Marc Ferrante
Marc Ferrante est artiste plasticien français né le [1]. Il vit à Strasbourg. Son travail est exposé dans des lieux d’exposition scientifique, d’arts contemporains ou de photographie. Il est connu pour avoir travaillé sur la radiographie pendant plusieurs années[2].
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Biographie
modifierAprès avoir travaillé sur la cartographie, Marc Ferrante développe partir de 1999 un travail souvent expérimental autour de quelques « marottes » (la main, la machine, le jeu ou les arts et traditions populaires anciennes ou contemporaines…) et ce à travers l’écriture, le conceptuel, la vidéo, la photographie, l’installation, la performance, le sonore, la sculpture, les imageries technoscientifiques, ou en inventant ses propres médias (hochets, osselets…)[3].
Ses œuvres sur radiographie ont connu un certain succès[4]. Néanmoins son travail, qui dépasse ces recherches sur les rayons X, se développe autour de trois axes : il « démonte les mécanismes » des représentations, en mettant en lumière tout d’abord les partis-pris s’exprimant dans le choix et le traitement des matériaux, puis ceux liés à l’histoire des techniques ou technologies, et enfin en exploitant l’esprit des lieux qu’il investit.
Dès 2000, il développe un laboratoire sur les « partis-pris » des matériaux à une échelle miniature, celle du boîtier de Polaroïd. Ce travail aboutira à sa première exposition constituée de 5 osselets monumentaux réalisés dans des patchworks de 50 m2 de radiographies médicales. Dans la même logique, il parfumera à la naphtaline une exposition à Marseille, ou testera la résistance des scotchs industriels, pour détourner les normes ISO en usage dans les entreprises avec lesquelles il collabore[5].
Il a développé plusieurs séries autour de la question de la technologie : il a commencé par les techniques les plus rudimentaires (hochets, boîtes à musique, spectacle de danse conçu comme un combat rituel entre une de ses machines et la danseuse)[6],[7]. Puis il a travaillé sur l'archéologie des technologies de pointe en matière d’imagerie médicale ou scientifique : il a ainsi longtemps travaillé sur la radiographie et la main[8]. Ses six séries de radiographies mettent en scène les liens que cette imagerie entretient avec l’histoire et les autres arts ou techniques[9]. Ces recherches détournent, non sans difficultés, les fantasmes et les idéaux que la radiographie véhicule encore aujourd’hui[10]. Son travail montre que ce médium, très théâtral, cache autant qu’il révèle : il met en scène les définitions multiples de la transparence ou encore l’ambiguïté du numérique, qui confond la trace et son interprétation[11]. Il travaille depuis 2020 sur la microscopie qui met en jeu beaucoup de problématiques actuelles et à venir (nanotechnologies, marchandisation du vivant, industrialisation des bio-objets issus de l’humain…).
Il a conçu ou réalisé plusieurs projets in situ aux implications écologiques et environnementales (Le cirque aux alouettes, L’arbre des veuves, Dans le jardin) ou à caractère plus social et culturel (Sculpture sur vélo). À partir de ces travaux in situ, il explore la polysémie des « mots en situation » en fonction du support ou du lieu où ces mots sont inscrits (sur un pont de chemin de fer, sous la visière d’une casquette…)[12].
Nombre de ses œuvres soulèvent d’ailleurs la question du rapport de l’individuel au collectif, et redonnent une véritable place au spectateur, à une époque où tout tend se dissoudre dans une « interactivité généralisée ». Aussi, ses œuvres, même si elles restent polysémiques et ambigües, contribuent à la fabrique du regard, c'est-à-dire à l’éducation à l’image ou à la médiation scientifique. Par ailleurs Marc Ferrante s’est engagé pendant plusieurs années dans le milieu culturel et a dirigé notamment une galerie associative de photographie, puis conçu des projets sociaux et citoyens[13].
Son travail traite de façon distanciée du narcissisme et de l’inertie propres aux humains, soit au travers de figures de « rampants » (Dirapa, Walkmans, Plus on est de fous…), soit au moyen d’objets en suspension (Le cirque aux alouettes, La porte verte, Les casquettes…)[14]. Il prend souvent le spectateur à partie dans des propositions poétiques ou truculentes, à travers des multiples, des expérimentations ou des performances du public (Plus on est de fous, Hoquet sur hochet, Les casquettes), affirmant que l’artiste n’a aucune exemplarité à revendiquer[15].
Références
modifier- ↑ Notice de la BnF
- ↑ (fr + en) Germain Roesz (dir), David Le Breton, Marc Ferrante, Martial Guédron, Radioscopie d’une création, Strasbourg, Université de Strasbourg, Faculté des Arts, ACCRA, EA 3402, Cahier recherches n° 27, , 90 p. (ISBN 978-2-916058-56-6), p. 1-90
- ↑ Christian Gattinoni, Philippe Bassnagel, Michel Le Du, Jean-François Robic et Marc Ferrante, Jeux de mains…, Vandœuvre les Nancy, Centre d’art Nei Liicht Dudelange, Luxembourg, Coédition Vandœuvre les Nancy, Dudelange, Luxembourg|, , 64 p. (ISBN isbn=978-2-7466-1674-5[à vérifier : ISBN invalide])
- ↑ (fr + en) Christian Gattinoni, Philippe Bassnagel, Michel Le Du, Jean-François Robic et Marc Ferrante, Jeux de mains…, Coédition Vandœuvre les Nancy, Dudelange, Luxembourg, Coédition CCAM, Vandœuvre les Nancy, Centre d’art Nei Liicht Dudelange, Luxembourg, , 64 p. (ISBN 978-2-7466-1674-5), p. 1-64
- ↑ Marc Ferrante, « site internet de Marc Ferrante », sur Site de l'artiste, (consulté le )
- ↑ « Site officiel de Valérie Lamielle » (consulté le )
- ↑ Marc Ferrante, « Site internet de Marc Ferrante », (consulté en )
- ↑ « Aunt Minnie europe, Artist uses hand x-rays to grasp meaning behind scans », sur www.auntminnieeurope.com, (consulté le )
- ↑ Annick Bureaud, « « Jeux de mains », Marc Ferrante », (consulté le )
- ↑ « 23 mai 2013 », sur www.lemonde.fr, (consulté le )
- ↑ Annick Bureaud, « Art, technologies médicales, droit et éthique », (consulté le )
- ↑ Marc Ferrante, « Le cirque aux alouettes », (consulté en )
- ↑ Marc Ferrante, « Site internet de l'AHEL », sur AHEL Amicale des habitants de l'Elsau, (consulté le )
- ↑ Marc Ferrante, « Hoquet sur hochet », sur vimeo.com, (consulté le )
- ↑ Marc Ferrante, « Plus on est de fous », sur Vimeo.com, (consulté le )