Martyrs de Songkhon
Les Martyrs de Songkhon (en thaï มรณสักขีแห่งสองคอน) sont un groupe de sept catholiques thaïlandais du village de Songkhon dans la province de Mukdahan, au nord-est de la Thaïlande, à la frontière du Laos situé de l'autre côté du Mékong. Ils furent tués in odium fidei en par la police d'État, au moment de la guerre franco-thaïlandaise parce que la police croyait à tort qu'ils espionnaient pour les Français. Ils sont reconnus bienheureux et martyrs par l'Église catholique.
| Martyrs de Songkhon | |
| Martyrs de la foi, bienheureux | |
|---|---|
| Date de décès | 16 et 26 décembre 1940 |
| Nationalité | |
| Vénéré à | Songkhon, province de Mukdahan |
| Béatification | 22 octobre 1989, à Rome, par le pape Jean-Paul II |
| Vénéré par | l'Église catholique |
| Fête | 16 décembre (Philip Siphong Onphitak) 26 décembre (les sept martyrs) |
| Attributs | palme du martyre |
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Contexte historique
modifierEn 1940, la guerre franco-thaïlandaise a éclaté entre la Thaïlande et la France de Vichy à propos de certaines régions de l'Indochine française. À cette époque, l'Église catholique romaine de Thaïlande était sous la tutelle des prêtres français des Missions étrangères de Paris. Par conséquent, les catholiques en Thaïlande ont été évités et souvent accusés d'être des espions pour la France. Les persécutions des chrétiens ont eu lieu dans toute la Thaïlande, y compris au village de Songkhon où pratiquement tous les villageois étaient catholiques (500 à 600 habitants).
Le village comportait une église, une école paroissiale, un curé français et deux sœurs d'un couvent du Laos, situé de l'autre côté du Mékong. D'un autre côté, six policiers furent affectés au village après l'attaque de l'Indochine française par la Thaïlande en novembre 1940, et l'officier responsable, Boonlue Muangkote, appliqua avec zèle le nouvel ordre nationaliste. Le père Paul Fige de l'église a été déporté au Laos. Un instituteur et catéchiste, Philip Siphong Onphitak, et 2 sœurs, Agnès Pila Thipsuk et Lucia Khambang Sikhamphong, ont alors aider les croyants à enseigner et maintenir leur foi. La persécution a continué à s'intensifier, des sœurs ont été violées, des images sacrées ont été humiliées et détruites. Siphong a écrit une lettre de plainte aux autorités de Mukdahan mais la lettre est tombée entre les mains de la police.
Le , Siphong a été attiré hors de sa maison et abattu par la police. Après sa mort, les villageois étaient terrifiés à l'idée de faire leurs activités religieuses habituelles. La police a continué à les convoquer et à leur ordonner de se convertir au bouddhisme, mais sept chrétiens ont insisté sur le fait qu'ils n'apostasieraient pas. Le , ces sept chrétiens sont appelés par la police au cimetière communautaire mais il y a une fille qui est ramenée à la maison par son père. Les six autres étaient assis en train de prier dans le bois près du cimetière. Ensuite, la police a tiré dessus avec des fusils jusqu'à leur mort. Les villageois qui ont visité le cimetière ont découvert qu'il y avait la seule fille survivante. Après l'avoir réconforté, ils ont enterré les sept martyrs au cimetière[1]. Les policiers continuèrent à opprimer les villageois catholiques de Songkhon après le martyre. Ils les obligèrent même à démolir l’église. Le chef de la police et plusieurs policiers furent mutés ailleurs en juin 1941


Liste des martyrs
modifier- Bienheureux Philip Siphong Onphitak, instituteur et catéchiste, 33 ans
- Bienheureuse Agnès Pila Thipsuk, religieuse des Amantes de la Croix, 31 ans
- Bienheureuse Lucia Khambang Sikhamphong, religieuse des Amantes de la Croix, 23 ans
- Bienheureuse Agatha Phutta, 59 ans
- Bienheureuse Cecilia Butsi, 16 ans
- Bienheureuse Bibiana Khampai, 15 ans
- Bienheureuse Maria Phon, 14 ans
Béatification et sanctuaire
modifierLe pape Jean-Paul II béatifie les martyrs de Songkhon le , place Saint-Pierre à Rome.
Mémoires liturgiques fixées au 16 décembre pour Philip Siphong Onphitak, et au 26 décembre pour l'ensemble des martyrs.
Construit en mémoire des sept martyrs, le Wat Song Khon ou le sanctuaire Notre-Dame-des-Martyrs de Thaïlande est une immense église de style moderne, considérée comme la plus grande église d'Asie du Sud-Est. Elle a remporté le prix de l'architecture en 1996, décerné par l'Association des architectes siamois sous le patronage royal et la médaille d'or d'architecture du Conseil régional des architectes d'Asie (ARCASIA) en 2002[2],[3].
Prière aux sept saints martyrs de Thaïlande
modifier« Ô Seigneur miséricordieux, Les sept bienheureux martyrs de Thaïlande ont témoigné de leur foi chrétienne en sacrifiant même leur propre vie pour prouver leur loyauté absolue envers le Christ et sa sainte Église.
Que leurs brillants exemples nous encouragent tous à vivre dignement la même foi dans notre vie quotidienne, nous le demandons humblement par le Christ, Notre Seigneur, Amen[4].
Notre Père... Je vous salue, Marie... Gloire au Père...
Bienheureux Philippe Siphong Onphitak, priez pour nous !
Bienheureuse Sœur Agnès Phila, priez pour nous !
Bienheureuse Sœur Lucia Khambang, priez pour nous !
Bienheureuse Agatha Phutta, priez pour nous !
Bienheureuse Cecilia Butsi, priez pour nous !
Bienheureuse Bibiana Khampai, priez pour nous !
Bienheureuse Maria Phon, priez pour nous ! »
Sources
modifierNotes et références
modifier- ↑ (th) « Le souvenir de Songkhon », sur www.catholichaab.com (consulté le )
- ↑ (en) Wat Song Khon or Our Lady of the Martyrs of Thailand Shrine, CBT Thaïlande.
- ↑ (th) Sanctuaire Notre-Dame-des-Martyrs, Got Arch.
- ↑ (mul) « 16 décembre : Les Sept bienheureux martyrs », sur www.kamsonbkk.com
Liens externes
modifier- (en) Bienheureux Philip Siphong Onphitak, CatholicSaints.Info
- (en) Les sept martyrs de Songkhon, CatholicSaints.Info
- (en) « La Thaïlande tolérante accueillera le pape, mais le récit des martyrs hante les esprits », Tassanee Vejpongsa et Grant Peck, Crux Now Media (11/2019)