Marie-Julie de Sainte-Maure
Marie-Julie de Sainte-Maure, duchesse d'Uzès, née le à l’hôtel de Rambouillet, rue Saint-Thomas-du-Louvre, et morte le à Paris, à l'hôtel de Rambouillet, est une aristocrate française, fille de Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier († 1690) et de Julie d'Angennes. Ses grands-parents maternels sont Charles d'Angennes, marquis de Rambouillet, et Catherine de Vivonne. Elle a pour parrain le duc Antoine III de Gramont et pour marraine Marie-Madeleine de Vignerot de Pontcourlay, duchesse d'Aiguillon[1].
| Marie-Julie de Sainte-Maure | ||
| Titre | Duchesse d'Uzès | |
|---|---|---|
| Biographie | ||
| Dynastie | Maison de Sainte-Maure | |
| Naissance | Hôtel de Rambouillet |
|
| Décès | (à 48 ans) Paris |
|
| Père | Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier | |
| Mère | Julie d'Angennes | |
| Conjoint | Emmanuel II, comte de Crussol | |
| Enfants | 8 enfants | |
| modifier |
||
Biographie
modifierEnfance
modifierTallemant des Réaux la qualifie « d'enfant extraordinaire qui raisonne de tout avec une pénétration extrême ». À dix ans elle a déjà lu tout l'Ancien et le Nouveau Testament.
Présentée à Louis XIV et à la reine Anne d'Autriche en , elle charme la reine-mère qui invite monsieur de Montausier à suivre la cour pour assister au mariage du roi. Présentée officiellement à la cour en elle en devient « un des plus beaux ornements ». Il fut dit d'elle: « C'est dommage qu'elle ait les yeux de travers, car elle a la raison bien droite; pour le reste elle est grande et bien faite! »
Mariage
modifierElle épouse le Emmanuel II, comte de Crussol, fils de François de Crussol, duc d'Uzès. Ce dernier devait se démettre de ses duché et pairie d'Uzès en faveur de son fils dès 1674. Julie-Marie de Sainte-Maure devient duchesse d'Uzès officiellement le au décès de son beau-père. Son contrat de mariage fut passé en présence du roi, de la reine, de la reine-mère, de Monseigneur le Dauphin et autres princes et princesses et grands seigneurs de la cour.
Elle assiste en 1666 à la première du Misanthrope dont son père, le duc de Montausier, aurait inspiré à Molière le personnage d'Alceste. Elle fut proche de Monseigneur le Dauphin et de Madame de Montespan. S'étonnant des scrupules religieux de cette dernière, elle reçut de la marquise cette célèbre réponse: « Eh quoi madame! Faut il parce que je fais un mal, que je les fasse tous ? »[2].
Chargée un temps de la garde robe du Dauphin, Julie-Marie fut réprimandée par le roi pour avoir lancé la mode des vêtements en drap rayé. Louis XIV ne souhaitait pas qu'on portât à Versailles d'autres que ceux, unis, qui étaient alors d'usage[3].
À la mort de son père, en 1690, elle hérite de la terre et du château de Rambouillet. Elle meurt cinq ans plus tard, en 1695, en laissant une situation financière embarrassée, qui oblige ses enfants à vendre Rambouiillet en 1699[4].
Descendance
modifierEmmanuel II de Crussol et Julie-Marie de Sainte-Maure eurent 8 enfants
- Louis, marquis de Crussol, puis 6e duc d'Uzès, gouverneur de Saintonge et d'Angoumois, brigadier des armées du Roi, colonel du régiment de Crussol (1668 - 29 juillet 1693) tué à la bataille de Nerwinde, mort sans postérité ;
- Julie-Françoise de Crussol (1669-1742) épouse en 1686 de Louis-Antoine de Pardaillan de Gondrin, duc d'Antin (1665-1736), fils de Madame de Montespan, dont postérité ;
- Thérèse-Marguerite de Crussol (1671-1672) ;
- Louise-Catherine de Crussol (1674-1694), épouse en 1691 Louis-François-Marie Le Tellier, marquis de Barbezieux, fils de Louvois, dont postérité ;
- Jean-Charles de Crussol,7e duc d'Uzès, pair de France, gouverneur de Saintonge et d'Angoumois (1675-1739) épouse (1) en 1696, Anne-Hypolite de Grimaldi (1667-1700), fille de Louis, prince de Monaco, et de Catherine Charlotte de Gramont ; épouse (2) en 1706, Anne-Marie de Bullion, dame de Wideville, fille de Charles Denis de Bullion, marquis de Fervaques, seigneur de Bonnelles, Esclimont, et de Marie Anne Rouillé de Meslay. Dont postérité ;
- Louis de Crussol, dit l'abbé d'Uzès (1677-1694), chanoine ;
- François de Crussol, comte d'Uzès, lieutenant général des armées du Roi (1679-1736) épouse (1) en 1705 Madeleine Charlotte Pasquier de Franclieu (1675-1713) dont postérité; épouse (2) Marie-Anne Commeau, veuve Bailleul (morte en 1741), sans postérité;
- Félix-Louis de Crussol, dit d'Aymargues (1681-1712) chanoine[5].
Séparée de son époux dès 1685[6], elle occupe à la cour de Louis XIV, à Versailles, un appartement dans l'aile des princes, donnant à l'angle de la vieille aile du château, aujourd'hui situé derrière la Galerie des Batailles[7]. Mais elle meurt à Paris, à l'hôtel de Rambouillet, le [8]. (De façon erronée, Jean Buvat indique dans son Journal de la Régence, que "Madame la duchesse d'Uzès mourut le de la petite vérole à l'abbaye de Sept-Fonds, âgée de 83 ans." [9]).
Notes et références
modifier- ↑ Dictionnaire généalogique, héraldique, chronologique et historique, Éditions Duchesne, 1757
- ↑ Jean-Christian Petitfils, Madame de Montespan, Tempus Perrin, Paris, 2009, (ISBN 978-2262030810)
- ↑ « Emmanuel II de Crussol, cinquième Duc d'Uzès. », sur nemausensis.com (consulté le ).
- ↑ M. Lorin, « Rambouillet », Mémoires de la Société Archéologique de Rambouillet, vol. XIX, , p. 345-352 (lire en ligne)
- ↑ Georges Martin, Histoire et généalogie de la Maison de Crussol d'Uzès, Lyon, l'auteur, , 272 p., p. 100-109
- ↑ Amédée Roux, Un Misanthrope à La Cour De Louis XIV: Montausier, Sa Vie et Son Temps, Nabu Press, 2014, (ISBN 978-1295876921)
- ↑ William R. Newton, L'espace du Roi, Fayard, Paris, 1999, (ISBN 978-2213602059)
- ↑ Comte de Laborde, Le Palais Mazarin, et les grandes habitations de ville et de campagne au dix-septième siècle, Paris, 1846, p. 307
- ↑ Jean Buvat, Journal de la Régence: 1715-1723 Tome 1, publié par Émile Campardon, chez Plon, Paris, 1865, page 473: source contestable l'abbaye de Sept-Fons étant principalement réservée aux moines et la duchesse d'Uzès aurait eu 73 ans et non 83 ans en 1719.