Rigolboche

danseuse française de cancan
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Rigolboche, de son vrai nom Amélie Marguerite Badel, surnommée « la Huguenote » (Nancy, - Bobigny, ) est une danseuse française excentrique, qui fit la gloire du cancan sous le Second Empire.

Rigolboche
Rigolboche photographiée par Petit et Trinquart en 1860.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 77 ans)
BobignyVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Amélie Marguerite BadelVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité

Son surnom Rigolboche est un terme d'argot formé du mot rigolo et du suffixe -boche, désignant un plaisantin, une personne très drôle.

Biographie

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Amélie Marguerite Badel naît à Nancy le . Elle vit dans cette ville puis à 16 ans, sous le nom de dite « la reine du Casino dite la Huguenote »[1] se produit à Paris au Casino-Cadet[2]. Là, tandis qu'elle est inscrite au registre des prostituées comme d'autres danseuses, elle rencontre des hommes riches qui « l'installent dans ses meubles »[1].

Estampe illustrée montrant un groupe de danseurs dont une femme qui lève la jambe sortant de multiples jupons
Mademoiselle de la Rigolboche par Maximilien Perrin - estampe - A. Belloguet, 1860.

Puis, sous le surnom de Rigolboche, elle danse au Bal Mabille avec Céleste Mogador quand Léon Sari l'engage aux Délassements-Comiques. Elle y débute en 1858 dans Folichons et Folichonnettes d'Arthur et Paul Delavigne, neveux de Casimir Delavigne[3]. Cette pièce à succès part à deux reprises en tournée européenne et lance sa notoriété[3]. Rigolboche attire ainsi l'attention du journaliste Henry de Pène dit Mané qui s'occupe de sa publicité[4].

Les chercheurs ont trouvé peu d'informations sur sa vie lorsque sa célébrité a décliné. Elle a pris du poids et disparaît peu à peu de la scène. Avec ses gains, elle ouvre une pension de famille à Monte-Carlo[5]. Elle meurt le à Bobigny.

Mémoires

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Photographie couleurs d'un livre ouvert comportant 2 pages sur lesquelles figuren à gauche une photo et à droite une illustration
Mémoires de Rigolboche orné d'un portrait, 1860.

Les Mémoires de Rigolboche, écrites par deux auteurs masculins, paraissent en 1860 alors qu'elle a 18 ans et qu'elle est célèbre. Les autobiographies des danseuses de cancan sont à la mode à cette époque. C'est la deuxième à être publiée, après celle de Céleste Mogador[6]. Six éditions sont publiées cette même année, portées par les anecdotes sur la vie amoureuse de la danseuse[7].

Critiques

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« Rigolboche n'était pas belle, mais elle dansait comme un ange — en rupture d'Éden. Elle avait une élégance ! une témérité ! une souplesse de reins d'un risqué ! des effets de bras d'une extravagance ! des effets... oh ! des effets de jambes surtout ! des effets de jambes incendiaires à en faire voir trente-six chandelles à la Morale. Une Fanny Elssler canaille, quoi [8]! »
« Elle était absolument le débardeur de Gavarni : petite blouse de soie flottante, chapeau gris bossé et défoncé... Sa danse était la chose du monde la plus audacieuse et la plus fantaisiste. C'était bien le cancan, mais non le cancan brutal et violent des bals de barrière... » écrira Georges Cain en 1920[9].

Cinéma

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Christian-Jaque s'inspire de sa vie pour son film Rigolboche tourné en 1936 avec Mistinguett dans le rôle titre[10].

Hommage

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En 1861, une nouvelle variété de fuchsia est baptisée Rigolboche[11].

Bibliographie

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  • Ernest Blum et Louis Huart (orné d'un portrait photographié par Petit et Trinquart), Mémoires de Rigolboche, Paris, E. Dentu, libraire-éditeur, , 188 p..
  • Théodore de Banville, Les Camées parisiens, Paris, éd. René Pincebourde, coll. « Petite bibliothèque des curieux », (lire en ligne).
  • Dominique Kalifa, La culture de masse en France - 1860-1930, t. 1, La Découverte, coll. « Repères », (ISBN 2707135151, lire en ligne).
  • Camille Paillet, « La danseuse Rigolboche et Les multiples identités de Rigolboche dans La féminisation du chahut-cancan sous le Second Empire parisien », Perspectives genrées sur les femmes dans l'histoire de la danse, no 3, (DOI 10.4000/danse.902, lire en ligne, consulté le ).
  • Gérard Noiriel, « Marguerite Badel, alias Rigolboche, danseuse de cancan sous le Second Empire », 1 épisode de 29 mn [audio], sur France Culture, La Voix des invisibles, (consulté en ).
  • Marie-Ève Thérenty, « Le récit de vie de vedette, L’invention d’un genre : Rigolboche, Thérésa, Paulus », Belphégor, vol. 11, no 1, (lire en ligne, consulté le ).

Références

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  1. 1 2 Paillet 2015, p. 3.
  2. Blum et Huart 2015, p. 14-17.
  3. 1 2 Paillet 2015, p. 7.
  4. Paillet 2015, p. 8.
  5. Noiriel 2026.
  6. Paillet 2015, p. 2.
  7. Paillet 2015, p. 11.
  8. Alfred Delvau dans Les lions du jour, éd.Dentu, 1867
  9. Georges Cain, Anciens théâtres de Paris, Paris, 1920, p. 27.
  10. « Rigolboche de Christian-Jaque (1936) - Unifrance », sur www.unifrance.org (consulté le )
  11. Jardins de France, p. 418, éd. Société nationale de France, 1861.

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Liens externes

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