Mariano Aiello

réalisateur et avocat argentin

Mariano Aiello est un réalisateur de films documentaires, scénariste, producteur de cinéma et avocat argentin. Il est notamment connu pour avoir coréalisé avec la réalisatrice allemande Kristina Hille le documentaire Awka Liwen (2010), écrit avec l'écrivain et historien Osvaldo Bayer, et pour avoir réalisé le documentaire Martínez de Hoz (2017)[1],[2].

Mariano Aiello.

Le quotidien argentin La Nación le présente, à l'occasion de la sortie d’Awka Liwen, comme avocat et cinéaste argentin[2].

Parcours

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À partir des années 1990, Aiello travaille notamment au Guatemala, dans des projets liés à la réforme de la justice, aux institutions démocratiques et aux droits de l'homme[3].

Dans le cadre du Fondo Argentino de Cooperación Horizontal (FO-AR), organisme de coopération du ministère argentin des Affaires étrangères, il participe en qualité d'expert argentin à des projets menés avec le Congrès de la République du Guatemala. Une publication du ministère le mentionne, avec Silvina Ramírez, parmi les experts du projet Enlaces legislativos[4].

Avec Gabriela Vázquez Smerilli, il dirige en 2000 l'ouvrage Asociacionismo e independencia judicial, publié par le bureau régional pour l'Amérique centrale de l'Instituto de Estudios Comparados en Ciencias Penales y Sociales (INECIP)[5].

Au Guatemala, il collabore avec la politologue et réalisatrice allemande Kristina Hille. De cette collaboration naissent plusieurs films consacrés à des questions sociales, politiques et environnementales en Amérique latine[6].

Œuvre documentaire

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Premiers documentaires

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Parmi les premiers films réalisés par Aiello et Hille figurent Explotación de oro a cielo abierto en Guatemala: Proyecto Marlin et Explotación de níquel en tierras mayas: Proyecto Fénix. Le World Rainforest Movement présente en 2006 les deux documentaires comme des réalisations communes de Hille et Aiello consacrées aux conséquences sociales, environnementales et humaines de l'exploitation minière au Guatemala[7].

En 2006, ils réalisent également Uruguay natural y el Consenso de Washington, consacré notamment à l'expansion des plantations forestières industrielles et à l'industrie de la cellulose en Uruguay. Le quotidien uruguayen El País rapporte que le film reçoit une mention spéciale au festival scientifique CineCien[8].

Projet Rigoberta, la hija del tiempo

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À partir de 2009, Aiello et Hille développent parallèlement à Awka Liwen un projet de documentaire consacré à la militante guatémaltèque et prix Nobel de la paix Rigoberta Menchú, intitulé Rigoberta, la hija del tiempo. Página/12 rapporte alors que Menchú participe au scénario du projet[6].

Awka Liwen

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En 2010 sort Awka Liwen, coréalisé par Mariano Aiello et Kristina Hille. Le scénario est signé par Osvaldo Bayer, Aiello et Hille, Bayer assurant également la narration[2].

En 2019, Le Monde, dans sa nécrologie d'Osvaldo Bayer, rappelle que celui-ci avait écrit avec Aiello et Hille le scénario et le livret d’Awka Liwen[1].

Le documentaire traite de l'expropriation des peuples autochtones, de la concentration foncière en Argentine et des prolongements politiques, économiques et sociaux de ces processus[2].

En août 2008, le projet est déclaré d'« intérêt national » par le secrétariat général de la présidence de la Nation argentine, par la résolution 992/2008[9].

En 2011, Awka Liwen remporte la compétition argentine de longs métrages du Festival Internacional de Cine Político (FICIP), à Buenos Aires[10].

Réception critique

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Diego Batlle, dans La Nación, juge le film « bon ». Il le décrit comme un documentaire soigné et percutant, tout en estimant sa forme cinématographique relativement élémentaire. Il souligne néanmoins son honnêteté, son travail de recherche et son engagement en faveur des droits des peuples autochtones[2].

Oscar Ranzani, dans Página/12, le qualifie de « remarquable documentaire » et lui attribue la note de huit sur dix, en soulignant notamment l'emploi d'archives, d'entretiens et d'autres ressources audiovisuelles[11].

Diffusion

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Awka Liwen est présenté en France sous le titre Aube rebelle. Une traduction française du film et de son scénario est réalisée par la traductrice et chercheuse française Françoise Thanas. Dans un entretien, celle-ci indique avoir rencontré Aiello à Buenos Aires et à Paris et précise que le documentaire a été présenté à Paris dès 2010[12].

Le 4 juillet 2013, Aube rebelle (Awka Liwen) est projeté au Centre culturel Bellegarde de Toulouse, dans le cadre du festival TangoPostale. Le programme officiel précise que la projection est suivie d'un débat « en présence de Mariano Aïello »[13].

La Maison de l'Amérique latine à Paris programme également le documentaire sous le titre Awken Liwen, Aube rebelle[14].

En 2012, la Film Society of Lincoln Center, aujourd'hui Film at Lincoln Center, présente le film à New York comme une première nord-américaine et annonce la présence de Mariano Aiello lors de la projection[15].

Procédure judiciaire autour d’Awka Liwen

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En 2011, José Alfredo Martínez de Hoz fils et Alejandro Martínez de Hoz engagent une procédure judiciaire à propos des références à leur famille présentes dans Awka Liwen. Le litige concerne notamment Osvaldo Bayer, Mariano Aiello et l'historien Felipe Pigna[16].

En juillet 2012, le quotidien allemand taz consacre un article au procès, à la diffusion du film et à la position d'Aiello face à la demande de retrait de certaines séquences[17].

Quelques semaines plus tard, l'hebdomadaire allemand Jungle World publie un entretien approfondi avec Kristina Hille et Mariano Aiello consacré au film, à la représentation des peuples autochtones et au contentieux[18].

Reporters sans frontières consacre un article à l'affaire et exprime son soutien à Bayer face au risque de censure du documentaire[16].

La demande est rejetée en première instance. Le 3 mai 2016, la chambre M de la Cámara Nacional de Apelaciones en lo Civil confirme le rejet de l'action. Le système argentin d'information juridique (SAIJ) rattache notamment la décision à la protection constitutionnelle et conventionnelle de la liberté d'expression[19].

La juridiction de première instance avait notamment été saisie d'une demande tendant à supprimer les références orales, écrites et visuelles à la famille Martínez de Hoz et à suspendre la diffusion du film jusqu'à leur retrait[20].

Martínez de Hoz

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Le contentieux autour d’Awka Liwen devient par la suite le point de départ du documentaire Martínez de Hoz, réalisé par Aiello et sorti en 2017. Le film analyse le procès ainsi que l'histoire politique et économique de la famille Martínez de Hoz en Argentine[21],[22].

Osvaldo Bayer en assure la narration. Parmi les personnalités interrogées figurent notamment le prix Nobel de la paix Adolfo Pérez Esquivel, le juriste Eugenio Raúl Zaffaroni et l'homme politique franco-allemand et ancien dirigeant écologiste Daniel Cohn-Bendit, ainsi qu'Eduardo Basualdo, Aldo Ferrer et Ulrich K. Preuß[22].

La présence de Cohn-Bendit est également relevée dans des articles consacrés au film et à sa projection européenne[23].

Juan Pablo Russo, dans le portail cinématographique EscribiendoCine, attribue au film une note de huit sur dix et le décrit comme une « œuvre monumentale »[24].

Le Musée d'Art latino-américain de Buenos Aires (MALBA) programme les deux parties du film en 2017[22].

Refugees Film Festival

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En 2018, Aiello lance à Berlin le Refugees Welcome Film Festival, devenu par la suite le Refugees Film Festival. Le festival est consacré au cinéma traitant de l'exil, des migrations, des réfugiés, des guerres et des droits humains[25].

En 2025, sa huitième édition se tient au Lichtblick-Kino de Berlin[26].

Filmographie sélective

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  • 2004 : Explotación de oro a cielo abierto en Guatemala: Proyecto Marlin, coréalisation avec Kristina Hille[7]
  • 2004 : Explotación de níquel en tierras mayas: Proyecto Fénix, coréalisation avec Kristina Hille[7]
  • 2006 : Uruguay natural y el Consenso de Washington, coréalisation avec Kristina Hille[8]
  • Rigoberta, la hija del tiempo, projet documentaire, indiqué en postproduction en 2011[27]
  • 2010 : Awka Liwen, coréalisation avec Kristina Hille[2]
  • 2017 : Martínez de Hoz[22]
  • 2025 : Cuero y deforestación, coréalisation avec Roly Ruiz[28]

Publication

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  • Gabriela Vázquez Smerilli et Mariano Aiello (dir.), Asociacionismo e independencia judicial, INECIP, Oficina Regional Centroamérica, Guatemala, 2000[5].


Notes et références

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  1. 1 2 « Mort de l'écrivain et journaliste argentin Osvaldo Bayer », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
  2. 1 2 3 4 5 6 (es) Diego Batlle, « Un relato revisionista y sumamente polémico », La Nación, (lire en ligne, consulté le )
  3. (es) « Rebelde amanecer », sur El Litoral, (consulté le )
  4. (es) « Fondo Argentino de Cooperación Horizontal – FO-AR », sur Ministerio de Relaciones Exteriores de la República Argentina (consulté le )
  5. 1 2 (es) « Asociacionismo e independencia judicial », sur INECIP / CEJA (consulté le )
  6. 1 2 (es) Facundo García, « Historia que no cuentan los que ganan », Página/12, (lire en ligne, consulté le )
  7. 1 2 3 (es) « Guatemala: documentales sobre los impactos de la minería », sur World Rainforest Movement, (consulté le )
  8. 1 2 (es) « Incidente con cineasta argentino que fue detenido tras discutir con policías », El País, (lire en ligne, consulté le )
  9. (es) « Resolución 992/2008 – Adhesiones oficiales – Awka Liwen », sur Argentina.gob.ar, (consulté le )
  10. (es) « Triunfa ‘Presunto culpable’ en Festival de cine político de Argentina », sur CorreCamara, (consulté le )
  11. (es) Oscar Ranzani, « Voces para una historia de exterminio », Página/12, (lire en ligne, consulté le )
  12. (es) « Cuando traducir no es traicionar. Entrevista a la traductora e investigadora teatral Françoise Thanas », sur Tablas y palabras, (consulté le )
  13. « Programme TangoPostale 2013 », sur TangoPostale, (consulté le )
  14. « Awken Liwen, Aube rebelle », sur Maison de l'Amérique latine (consulté le )
  15. (en) « Awka Liwen », sur Film at Lincoln Center (consulté le )
  16. 1 2 « Abus judiciaires : un cinéaste menacé de censure ; un journaliste curieusement renvoyé en prison », sur Reporters sans frontières, (consulté le )
  17. (de) Jürgen Vogt, « Die ehrenwerten Martínez de Hoz », Die Tageszeitung, (lire en ligne, consulté le )
  18. (de) María Porciel Crosa et Florian Wagener, « Der „gute Wilde“ hat den „bösen Wilden“ abgelöst », Jungle World, (lire en ligne, consulté le )
  19. (es) « Martínez de Hoz, J. y otro c/ Macanudo, F. y otros s/ amparo », sur Sistema Argentino de Información Jurídica, (consulté le )
  20. (es) « Martínez de Hoz José Alfredo y otro c/ Macanudo Films y otros s/ amparo », sur Poder Judicial de la Nación, (consulté le )
  21. (es) Oscar Ranzani, « Fue uno de los jefes de la dictadura », Página/12, (lire en ligne, consulté le )
  22. 1 2 3 4 (es) « Martínez de Hoz », sur Museo de Arte Latinoamericano de Buenos Aires, (consulté le )
  23. (de) « Spanische und lateinamerikanische Filme in Berlin », sur Berliner Arbeitskreis Film (consulté le )
  24. (es) Juan Pablo Russo, « Martínez de Hoz », sur EscribiendoCine, (consulté le )
  25. (en) « Refugees Film Festival », sur Refugees Film Festival (consulté le )
  26. (en) « The Refugees Film Festival #8 », sur Lichtblick-Kino, (consulté le )
  27. (es) « Catálogo FICIP 2011 », sur Festival Internacional de Cine Político, (consulté le )
  28. (en) « The Sky Is Mine + Cuero y deforestación – Leather and Deforestation », sur Lichtblick-Kino, (consulté le )

Voir aussi

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