Marine Stewardship Council

Le Marine Stewardship Council (en français « Conseil pour la bonne gestion des mers », abrégé en MSC) est un label souhaitant garantir au consommateur — par une certification indépendante et tierce-partie — que les produits de la mer du label ont été pêchés durablement, en respectant les stocks de poissons et les écosystèmes marins.

Marine Stewardship Council
Histoire
Fondation
Cadre
Sigle
(en) MSCVoir et modifier les données sur Wikidata
Type
Forme juridique
Siège
Pays
Organisation
Effectif
267 employés (), 247 employés (), 227 employés (), 230 employés (), 196 employés (), 171 employés (), 147 employés ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Fondateurs
Chiffre d'affaires
19,9 M£ (), 24,9 M£ (), 26,3 M£ (), 29,5 M£ (), 30 096 £ (), 29,8 M£ (), 32,7 M£ (), 33,1 M£ (), 33,7 M£ ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web
La taille des filets et des mailles, le respect des quotas, la prise en compte de la vulnérabilité des populations, l'impact sur les habitats, oiseaux, tortues et l'écosystème marins, etc. sont des critères importants pour le MSC[1].

Le label fait l'objet de critiques fréquentes de la part d'organisations non gouvernementales de protection de l'environnement marin qui le trouvent trop laxiste.

Historique

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Le MSC a été créé à la suite de l’effondrement de la pêcherie de morue de Terre-Neuve en 1992. En 1995, le Fonds mondial pour la nature (WWF) et l’entreprise Unilever lancent une initiative conjointe visant à élaborer une certification destinée à promouvoir la pêche durable[1].

En 1996, les deux organisations officialisent leur collaboration par une déclaration d’intention en faveur de la mise en place de critères internationaux pour évaluer la durabilité des pêcheries. Le MSC est ensuite fondé en 1997[2] à Londres comme organisation indépendante à but non lucratif, avec pour objectif de promouvoir la gestion durable des ressources marines[3].

En 1998, l’organisation publie ses premiers « Principes et critères pour une pêche durable » à l’issue de dix-huit mois de consultations internationales associant chercheurs, experts et acteurs du secteur. Ce référentiel devient la base scientifique et environnementale de l’évaluation des pratiques de pêche. Le programme de certification entre en vigueur en 1999 avec l’évaluation des premières pêcheries selon ces standards[1]. La même année, le MSC engage des travaux sur une norme de traçabilité, destinée à assurer l’intégrité des produits de la mer certifiés tout au long de la chaîne d’approvisionnement. Des distributeurs européens tels que Marks & Spencer, Sainsbury's et Lidl figurent parmi les premiers à ne proposer que des produits certifiés MSC[3].

À la fin des années 2000, 38 % des pêcheries étaient certifiées et 88 autres en cours d’évaluation, ce qui représentait 7 % de l’ensemble des ventes de produits de la mer issus de la pêche sauvage. Elles étaient situées principalement en Europe, en Amérique du Nord et au Japon[4]. En 2018, le MSC a mis en place le Fonds d'appui pour la pêche durable, qui finance des projets scientifiques pour améliorer les pratiques de pêche afin de les rendre plus durables[5].

Depuis, l’organisation a étendu ses activités à l’échelle internationale[6]. En 2024, 550 pêcheries sont certifiées MSC dans 66 pays, ce qui représente 19 % des captures mondiales de poissons sauvages[7].

Organisation

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Le MSC, dont le siège social est basé à Londres[8], dispose de bureaux régionaux dans plusieurs pays à travers le monde pour coordonner ses programmes localement, notamment en France[9].

Financements

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Le MSC est une organisation à but non lucratif, financée principalement par la redevance d'utilisation du label, et pour une part plus faible par des donateurs, fondations et mécènes[10].

Processus de certification

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Le référentiel de certification mis en place par le MSC est développé en consultation avec des scientifiques, des représentants de l'industrie de la pêche et des ONG. L’évaluation des pêcheries repose sur 3 principes : bonne santé du stock de poisson pêché, impact environnemental minimisé, et respect des lois en vigueur. Pour obtenir la certification MSC, une pêcherie doit faire évaluer ses pratiques par un organisme certificateur indépendant[11]. La pêcherie est alors soumise à un audit initial d’une durée moyenne de douze mois. Si elle obtient la certification elle sera soumise à un suivi annuel durant les 5 années de certification, et devra démontrer la mise en place d’améliorations pour atteindre un niveau plus élevé de durabilité[12].

Le label MSC pêche durable est affiché sur les produits de la mer provenant des pêcheries certifiées[13].

Critiques

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Daniel Pauly, directeur du Fisheries Centre de l'université de Colombie-Britannique (Canada), affirme qu'acheter des poissons issus d'une pêche certifiée « durable » n'est pas une réelle garantie que l'espèce consommée n'est pas en danger[14],[15]. Il remet en cause le fonctionnement du Marine Stewardship Council (MSC), le principal label garantissant « une pêche durable et bien gérée » dans le monde. Selon lui le MSC apporte sa caution à des pêcheries industrielles destructrices de l'environnement. Dans le cas du colin d'Alaska, la plus grande pêcherie certifiée MSC dans le monde, le stock en mer de Béring a diminué de 64 % entre 2004 et 2009. Le stock de merlu du Cap, également certifié, a décru de 89 % depuis la fin des années 1980. Ces critiques sont partagées par des organisations de protection de l'environnement, comme Greenpeace, le Pew Environment Trust et de nombreux scientifiques[16],[17], qui jugent également le MSC trop laxiste.

Certaines organisations non gouvernementales vont plus loin et remettent complètement en cause l'intérêt d'un tel label. Ainsi, l'association BLOOM n'hésite pas à dire, à la suite de la certification d'une pêcherie qu'elle estime être « l'une des pêcheries les moins durables et les plus destructrices au monde », que « le MSC est officiellement devenu une imposture »[18].

Le MSC réfute ces accusations, qu’il juge « mensongères », rappelle que son référentiel repose sur « des critères stricts, techniques, scientifiques et robustes », et que la certification est conduite par une tierce partie indépendante[19].

En 2021, le film Seaspiracy critique le MSC pour son inefficacité à réduire les dégâts causés par la pêche industrielle, dont il ne contribue qu'à aménager l'acceptabilité[20].

Notes et références

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  1. 1 2 3 (en) Rupert Howes, « The Marine Stewardship Council Programme », dans Trevor Ward et Bruce Phillips (éditeurs), Seafood ecolabelling: principles and practice, John Wiley & Sons, , 480 p. (lire en ligne), p. 81-105.
  2. AFP, « Que signifie vraiment le label MSC sur les étiquettes de poisson? » Accès libre, Sciences et Avenir, (consulté le ).
  3. 1 2 Wendy Goyert, Raphael Sagarin et John Annala, « The promise and pitfalls of Marine Stewardship Council certification: Maine lobster as a case study », Marine Policy, vol. 34, no 5, , p. 1103–1109 (ISSN 0308-597X, DOI 10.1016/j.marpol.2010.03.010, lire en ligne, consulté le ).
  4. Lars H. Gulbrandsen, « The emergence and effectiveness of the Marine Stewardship Council », Marine Policy, vol. 33, no 4, , p. 654–660 (ISSN 0308-597X, DOI 10.1016/j.marpol.2009.01.002, lire en ligne, consulté le ).
  5. « Cent millions de dollars pour le fonds d’appui pour une pêche durable du MSC », Le Marin, .
  6. Tavis Potts et Ruth Brennan, Sustainable Seafood and Eco-labelling:: The Marine Stewardship Council, UK Consumers and Fishing Industry Perspectives, Scottish Association for Marine Science, coll. « SAMS Internal reports », (lire en ligne).
  7. Mélanie Chartier, « Près d’un quart des débarquements de pêche en France certifiés après quinze ans d’existence du MSC » Accès libre, Ouest-France, (consulté le ).
  8. Paul Withers, « Marine Stewardship Council pauses new standards for seafood sustainability » Accès libre, sur CBC Radio, (consulté le ).
  9. « Amélie Navarre dirige Marine Stewardship Council France » [archive du ], sur environnement-magazine.fr (consulté le ).
  10. Françoise Blind Kempinski, « Pêche durable : guide à l'usage du consommateur responsable », Les Échos, (lire en ligne [archive du ] Accès libre, consulté le ).
  11. « Marine Stewardship Council - MSC » Accès libre, sur France Inter, (consulté le ).
  12. (en) « Krill Harvest Certification Upsets Conservationists (Published 2010) », The New York Times, (lire en ligne Accès payant, consulté le ).
  13. « Pêche durable - Peut-on se fier au label MSC ? - Enquête », UFC - Que Choisir, (consulté le ).
  14. Gaëlle Dupont, « Polémique autour de la pêche certifiée « durable » », Le Monde, .
  15. Jennifer Jacquet, Daniel Pauly, David Ainley, Sidney Holt, Paul Dayton et Jeremy Jackson, « Seafood Stewardship in Crisis », Nature, vol. 467, no 7311, , p. 28-9 (DOI 10.1038/467028a, lire en ligne).
  16. Amélie Lescroël et Sylvain Angerand, « Pêche durable : MSC, l'écolabel qui encourage le massacre », sur Rue89 Planète, nouvelobs.com, .
  17. « Fishing for Data in the Ross Sea », (consulté le ).
  18. « Le label de pêche durable MSC torpille définitivement sa crédibilité », sur BLOOM, (consulté le ).
  19. hmarquier, « « Nous visons 30 % des captures mondiales engagées dans le programme MSC en 2030 », Amélie Navarre, directrice du bureau français du MSC », sur Produits de la mer, (consulté le ).
  20. Ali Tabrizi, « Seaspiracy : La Pêche en Question », sur allocine.fr, .

Voir aussi

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Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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