Marthe de Béthanie
Marthe de Béthanie est, dans le Nouveau Testament, une disciple de Jésus-Christ et la sœur de Lazare et de Marie de Béthanie. Elle est mentionnée dans l'évangile selon Luc lorsqu'elle accueille Jésus avec sa sœur Marie (Luc 10, 38-42) et dans l'évangile selon Jean, dans le récit de la résurrection de son frère Lazare.
Sainte chrétienne
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Catholiques et orthodoxes |
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sainte |
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Enfin, l'Épître des apôtres (en), écrit apocryphe chrétien datant de 120 apr. J.-C., la présente comme une des principales femmes témoins de la résurrection de Jésus avec Marie de Magdala et Sara
[Qui ?][1].
C'est une sainte célébrée le par les orthodoxes[2] et le par les catholiques avec Marie et Lazare[3]. Elle est la sainte patronne de la ville de Tarascon.
Étymologie
modifierMarthe, ou Sancta Martha en latin, vient du grec ancien Μάρθα Martha, transcription de l’araméen martâ (מָרְתָא), "dame", "maîtresse", version féminine du mot mar (מר), "seigneur" ou "maître". Cette forme araméenne se retrouve sur des inscriptions nabatéennes du Ve siècle apr. J.-C. trouvées à Puteoli puis transférées au Musée de Naples, ainsi qu’à Palmyre sous la forme grecque Marthein[4],[5].
Histoire et tradition
modifierMarthe, la sainte qui a accueilli le Christ chez elle, est restée l'une des figures par excellence de l'hospitalité chrétienne.
Elle reste dans les mémoires comme une femme active, opposée à sa sœur Marie, la contemplative. Cette opposition est visible dans un épisode de l'Évangile de Luc :

« Un jour qu’ils étaient en chemin, Jésus entra dans un village, et une femme, nommée Marthe, le reçut en sa maison. Elle avait une sœur nommée Marie, laquelle, assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Cependant Marthe s’occupait avec empressement des soins nombreux du service, et, s’arrêtant devant Jésus, elle lui dit : Seigneur, souffrirez-vous que ma sœur me laisse servir seule ? Dites-lui donc qu’elle m’aide. Le Seigneur lui répondit : Marthe, Marthe, vous prenez de l’inquiétude et vous troublez au sujet de beaucoup de choses. Or, une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, qui ne lui sera point ôtée. »[6].
Marthe a pu servir de modèle politique aux souveraines du XIIIe siècle, en particulier à Jeanne de Constantinople, comtesse de Flandre et de Hainaut[7]. L'Évangile de Jean raconte un autre épisode, plus dramatique et plus important encore, celui de la résurrection de Lazare, frère de Marthe. On y assiste à une profession de foi caractéristique de ce en quoi croyaient les Juifs qui suivaient Jésus.
Beaucoup de Juifs étaient venus près de Marthe et de Marie pour les consoler de la mort de leur frère. Marthe ayant donc appris que Jésus venait, alla au-devant de lui ; mais Marie était demeurée à la maison. Marthe dit donc à Jésus : « Seigneur, si vous aviez été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais, maintenant encore, je sais que tout ce que vous demanderez à Dieu, Dieu vous le donnera. » Jésus lui dit : « Votre frère ressuscitera. » Marthe lui dit : « Je sais qu’il ressuscitera lors de la résurrection, au dernier jour. » Jésus lui dit : « Je suis la résurrection et la vie ; celui qui croit en moi, fût-il mort, vivra ; et quiconque vit et croit en moi, ne mourra point pour toujours. Le croyez-vous ? » « Oui, Seigneur, lui répondit-elle, je crois que vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant, qui êtes venu en ce monde. »[8]
Marie arrive à son tour et Jésus ressuscite Lazare[9].
Par la suite, au début du chapitre 12 de Jean, Marthe assiste à la scène qui confronte Judas Iscariote, Jésus, et sa sœur Marie, venue verser du parfum sur Jésus. C'est la dernière apparition de Marthe dans les textes canoniques, qui ne disent rien de plus, ni sur sa vie antérieure, ni sur ce qu'elle est devenue[10].
Selon la tradition provençale, après la mort du Christ, Marthe aurait débarqué en Provence aux Saintes-Maries-de-la-Mer avec Lazare et Marie de Béthanie (souvent assimilée à Marie-Madeleine)[11]. Elle aurait été accompagnée également de Marie Jacobé, Marie Salomé, Sidoine et Maximin. Elle serait passée à Marseille, puis dans la région d'Avignon, avant de s'établir à Tarascon où elle chasse un dragon appelé la Tarasque avec sa ceinture et de l'eau bénite. Dans cette ville, fut élevée en son honneur une collégiale royale, sur l'emplacement présumé de son tombeau.
Iconographie
modifierLa scène de l'échange entre Jésus, Marthe et sa sœur Marie en Luc 10 est fréquemment représentée, notamment :
- par Johannes Vermeer en 1655, dans un tableau intitulé Le Christ dans la maison de Marthe et Marie.
- par Théodore Chassériau en 1852 dans un tableau intitulé Le Christ chez Marthe et Marie. Marthe porte une cruche sur l'épaule, tandis que Marie est assise aux pieds de Jésus. Volé dans l'église Sainte-Marie-Madeleine de Marcoussis, il a été retrouvé et y a repris sa place[12].
Marthe est aussi représentée en maîtresse de maison avec un trousseau de clés à la ceinture, ou chassant la tarasque, qu'elle tient en laisse avec sa ceinture, et tenant un vase d'eau bénite[13].
- La Tarasque de Tarascon traînée au bout de son écharpe par une petite sainte Marthe.
- Marthe fustigeant la Tarasque, peinture attribuée à André Abellon, basilique Sainte-Marie-Madeleine de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume.
- Marthe et la Tarasque, peinture de l'autel de la sainte en l'église Saint-Laurent de Nuremberg.
- Marthe et la Tarasque, détail de la partie supérieure du folio 340v, Manuscrits français 50 de la BnF, Vincent de Beauvais, Speculum historiale (XVe siècle).
- Buste-reliquaire de sainte Marthe dans la chapelle des Reliques de la collégiale Sainte-Marthe.
- Sainte Marthe avec la Tarasque à ses pieds, voûte de la chapelle Sainte-Marthe de Ceriana
Culte
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Dans la Collégiale royale bâtie sur l'emplacement légendaire du tombeau de Marthe, les fidèles sont allés prier en grand nombre à toutes les époques. Tout d'abord Clovis en l'an 500, qui était tombé malade au cours du siège d'Avignon et qu'elle avait guéri ; saint Louis se rendant à Aigues-Mortes (1248) ; de 1314 à 1404 les papes d'Avignon Clément V, Jean XXII, Benoît XII, Clément VI, Clément VII, Urbain V et Benoît XIII ; le roi René (1434 à 1480) ; le dauphin de France futur Louis XI (1447) ; François Ier et la reine Claude de France après Marignan (1516) ; le roi Charles IX et sa mère Catherine de Médicis (07/12/1564) ; la reine Anne d'Autriche (1632) et le cardinal de Richelieu (26/09/1632) ; le cardinal de Richelieu puis Louis XIII (1642) ; Louis XIV, sa mère Anne d'Autriche et le cardinal Mazarin (12/01/1660) ; Napoléon Bonaparte capitaine du 4e régiment d'artillerie (29/07/1793) ; le pape Pie VII après sa libération à Fontainebleau (1814) ; l'empereur Napoléon III venu visiter les sinistrés des inondations (1856) ; Mgr Roncalli, nonce à Paris et futur pape Jean XXIII (1948).
Marthe est célébrée dans l'Église orthodoxe, l'Église catholique et dans l'Église luthérienne. Sa fête est le pour les orthodoxes et le pour les catholiques. Depuis , l'Église catholique associe Marthe à Marie et Lazare[14].
Notes et références
modifier- ↑ Cf. Écrits apocryphes chrétiens, tome I, sous la direction de F. Bovon et P. Geoltrain, bibliothèque de La Pléiade, Paris, 1997, p. 369-370.
- ↑ www.forum-orthodoxe.com Forum orthodoxe francophone : saints pour le 4 juin du calendrier ecclésiastique.
- ↑ nominis.cef.fr Nominis : sainte Marthe de Béthanie.
- ↑ Céline Perol, Le choix de Marthe: femme et sacré au Moyen Âge, Les éditions du Cerf, (ISBN 978-2-204-13743-0)
- ↑ (en) Hugh Pope, The Catholic Encyclopedia, vol. 9, New York, Robert Appleton Company,
- ↑ Luc 10,38 (lire en ligne)
- ↑ Sébastien Douchet, « Sainte Marthe et Perceval, deux figures entre exemple et divertissement. Les œuvres littéraires écrites pour Jeanne de Flandre », dans Jeanne de Constantinople, princesse de Flandre et de Hainaut, dir. N. Dessaux, Paris, Somogy, 2009, 288 p., p. 135-143.
- ↑ Les Quatre Évangiles, Tolra et Haton, (lire en ligne), p. 401–523
- ↑ « chapitre 11 », dans Évangile selon saint Jean
- ↑ « Marthe, Lazare et Marie de Béthanie, amis de Jésus », sur Aleteia (consulté le )
- ↑ « Sainte Marie-Madeleine, la vérité sur une femme incomprise », sur Aleteia (consulté le )
- ↑ « Toile volée retrouvée », sur Tribune de l'art (consulté le )
- ↑ Des Graviers et Jacomet, Reconnaître les Saints : Symboles et attributs, Paris, Massin, , 212 p. (ISBN 2-7072-0471-4).
- ↑ Décret sur la célébration des saintes Marthe, Marie et saint Lazare dans le Calendrier romain général (26/01/2021)
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Jean-Louis Chrétien, Guy Lafon, Étienne Jolet, Marthe et Marie, Paris, Desclée de Brouwer, 2002 (ISBN 2-220-05060-2).
- Bart Ehrman, Truth and Fiction in The Da Vinci Code: A Historian Reveals What We Really Know about Jesus, Mary Magdalene, and Constantine, Oxford University Press, 2006 (ISBN 9780199924127).
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Ressources relatives aux beaux-arts :
- Ressource relative à la littérature :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Tarascon et sainte Marthe, paroisse de Tarascon
- Jésus à la maison de Marthe et de Marie : écoute, contemplation et action, angélus du pape François (21/07/2019), site du Vatican
- La vie de sainte Marthe de Tarascon : édition, traduction et analyse historique, par Véronique Olivier (2010), Université de Québec à Montréal