Marguerite Émilie Chalgrin

peintre française

Marguerite Émilie Chalgrin, est une femme française, née le 20[1] ou le à Bayonne et morte guillotinée le [2] à Paris.

Marguerite Émilie Chalgrin
Biographie
Naissance
20[1] ou 21 juillet 1760
Bayonne
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Marguerite Émilie Félicité Vernet
Nationalité
Famille
Horace Vernet (neveu et filleul)
Père
Mère
Virginia Parker (1728-1810)
Fratrie
Livio Vernet
Orazio Vernet
Carle Vernet (1758-1836)
Conjoint
Enfant
Louise-Josèphe Chalgrin (1777-1828)

Biographie

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Fille du peintre Claude Joseph Vernet et de Virginia Parker, elle est la sœur cadette de Livio, Orazio et du peintre Carle Vernet, mais également la tante et marraine du peintre Horace Vernet.

Elle épouse en 1776 l'architecte Jean-François Chalgrin qui a obtenu le prix de Rome en 1758[3] et, depuis 1770, intendant des bâtiments de Monsieur, comte de Provence[4]. Claude Joseph Vernet donne à sa fille une dot de 40 000 francs et offre à son gendre le tableau Les Cascatelles de Tivoli. En 1777, une fille, Louise-Josèphe, nait de cette union, mais le ménage n'est pas heureux ; le couple se sépare en 1782[5] et Jean-François Chalgrin délaisse sa famille. À partir de 1790, son épouse entretient une relation avec le baron Antoine Pierre Piscatory (1760-1852).

Après la journée du 10 août 1792, Marguerite Chalgrin se réfugie chez son amie Rosalie Filleul à l’hôtel dit de Travers, situé rue Bois-Le-Vent, à Passy, près du château de la Muette, dont Filleul a été concierge[6]. Elle loue ensuite un petit appartement appartenant à son amie[7], où Piscatory, devenu payeur général de la Trésorerie de guerre, continue à la voir[8]. Pendant la Terreur, son amie et propriétaire commet l'imprudence de confier à un brocanteur plusieurs meubles de rebut du château de la Muette, dont elle dispose selon l'usage, ignorant qu'ils sont revêtus de la marque royale.

Filleul est dénoncée au Comité de sûreté générale, ses logements perquisitionnés ; on trouve chez Chalgrin une correspondance non signée (appartenant à Piscatory), et des chandelles portant l'estampille de la maison de Provence, d'une valeur de 20 livres[9]. Accusée de complicité de vol et recel d’objets appartenant à la République, Chalgrin est incarcérée à la Conciergerie[10] le 25 juin 1794.

Son frère Carle entame plusieurs démarches pour la faire libérer[Note 1],[10]. Reconnue, comme son amie, coupable, Marguerite Émilie Chalgrin est condamnée à la peine de mort par le Tribunal révolutionnaire, et guillotinée place du Trône-Renversé le 6 thermidor an II ()[2], trois jours avant le mariage de sa fille Louise-Josèphe.

Son corps est inhumé au cimetière de Picpus.

Le Portrait de madame Trudaine, peint par David, passe longtemps — notamment auprès de sa famille — pour celui d'Émilie Chalgrin. Transmis de la collection d'Horace Vernet à celle de son gendre, Paul Delaroche, il entre au musée du Louvre en 1890 sous cette identification, qui n'est remise en doute qu'au milieu du XXe siècle[11].

Bibliographie

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  • Casimir Stryjeński, Deux victimes de la Terreur, la princesse Rosalie Lubomirska, Mme Chalgrin, Paris, Girard et Villerelle, (lire en ligne), p. 145-191.

Notes et références

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  1. ↑ Selon Antoine Schnapper[11], une légende — reprise par Stryjenski (1899) et Hustin (1904) —, rapporte que Vernet se serait adressé notamment à Jacques-Louis David, membre du Comité de Sûreté générale, mais que celui-ci, rancunier envers Marguerite Émilie Chalgrin qui l'aurait éconduit autrefois, aurait décidé de ne rien faire.

Références

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  1. 1 2 Stryjeński 1899, p. 147.
  2. 1 2 3 Stryjeński 1899, p. 171.
  3. ↑ Stryjeński 1899, p. 148.
  4. ↑ Stryjeński 1899, p. 149.
  5. ↑ Stryjeński 1899, p. 151.
  6. ↑ Stryjeński 1899, p. 153.
  7. ↑ Stryjeński 1899, p. 154.
  8. ↑ Stryjeński 1899, p. 162.
  9. ↑ Stryjeński 1899, p. 163.
  10. 1 2 Stryjeński 1899, p. 164.
  11. 1 2 Antoine Schnapper, David 1748-1825 (catalogue de l'exposition), Versailles, Editions de la Réunion des musées nationaux, , p. 280

Liens externes

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