Marcel Toussaint-Collignon
Marcel Toussaint dit Marcel Toussaint-Collignon, né le à Nancy et mort pour la France à Sailly-Saillisel dans le département de la Somme, le , est un professeur de lettres et poète français du XXe siècle. Son nom est inscrit au Panthéon parmi les 560 écrivains morts au champ d'honneur pendant la Première Guerre mondiale.
| Naissance | |
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| Nom de naissance |
Marcel Toussaint |
| Nationalité | |
| Formation |
Faculté des lettres de Bordeaux (d) |
| Activités |
Poète, enseignant de littérature |
| Parentèle |
Maxime Collignon (oncle) |
| Conflit | |
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| Distinctions |
Biographie
modifierMarcel Toussaint, né le à Nancy, est le fils de Gustave Jean Toussaint (1840-1903), avocat à la cour d'appel de Nancy et de Marie Pauline Collignon (1855-)[1].
Il fait ses études au lycée de Chaumont, puis vient à Paris préparer le concours de l'École normale supérieure au lycée Henri IV, où il fait la connaissance d'Émile Ripert avec qui il se lie d'amitié[2],[3]. Il poursuit ses études à la faculté de lettres de Bordeaux[4].
Exempté du service militaire pour des problèmes de vue (scléro-choroïdite de la région maculaire)[5], il est professeur de lettres au collèges d'Eymoutiers et de Chinon[4], puis aux lycées de Draguignan, de Soissons et de Saint-Quentin[2],[3].
Il remporte plusieurs prix de poésie dont le prix de l'Académie française pour Le Drapeau en 1909 et le prix Sully-Prudhomme décerné par la Société des gens de lettres pour Le Sculpteur de sable[3]. Le poète et critique littéraire Auguste Dorchain commente ces prix dans les Annales politiques et littéraires : « Et ce poète, nouveau venu, méritait cette double distinction. Si lai place ne me manquait, le Sculpteur de Sable est un des recueils auxquels j'aimerais à en accorder une très large, d'autant qu'on ne peut faire, en quelques lignes, l'analyse de poèmes si variés ; poèmes intimes et tendres, philosophiques et subtils, ou encore historiques, et pittoresques »[6].
Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, ses problèmes de vue le maintiennent hors de l'armée. Il continue à enseigner au lycée de Chaumont pendant l'année scolaire 1914-1915[3]. En , il incorporé au 102e régiment d'infanterie et passe en septembre au 150e régiment d'infanterie. Le , au Mort-homme, il est blessé par un éclat d'obus au pied droit[5],[3].
Son dernier recueil de poésie, Les Taciturnes, est écrit dans les tranchées où il est retourné après avoir été soigné et c'est à quelques mètres de l'ennemi qu'il en corrige les épreuves à la fin de l'été 1916. Quelques jours avant sa mort il écrit à Émile Ripert : « Advienne que voudra ! Si la mort me prend en crise de pessimisme, je suis encore capable de la remercier, car elle n’est pas forcément héroïque et utile. Et puis, le j’aurai trente-quatre ans ; je suis resté célibataire ; j’ai commencé une œuvre ; je serai moins malheureux qu’un pauvre « bleuet », dont les yeux s’ouvrent à peine à l’éternel spectacle de la nature et du monde »[2].
Le , atteint par un obus au champ de bataille de Rancourt, il meurt à Sailly-Saillisel[7],[8]. La citation qui accompagne sa distinction à l'ordre de la médaille militaire en précise les circonstances : « le , a été tué en accomplissant son service de coureur pendant un violent bombardement. A été cité ».
Distinctions
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Médaille militaire, Journal officiel du [9]- 1909 : Prix Sully-Prudhomme pour Le Sculpteur de sable[2]
- 1909 : Académie française - Prix de poésie pour Le Drapeau[10]
- 1917 : Académie française - Prix Archon-Despérouses pour Les Taciturnes[11]
- 1923 : Académie de Stanislas - Prix de Guaita[12],[13]
Hommages
modifier- Le nom de Marcel Toussaint-Collignon est inscrit au Panthéon dans la liste des 560 écrivains morts pour la France pendant la guerre de 1914-1918[14].
- Son nom figure sur les plaques commémoratives du collège Saint-Saëns et de la mairie ainsi que sur le monument aux morts à Chaumont.
- En , Yvonne Ducos dit des poèmes de Marcel Toussaint-Collignon aux matinées poétiques de la Comédie-Française[15].
- En 1935, le square Léon Robelin dans le 15e arrondissement de Paris est renommé Square Marcel-Toussaint en son hommage[16].
Œuvres principales
modifier- Le Sculpteur de sable. Le Drapeau, 1909
- Vers écrits sur l'eau, 1909
- Les Taciturnes, 1916
- Le Dard et l'épée, 1917
- Les Cils baissés, 1921
Bibliographie
modifier- Émile Ripert, « L'Hommage aux mort - avril 1917 - Marcel Toussaint », Bulletin des écrivains de 1914-1917, no 30, , p. 1 (lire en ligne)
- Claude Charles, « Un Poète lorrain mort pour la France : M. Marcel Toussaint », L'Express de l'est, no 360, , p. 3
- Pierre Ladoué (Association des écrivains combattants), Anthologie des Écrivains Morts à la Guerre - 1914-1918, t. 3, Amiens, Edgar Malfère, coll. « Bibliothèque du Hérisson », , p. 687-691
Références
modifier- ↑ « Nancy - 1882 - Naissances - acte n°1538 », sur recherche-archives.nancy.fr, p. 82
- 1 2 3 4 Ripert 1917, p. 1.
- 1 2 3 4 5 Ladoué 1925, p. 688.
- 1 2 Charles 1922, p. 3.
- 1 2 « Paris - Toussaint, Marcel - Matricule n° 4670 - D4R1 1185 », sur archives.paris.fr
- ↑ « Les Annales politiques et littéraires », sur Gallica, , p. 197
- ↑ « Chaumont - Décès - 1917 - acte n° 261 », sur archives.haute-marne.fr, p. 64
- ↑ « Marcel TOUSSAINT - Mort pour la France », sur www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr
- ↑ « Journal officiel de la République française. Lois et décrets », sur Gallica, , p. 2413
- ↑ « Marcel TOUSSAINT | Académie française », sur www.academie-francaise.fr
- ↑ « Marcel TOUSSAINT-COLLIGNON | Académie française », sur www.academie-francaise.fr
- ↑ « A l'Académie de Stanislas », L'Est républicain, , p. 2
- ↑ « Mémoires de l'Académie de Stanislas », sur Gallica, , p. LXXXVI
- ↑ « La Pensée française », sur Gallica, , p. 2
- ↑ Le Figaro, (lire en ligne), p. 3
- ↑ « Place Marcel Toussaint, Paris Podcast », sur Loquis
Liens externes
modifier- Ressource relative à la littérature :
- Ressource relative aux militaires :