Martin Luc Huin, né le à Guyonvelle en Haute-Marne et mort décapité le (à 29 ans) à Boryeong en Corée, est un prêtre missionnaire des Missions étrangères de Paris reconnu comme martyr et saint par l'Église catholique[1].

Luc Martin Huin
Image illustrative de l’article Martin Luc Huin
Portrait de Martin-Luc Huin dans la crypte de la chapelle des Missions étrangères de Paris, rue du Bac
Saint, Martyr de Corée
Date de naissance
Lieu de naissance à Guyonvelle
Date de décès (à 29 ans)
Lieu de décès à Chungcheong
Nationalité française
Vénéré à Crypte des Missions étrangères de Paris
Béatification le 6 octobre 1968 à Rome
par Paul VI
Canonisation le 6 mai 1984 à Séoul
par Jean-Paul II
Vénéré par Église catholique romaine
Fête 20 septembre

Martin Luc Huin fait partie des cent-trois martyrs de Corée ; il a été décapité sur la plage de Galmaemot à Boryeong.

Luc-Martin Huin est le neuvième enfant de Claude Huin et Jeanne Chodot, vignerons. Il est baptisé dès le surlendemain par le curé de Laferté, l'abbé Martin, qui est responsable de Guyonvelle. Deux de ses sœurs, Marie et Stéphanie, deviendront religieuses dans la congrégation des Sœurs de la Providence de Langres sous le nom respectivement de Sœur Didier et Sœur Ananie[2].

Entré au Petit Séminaire de Langres en 1851, il reçoit l'habit clérical en 1855 et songe à devenir missionnaire. Mais ce départ en mission ne pourra se réaliser que neuf ans plus tard, après le Grand Séminaire, deux années de ministère comme vicaire à Voisey, dans son diocèse, et une année au Séminaire des Missions étrangères de Paris pour une préparation spécifique à un apostolat missionnaire en Asie[2].

Il est ordonné prêtre le par Mgr Guerrin, évêque de Langres.

Le , il s'embarque à Marseille avec neuf compagnons en destination de la Corée. Le voyage passe par le canal de Suez, fait escale à Ceylan, Singapour, Saïgon, Hong-Kong. Après une longue attente en Mandchourie, le Père Huin atteint la Corée par la côte Est, probablement par le golfe septentrional de la presqu'île du Naï-po, entre le 20 et le , et pénètre clandestinement dans le pays. Particulièrement doué, il apprend rapidement la langue coréenne et commence son travail effectif de missionnaire[2].

Celui-ci sera, cependant, de courte durée : malgré l'appui de plusieurs membres de la famille royale convertis au christianisme, la persécution est décidée par le conseil des ministres et, à la faveur d'une trahison, Mgr Berneux est arrêté le premier () et, à sa suite, plusieurs missionnaires français. Arrêté à son tour en même temps que deux autres missionnaires, Mgr Antoine Daveluy et le P. Pierre Aumaître, et un catéchiste coréen nommé Joseph Chang Chu-gi, le Père Huin, après de longs interrogatoires et de cruelles tortures, est décapité d'un coup de sabre le Vendredi Saint, , à Galmaemot près de Boryeong, dans la province de Chungcheong[2].

La nouvelle parvient à Paris le suivant. Le lendemain, une « grande fête » sera organisée « devant la statue de la Très Sainte Vierge qui est à Meudon »[3], avec chant solennel du Te Deum[2].

Canonisation

modifier

Il est béatifié le à Rome par le pape Paul VI et canonisé le à Séoul (Corée du Sud) par le pape Jean-Paul II.

Saint Martin Luc Huin est fêté le .

Hommage

modifier

Une paroisse de 34 communes situées autour de Bourbonne-les-Bains porte son nom au XXIe siècle[4].

Notes et références

modifier
  1. ↑ Théophile RAMAGET, Vie de Martin-Luc Huin, prêtre du diocèse de Langres, , 364 p. (Vie de Martin-Luc Huin,)
  2. 1 2 3 4 5 Émile Vauthier, Un témoin du Christ au XIXe siècle : Luc-Martin Huin, Missionnaire et martyr en Corée (1836-1866), Chez l'auteur,
  3. ↑ Les Missions Étrangères de Paris possédaient, en effet, à cette époque, une maison de campagne à l'orée de la forêt de Meudon.
  4. ↑ « St-Luc-Huin - Bourbonne-les-Bains », sur Eglise catholique de Haute-Marne (consulté le )

Annexes

modifier

Articles connexes

modifier

Liens externes

modifier

Sur les autres projets Wikimedia :