Maquis de Corcieux

maquis français

Le maquis de Corcieux est un groupe de résistants constitué dans les Vosges durant la Seconde Guerre mondiale. Son action de résistance à l'occupant nazi s'opère dans le triangle Saint-Dié-des-Vosges - Gérardmer - Bruyères dont le village de Corcieux est le centre. Il a la particularité d'être le seul maquis implanté dans l'actuelle région Grand Est à s'être soulevé à l'appel de la BBC contre les forces allemandes le 6 juin 1944, jour du Débarquement de Normandie. Son isolement l'a conduit à payer un lourd tribut humain au point de gagner le triste surnom de "Vercors vosgien".

Maquis de Corcieux
Image illustrative de l’article Maquis de Corcieux

Idéologie Forces françaises de l'intérieur
Objectifs maintenir des effectifs allemands loin du débarquement de Normandie
Site web www.association-maurice-vissa.fr/maquis-de-corcieux/
Fondation
Date de formation mi-1943
Origine Vosges
Pays d'origine Drapeau de la France France
Actions
Mode opératoire sabotages de voies ferrées, attaques de garnisons ennemies
Période d'activité juin 1944
Organisation
Chefs principaux capitaine Marcel Vichard
Allégeance BCRA
Seconde Guerre mondiale

Histoire

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Objectifs

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Il importe de soulager au maximum l'effort de guerre des troupes débarquées en Normandie en fixant un maximum de combattants allemands loin de la tête de pont alliée. Le soulèvement du maquis de Corcieux remplit cet objectif en visant à la fois :

  • à couper la ligne ferroviaire Strasbourg - Épinal en minant le tunnel de Vanémont ;
  • à attaquer le détachement allemand protégeant le radar de Sarifaing (à proximité du col des Arrentès) et à le détruire ;
  • à constituer des prisonniers pouvant dès lors servir d'otages.

Préparation

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Le maquis a reçu ses armes par deux parachutages nocturnes ; le premier étant effectué dès le 12 août 1943 et le second le . Les armes, dont des bazookas, sont immédiatement disséminées auprès des groupes locaux de maquisards et dissimulées dans les fermes ou dans des caches souterraines[1].

Actions

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Le le message "Nous porterons l'églantine" radiodiffusés par la BBC donnent le signal d'un soulèvement général des maquis de la Zone C. Sous le commandement du capitaine Marcel Vichard les maquisards passent à l'action à l'aube du tandis qu'au même moment s'ouvre l'opération Overlord avec le Débarquement de Normandie.

Attaque des voies de communications

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En application de l'ordre codé de sabotage général des voies de communication radiodiffusé dans la nuit, la sixaine de maquisard dévolus à cette tâche fait sauter le tunnel de Vanémont à 4h45 du matin. Un sabotage des rails sera en outre opéré dans l'après-midi.

Attaque du détachement allemand présent à Corcieux

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Les maquisards attaquent dans la nuit le détachement allemand logés à l'Hôtel du Commerce, l'arraisonne et coupe ses lignes téléphoniques le reliant à l'état-major des troupes allemandes de la région de Saint-Dié sis à Taintrux.

Attaque du mirador de Sarifaing

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Le promontoire forestier de Sarifaing situé entre le col des Arrentès et le col de Martimpré est doté d'un radar allemand. Celui-ci a vocation à détecter les flottes aériennes alliées de bombardement en vol vers l'Allemagne. À l'aube du le groupe d'une dizaine d'hommes qui vient d'attaquer d'attaquer l'Hôtel du Commerce attaque désormais le mirador blindé et s'en rend maître après une fusillade nourrie. Le poste est incendié pour le rendre inutilisable. Les quatre prisonniers allemands seront enfermés et gardés dans la cave du curé de l'église Saint-Jacques-du-Stat à Vienville. Ils seront exécutés en fin de journée.

Attaque de la garnison de Taintrux

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Les maquisards se répartissent en trois groupe d'action avec pour objectif d'attaquer chacun un lieu où résident des troupes d'occupation :

  • la mairie ;
  • l'école de garçons ;
  • le café Gérard où logent les gradés.

L'effet de surprise est éventée par un coup de feu malencontreux et la détonation de l'explosion prématurée du tunnel de Vanémont. Le groupe dévolu à l'attaque de la mairie décroche après des échange de feu.

En revanche, l'attaque de l'école de garçons se solde par la reddition de 52 marins de la Kriegsmarine aussitôt fait prisonniers en emmenés en camion. Les quatre blessés allemands sont eux aussi évacués et soignés par le Docteur Jean Poirot. Les prisonniers valides sont emmenés en forêt. Tous les prisonniers allemands seront par la suite abandonnés libres par les maquisards lors de leur repli.

Le groupe assaillant le Café capture les gradés présents. Il fait rapidement l'objet d'une contre-attaque menée par les troupes allemandes venant de la mairie et se bat, encerclé, pendant deux heures jusqu'à épuisement de toutes ses munitions. Les cinq survivants de ce groupe, arrêtés, torturés à la Gestapo de Saint-Dié seront fusillés le 7 juin au soir sur la place de la Mairie, leurs corps abandonnés, exposés à côté des quatre maquisards tués la veille les armes à la main.

L'ordre de dispersion est donné dès lors que les maquisards se rendent compte de leur isolement au combat ; seul le maquis de Corcieux s'est en effet soulevé dans les Vosges en appui du débarquement allié.

Le maquis se reconstituera progressivement à partir de juillet 1944.

Bilan des combats

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  • Coté allemand : 42 morts ;
  • Coté français : 9 morts au combat.

Outre l'indisponibilité des infrastructures nécessaires au déploiement de l'armée allemande, le maquis par ses combats aux arrières du front aura immobilisé durablement des troupes allemandes pourtant nécessaires en Normandie et contribué à en affaiblir la puissance. Il contribue à légitimer le pouvoir politique du Gouvernement provisoire de la République française à un moment où les États-Unis doutent encore de sa légitimité démocratique et envisagent toujours un gouvernement militaire allié pour la France (AMGOT).

Répression

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Corcieux est investie dès le 6 juin par les troupes allemandes qui coupe toutes les voies de communications, perquisitionne fermes et logements, arrêtent, torturent et fusillent.

Au terme de plus d'une semaine de répression on compte trente-et-un fusillés dans les communes des Arrentès et de Corcieux, de La Chapelle-devant-Bruyères et de Saint-Léonard.

La déportation frappe soixante-et-onze résistants ; vingt-six survivront à l'enfer des camps de concentration nazis tandis que quarante-cinq y succomberont.

Lieux de mémoire

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Un parcours mémoriel initié et entretenu par l’Association du souvenir des événements du Maquis de Corcieux (ASEMC) permet de parcourir et découvrir les lieux des combats du maquis et de la répression qui le décima[2],[3].

.

Le , assistant à Corcieux aux cérémonies commémoratives du maquis local, le résistant Paul Remy décède sur les lieux mêmes où il fut arrêté par l'occupant vingt-cinq plus tôt et où furent exécutés ses compagnons. Une plaque apposée Place des Fusillés rappelle cet événement.

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Jean Vertex, « Terres brulées cités anéanties : C'est devant la misère que se dresse aujourd'hui la Résistance... mais il est grand temps de la seconder » (Reportage de presse), Le Figaro, no 331,‎ , p. 1 & 2 (lire en ligne, consulté le )
  • André Moulin et Henri Moulin (préf. Pierre Messmer), Feuer !, du Rhin, 200 p. (ISBN 978-2863390283). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Lucien Gonand, 3 années de résistance dans la montagne vosgienne, édition du Bastion (réimpr. 2000) (ISBN 978-2745502506). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • Robert Dodin, La Résistance dans les Vosges, Épinal, Sapin d'Or, , 200 p., 15 × 24 cm (ISBN 2857120893, EAN 9782857120896). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • Robert Dodin, Les Vosges de 39 à 45, Épinal, Sapin d'Or, , 228 p., 15,30 × 24 cm (ISBN 2857120907, EAN 2650017652358). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • Marcel Thomas, Mémoires de Marcel Thomas : L'enfant du siècle se souvient, Paris, Éditions Critérion (groupe Fleurus), , 416 p., 15,0 × 22,5 2,5cm (ISBN 978-2-7413-0232-2, EAN 9782741302322). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.

Émission radiophonique

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Témoignage vidéo

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Articles connexes

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Notes et références

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  1. ↑ Association Maurice Vissà, « L'histoire du Maquis de Corcieux : La préparation », sur .association-maurice-vissa.fr, (consulté le ).
  2. ↑ Jean-Louis Reynaert, La voix du gendarme magazine, « Sur le circuit de mémoire du maquis de Corcieux », sur lavoixdugendarme.fr, (consulté le ).
  3. ↑ Vosges Matin, « Un circuit de mémoire sur les pas des maquisards à Corcieux », sur vosgesmatin.fr, (consulté le ).
  4. ↑ Lysiane Ganousse, L'Est républicain, « Il soignait les résistants dans le Maquis de Corcieux », sur estrepublicain.fr, (consulté le ).