Marc Pulvar
Marc Pulvar, né le à Rivière-Salée et mort le à Fort-de-France, est un syndicaliste français et un nationaliste martiniquais. Il a aussi été professeur de mathématiques.
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Marc Louis Fernand Pulvar |
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Biographie
modifierAprès des études de mathématiques, Marc Pulvar enseigne à l'Institut martiniquais d'études (IME), une école privée qu'il crée avec son beau-frère Édouard Glissant. Toutefois, ses activités syndicales et politiques l'accaparant de plus en plus, il délaisse l'enseignement pour donner des cours particuliers[1].
En , il devient membre de l'Organisation de la jeunesse anticolonialiste de la Martinique (OJAM) et signataire de son manifeste La Martinique aux Martiniquais, placardé dans toute l'île les et , notamment avec Joseph René-Corail « Kokho »[2], Rodolphe Désiré, Renaud de Grandmaison, Henri Pied et Hervé Florent[3].
Il est l'un des fondateurs et le secrétaire général de la centrale syndicale des travailleurs martiniquais (CSTM), premier syndicat indépendant des organisations françaises, créé en à la suite de la répression de la grève du Chalvet[4].
Le , il est arrêté alors qu'il allait porter plainte contre la tentative d'assassinat dont il avait été victime de la part d'un dog[a] patronal, Victor Ledoux. Après plus de deux mois d'emprisonnement, il est condamné à 18 mois de prison dont 12 fermes, tandis que Ledoux est relaxé. En appel, la condamnation de Pulvar est réduite à un an avec sursis contre un mois au nervis patronal[6],[7].
Avec Alfred Marie-Jeanne, Lucien Veilleur et Garcin Malsa, il crée en le mouvement « La Parole au Peuple », qui devient en le Mouvement indépendantiste martiniquais (MIM), organisation qui revendique le droit à l'autodétermination du peuple martiniquais et dont il sera le secrétaire général[4] et l'inspirateur de la ligne politique[8].
Après qu'il s'est mis en à l'étude du droit pour pouvoir défendre les travailleurs, il devient un expert redouté par le patronat au Conseil des prud'hommes, gagnant le surnom de « Monsieur Auroux » en raison de sa connaissance intime des lois Auroux sur le droit du travail[1].
Marc Pulvar est aussi connu pour son engagement en faveur de l'environnement[2].
Il meurt d'un cancer dans la nuit du au CHU de la Meynard à Fort-de-France en Martinique à l'âge de 71 ans[9]. Il est enterré dans le cimetière de Rivière-Salée[10].
La même année, l'écrivain Raphaël Confiant lui a consacré un hommage en rappelant son implication au premier rang des grèves, la tentative d'assassinat dont il avait été victime et son emprisonnement, toutes choses ayant impressionné les Martiniquais[7],[1],[6].
Vie privée
modifierMarc Pulvar est le père de la journaliste Audrey Pulvar[10], née de son union avec Emma (Marlène) Auspice, membre d'une grande famille de l'île[11].
Affaire judiciaire
modifierAccusation d'inceste après sa mort
modifierEn , il est accusé posthumément d’actes pédocriminels par trois femmes de sa famille qui expliquent, dans une tribune, qu'elles veulent mettre un terme à l'« héroïsation du personnage »[12],[13],[14]. Audrey Pulvar qualifie alors son père de « monstre »[15],[16].
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ En créole martiniquais, dog signifie « sbire », « nervis »[5]
Références
modifier- 1 2 3 Raphaël Confiant, « Marc Pulvar : un Martiniquais vertical nous a quittés », sur Potomitan, .
- 1 2 « Marc Pulvar (-) », sur Une autre histoire : histoires oubliées, histoires occultées.
- ↑ Pascal Perri, Le Tourisme à la Martinique : sous la plage, les conflits, Paris, Karthala, coll. « Tropiques », , 167 p. (ISBN 2-84586-445-0), p. 59.
- 1 2 « La Martinique et Audrey Pulvar orphelines », sur Assemblée Martinique, (version du sur archive.org).
- ↑ Raphaël Confiant, Dictionnaire du créole martiniquais, Lettre D, (lire en ligne [PDF]), p. 58.
- 1 2 « -, bilan du septennat Mitterrand dans les dernières colonies », dans Alliance ouvrière et paysanne, Pointe-à-Pitre, , 38 p. (OCLC 21518087), p. 26 (lire en ligne
) : « L'arrestation du dirigeant de la Centrale syndicale des travailleurs martiniquais, Marc Pulvar. L'arrestation du dirigeant de la CSTM le , jeté en prison alors qu'il allait porter plainte contre la tentative d'assassinat dont il avait été victime de la part d'un dog patronal, Victor ledoux. / Bilan pour Pulvar : plus de deux mois d'emprisonnement, condamnation à 18 mois de prison dont 12 fermes, peine accompagnée de la relaxe de Ledoux, puis condamnation en appel à un an avec sursis contre un mois au dog patronnal (sic). » - 1 2 Confiant 2008 : « Il était tout le temps sur le terrain, au premier rang dans les grèves lorsqu'il fallait parfois affronter les policiers ou les gardes mobiles. Si bien qu'un beau jour, il finit par se retrouver coincé entre quatre conteneurs sur le port de Fort-de-France où une bande de « dogs », payés par les Békés, tentèrent de le tuer. Pour sauver sa peau, Marc Pulvar fit feu et fut évidemment emprisonné pendant quatre mois. Son courage et sa dignité à cette époque impressionnèrent tous les Martiniquais, y compris ceux qui d'habitude le vouaient aux gémonies. Bien entendu, les commanditaires de cette tentative d'assassinat ne furent jamais inquiétés ! Comme dans l'affaire André Aliker, seuls les exécutants payèrent la note. »
- ↑ Christine Chivallon, L'Esclavage, du souvenir à la mémoire : Contribution à une anthropologie de la Caraïbe, Paris, Karthala, coll. « Esclavages », , 618 p.-8 p. de pl. (ISBN 978-2-8111-0689-8 et 978-2-8111-0690-4), p. 414, note 16 (lire en ligne
) : « Marc Pulvar, syndicaliste et indépendantiste, qui jouera plus tard un rôle important au MIM dans la définition de sa ligne politique. » - ↑ « L'adieu à Marc Pulvar », sur Grioo.com, .
- 1 2 [vidéo] « Décès de Marc Pulvar », sur YouTube, nécrologie au journal de France Ô.
- ↑ Besma Lahouri, Prends garde à toi si je t'aime, Neuilly-sur-Seine, Michel Lafon, , 219 p. (ISBN 978-2-7499-2317-8 et 978-2-7499-2375-8, lire en ligne
) : « Sa mère, Marlène Auspice, appartient à une grande famille de l'île. Elle est fonctionnaire à la Sécurité sociale. Son père, Marc Pulvar, enseigne les mathématiques, mais il est surtout “un syndicaliste pur et dur”, selon Olivier Laouchez. » - ↑ AFP, « Marc Pulvar, figure du syndicalisme martiniquais, accusé de pédophilie », Le Figaro, .
- ↑ AFP, « Marc Pulvar, syndicaliste martiniquais et père d'Audrey Pulvar, accusé de pédophilie », Le Parisien, .
- ↑ AFP, « Marc Pulvar, figure du syndicalisme martiniquais, accusé de pédophilie », Le Point, .
- ↑ Pierre Lepelletier, « Audrey Pulvar, émue, qualifie son père, accusé de pédophilie, de « monstre » », Le Figaro, (consulté le ).
- ↑ Raphaëlle Rérolle, « L'encombrant souvenir de Marc Pulvar, leader indépendantiste accusé d'inceste »
, Le Monde, (consulté le ).