Maryam Pougetoux
Maryam Pougetoux, née le , est une militante et syndicaliste étudiante française. Elle étudie les lettres et les métiers de l'édition à l'université Paris-IV-Sorbonne. Elle est vice-présidente de l'Union nationale des étudiants de France (UNEF) chargée des questions universitaires et de jeunesse de à .
| Vice-présidente Union nationale des étudiants de France | |
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Assistante de production (depuis ), étudiante, syndicaliste |
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Elle est l'objet de plusieurs polémiques sur le port du voile en France en et en .
Biographie
modifierMaryam Pougetoux, arrière-petite-fille de résistants, a grandi en banlieue parisienne avec ses parents, convertis à l'islam et originaires du département de la Corrèze, dans le Sud-Ouest de la France[1]. Elle vit dans une famille musulmane qui compte des catholiques qui vivent bien ensemble[2].
Musulmane française, elle porte le hidjab en public.
Responsabilité à l'UNEF
modifierMaryam Pougetoux a été en élue co-présidente de la section de l'UNEF à la Sorbonne. Elle a déclaré : « Nos universités manquent de moyens, de professeurs et de places. »
En tant que vice présidente de l'UNEF, elle déclare que la situation étudiante en France est marquée par une hausse de la précarité, et par une détresse psychologique renforcée depuis la crise sanitaire de Covid-19, aggravée par le décrochage académique. Un étudiant sur deux travaille, ce qui demeure la première cause d'échec. Les universités souffrent d'un manque de moyens, d'effectifs insuffisants et d'une hausse du nombre d'inscriptions. Dans un climat politique tendu, les organisations étudiantes défendent une meilleure prise en compte des aspirations de la jeunesse et réclament une allocation d'autonomie[3].
En , Pougetoux devient vice-présidente de l'UNEF chargée des questions universitaires et de jeunesse[4].
Maryam Pougetoux se fait connaître du grand public après une interview dans Le 1945 de M6 le [1]. L'interview porte sur les réformes des procédures d'entrée à l'université, mais l'attention se porte immédiatement sur son hijab vu comme une menace pour le principe français de laïcité ou de laïcité stricte[5].
Débats sur son voile
modifierCritiques de sa tenue vestimentaire
modifierSon choix de porter un hijab est critiqué par de nombreuses personnalités publiques en France, y compris le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb[6]. La controverse qui suit est considérée comme une continuation de la controverse de longue date sur le foulard islamique en France, y compris une interdiction en du port du hijab dans les écoles et par les fonctionnaires[1],[6].
Pougetoux est caricaturée par Riss en première page du magazine satirique Charlie Hebdo d'une manière que plusieurs commentateurs, dont Daniel Schneidermann, Rokhaya Diallo, André Gunthert et la sociologie Fatiha Ajbli, décrivent comme semblable à un singe[7],[6],[8],[9],[10].
Le , alors qu'elle témoigne, vêtue du hidjab, devant une commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur l'impact de la pandémie de COVID-19 sur les étudiants, trois députés LR (Marianne Dubois, Pierre-Henri Dumont et Frédéric Reiss) et une députée LREM (Anne-Christine Lang) quittent la séance pour protester contre le port du hidjab dans cette enceinte[11].
Réactions de Maryam
modifierMeryam déclare être surprise par la quantité de controverses qu'a provoquée son choix de porter le hijab lors de l'entretien de , et déclare qu'elle n'est pas offensée par sa représentation dans Charlie Hebdo[1].
Elle confirme que le port de voile est un choix personnel et ne présente aucune contradiction avec sa responsabilité syndicale :
« Porter un voile et être une responsable syndicale ne rentre absolument pas en contradiction selon moi[12]. »
Interrogée sur le voile comme « symbole de soumission » Meryam déclare :
« Je défends toutes les femmes, qu'elles veuillent le porter ou qu'elles ne veuillent pas le porter, qu'elles soient musulmanes ou non-musulmanes. Il n'y a pas un seul féminisme, il y en a des différents divers et variés[12]. »
Défense de son droit de porter le voile
modifierL'UNEF a qualifié la réaction négative des personnalités française de « déferlement de haine raciste, sexiste et islamophobe »[13].
La députée Fiona Lazaar a écrit sur Twitter qu'une « femme ne se résume ni à son apparence, ni à son voile ni à sa religion ». Un autre député, Aurélien Taché, ex-responsable de l'Unef et auteur d'un rapport sur l'intégration, a déclaré que « l'islam est la deuxième religion de France » et que « ce voile, c'est son identité », et ajouté que la question du voile islamique relève « du choix individuel, Maryam Pougetoux a eu l'occasion de s'en expliquer, elle a fait un choix qui est le sien et qu'il faut pouvoir respecter[14]. »
Références
modifier- 1 2 3 4 (en-us) Aida Alami, « The College Student Who Has France's Secularists Fulminating », The New York Times, (version du sur archive.org).
- ↑ David Perrotin, Paul Aveline, « Maryam Pougetoux, présidente de l'Unef à Paris-IV: «Mon voile n'est absolument pas un symbole politique» », sur Buzzfeed News, .
- ↑ [vidéo] « Maryam Pougetoux : « Nos universités manquent de moyens, de professeurs et de places » », Regards, , 12:50 min, sur YouTube (consulté le ).
- ↑ (en) Benjamin Dodman et Bahar Makooi, « As students despair, France addresses plight of pandemic's 'lost generation' », France 24, (consulté le ).
- ↑ (en-us) James McAuley, « For some French officials, the headscarf is such a threat they are attacking a teenager », The Washington Post, (version du sur archive.org).
- 1 2 3 (en-GB) Rokhaya Diallo, « A student leader is the latest victim of France's obsession with the hijab », The Guardian, (consulté le ).
- ↑ Daniel Schneidermann, Le Charlisme : Raconté à ceux qui ont jadis aimé “Charlie”, Paris, Seuil, , 138 p. (ISBN 978-2-02-158343-4 et 978-2-02-158344-1, lire en ligne).
- ↑ André Gunthert, « Voir avec les yeux du racisme », sur imagesociale.fr, .
- ↑ Fatiha Ajbli, « Ces femmes aux prises avec les injures islamophobes », Confluences Méditerranée, no 121, , p. 95–109 (DOI 10.3917/come.121.0095).
- ↑ Léonard Faytre, L'islamophobie en France : rapport national , SETA (tr), (ISBN 978-625-7040-34-1, lire en ligne [PDF]), p. 48.
- ↑ (en-us) Norimitsu Onishi et Constant Méheut, « An Outspoken Student Union Positions Itself at the Vanguard of a Changing France », The New York Times, (version du sur archive.org).
- 1 2 « Critiquée pour son voile, une responsable de l'Unef assure qu'il "n'est pas un symbole politique" », Marianne, (consulté le ).
- ↑ Geoffroy Clavel, « L'Unef défend Maryam Pougetoux, sa présidente à Paris IV, attaquée parce qu'elle porte le voile », sur HuffPost, .
- ↑ Jules Pecnard, « La présidente voilée de l'Unef-Sorbonne divise la majorité », Le Scan politique, Le Figaro, (consulté le ).