Marion Zilio
Marion Zilio est enseignante-chercheuse, critique d’art et commissaire d’exposition française. Docteure et HDR en esthétique, elle est l'autrice de plusieurs ouvrages portant sur les liens entre appareils, capitalisme et processus de subjectivation.
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française |
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Biographie
modifier[source secondaire souhaitée]Après une formation en histoire de l’art, philosophie et arts plastiques à l’Université de Toulouse II Jean Jaurès, elle obtient un doctorat en esthétique, sciences et technologies des arts à l’Université de Paris 8 Vincennes-Saint-Denis. Elle est actuellement professeure de philosophie des médias à l’École supérieure des arts de Saint-Luc Bruxelles, de théorie des arts à l’École européenne supérieure d’art de Bretagne – site de Rennes EESAB, et chargée de cours à l’Université Paris 8. En 2018, elle a été professeure invitée à l’École nationale supérieure de cinéma de Téhéran (Iranian National School of Cinema).
Elle publie Faceworld. Le visage au XXIe siècle (2018), aux Presses Universitaires de France dans la collection Perspectives critiques, traduit en anglais en 2020 sous le titre Faceworld. The Face in the Twenty-First Century (Polity Press, Londres, traduction de Robin Mackay)[1],[2]. Elle y analyse les conséquences sociales, politiques et artistiques de la circulation des visages et des selfies. Le livre repense le visage comme un "organe artificiel" à partir des appareils qui l’ont fait apparaître comme tel à nos sens et à nos imaginations, ainsi qu’à partir de l’économie politique qui gouverne sa distribution en milieux numériques[3],[4],[5].
Dans Le Livre des larves. Comment nous sommes devenus nos proies (Presses Universitaires de France, 2020), elle radicalise la critique de l'individuation moderne — pensée à partir de l'idéal de l'imago — en mobilisant la figure de la larve comme métaphore de l'inachèvement, de l'altérité radicale et de l'intersubjectivité entre mondes humains et non-humains[6],[7]. L'ouvrage est traduit en espagnol en 2022 sous le titre El libro de las larvas (Editorial Cactus, Buenos Aires, traduction d'Andrés Abril)[8],[9]
En 2026, elle publie La lutte des mondes. Délire et fascisme à l'ère des multivers (Presses Universitaires de France, collection Perspectives critiques), dans lequel elle propose une analyse des mondes intriqués — multivers et métavers de la Silicon Valley, réalismes artificiels des intelligences artificielles génératives, plurivers décoloniaux — et développe une critique du néofascisme contemporain articulée aux logiques du délire algorithmique et des récits concurrents[10].
Elle a participé à plusieurs ouvrages collectifs, dont Postcritique[11], mais aussi à des monographies et des catalogues d’exposition.
Depuis 2012, elle collabore régulièrement avec des revues spécialisées et a cofondé plusieurs espaces de critiques expérimentales[12]. Au fil de ses textes et de ses expositions, elle expérimente des méthodologies d’apprentissage plus créatives ou performatives[13].
En 2016, elle est nommée directrice artistique des hors les murs[14],[15] de la YIA Art Fair[16]. Elle y coordonne la mise en place d’une quinzaine d’évènements en partenariat avec le réseau Marais Culture +, regroupant des expositions, des cycles de performances, de danses, des projections de courts et de moyens métrages, des rencontres entre public, artistes et professionnels, à l’occasion de visites d’ateliers à la Cité Internationale des Arts et de tables rondes autour des enjeux de l’art contemporain.
Publications
modifierOuvrages personnels
modifier- La lutte des mondes. Délire et fascisme à l'ère des multivers, Paris, PUF, coll. « Perspectives critiques », 2026 (ISBN 9782130880547)
- Le Livre des larves. Comment nous sommes devenus nos proies, Paris, PUF, (ISBN 2130825656)
- El libro de las larvas. Cómo nos convertimos en nuestras presas, traducción de Andrés Abril, Buenos Aires, Cactus, 2022 (ISBN 978-987-3831-67-6)
- Faceworld. Le visage au XXIe siècle, Paris, PUF, (ISBN 2130801013)
- (en) Faceworld. The Face in the Twenty-First Century (trad. Robin Mackay), London, Polity Press, (ISBN 9781509537266)
Ouvrages collectifs
modifier- « Du visage à la Sur-Face », dans Photographie & contemporain, Paris, L’Harmattan, coll. « Eidos », , p. 187-194.
- « De l’a-culture aux sources de l’imaginaire contemporain ? », dans Photographie, médias & capitalisme, Paris, L’Harmattan, coll. « Eidos », , p. 183-192.
- « Le visage contemporain. Enjeu de la technogenèse et des imaginaires fluides », dans Poétique(s) du numérique 2, Montpellier, Entre-temps, .
- « Le masque, un organe artificiel ? », dans Miroirs obliques : auto-représentations biaisées dans le discours et dans les arts, Roumanie, Bacau, , p. 276-284.
- « Espace glocal & numérique », dans Lieux et Mondes. Arts, cultures et politiques, Paris, L’Harmattan, coll. « Eidos, », , p. 223-232.
- « Du dispositif immersif à l’appareil. Écologie d’une réappropriation », dans Immersivité de l’art. Interactions, insertions, hybridations, Paris, L’Harmattan, coll. « Mouvements des savoirs », , p. 189-201, co-écrit avec Florian Gaité.
- « Quand soudain… Avers et revers dans l’installation filmique Ashes de Steve McQueen », dans Mondes du cinéma 9, éditions LettMotif, , p. 37-46.
- « Dis que c’est bien, dis que c’est beau », dans Laurent de Sutter (dir.), Le livre des trahisons, Paris, PUF, , p. 225-232.
- « Le monstre, contingence de la vie », dans La vie, Paris, L’Harmattan, coll. « Eidos », .
- « Selfie-porn et écologie de l’attention sur Instagram », dans Interfaces de l’intime, Presses Universitaires de Bordeaux, , p. 167-178.
- « Alexandra Guillot. Une sorcière contemporaine ( postface) », dans Votre futur est plein d’avenir, Paris, Presses Littéraires, , p. 27-40.
- « Chroniques inactuelles (préface) », dans Emmanuelle Potier, 365 jours, Presses Littéraires, .
- « Art : Pour une post-contemporanéité », dans Laurent de Sutter (dir.), Postcritique, Paris, PUF, , p. 115-136.
Commissariats d’exposition
modifier- Cannibalisme <> animalisme (avec Julien Verhaeghe), Paris, 2015.
- Générescences (avec Julien Verhaeghe), Carrousel du Louvre, Paris, 2015.
- TheSquareMeter, Luc Lapraye, Galerie Laure Roynette, 2016.
- Go Canny ! Poétique du sabotage (avec Nathalie Desmet et Éric Mangion), Villa Arson, Nice, 2017.
- Metaxu. Le séjour des formes (avec Fatma Cheffi), B’Chira Art Center, Tunis, Tunisie, 2017.
- Newwwar. It’s Just a Game ?, Bandjoun Station, Bandjoun, Cameroun, 2018.
- Avant la poussière, Lieu Unique, Nantes, 2018.
- Blo b !, Galerie Bertrand Grimont, Paris, 2018.
- Darkroom in Use, Matthieu Boucherit, Galerie Valérie Delaunay, Paris, 2018.
- …, Haythem Zakaria, Hôtel de la République, Paris, 2019.
- Format Cabine, Centre Tignous d’Art Contemporain, Montreuil, 2021.
- – 196 °C ἄζωτος, PRéàVIE, Près Saint-Gervais, 2022.
- Comme si, Galerie Éric Mouchet, Paris, 2022.
- En découdre. Petites mains, midinettes et mascarades, Les Sheds, Pantin, 2022.
- L'Altra Roma, Espace le Carré, Lille, 2023.
- Sympathies n°1, Juliette George, 3 bis f, Aix-en-Provence, 2024.
- Quantum Leap, Galerie Éric Mouchet, Bruxelles, 2024.
Références
modifier- ↑ (en) Chris Sharratt, « Making a mask: from self-aware to selfie culture », Art Quartely,
- ↑ (en) Antonella Gambotto-Burke, « Selfie-Image », The Weekend Australian,
- ↑ Clémentine Mercier et Thibaut Sardier, « Le Selfie est une archive qui se pense au présent », Libération, (lire en ligne)
- ↑ Jonathan Daudey, « Entretien avec Marion Zilio : « Les nouvelles formes de réification du visage en font un produit comme les autres, une archive vivante à la disposition de chacun » », sur Un philosophe,
- ↑ Séverine Pierron, « Le visage ne nous appartient plus : il est la propriété de plates-formes capitalistes », Le Monde,
- ↑ David Zerbib, « « Le Livre des larves », de Marion Zilio : une esthétique de la puissance métamorphique des êtres », sur Le Monde,
- ↑ Ariane Nicolas, « “Le Livre des larves”, de Marion Zilio », sur Philosophie Magazine,
- ↑ (es) « Marion Zilio: Animales en perpetuo devenir », sur Perfil, (consulté le )
- ↑ « Somos multitud: reseña de El libro de las larvas, de Marion Zilio – Encuadra Revista », sur revistaencuadra.com.ar (consulté le )
- ↑ « Avec “La Lutte des mondes”, Marion Zilio pense l’art dans le chaos des multivers | Les Inrocks », sur https://www.lesinrocks.com/ (consulté le )
- ↑ Véronique Bergen, « Le tournant postcritique. Un coup de cœur du Carnet », sur Le Carnet et les Instants,
- ↑ « Saison critique #1 dirigée par Marion Zilio », sur Point contemporain Pratiques Critiques (consulté le )
- ↑ Léa Dkika, « Critique, vous avez dit critique ? », sur Point Contemporain,
- ↑ « Marion Zilio prend les rênes de la Yia Art Fair 2016 », Connaissance des arts, (lire en ligne)
- ↑ « Marion Zilio, nommée directrice du YIA Art Fair », sur parisArt,
- ↑ « YIA Art Fair 2016 – Le Carreau du Temple », sur Artistikrezo,
Liens externes
modifier- Site officiel
- Ressource relative à la recherche :
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