch et actuellement prêtée à la Galerie nationale d'Écosse d'Édimbourg.
Utilisation
modifierGénéralement, le fil est mis en écheveau directement après le filage ou le retordage. En effet, après le filage ou le retordage, le fil est généralement lavé, et sa mise en écheveau permet de le manipuler facilement et facilite ces étapes. Bien que les pelotes soient plus faciles d'utilisation pour les tricoteurs et les crocheteurs, car elles ont tendance à moins s'emmêler, on remet parfois le fil en écheveau pour mesurer le métrage restant, le stocker sans tension ou lui retirer sa forme en le lavant s'il a été détricoté[4].
Pour mettre en écheveau un fil filé au rouet, la bobine peut être retirée du rouet et placée sur un dévidoir, ou directement depuis le rouet. Si la bobine est laissée sur le rouet, la tension de ce dernier doit être réduite pour laisser le fil se dévider facilement. Le fil filé au fuseau peut être laissé sur le fuseau ou mis en bobine pour le retordage. La bobine ou le fuseau est placé soit dans un dévidoir, soit dans un bol pour maintenir le fuseau en place pendant le dévidage du fil.
L'extrémité du fil est enroulée autour de la pièce centrale sur elle-même et doit être maintenue fermement en place. Le fil est ensuite passé par-dessus l'extrémité gauche de la traverse supérieure, puis sous le côté droit de la traverse inférieure, puis par-dessus l'autre extrémité de la traverse supérieure, puis sous l'autre extrémité de la traverse inférieure avant de revenir au point de départ pour terminer un tour.
Le processus se poursuit jusqu'à ce que l'écheveau soit entièrement bobiné. Le temps nécessaire pour mettre en écheveau le fil sur un mandrin dépend de la longueur du fil. Un mandrin plus grand peut accélérer le bobinage. À ce stade, il faut faire des nœuds lâches en quatre endroits ou plus sur l'écheveau pour le maintenir, avec des chutes de fil par exemple, ou alors faire un nœud coulant avec l'extrémité du fil de l'écheveau. Dans les deux cas, sécuriser les extrémités avec un nœud coulant non serré permet de retrouver plus facilement les deux bouts de l'écheveau.
Une fois le fil mis en écheveau, il peut être lavé pour fixer les torsions, ou teint. Les tisserands laissent souvent sécher leurs écheveaux sous tension, avec un poids au bas de la boucle, afin de les étirer et de leur retirer une partie de leur élasticité.
Autre outil
modifierUn outil similaire au mandrin est le parapluie. Certains parapluies doivent être fixés à une table, et même les modèles pliables peuvent être difficiles à plier et à transporter, et sont donc plus encombrants que les mandrins. Si le parapluie a d'autres usages (comme tenir un écheveau pour le peloter), il n'est pas aussi pratique que le mandrin pour créer un écheveau et ne permet pas de calculer le métrage aussi facilement.
Références
modifier- ↑ "Niddy-noddy." The Oxford English Dictionary. 2nd édition, 1989.
- ↑ Huebscher Rhoades, Carol. "Spinning Basics: Managing Your Yarn." SpinOff Winter 2007 pages 38-40.
- ↑ Noah, Pat. "Spinning Tips: Tying a 2-Yard Skein." SpinOff Fall 2007, page 37.
- ↑ Knitter's Review, "Sizing Up Oddballs, Part 1: Using a Niddy Noddy"
Liens externes
modifier- Construire un mandrin en PVC
- Fabriquer un mandrin en bois
- PDF de Long Thread Media sur la gestion du fil, avec des instructions sur l'utilisation d'un mandrin.