Manfred Ebanda
Manfred Ebanda Mooh est un auteur-compositeur-interprète, guitariste camerounais né le 2 décembre 1935 à Bali (Douala I) et mort le 3 septembre 2003 à Bodjongo (Douala IV). Figure majeure du makossa, il est relativement connu pour être l'auteur-compositeur de la chanson Amie (devenue au cours de plusieurs reprises Ami oh), qui connait une mouvance internationale grâce à une reprise de la chanteuse Bébé Manga et, plus tard, de part les reprises de divers artistes.
| Nom de naissance | Manfred Ebanda Mooh |
|---|---|
| Naissance |
Bali (Douala I), |
| Décès |
(à 67 ans) Bodjongo, Douala IV |
| Nationalité | Camerounaise |
| Activité principale | Agent comptable |
| Activités annexes | Peintre |
| Genre musical | Makossa |
| Instruments | Guitare |
Biographie
modifierOrigines
modifierMusique
modifierManfred Ebanda est l'un des initiateurs du rythme makossa. Il commence très jeune la musique avec la guitare comme instrument de prédilection. Ce n' est que dans les années 1980 que, grâce ses prestations au delà du Cameroun, il se fait une réputation[1].
Albums
modifierEn duo avec Villa Vienne depuis les années 1960, Manfred Ebanda sort plusieurs albums, dont "Sister muna", "Mbua madale", et "Lolo" sont les plus connus.
Avec le groupe Tumba Africa le duo enregistre "Sesse Ni/Eyala", " Elimbi/ We Ntuba", "Enumdi/Con sabor la Tumba", "Ewekedi/Loko O Mboa", "Malobe/Oko! O!"[2].
Trois ans avant sa mort, Manfred Ebanda prepare un album avec l'artiste Sam Mbende. L'album voit aussi la participation de John Sallé et Villa Vienne. Il se constitue de sept chansons de Manfred Ebanda, soient quatre nouvelles et trois reprises dont "Bouboule", "Amio", et "Dipito" ; le chanteur propose également l'inclusion d'anciens titres de John Sallé. La préparation de l'album connaitra plusieurs entraves liées à la piraterie ; sa sortie est prévue pour 2004, mais le décès de Manfred Ebanda retarde le projet[3].
"Amie": tube international
modifierEn 1960, alors âgé de 24 ans, Manfred Ebanda se passionne à Yaoundé d'Amie Essomba Brigitte, jeune lycéenne qui, enceinte, n'accepte jusque là les avances du chanteur et, à cause de sa grossesse, doit abandonner ses études. Concernant son refus de s'engager avec le courtisan, celle-ci lui explique qu'elle ne peut donner une suite favorable à ses avances avant que son enfant n'ait atteint un certain âge. Dans le désespoir suite à longue attente, et aussi que l'année d'après il repart pour Douala, c'est alors que Manfred Ebanda écrit une chanson d'amour, "Amie", dont le contenu est une exhortation du chanteur à la fille de croire en son amour. En 1962, la chanson est enregistrée à la radio camerounaise. Plus tard, Manfred conçoit une nouvelle version intitulée "Ami Oh" avec le chanteur Nelle Eyoum[4].
Après une reprise de Francis Bebey et Paul Ebeny[4], le point de départ du succès international de la chanson retentit en 1980 à Abidjan, en Côte d'Ivoire, où la chanteuse camerounaise Bébé Manga est l'interprète d'une nouvelle version. La reprise de la chanteuse séduit et devient peu à peu international. "Amie" devenu "Ami Oh" est la version la plus connue et dès lors l'une des chansons africaines les plus reprises[5],[6].
Plusieurs artistes reprendront la chanson: l'antillais André Astasié qui l'intitulé "Pension alimentaire" en 1980, le français Henri Salvador en 1982[7], la chanteuse brésilienne Diana Pequeno qu'elle intitule "Amigo" en 1984[8], African Connection de Denise et Bloco en version coupé-decalé en 2004[2], les Congolais Papa Wemba, Bisso Na Bisso, les Camerounais Manu Dibango, Uta Bella, Jacky Biho (sous le titre "Tu vas m'épouser"), les Ivoiriennes Nayanka Bell, Monique Séka, la Béninoise Angélique Kidjo, la Comorienne Naima, etc.[4],[2]. En 1984, un artiste américain porte un intérêt à la chanson de Manfred Ebanda. Il ira jusqu'à payer les droits pour pouvoir l'interpréter[5].
Duo et avec Villa Vienne
modifierDans les années 1960, Manfred Ebanda forme avec Villa Vienne un duo devenu célèbre et des années 1960 à 1980, plusieurs albums y émanent: "Sister muna", "Lolo", "Elimbi/We Ntuba", etc. Le duo signe avec l'orchestre Tumba Africa plusieurs collaborations qui donnent plusieurs albums parmi lesquels "Malobe/Oko! O!"[9]. Au total, le duo compte une discographie de trois 33 tours et huits 45 tours[10].
Vie extra musicale
modifierManfred Ebanda est un ancien agent comptable de l'Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI)[11]. Il est par ailleurs peintre[3].
Vie privée
modifierDécès
modifier31 août 2003, après s'être plaint de douleur gastrique, Manfred Ebanda est admis à l'hôpital de Bonassama pour des soins. Soulagé, il retourne à son domicile à Bodjongo. Mais peu après, le lendemain, son état se dégrade à nouveau et il est cette fois admis à l'hôpital Ad Lucem, où le diagnostic, une péritonite, exige une intervention chirurgicale et, de ce fait est transféré à l'hôpital Cebec de Bonabéri. Il meurt quelques minutes avant l'opération le 3 septembre 2003[3],[13]. Il est inhumé le 13 septembre 2003 à son domicile de Bodjongo, à Douala[5].
Divers
modifierL'épopée Bébé Manga
modifierAprès de nombreuses reprises au relatifs succès, la chanson "Amie" accède au cap international grâce à la chanteuse Bébé Manga, dont la reprise séduit de nombreux artistes africains et le reste du monde. Installée en Côte d'Ivoire, la chanteuse camerounaise comet un disque en 1980 où seule "Amie" captive. En 1982, la version de Bébé Manga reçoit un maracas d'or de la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SACEM)[14].
Droits d'auteurs
modifierMême s'il ne connait pas la célébrité à la hauteur de son œuvre, Manfred Ebanda perçoit tout de même les droits d'auteurs[11], ceci facilité par le fait qu'il soit un cadre à l'OAPI. Il protégera également son œuvre à la SACEM[14].
En 1984, un artiste américain, dont le nom a échappé Manfred Ebanda, contacte l'avocat du chanteur pour un règlement en vue d'entrer en droit de reprendre le célèbre titre. L'intéressé américain fera un versement de cinq millions de Francs CFA, mais le chanteur n'en perçoit que deux millions[5].
Plusieurs autres artistes interprèteront le titre de Manfred Ebanda sans qu'il ne soit consulté par ceux-ci, mais le chanteur en perçoit les droits générés, qui ne s'élèvent qu'à quinze millions de Francs CFA au plus. Il continuait d'attendre l'argent que génère son œuvre. Mais pour les droits de diffusion radiophonique, ils ne sont quasiment pas perçus. De plus, le chanteur s'indigne de la gestion irrégulière des revenus y relatifs par ses avocat et autres intermédiaires, car autrement, il en serait pleinement entré en possession[5].
Le calvaire d'Amie Essomba Brigitte
modifierAlors que la chanson connait une fulgurance internationale, celle à qui elle est destinée, Amie Essomba Brigitte, est déjà mariée. Son succès engendre beaucoup de soucis à Brigitte dans son foyer: son mari, chaque fois à l'écoute de cette chanson, exprime sa jalousie en la frappant au point de lui crever un œil. Elle finit plus tard par divorcer de son mari et se remarier[15].
Discographie
modifier- Sister muna, 1981
- Mbua madale, 1982
- Manfred Ebanda, 1983
- Lolo, 1988
Liens externes
modifier- Ressources relatives à la musique :
Références
modifier- 1 2 3 « https://peuplesawa.com/ », sur www.peuplesawa.com (consulté le )
- 1 2 3 Nago Seck, « Manfred Ebanda », sur Afrisson, (consulté le )
- 1 2 3 « https://peuplesawa.com/ », sur www.peuplesawa.com (consulté le )
- 1 2 3 Mamadou Sekk, « L’histoire d’une chanson: "AmiO" • Information Afrique Kirinapost », sur Information Afrique Kirinapost, (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 « Bonaberi.com Mobile: Cameroun : Aux origines de la célèbre musique Ami oh, et d'Ebanda Manfred, son créateur », sur www.bonaberi.com (consulté le )
- ↑ « Personnes | Africultures : Manga Bébé », sur Africultures (consulté le )
- ↑ Alicepegie, « Les Princes du makossa 2 », sur Alice Pégie Cuisine, (consulté le )
- ↑ (en-US) Diego Olivas, « Diana Pequeno: Mistérios (1989) », sur FOND/SOUND, (consulté le )
- 1 2 Nago Seck, « Manfred Ebanda et Villa Vienne », sur Afrisson, (consulté le )
- ↑ David Ndachi Tagne, « Cameroun : Villa Vienne porte le deuil d'Ebanda Manfred : la complice de toujours exprime sa profonde douleur », Cameroon Tribune, Yaoundé, (lire en ligne, consulté le )
- 1 2 StopBlaBlaCam, « Non, la chanson «Ami O» n’a pas été composée par Bébé Manga », sur www.stopblablacam.com (consulté le )
- ↑ « Ebanda Manfred et Villa Vienne, l’un des meilleurs duos de la musique camerounaise. » [archive du ], Agenda Culturel du Cameroun (consulté le )
- ↑ Josy Mangu, « Cameroun : Dernières heures d'Ebanda Manfred », Cameroon Tribune, Yaoundé, (lire en ligne, consulté le )
- 1 2 « Les immortelles chansons d’Afrique : « Ami » de Bébé Manga | adiac-congo.com : toute l'actualité du Bassin du Congo », sur www.adiac-congo.com (consulté le )
- ↑ « AMIÉ… LA MUSE D’EBANDA MANFRED », sur La Musicaliste, (consulté le )
Articles connexes
modifier- Makossa
- Bébé Manga
- Sam Mbende
- John Sallé
- Henri Salvador
- Papa Wemba
- Bisso Na Bisso
- Manu Dibango
- Uta Bella
- Nayanka Bell
- Monique Seka
- Angélique Kidjo
- Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI)
- Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SACEM)
- Ressources relatives à la musique :