Marine Fourniez, née le à Labuissière et morte le à Wingles (Pas-de-Calais), est une ouvrière et résistante française. Sous le pseudonyme d'« Agnès », elle est agente de liaison dans le secteur de Lens, au cœur du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, de 1943 à la Libération[1]. Atteinte d'une maladie incurable à la suite d'un accident du travail, elle meurt à 26 ans, sans avoir reçu de reconnaissance officielle de son vivant.

Marine Fourniez
Marine Fourniez vers 1940.
Biographie
Naissance
Décès
(à 26 ans)
Wingles (Pas-de-Calais)
Pseudonyme
Agnès
Nationalité
Allégeance
Activité
Ouvrière, résistante
Père
David Fourniez
Autres informations
Conflit

Biographie

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Origines et jeunesse

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Marine Fourniez naît le , à huit heures du soir, à Labuissière, dans le Pas-de-Calais. Fille d'un mineur, David Fourniez, et d'une mère au foyer, elle est l'aînée d'une fratrie de quatre enfants[1]. La famille s'installe ensuite à Wingles, où Marine Fourniez vit avec ses parents, ses frères et ses sœurs.

Accident du travail

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Au début des années 1940, Marine Fourniez travaille comme ouvrière à la chaîne dans l'usine chimique de Wingles, spécialisée dans l'électrochimie et les carbures[1]. En 1942[n 1], alors qu'elle travaille sur la machine de remplissage de tubes, ses cheveux et le haut de son crâne sont happés par le mécanisme. Elle en conserve une atteinte irréversible, une maladie chronique dont l'issue est considérée comme fatale et que la famille désigne comme un cancer[1].

Entrée dans la Résistance

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Se sachant condamnée, sans mari ni enfant, Marine Fourniez décide en de s'engager volontairement dans la Résistance[1]. Sous le nom de code d'« Agnès », elle devient agente de liaison :

Agente de liaison

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De 1943 à la Libération, Marine Fourniez assure le transport de lettres, d'ordres, de tracts et de journaux clandestins, mais aussi de matériel de guerre : armes, grenades et dynamite[2][3].

Elle effectue des centaines d'allers-retours entre Lens, Wingles et Billy-Berclau, soit une vingtaine de kilomètres à chaque trajet, en train, à moto ou le plus souvent à pied, parfois de nuit et au mépris du couvre-feu[1]. Son emploi à l'usine chimique lui permet d'obtenir des laissez-passer facilitant ses déplacements.

Avec son père, elle aménage la fosse septique de la maison familiale en dépôt clandestin d'armes, de grenades et de dynamite. Le grenier sert également de cache pour les armes, les tracts et les ordres, dissimulés de telle manière que, selon la famille, il aurait fallu démolir la maison pour les découvrir.

Missions marquantes

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Les valises de la gare de Lens (1943)

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En 1943, Marine Fourniez récupère à la gare de Lens des valises remises par un camarade, puis monte dans son train. Elle découvre alors que le wagon est occupé par des soldats et des officiers allemands. Ayant déjà été vue, elle ne peut faire demi-tour et décide de rester à bord. Un officier allemand s'approche et insiste pour porter ses valises jusqu'au porte-bagages ; elle est contrainte d'accepter. Les valises, qui contiennent des explosifs, ne s'ouvrent pas et leur contenu n'est pas découvert[3].

La perquisition de la Gestapo (1944)

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En 1944, après avoir récupéré des armes et des grenades à la gare de Lens, elle prend le train en direction de Wingles et remarque qu'elle est suivie par deux hommes, qui descendent du train à sa suite. Arrivée chez elle, elle prévient son père, qui retire les armes et les grenades des valises et les dissimule dans le foyer, encore éteint, du poêle familial[3].

Deux agents de la Gestapo font irruption quelques minutes plus tard et fouillent la maison de fond en comble. Selon le récit familial, David Fourniez détourne leur attention en leur présentant d'autres valises contenant du pain et de la nourriture, puis allume le feu, avec l'aide de sa fille, en prétextant le froid. Les agents repartent sans avoir rien trouvé. Le père et la fille éteignent aussitôt le feu, en se brûlant les mains, et récupèrent les armes, qui sont ensuite acheminées aux combattants. La découverte de ce matériel aurait exposé toute la famille à une exécution.

Les grenades du cabas

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Lors d'une autre mission, Marine Fourniez voyage en train assise à côté d'un soldat allemand, avec un cabas à pommes de terre dans lequel sont dissimulées des grenades. Le soldat ne remarque rien et elle livre les grenades à destination[3].

Surveillance

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Observée, suivie et traquée à plusieurs reprises par les services allemands, Marine Fourniez n'est jamais arrêtée. Le , elle se présente au commissariat de Wingles pour faire établir une carte d'identité portant son signalement, son empreinte, sa photographie et son adresse.

Libération et fin de vie

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Wingles est libérée le [3]. Le parcours de Marine Fourniez au sein des FTPF, du Front national, des FFI et des Milices patriotiques prend fin avec la Libération. Son état de santé continue cependant de se dégrader.

Elle meurt le samedi à Wingles, à l'âge de 26 ans, emportée par la maladie consécutive à son accident du travail[1]. L'Union des femmes françaises, le Front national de lutte pour l'indépendance de la France et le Parti communiste français lui rendent alors hommage, en associant le courage dont elle a fait preuve face à l'occupant à celui dont elle a fait preuve face à la maladie[1].

Hommages et reconnaissance

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Après sa mort, Marine Fourniez tombe rapidement dans l'oubli[2]. Elle ne reçoit ni décoration, ni carte du combattant, ni titre de reconnaissance de la Nation.

Au début des années 2020, sa famille engage une démarche visant à faire reconnaître son action[2]. Elle reçoit une décoration à titre posthume[2].

Une rue de Wingles porte son nom[2].

Une notice biographique lui est consacrée dans Le Maitron[1].

Notes et références

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  1. ↑ Le récit familial situe l'accident en 1941 ou en 1942.
  2. ↑ La notice du Maitron rattache le matricule 162 aux FFI ; la carte de membre conservée par la famille le rattache aux Milices patriotiques du Pas-de-Calais.

Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 « FOURNIEZ Marine [Pseudonyme dans la Résistance : Agnès] », sur Le Maitron (consulté le )
  2. 1 2 3 4 5 « Wingles : Il rend hommage à Marine Fourniez, son arrière-grande-tante résistante, avec une rue à son nom et une médaille », sur France 3 Hauts-de-France, (consulté le )
  3. 1 2 3 4 5 (en) « They Called Her 'Agnes': The Untold Story Of A French Resistance Hero », sur War History Online, (consulté le )

Voir aussi

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