Manuel de Larramendi

auteur basque

Manuel Garragorri Larramendi, né le à Andoain et mort le à Loiola, est un écrivain, prêtre, philologue et historien basque espagnol. Manuel Larramendi est véritablement celui qui impulse la langue et la culture basques au siècle des Lumières. Il est considéré comme le précurseur du foralisme, du nationalisme basque, du mouvement littéraire guipuscoan et le premier folkloriste basque.

Manuel Larramendi
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 75 ans)
LoyolaVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Manuel Garagorri de LarramendiVoir et modifier les données sur Wikidata
Surnom
Juan jose de MikelarenaVoir et modifier les données sur Wikidata
Formation
Activités
Autres informations
Ordre religieux
Diccionario trilingüe del Castellano, Bascuence y Latín (1745)

On doit à Larramendi deux choses éminemment importantes. Premièrement, d'avoir doté la langue basque d'une norme pour l'ennoblir et ensuite d'avoir insufflé chez beaucoup un sentiment d'orgueil et d'estime à l'égard de la langue et la volonté d'apporter un soutien à cette dernière.

En 1729, il publie à Salamanque El imposible vencido. Arte de la lengua bascongada, ouvrage considéré comme la première grammaire imprimée relativement complète de la langue basque, élaborée selon les modèles grammaticaux gréco-latins[1]. En 1745, il fait paraître à Saint-Sébastien son Diccionario trilingüe del castellano, bascuence y latín, un dictionnaire qui exerce une influence durable sur la lexicographie basque et contribue au développement du basque littéraire, particulièrement dans sa variété guipuscoane[2],[3].

Biographie

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Manuel de Garagorri y Larramendi, connu sous le nom de Manuel de Larramendi, naît en 1690 à Andoain, dans la province du Guipuscoa. Sa mère meurt lorsqu'il a trois ans et, après le remariage de son père, il prend probablement le nom de famille de sa mère. Il est connu sous ce nom dès son enfance, lorsqu'il se rend à l'école à Hernani[4].

Il entre dans la Compagnie de Jésus le 6 novembre 1707, puis poursuit sa formation philosophique à Medina del Campo et ses études théologiques à Salamanque, où il enseigne également[5]. Il effectue ses premières études à Villagarcía de Campos, enseigne la philosophie à Medina del Campo et travaille à Salamanque de 1715 à 1720, puis jusqu'en 1730. En 1716, il prononce le sermon funèbre de la reine Marguerite et, en 1724, rédige notamment l'oraison funèbre du roi Louis Ier. En 1730, il enseigne la théologie morale et exerce comme prédicateur à Valladolid[4].

Il publie à Salamanque De la antigüedad y universalidad del Bascuence en España (1728), puis El imposible vencido. Arte de la lengua bascongada (1729), ouvrage majeur dans l'histoire de la grammaire basque[4]. Il devient ensuite le confesseur de Marie-Anne de Neubourg, veuve du roi Charles II d'Espagne. Des rumeurs concernant la reine et Larramendi portent atteinte à leur réputation. Afin de défendre leur honneur, il se rend auprès du roi Philippe V à Séville. Bien que l'affaire soit résolue, il décide de se retirer à Loyola[4]. Dans ces premiers ouvrages, il défend la langue basque contre les critiques et les mépris dont elle fait l'objet et cherche à renforcer l'estime que les Basques lui portent. Il défend également la théorie selon laquelle les Basques descendent des anciens Cantabres[4].

Il quitte la cour en 1733 et se retire au sanctuaire de Loyola, où il poursuit ses travaux jusqu'à sa mort en 1766[5]. Durant cette période, il publie notamment le Diccionario Trilingüe, Castellano, Bascuence y Latín (1745), un dictionnaire en espagnol, basque et latin composé à partir de mots recueillis lors de ses voyages à travers le Pays basque. Malgré la création de nombreux néologismes, son travail constitue une base importante pour les dictionnaires basques ultérieurs. Il écrit également Discurso histórico sobre la famosa Cantabria (1736) et Nueva demostración del derecho de Vergara sobre la patria y apellido secular de San Martín de la Ascensión y Aguirre (1745). Parmi ses autres écrits figurent Conferencias curiosas políticas, legales y morales sobre los Fueros de la M. N. y M. L. Provincia de Guipúzcoa, une autobiographie et plusieurs textes en basque, notamment des sermons, une traduction de catéchisme et une préface à un ouvrage de Mendiburu. Ces textes basques seront publiés en 1990 sous le titre Larramendiren euskal testuak par Patxi Altuna et Joseba Lakarra[4].

En 1733, Manuel de Larramendi quitte la cour et se retire au sanctuaire de Loyola, situé à Azpeitia, au Guipuscoa, où il poursuit ses travaux intellectuels jusqu'à sa mort, survenue en 1766[5].

Devant la promulgation des Décrets de Nueva Planta de Philippe V avec l'imposition du castillan comme langue exclusive dans l'administration et le gouvernement, et la modernisation de l'appareil d'État espagnol, la réaction de défense des fors est immédiate au Pays basque. En réaction, Manuel Larramendi publie Sobre los fueros de Guipúzcoa (1756-1758), dont le projet est l'union des territoires de langue basque, des Provinces unies des Pyrénées[6],[7]. Son engagement en faveur des fors contribue à ce qu'il soit considéré comme un précurseur du nationalisme basque. Toutefois, son importance ne se limite pas à son engagement politique : il laisse également une empreinte durable dans la grammaire et la lexicographie basques. Son objectif principal est de faire du basque une langue de culture. Il encourage ainsi plusieurs écrivains, notamment Mendiburu et Kardaberaz, qui contribuent au développement de la littérature en dialecte guipuscoan. Les écrivains qui utilisent ce dialecte sont aujourd'hui considérés comme appartenant à l'école de Larramendi. Après sa mort, la Compagnie de Jésus est expulsée d'Espagne l'année suivante, ce qui contribue à son oubli pendant plusieurs années. Aita Fita participe à sa redécouverte en publiant sa Coreografía de Guipúzcoa en 1882[4].

Œuvres

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  • De la antigüedad y universalidad del Bascuence en España (Salamanque, 1728).
  • El Imposible vencido. Arte de la lengua vascongada (1729).
  • Diccionario Trilingüe del Castellano, Bascuence, Latin (1745).
  • Discurso histórico sobre la antigua famosa Cantabria. Question decidida si las provincias de Bizcaya, Guipúzcoa y Alaba estuvieron comprehendidas en la Antigua Cantabria (1736).
  • Corografia de la muy noble y muy leal provincia de Guipúzcoa (1754).
  • Sobre los fueros de Guipúzcoa.

Voir aussi

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Références

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  1. ↑ (eu) Eusko Ikaskuntza, « Manuel Larramendi — Kultur Gizona », Eusko Ikaskuntza (consulté le )
  2. ↑ (eu) Euskara Institutua, Euskal Herriko Unibertsitatea, « Diccionario Trilingüe (1745). Manuel de Larramendi », Auñamendi Eusko Entziklopedia (consulté le )
  3. ↑ (eu) « Obra — Manuel Larramendi », Larramendi Bazkuna (consulté le )
  4. 1 2 3 4 5 6 7 (eu) Eusko Jaurlaritza, Kultura eta Hizkuntza Politika Saila, « Larramendi, Manuel », Eusko Jaurlaritza (consulté le )
  5. 1 2 3 (es) Fundación Bernardo Estornés Lasa, « Larramendi, Manuel », Auñamendi Eusko Entziklopedia (consulté le )
  6. ↑ (es) Ministerio de Cultura de España, « Decreto de Nueva Planta (16 de enero de 1716) », Archivo de la Corona de Aragón, Ministerio de Cultura de España (consulté le )
  7. ↑ (es) Gobierno Vasco, « Los Fueros, origen de las libertades del pueblo vasco », Gobierno Vasco (consulté le )