Marie Janson

femme politique belge

Marie Janson, née à Bruxelles le et morte le , est une femme politique belge. Elle est la première femme belge à devenir membre du Sénat.

Marie Janson
Fonction
Sénateur coopté
-
Biographie
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Partis politiques

Biographie

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Famille

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Acte de naissance de Marie Janson.

Marie Janson est issue d’une famille de cinq enfants, engagée politiquement. Son père, Paul Janson, avocat, est conseiller communal de Bruxelles[1] et membre de l'aile progressiste du Mouvement libéral belge.

Son frère est l'homme politique Paul-Emile Janson, Premier ministre de à .

Formation

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Élevée dans un milieu bourgeois et intellectuel, elle intègre l'école d’Isabelle Gatti de Gamond à Bruxelles où sa mère, Anne-Augustine Amoré avait enseigné la géographie avant son mariage, et en sort régente. Marie Janson devient par la suite amie avec Isabelle Gatti de Gamond qui exercera une grande influence sur sa carrière politique.

Mariage avec Paul Spaak

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Elle se marie le avec Paul Spaak[2], avocat au barreau de Bruxelles, professeur de littérature et dramaturge, avec qui elle a quatre enfants : Madeleine, Paul-Henri Spaak, Charles Spaak et Claude Spaak.

Paul-Henri Spaak, fils de Marie Janson.

Paul-Henri Spaak intègre le Parti ouvrier belge et devint Premier ministre, ministre des Affaires étrangères et secrétaire général de l'OTAN.

Charles Spaak est scénariste, notamment de La Grande Illusion de Jean Renoir et de La Belle Équipe de Julien Duvivier.

Carrière politique

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1921 : Sénatrice de Belgique

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Marie Spaak, bercée depuis l’enfance par la politique, mais faisant partie de la classe bourgeoise, prend part à des œuvres caritatives pendant la Première Guerre mondiale et découvre la misère dans laquelle vivent les familles défavoriséela.

La guerre terminée, elle décide d'entrer en politique et, avec son plus jeune fils, Paul-Henri, adhère au Parti ouvrier belge. Elle est élue dans la commune bruxelloise de Saint-Gilles aux élections communales de 1921. L’ensemble de sa campagne est centré autour du concept de « ménagère ».

Quelques mois plus tard, le conseil général du parti, sur proposition d’Emile Vandervelde, coopte Marie Spaak-Janson comme sénatrice. Le , elle entre dans l’Histoire et devient la première femme parlementaire belge.

Cette nomination n’aurait pas été possible sans plusieurs modifications législatives. Lorsque Marie Spaak-Janson est née, le droit de vote est réservé à la gent masculine. C’est pendant l’entre-deux-guerres que cette situation prend fin. Le , les femmes ne sont plus exclues de l’éligibilité à la Chambre des Représentants. Dix mois plus tard, le , elles sont éligibles au Sénat. Les femmes peuvent être désignées en tant que sénatrices provinciales ou cooptées à la suite de la loi du . C’est ainsi que Marie Spaak-Janson est désignée première sénatrice cooptée en novembre 1921.

Critiques

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Ce choix, symbolique, d’une femme sénatrice, fait couler beaucoup d’encre. Si beaucoup sont comblés, Marie n’échappe pas aux critiques de quelques-uns. L’hebdomadaire Pourquoi pas ? :

« Mme Spaak n'est qu'une fausse ménagère, une ménagère amateur, qui n'a jamais tenu dans ses blanches mains, ni la pelle, ni le balai, ni la loque à reloqueter, ni la lèche-frites et qui sait tout juste ce que c'est qu'un livre de comptes. En réalité, c'est une intellectuelle, une femme politique qui, sur ses affiches électorales, s'est intitulée ménagère, parce que c'est une étiquette qui, auprès de l'électeur conscient et organisé, fait presque aussi bien que celle d'institutrice ou de charmeuse[3]. »

Bien qu’elle soit critiquée, non seulement en tant que femme, mais également en tant que bourgeoise, son mandat de sénatrice cooptée lui est confirmé jusqu’en 1958. Tout au long de sa carrière au Sénat, Marie fait preuve d’un travail sérieux qui lui vaut un prestige indiscutable. Ses maintes interventions concernent généralement l’enseignement, l’enfance, la condition féminine et la lutte contre l'alcoolisme. Elle qui doit attendre 1948 pour voter, est déjà l’auteure de plusieurs propositions de loi sur : l’assurance maternelle, l’organisation d’un enseignement moyen du degré supérieur pour jeunes filles, le contrat de travail des « gens de maison », une modification de l’œuvre nationale de l’enfance et la création de l'université néerlandophone à Gand.

Marie Spaak-Janson, première femme parlementaire belge, fait encore « œuvre de pionnière »[3] en devenant la première femme à présider une assemblée parlementaire belge. En effet, le , elle préside, comme doyenne d’âge, la séance d’ouverture du Sénat.

1922 : les Femmes prévoyantes socialistes

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Comme beaucoup de femmes socialistes, Marie Spaak-Janson se présente constamment en tant que « ménagère et mère de famille », octroyant un intérêt spécifique à l’enfance, notamment au sein de l’Orphelinat rationaliste. En 1922, accompagnée d’Arthur Jauniaux, elle fonde le mouvement des Femmes prévoyantes socialistes.

Les Femmes prévoyantes socialistes (FPS) ont mené beaucoup de combats pour la femme tels que le droit à la santé, le suffrage féminin, le droit au travail des femmes, le droit à l'éducation des filles ... Les FPS visent avant tout les femmes de la classe ouvrière, ce qui les distingue des mouvements féministes traditionnels.

La création de ce mouvement féministe de gauche constitue un tournant dans la perception du rôle de la femme dans la lutte pour l'émancipation de la classe ouvrière.

« L'histoire des Femmes prévoyantes socialistes, c'est la belle histoire d'un groupe de femmes qui a voulu porter le combat pour l'émancipation des femmes de la classe ouvrière en transmettant les valeurs d'égalité, de liberté et de solidarité »[4].

Ce mouvement existe toujours et regroupe 10 antennes régionales ainsi que 200 groupes locaux sur le territoire de la Communauté française de Belgique.

En plus des FPS, Marie Spaak-Janson dirige pendant de longues années la Guilde nationale des coopératrices et influence fortement le Comité national des femmes socialistes.

Honneurs

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De par son action au sein du mouvement socialiste féminin, et en tant que première parlementaire, Marie Spaak-Janson a marqué l’histoire des femmes de Belgique. Elle a toujours refusé les distinctions honorifiques. Bien que pionnière du mouvement féminin et symbole de l’émancipation féminine, elle a fait l’objet de préjugés de son époque, définissant la femme en fonction des hommes. Dès lors, lorsqu’elle décède, on parle de la fille de Paul Janson, la sœur de Paul-Émile Janson, et la mère de Paul-Henri Spaak.

Une place à Saint-Gilles porte son nom.

Notes et références

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  1. « JANSON Paul. », sur maitron.fr (consulté le ).
  2. (nl) « Marie Spaak », sur www.myheritage.nl (consulté le )
  3. 1 2 Femmes belges 2006, p. 334
  4. Propos tenus par Ghislaine Julemont, auteur de l’ouvrage : Femmes prévoyantes socialistes. Des combats d’hier aux enjeux de demain.

Voir aussi

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Articles connexes

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Bibliographie

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  • BARD (C) et PAVARD (B), « Femmes outsiders en politique », Parlement(s), Revue d’histoire politique, Paris, no 19, .
  • DELANGE-JANSON (L), Paul Janson 1840-1913. Sa vie généreuse. Son époque, 2 t., Bruxelles, Centre Paul Hymans, 1962-1964.
  • DUMOULIN (M), Spaak, Bruxelles, Racine, 1999.
  • FINCOEUR (M), “Mme Spaak – Janson, 1ère femme sénateur en Belgique” dans Revue de la femme belge. Organe d’éducation féminine paraissant le 1er et le 15 du mois, , pp.5-6.
  • GOLDSTEIN (E), “Marie Spaak fête ses 75 ans” dans La Femme Prévoyante, , p. 3.
  • GUBIN (E) (dir.), PIETTE (V) (dir.) et PUISSANT (J) (dir.), Dictionnaire des femmes belges : XIXe et XXe siècles, Bruxelles, Editions Racine, .
  • PS, 125 combats et éléments-phares du PS, Bruxelles, 2010.
  • VAN DER DUSSEN (S), « La représentation des femmes en politique (1994 - 2013 ) », Courrier hebdomadaire du CRISP, Bruxelles, CRISP, nos 2199-2200, .
  • VAN ROGEGHEM (S), VERCHEVAL-VERVOORT (J) et AUBENAS (J), Des Femmes dans l’Histoire en Belgique, depuis 1830, Bruxelles, Editions Luc Pire, .

Liens externes

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